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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 16:46

J'écrivais le premier avril dernier que je n'étais pas certaine du rythme auquel allait continuer à vivre, ou plutôt à survivre, ce lieu. L'année qui a suivie, riche en aventures, a justifié mes craintes. Je l'ai laissé à l'abandon, vivoter, se transformer en homme-sandwich.

Mais voilà, l'année 2013 a été riche en rebondissements - qui ont culminé au tournant de l'année et qui promettent une année 2014 heureuse mais encore plus pauvre en bloguage.

 

Le 1er avril, je venais d'envoyer deux dossiers de candidature à des postes de maître de conférence. Ces deux dossiers n'ont même pas été retenus pour les oraux ce qui m'a, je l'avoue, d'abord énormément vexée puis déprimée. En effet, les profils retenus étaient ceux de personnes brillantes, bien plus que moi, et bien plus expérimentées. Après le moment de découragement qui a suivi, je me suis vraiment interrogée sur mon avenir dans ce domaine ... jusqu'à ce que je tombe sur un profil de poste fait pour moi, dans le laboratoire où je voulais travailler depuis longtemps, avec des gens que j'estime beaucoup. Quant au projet, la chef de labo m'a laissée la bride au cou, me permettant de développer des choses que je rêve de faire depuis la fin de ma thèse. Autant vous dire que j'ai peaufiné mon dossier, autant vous dire que j'ai répété l'oral jusqu'à en rêver la nuit.

 

Et quand j'ai appris que mon dossier était classé premier ...

 

Tout ça pour dire que, depuis le 1er janvier dernier, je suis Maître de conférence du Muséum National d'Histoire Naturelle, chargée de l'analyse génétique des collections du Musée de l'Homme. Même en l'écrivant ici, et bien que je le sache depuis la mi-Septembe, j'ai des larmes de bonheur qui me montent aux yeux.

 

Mais j'ai une autre raison de pleurer de joie. Car grosso modo une semaine après ce 1er avril, je tombai enceinte et le fruit de cette grossesse est en train de se réveiller derrière la porte ...

[pause technique]

Notre petite fille est née le 25 décembre (à minuit, oui, oui, certaines ont le sens du timing et des dates anniversaires foireuses) et je découvre qu'un bébé, ça occupe beaucoup, que ça ne dort pas tant que ça et que ce fameux congé mat dont je pensais profiter pour reprendre ce blog consiste généralement à bercer et porter la demoiselle (mais qu'est-ce qu'on aime ça !).

 

Alors, entre l'ancien projet de post-doc à finir, les nouveaux projets à débuter, les nouveaux cours à préparer et un bébé, je pense que les mois qui viennent vont être fort occupés ! Je vais quand même essayer de profiter de mon congé maternité pour écrire un certain nombre de billets en retard (car l'allaitement est une bonne aide à la lecture - coincée 8*30 min par jour dans un fauteuil), mais ensuite ... on verra ce qu'il advient de ce lieu.

 

PS : en revanche, je continue à hanter le forum Whoopsy-daisy. Si vous voulez m'y croiser, je m'y appelle Akina.

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 10:00

Christmaspudding.jpgIn any case, Amabelle went on, the older I get, the more I think it is fatal to marry for love. The mere fact of being in love with somebody is a very good reason for not marrying them, in my opinion. It brings much more inhappiness than anything else.

 


Soit

Un auteur raté dont le grand roman tragique se trouve être élu le meilleur roman comique de l'année, Paul Fotheringay

Une châtelaine anglaise, toute de tweed vêtue, amatrice de chasse et de chevaux, Lady Bobbin

Sa fille Philadelphia, l'ennui fait belle jeune fille, et son son fils Bobby, bout en train

Une veuve joyeuse, consacrant ses 45 ans à faire des couples et à refuser des demandes en mariage, Amabelle Fortescue

Un couple de Young Bright Things, désargentés mais très très amoureux (et à quoi sert l'argent quand on a des amis riches ?), Walter et Sally Monteath.

Un Lord diplomate, de retour de plusieurs années au Proche-Orient, années consacrées à l'archéologie et à oublier Mrs Fortescue, Lord Lewis.

