Partager l'article ! Holy Smoke par Jane Campion: Lors d'un voyage en Inde, Ruth, une jeune australienne, rencontre un guru et est immédiatement bou ...
Le Blog Bleu
Lors d'un voyage en Inde, Ruth, une jeune australienne, rencontre un guru et est immédiatement bouleversée. Elle décide de s'y installer et
de coonsacrer sa vie à honorer le saint homme, ce que sa famille ne voit pas d'un très bon oeil. Après l'avoir fait rentrer en Australie (sous le prétexte mensonger de l'agonie de son père), ils
la confient à PJ Waters, un spécialiste de la déprogrammation spirituelle qui, en trois jours, selon un planning très organisé, devrait effacer l'influence du guru. Enfermés dans une
maisonette au milieu du désert, Ruth et PJ forment un huis-clos fascinant - surtout que PJ n'avait pas prévu une chose : l'influence que Ruth pourvait avoir sur lui.
Encore une fois, un film de Campion que j'ai adoré. J'ai savouré ces images de l'Inde, de la foule et de l'agitation qu'elle filme aussi bien qu'elle filmait la forêt dense et luxuriante de la Nouvelle Zélande, ou le calme mortel du désert. La caméra est vive, rapide, nerveuse, n'hésitant pas à faire quelques ellipses. Mais certaines scènes, cruciales, sont examinées avec la minutie du savant, guettant sur les traits de Ruth ses moindres pensées.
Car l'enchantement de ce film, comme systématiquement quand elle joue, c'est Kate Winslet. Jeune, fragile, rebelle, vivante, oh, combien vivante, adolescente rebelle et tendre, garce adorable ... J'ai été impressionnée par la densité qu'elle donne au personnage de Ruth, par la manière dont elle donne, couche après couche, une terrible réalité à la jeune fille. Si bien qu'Harvey Keitel en face semble un peu trop fade : mais comment tenir entre des mains ce feu follet violent et délicat qu'est Ruth ?
Etonnament, c'est un film drôle : la famille de Ruth, vulgair, dysfonctionnelle, pas très fine, semble un exact contre-point à Ruth elle-même, et sa fuite en Inde semble d'un seul coup beaucoup plus crédible. On voit cette famille, chaleureuse et pesante comme à travers le regard de cette post-ado, qui ne peut s'empêcher de les aimer et de les juger.
Mais cet humour est peut-être l'un des deux petits défauts du film. Un peu gras, un peu vulgaire, un peu lourd, il éloigne de la poésie et de la fascination qui lient Ruth et PJ.
L'autre défaut ? Trois fois rien, pas plus de 20 secondes sur toute la durée du film : les scènes de ravissement hindou me sont ultra kitsch et m'ont fait rire - alors que je suis bien consciente que ce n'était pas le but du film.
Mais ces détails mis à part, ce film est un must-see !
Vu avec Sabbio !
Le 17 Janvier, il y a l'adaptation de l'Auberge de la Jamaïque par Hitchcock à la Cinémathèque française. Ça tente quelqu'un ?
linkRemis à plus tard
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