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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 09:00

piecehexagonale.jpg"Ce qu'on aime, ce qu'on déteste, ce que l'on cache au fond du coeur ou ce que l'on n'arrive pas à cacher, ce qui nous embarrasse, nous réjouit, des histoires du passé ou de l'avenir, la vérité ou n'importe quoi, tout est possible. On dit ce qu'on a envie de dire à ce moment là."

La narratrice est affligée d'un atroce mal de dos, qui l'oblige à se soumettre à des séances de torture, appelées 'séances d'étirements', et à faire de la natation (là, je compatis, parce que le sport, hein, ... bref...). Or, un jour, sortant de la piscine, elle est fascinée par une vieille femme, assise dans le vestiaire, d'apparence plus que commune. Poussée par une curiosité insatiable, elle commence à discuter avec cette dame, en lui posant plein de questions.

Quelques jours après, elle la recroise dans une allée de supermarché, accompagnée d'une de ses amies ; elle les suit, dans les rues, à travers un parc et une forêt profonde, pour aboutir à des barres d'immeubles abandonnées. Là, au sein d'une loge de gardien, se trouve un placard, la petite pièce à raconter, dont la vieille femme est la gardienne.

 

"La petite pièce à raconter paraissait tranquille et à l'aise. Il n'y avait pas cette tension palpable lorsque les gens attendaient leur tour pour raconter. Les parois tout juste frottées, fraîches, semblaient capable d'absorber autant de mots que nécessaire."


C'est un très beau court roman. L'image de cette pièce hexagonale, qui voyage de ville en ville pour aller là où les gens ont besoin d'elle, leur offrir son silence ouaté propice aux confidences, et le vide, l'épuisement qui en découle. Cette pièce est bien évidement une allégorie de la psychanalyse. D'ailleurs, les douleurs dorsales de la narratrice disparaissent dès qu'elle aborde sa séparation d'avec son compagnon. Mais cette allégorie est finement amenée, dans le style plein de poésie de Yoko Ogawa.

Les personnages sont également très beaux. Il y a la narratrice, et ses proches, des êtres perdus dans le quotidien, qui se débattent dans la réalité, la paëlla renversée, les rendez-vous loupés. Et il y a Midori, la vieille femme, et son fils Yuzuru, gardiens de la pièce, à la fois spectaculaires et invisibles : "L'impressionnante banalité qui émanait de son corps tout entier gommait son âge, ses goûts et sa personnalité, tous ces éléments qui permettent de juger une personne à la première rencontre."

C'est un récit très riche, qui me fait regretter de ne pas mieux connaître tous les mécanismes de la psychanalyse, afin de mieux l'apprécier. Tout semble avoir une signification cachée. Pourquoi cette pièce est hexagonale ? Est-ce pour mimer la forme d'un crayon, un autre instrument avec lequel poser nos pensées les plus profondes, comme le pense Wictoria ? Le fait que la rencontre se fasse dans une piscine a-t-il une signification ? Et les trajets dans le bois, à la recherche de Midori ?

C'est un roman qui me laisse avec beaucoup de questions, et sous le charme de son écriture poétique et imagée.

 

Lu dans le cadre de Découvrons Yoko Ogawa avec Pimprenelle !

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commentaires

Karine:) 19/09/2010 13:26



J'ai aimé cette lecture mais je garde le souvenir d'une atmosphère... sans rien me rappeler de l'histoire.



Céline 20/09/2010 16:59



Peut-être parce qu'il n'y a pas vraiment d'histoire ?



BMR 31/08/2010 22:09



Yoko Ogawa est incontestablement la reine de l'étrange et une grande figure de la littérature japonaise contemporaine. Parmi son oeuvre, les deux derniers recueils de nouvelles Les Paupières et
La bénédiction inattendue sont très aboutis.
Les nouvelles se répondent comme en écho d'un recueil à l'autre.
Yoko Ogawa maîtrise parfaitement l'art et la manière de déceler dans notre quotidien les fissures, les failles entre notre monde et un autre qui se déploie juste à côté, sous les yeux de ceux qui
savent regarder, un monde parallèle.
Pendant un moment, le temps d'une petite nouvelle, on oscille ainsi entre deux univers, sans jamais basculer de l'autre côté, mais sans jamais revenir tout à fait intact de notre côté.
La moindre des situations banales et quotidiennes prend très vite sous sa plume des allures inquiétantes, sans que l'on sache trop où cela va nous mener.



Céline 31/08/2010 22:13



C'est exactement ce que j'ai ressenti dans Parfum de glace et La petite pièce hexagonale ; un peu moins dans Hotel Iris (et c'est sans doute pour ça qu'il m'a moins plu ...)


J'aime beaucoup le rythme qu'elle imprime à ses romans, lent et souple. Cela me fait penser à certains films asiatiques (Poetry, par exemple, pour citer le dernier vu !)


Je note les recueils de nouvelles. Je suis très heureuse que vous soyez rentrés de vacances !



julien "naufragés volontaires" 31/08/2010 19:24



Je n'ai encore jamais lu celui, mais bien d'autres. Certains sont d'ailleurs chroniqués sur mon blog si cela t'intéresse. En tout cas, celui-ci me tente bien... Et si tu prolonge plus loin, tu
verras que la piscine est un décord qui revient sur d'autres textes.



Céline 31/08/2010 22:04



J'ai plein de bouquins d'elle sur ma LAL (de mémoire l'Annulaire, La formule préférée du professeur, Le musée du silence ...) ! Je sens que je vais poursuivre ma découverte.



lancellau 25/08/2010 23:43



Une écriture poétique qui me séduit également. Moi aussi je voudrais pouvoir "élucider" plusieurs éléments, les éclaircir de connaissances que je n'ai pas!



Céline 26/08/2010 09:38



Ça me fait plaisir de savoir que je ne suis pas la seule ! C'est souvent frustrant de ne pas tout comprendre, et de se laisser "seulement" bercer par la poésie du texte.



Noukette 25/08/2010 15:10



J'aime ton enthousiasme..., mais je ne peux pas en dire autant pour l'instant !



Céline 26/08/2010 09:37



Yoko Ogawa est un auteur qu'on adore - ou qu'on déteste. J'ai l'impression qu'elle ne laisse personne indifférent.



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