Mélangez.. Parsemez de quelques épices anglaises (des duchesses, capitaines, des enfants impossibles et des vieux garçons indécrottables). Faites chauffer à feu doux trois semaines, à la campagne. Flambez d'une attaque terroriste bolchévique.

Servez ce Christmas Pudding.

 

" - [...] Really that young man, I've no patience at all with him; he behaves like a very unconvincing character in a book, not like a human at all"
"Yes, doesn't he. The sort of book of which the reviewers would say "the characterization is weak ; the central figure, Lord Lewes, never really coming to life at all ; but there are some fine descriptive passages of Berkshire scenery".

 

Un régal à la Nancy Mitford, une débauche d'esprit, d'humour improbable et d'ambiance Années Folles.

 

" 'Where's Mabel, then ?

- She is just looking for still-borns in The Times', said Christopher Robin.

[... Mabel] Chadlington kept a little red pocket-book in which she wrote down the number of still-borns babies every day as announced on the Births column of The Times. This lugubrious hobby seemed to afford her the deepest satisfaction.

'Any luck today ?, asked Christopher Robin casually.

- Not today. One lot of triplets though. I keep a separate page for them, and there were two still-borns yesterday. One mustn't expect too much, you know.' "

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 11:02

Crewel.jpg"As a Creweler, you can create new places- oceans, lakes, builodings, fields. It can be rewarding."

 

J'ai été attirée vers ce roman par son résumé, qui s'apparente presque à de la fantasy : dans le monde d'Arras, la matière et le temps sont filées et tissées par une caste de femme, les Spinsters (jeu de mot entre "vieille fille" et "filer"). Les jeunes filles capables de le faire sont sélectionnées le jour de leur 16 ans et échappent ainsi au destin des autres femmes, mariées avant 18 ans et soumises aux hommes.


Depuis sa plus tendre enfance, Adelice est entrainée par ses parents à cacher son don. Elle doit mentir et, le jour de l'examen, ne pas dévoiler sa capacité à tisser. Sinon, elle sera emmenée par la Guilde vers le Couvent d'où elle ne pourra jamais revenir dans sa famille. Hélas, elle échoue et montre même une capacité extraordinaire : être capable de tisser sans métier à tisser.
Une fois devenue Spinster, elle découvre comment la Guilde manipule les habitants d'Arras, et comment les Spinsters sont dans l'obligation de les aider. Et ça, ça ne plait pas à Adelice.

 

"There are things I need to teach you that the Guild cannot know about, but things are moving more quickly than I expected"

TADAAAAAMM


On est donc dans le roman young adult de base, à la Hunger Games, ou la série des Ugly/Pretty etc., dont on retrouve les poncifs : de la méchante oligarchie toute puissante qui tourmente son peuple à la gentille héroïne douée d'un don qui permettra à terme de libérer tout le monde ou de l'organisation très hiérarchisée de la société au triangle amoureux ...

 

Ceci dit, il y a des choses plutôt mieux réussies que la moyenne. Je trouve que cette histoire du "tissage" est intéressante et plutôt menée. Cela ajoute une dose de magie qui n'est pas inintéressante et fait naître de jolies images (à destination évidente d'un producteur de film). Le méchant est également très réussi : Cormac ne manque pas de charme ni d'envergure. Les chapitres où il apparait sont plutôt agréables et ses discussions avec l'héroïne en montrent un côté attachant.

Cependant, d'autres aspects me semblent vraiment médiocres. En particulier, je trouve que l'intrigue comporte beaucoup d'incohérences. L'héroïne grimpe très vite dans la hiérarchie pour devenir quasi n°2 du Couvent en même pas 100 pages. La méchante Maella est tantôt hyper puissante et peut faire tout ce qu'elle veut, tantôt faible et impuissante. Les trois quarts des gens du Couvent semblent prêts à participer à la Révolution, mais personne ne se parle (mais tout le monde parle à Adelice et lui fait confiance dès le début  )... 


Bref, je pense qu'il faut vraiment être amateur du genre pour vraiment apprécier cette lecture, ce qui n'est pas mon cas. Je m'arrêterai donc là dans ma découverte du monde d'Arras.

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 12:38

Quelle horreur en revenant sur mon blog de le découvrir rempli de publicités... Certes, je l'ai abandonné depuis longtemps maintenant - et ne suis pas certaine d'avoir le temps de le reprendre régulièrement, mais de l'imaginer transformé en homme-sandwich ... Quelle tristesse !

Voici donc un petit billet, sur une de mes lectures récentes : une sélection de lettres de Jane Austen.

 

 

AustenLettres.jpgI have something in hand (Mansfield Park) - which on the credit of P&P I hope will sell well, tho' not half so entertaining.

 


Ce recueil contient une centaine de lettres de Jane Austen , datant de ses 20 ans, jusqu'à sa mort, adressées pour la plupart d'entre elles sont adressées à des membres de sa famille (sa soeur, Cassandra ou sa nièce Fanny Knight), parfois à des éditeurs ou à des amis. On y voit la jeune fille gaie et insouciante devenir plus grave après la mort de son père, une Tata modèle et gâteuse de ses neveux et nièces, avant de sombrer dans la maladie.

 

After I had written the above, we received a visit from Mr Tom Lefroy and his cousin George. The latter is really very well-behaved now ; and as for the other, he has but one fault, which will, I trust, entirely remove - it is that his morning coat is a great deal too light.

 

Honnêtement, ce n'est pas un recueil facile à lire. La plupart des lettres de Jane Austen ont été brûlées par sa soeur Cassandra et ce recueil ne donne même qu'une sélection des lettres restantes. Il est donc difficile de suivre ces histoires familiales sans avoir un crayon et un papier sous la main, d'autant plus que le nombre de personnages qui intervient est immense.


Cependant, en les parcourant, on peut se rendre compte de la monotonie de la vie des femmes à cette époque : visite aux uns et aux autres, visites des uns et des autres, promenades, réflexion sur les nouvelles toilettes, et achat de tissu. Et puis, parfois, un événement qui vient rompre le quotidien : un mariage, une naissance (et encore, il y en a tellement !), un décès. Avant que ne reprenne la litanie des "Mrs et Miss Truc sont venues nous voir. Merci pour les 5 m de mousseline que tu m'as achetée. J'ai reçu une lettre de Charles, son bâtiment va bientôt partir pour l'Egypte."
Car, entre 1796 et 1814, nous sommes en pleines guerres napoléoniennes, et on se rend vite compte de l'importance que cela pouvait avoir au quotidien, surtout quand des proches sont impliqués. Autant dans les romans de Jane Austen, la guerre est minimisée (sans doute pas considéré à l'époque comme suffisament romanesque), autant dans ses lettres, la guerre transparait en permanence, surtout dans l'angoisse de ne pas avoir reçu de nouvelles de tel ou tel frère depuis longtemps.

 


Bye the bye, as I must leave off being young, I find many Douceurs in being a sort of Chaperon for I am put on teh sofa near the fire & can drink as much wine as I like.

 


Il est également très intéressant de la lire donner des conseils à ses nièces, que ce soit des conseils littéraires à Anna qui entreprend l'écriture d'un roman (et où on voit que le réalisme était une chose très importante pour Jane), ou des conseils sentimentaux à sa nièce Fanny Knight, presque fiancée à un homme qu'elle n'aime plus. On suit aussi de loin le processus de publication de ses romans, les choix éditoriaux, et la renommée venir peu à peu.

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 19:44

DaisyMiller.jpg"Ce dont tu peux être sûr, c'est qu'elle n'envisage rien. Elle va de jour en jour, d'heure en heure comme on le faisait à l'Âge d'Or. Je ne vois rien de plus vulgaire à me représenter."

 

En Suisse, dans la petite ville de Vevey, le narrateur rencontre Daisy Miller, une jeune américaine audacieuse. Alors qu'elle ne le connait pas, elle entame une discussion avec lui, lui propose une escapade en duo au chateau médiéval de la colline, voir une balade romantique sur le lac, au clair de lune. Est-elle un flirt, une jeune fille légère dont les relations avec les hommes sont trop coquettes ? Une naïve, une innocente américaine, qui ne se rend pas compte de l'impropriété de son comportement ? Ou une jeune fille qui a décidé de choisir la vie qu'elle souhaitait mener, sans tenir compte du qu'en-dira-t-on ?

 

C'est un roman très court que j'ai plutôt apprécié. Daisy Miller m'a un peu fait penser à Isabelle Archer, de Portrait of a lady. Mais, contrairement à cette dernière, Miss Miller ne veut pas forcément se marier. Elle se comporte avec les hommes comme un homme se comporterait lui-même : libre, sans attache. Mais la société n'est pas prête à cette ultime libération des femmes ...

 

Lu dans le cadre du challenge Henri James

challenge-henry-james

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:00

Eon.gif"Eux aussi le voyaient. Ils voyaient le dragon Miroir me choisir, moi, Eon, l'estropié."

Eon s'entraine avec acharnement sous la férule de son maître en espérant être bientôt choisie comme apprenti dragon Rat lors de la cérémonie du lendemain. Mais Eon n'est pas comme les autres jeunes garçons qui candidatent aussi : c'est une fille et elle a quatre ans de plus. Ca, personne ne doit le savoir : dans cette société extrêmement codifiée, les femmes sont reléguées en marge de la société, et certainement pas au rôle prestigieux de Gardien de dragon.

Dans une ambiance de fin de règne, où les complots sont la règle, Eon va devoir jouer très finement ...

 

J'ai adoré ce roman pour jeune adulte, dévoré en un week-end où j'ai eu beaucoup de mal à le lâcher. Je me suis énormément attaché au personnage d'Eon, une sorte de mélange bien dosé entre un survivor et une très jeune fille pleine de doutes.

J'ai aussi trouvé le monde dans lequel se déroule ce roman de fantasy bien construit. Il est rare que la fantasy aille voir du côté de la Chine et de son histoire pour dérouler ses histoires, et c'est étrangement rafraichissant de lire un roman plein de dragons, de Cité Interdite et d'années du Rat, du Dragon ou Tigre. Je trouve aussi qu'il aborde avec beaucoup de finesse des aspects assez rarement vus dans des livres pour ados : l'homosexualité, la trans-sexualité, le travestissement... Le jeu était périlleux, mais l'auteur s'en sort vraiment très bien.

 

Si je n'ai qu'un seul reproche à faire à ce roman, c'est son côté un peu attendu. Est-ce parce que je suis un peu trop expérimentée pour lire des romans pour ados ? Je voyais venir les rebondissements assez longtemps à l'avance et j'ai trouvé que la petite héroîne manquait parfois un peu de jugeotte. Mais ce défaut mis à part, ce fut une lecture très agréable !

 

Lu dans le cadre du challenge des Lieux Imaginaires - les mondes imaginaires

lieuximaginaires


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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 20:00

Snobs.jpg"This was Lady Uckfield. She was always careful to address strangers, especially those younger than herself, as 'Mr' and 'Miss' or by their correct title. The main reason for this, indeed the reason for her whole vocabulary, was to underpin her image of herself as a miraculous survival of the Edwardian age in modern England. She liked to think that in her behaviour and manner people had a chance to see how things were done in the days when they were done properly. How matters would have been managed by Lady Desborough or the Countess of Dudley or the Marchioness of Salisbury or any of the other forgotten fin de siècle beauties who made their lives their art, which consequently perished with them."

 

Miss Lavery est une demoiselle de 27 ou 28 ans, issue de la classe moyenne. Parce que sa mère est la petite nièce d'un Lord, elle est attirée par la noblesse et ses fastes, comme n'importe quelle petite fille.

Quand, en visitant le château, elle tombe sur Earl Broughton, un jeune bachelor timide et réservé, mais héritier d'un des plus grands noms et châteaux de l'aristocratie anglaise, elle ne laisse pas passer sa chance. De rendez-vous en rendez-vous, elle fait la conquête du jeune homme, l'épouse ... et découvre qu'être Comtesse n'est pas une activité très passionnante, surtout quand le mari n'est pas lui-même très intéressant.

 

Amateurs de Downton Abbey, pssssssst, ce livre est pour vous.

Si, si, je vous assure. Tiens, il a été écrit par le scénariste de la série (plutôt en mode saison 1 que saison 2 ou 3).

Il y a même Lady Violet dedans. Elle s'appelle Lady Uckfield, a trente ans de moins et vit 60 ans plus tard, mais c'est elle quand même, on la reconnait très vite.

Même les thèmes abordés sont similaires : l'aristocraie anglaise, ses traditions séculaires et le décalage entre ceux qui en sont (Lady Violet, par exemple) et ceux qui n'en sont pas (Mrs Crawley, pour ne citer qu'elle).

 

Ca commence comme un roman de chick lit et j'ai trouvé amusant de lire ce genre de texte sous la plume d'un homme. Mais, dès que Edith Lavery est mariée à Charles Broughton, le style change et devient infiniment plus cynique et acide. Julian Fellowes ne se voile la face ni sur les travers de l'aristocratie britannique ni sur ceux du monde du cinéma (enfin, surtout des séries télés en costume dans des châteaux edwardiens ... ça vous rappelle quelque chose ?). Mais sur la première, il a une affection profonde, qui transparait entre les lignes. Certes, la noblesse a ses défauts : mais sans elle, qui conserverait ses bonnes vieilles traditions qui ont fait la gloire de l'Empire ?

 

Cet idée préconçue peut séduire - ou agacer. Chez moi, elle fait les deux. Elle séduit la petite fille qui est encore en moi (sans ignorer la grand paresseuse qui se demande comment Edith Lavery peut regretter de ne rien faire de ses journées), avec ses rêves de princesse, ses "m'lady" et ses beaux châteaux. Mais l'adulte ne peut que se demander si le conservatisme de Julian Fellowes ne frise pas le ridicule.

 

Mes réserves politiques mises à part, ce roman, a mi-chemin entre de la chick lit et un Nancy Mitford, se lit avec plaisir. Si on soupire un peu du comportement de garce trop gâtée d'Edith, Charles est un personnage touchant, et Lady Uckfield déborde de dynamisme et de ténacité.

 

Lu dans le cadre du challenge I love London

IloveLondon

Lu en anglais

Lirenanglais

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 13:53

Cela fait 1 mois que j'essaie d'écrire un blablatage et que je vois mon reader stagner à +1000 (reader qu'il va falloir que je change puisque google reader va disparaitre, hélas). Je n'y parviens pas et cela me désespère, mais il faut se faire une raison : le travail, la fatigue, le stress prennent une bonne partie de mon temps de cerveau disponible. Je n'ai plus la force de lire, de bloguer et même de lire vos blogs.


Même si, a priori, les choses devraient s'arranger dans les jours qui viennent : les deux dernières semaines ont été catastrophiques de stress. J'ai envoyé deux dossiers de candidature pour être maître de conf en génomique et génétique. Or, le principe d'un dossier de maître de conf, c'est que rien n'est expliqué, pour tester la capacité d'innovation et de recherche (d'informations introuvables) des candidats. Un exemple ? Il faut envoyer un CV ... de 15 pages, détaillant son expérience de recherche et d'enseignement, avec un projet de recherche de 4-5 pages pour détailler ce sur quoi on travaillerait si on était embauché, et les cours qu'on fournirait. Mais ça s'appelle un "CV" (le ministère de l'enseignement supérieur de la recherche et moi n'avons pas la même définition du "CV").

Autre exemple ? La fiche de poste pour un des postes proposait comme "Adresse à laquelle envoyer le dossier" une adresse postale ... même si c'était par mail qu'il fallait envoyer le dit dossier. Et je ne compte pas les pièces obligatoires qui sont signalées à la dernière minute ! Bref, je me sens un peu de retour du pays des fous, et revenir dans un monde normal est un soulagement immense.


L'autre chose qui m'a pris un peu de mon temps de cerveau disponible ces derniers temps est l'ouverture d'un nouveau blog, destiné à la vulgarisation scientifique : The fossil and Mr Darwin. Je me demande de plus en plus si ma place est réellement dans la recherche : j'aime ça, vraiment, au plus profond de moi, mais les conditions dans lesquelles elle se pratique actuellement, en France et dans le monde, ne sont pas épanouissantes. J'ai toujours dit que si je ne faisais pas de la recherche, la vulgarisation est un domaine qui me plairait. Alors, je teste la vulgarisation - et pour l'instant, j'aime énormément cela ! Et puis, même si je continue dans la recherche, je suis de toute façon persuadée que le lien entre chercheurs et non-chercheurs peut se faire dans pleins d'endroits, et pas que dans une salle de cours à l'Université.

 

Tout ça pour dire que mes lectures ont été un peu poussives ces dernières semaines, et plus encore ma capacité à écrire ici. J'ai quelques billets commencés sous le coude que je vais essayer de publier prochainement. Et si vous voulez un très bon résumé de ce qui s'est passés sur la blogosphère, allez voir chez Maggie qui en fait un excellent - et très tentant, ou les Petits plaisirs biblio de Sabbio.

 

Parmi les nouvelles que je voulais partager avec vous, deux concernent des informations non-bloguesques. La première concerne un projet de magasine musical, lancé, entre autres, par des membres du blog Rocknfool : Fame Us. Le premier exemplaire est maintenant sorti, consacré à Yan Wagner et la musique électro. Je sens que je vais faire plein de bonnes découvertes !

Le second, c'est les filles de My Little Paris, un site extrêmement girly et modeux, mais dont la fraicheur me séduit, qui lancent My Little Book Club, une page consacrée à la littérature : des livres à lire et à relire, les bons accessoiress pour lire sous la couette ou les bibliothèques trendy. Apparemment, lire devient fashieuuuun.

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 16:28

pimientos.jpg(pas de citation ici, car je ne veux pas salir mon blog des phrases rapportées dans ce recueil)

Lorsque les éditions Pimientos m'ont proposé de m'envoyer un recueil qu'ils venaient de publier, un livre noir de la littérature française du XIXème, où la face raciste de la société française de l'époque apparait, j'ai accepté avec plaisir. L'approche, qui consiste à faire tomber de leur piédestal des auteurs reconnus en dévoilant leurs côtés les plus sombres, me plaisait beaucoup.


Au final, je dois avouer que la lecture de ce livre n'est pas très agréable : les textes choisis donnent une légère nausée qui va s'accentuant  (les Goncourt et Loti étant particulièrement répugnants). Insérés au sein de leurs romans respectifs, les passages réunis ici mettraient déjà mal à l'aise, mais les lire les uns à la suite des autres ne laisse pas le lecteur dans un état agréable ( et ce n'était sans doute pas le but).

Un autre aspect qui ne rend pas la lecture très plaisante est le côté fragmentaire de l'exercice. A part deux récits (Manette Salomon, de Goncourt et Le roman d'un spahi de Loti), si ouvertement racistes que les nombreux passages cités permettent d'en reconstituer l'histoire, les autres textes cités sont ici une description, là une scène, ici un dialogue complètement sortis de leur contexte, ce qui m'a gênée à la lecture.


Mais, quelque part, c'est le jeu du recueil, ma pauvre Lucette !


Cependant, j'aurais aimé que puisqu'on sortait le texte de son "sens littéraire" on lui donne un sens historique au recueil. Or, à part une brève introduction (9 pages) et une page de présentation devant chaque auteur présenté, qui n'est souvent qu'un jugement moral, le recueil livre les textes de manière brute. Or, sans être historienne ni spécialiste du sujet, il me semble que trois courants, de gravité différente, se dégage de ces textes.


Le premier, le plus ignoble, est celui des théoriciens du racisme : Renan, Goncourt, Loti, avec des propos nauséabonds, tentent de démontrer pourquoi l'inégalité entre les hommes est nécessaire et pourquoi les blancs doivent gouverner, tyranniser les autres. Une question qui n'est absolument pas abordée dans le recueil est d'ailleurs celle du rôle de la colonisation dans la mise en place d'une idéologie raciste : à quel point le racisme de la société française de l'époque était une manière de justifier les guerres de conquête de l'Afrique. Si tu veux tuer ton chien, tu dis qu'il a la rage ; si tu veux conquérir un pays, tu dis qu'il est peuplé de sous-hommes barbares...

 

Le second type de texte est celui de romanciers qui utilisent des stéréotypes de leur époque dans leurs romans : Esther, la belle juive de Splendeur et Misères des courtisanes, (Gobseck juif, l'usurier de la Comédie Humaine n'est étonnament pas cité), Llanga le gentil noir un peu bête de Jules Verne, vont constituer des archétypes que le lecteur va immédiatement reconnaître. Propos coupables, certes, mais qui en disent plus sur l'imaginaire de l'époque que sur autre chose. D'ailleurs, les auteurs qui se rendent coupables de ces textes sont généralement les auteurs des romans les plus vendus à l'époque. Comment verra-t-on dans 100 ans nos best-sellers où les femmes sont forcément des pipelettes, et où les hommes ne pleurent pas parce que ce n'est pas viril ? Misogynie, sexisme, ou bêtise pure et simple ?

 

Le troisième type de texte correspond à la mode scientifique qui cherchait, dans les traits physiques, dans l'origine géographique ou raciale, des caractéristiques morales. C'est l'époque où est née la légende de la bosse des maths, où on cherchait sur les crânes des condamnés la bosse du crime. Qu'y-a-t-il d'étonnant à ce que Stendhal cherche dans la population française les descendants des Gaels, des Kymri, des Francs, ... ? Et ne nous rendons-nous même pas coupable des mêmes crimes lorsque nous expliquons que les bretons sont têtus, les corses colériques et les parisiens hautains ? Est-ce de la même gravité que les propos de haine et de violence raciale prônés par les Goncourt ou Loti ?

 

Que les distinctions que je dresse là soient poreuses, j'en suis consciente. Mais mettre tous ces textes au même niveau me semble desservir le propos même du recueil.

 

Enfin, une dernière chose m'a gênée dans ce recueil : l'absence totale d'auteurs femmes. On pourrait se féliciter que George Sand ou Marie d'Agoult n'ait pas été racistes, mais ces auteurs ne sont même pas citées aux côtés de Flaubert, Nerval, Gautier parmi les écrivains ouverts d'esprit. Et je crois me rappeler que passages dans la Comtesse de Ségur qui m'avaient mise très mal à l'aise étant enfant, aurait peut-être mérités de ses retrouver, hélas, dans ce recueil.

Alors, est-ce à dire que la littérature écrite par des femmes n'est pas considérée comme de la vraie littérature ? Ca serait dommage pour un recueil qui cherche à dénoncer les discriminations ...

 

Merci en tout cas à Pimientos pour ce partenariat.

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 12:00

QuelleEpoque.jpg"Au fond de son coeur, elle adorait la richesse, mais elle la désirait pour lui plutôt que pour elle. Alors, son esprit s'envolait vers les titres de baron et de comte, et elle se perdait dans la gloire future de son fils, dont les vices avaient déjà commencé à l'entraîner dans sa propre ruine."


Voici un petit pavé (700 pages et quelques écrits en tout petit), riche en rebondissement et qui fait vivre devant nous toute une société : les nobles désargentés mais qui aimeraient bien continuer à faire "comme si", les nouveaux commerçants richissimes, mais si vulgaires et si peu "anglais", les squires paisibles de province, les paysannes séduites par les nobles désargentés du dessus, et ... les américains et leurs moeurs bizarres.
Le pitch du livre est vraiment très simple : Augustus Melmotte, un homme vulgaire et profondément "étranger" (français, ou juif, ou américain, bref, "pas comme nous") déboule dans la haute société londonienne comme un chien dans un jeu de quille. Malgré son côté profondément détestable, sa fortune sans limite conduit les uns et les autres à le fréquenter de plus en plus assidument. Surtout qu'il a une fille unique à marier ! Mais les bases de sa fortune sont-elles si saines ?
En plus de la dichotomie noblesse/commerce, Trollope s'intéresse aux bases de la fortune de Melmotte et à la spéculation qu'il conduit. J'avoue que ça m'a fait énormément fait penser à la crise financière de 2008, et d'autant plus que la spéculation véreuse que lance Melmotte est du même type que celles qui ont conduit au XIXème siècle à la fondation des agences de notation !

A partir de l'astre Melmotte, on rencontre de nouveaux personnages : les Longestaffe, en manque d'argent chronique et dont la fille n'arrive pas à se marier, 12 ans après avoir été lancée dans le monde ; Sir Alfred et son fils, la porte d'entrée de Melmotte dans l'aristocratie, et les Carbury.
Lady Carbury, veuve, a deux enfants : un fils dépensier Felix qu'elle aime passionnément, et une fille parfaite, Hetta, qui se refuse à épouser son cousin Roger, même si Roger pourrait lui fournir une vie sans soucis financier. Mais Hetta aime Paul Montague, un ami de Roger, follement amoureux d'elle, mais pourvu d'une fiancée étrange, américaine, divorcée, veuve (?), entreprenante et séduisante : Mrs Hurtle. Double triangle amoureux, complexe à résoudre.

 

"Elle voulait s'établir. Elle voulait, au début de son entreprise, obtenir un lord ; mais les lords sont rares. Personnellement, elle n'était pas de très haute naissance, elle n'avait pas de dons exceptionnels, elle n'était pas très charmante, pas très agréable, et n'avait pas de fortune. Elle avait décidé depuis longtemps qu'elle pourrait se passer d'un lord, mais qu'elle devait se trouver un roturier convenable. Ce devait être quelqu'un disposant d'une résidence à la campagne, et de moyens suffisants pour lui permettre de se rendre tous les ans à Londres. Ce devait être un gentleman, et sans doute un parlementaire. Et avant tout, il devait être d'un bon milieu. [...] Mais désormais, les hommes convenables ne s'approchainent plus d'elle. Le seul but pour lequel elle s'était exposé à cette ignominie semblait avoir complètement disparu au loin."

 

Au final, ce fut une lecture vraiment plaisante. Je trouve les personnes riches et fouillés. Personne n'est réellement blanc ou noir, même si Hetta n'a que très peu de défauts, et que Felix est pathétique. Chacun est poussé dans le monde par ses désirs, son égoïsme, et très peu de gens prennent l'autre en considération (sauf peut-être Lady Carbury, qui se démène vraiment pour son crétin de fils). Le premier chapitre avec les trois lettres que Lady Carbury envoie aux trois journaux est un régal. J'ai aussi particulièrement apprécié les chapitres, après le grand diner de Melmotte, où on est dans l'esprit de ce personnage. Dans le grand méchant financier véreux et violent, on trouve un homme blessé et fragile.

Je n'ai que deux défauts à lui trouver :
- ce roman a été écrit en feuilleton et ça se sent : au début de chaque chapitre, il rappelle brièvement là où il avait laissé ses personnages avant, ce qui a tendance à couper la lecture.
- je l'ai lu en traduction, et je n'aime pas les parti-pris du traducteur. Il a voulu traduire les expressions familières par des expression familières plus modernes, ce qui me gêne beaucoup. On parle ainsi de "mon paternel", untel est un "chic type". Heureusement, seuls les passages entre jeunes nobles sont traduits ainsi, mais j'ai trouvé ça déplacé.

 

Par ailleurs, la BBC en a fait une série télé, avec David Suchet (Poirot !!) en Melmotte que j'ai maintenant très envie de voir...

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Lu en LC avec Camille, Adalana, Denis, Lecture et cie, Malorie, Shelbylee, Syl. et Titine

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Lu dans le cadre du challenge victorien

victorien

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Janvier 2013

Lecture commune approximative : Imposture, de Benjamin Markovits, avec George

 

9 Janvier 2013

Lecture commune : Silvia's lovers, de Gaskel, avec Titine

 

20 Janvier 2013

Lecture commune : Les Chouans, de Balzac, avec Maggie, Nathalie , Cléanthe et Marie

 

Février 2013

Lecture commune : La fausse maîtresse, de Balzac, avec Marie

 

4 Mars 2013

Lecture commune : Le temps des métamorphoses, de Poppy Adams, avec Tiphanie, Soukee et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : The scarlett letter, de Nathaniel Hawthorne, avec Noctenbule et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : Quelle époque !, de Trollope, avec Adalana, Shelbylee, Maggie et Titine

 

Avril 2013

Lecture commune : Les vagues, de Virginia Woolf, avec Cléanthe , Anis et Titine


21 Juin 2013

Lecture Commune : Petite soeur, mon amour, avec Valérie

 

 Juin 2013

Lecture de L'Argent, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Juillet 2013

Lecture de La débâcle, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Août 2013

Lecture de Le Docteur Pascal, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

7 Novembre 2013

Lecture de Le dernier Homme de Camus, dans le cadre du défi Albert Camus

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