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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 10:54

sylvias-lovers.jpg"A girl beloved by two - nay, those two identical in occupation as he and Kinraid were - Rose identical even in character with what he knew of the specksioneer; a girl choosing the wrong lover, and suffering and soured all her life in consequence of her youth's mistake; was that to be Silvia's lot ?"

 

Je continue cette semaine entamée avec la série North and South en lisant un autre roman d'Elizabeth Gaskell, Sylvia's lovers. Comme son titre l'indique, ce roman est centré autour de la personnalité de Sylvia, une jeune fille gaie et entreprenante, très loin de la réserve qu'elle aurait du montrer à l'époque géorgienne. Sylvia vit dans une ferme, à côté d'un port où les baleiniers viennent mouiller l'hiver, quand les glaces prennent les eaux. Mais, dans cette époque troublée par la guerre contre la France, les rafles de l'armée pour engager les marins revenus à terre sont nombreuses et les émeutes qui les accompagnent violentes.

C'est lors de l'enterrement de la victime d'une émeute que Sylvia pose pour la première fois les yeux sur Charley Kinraid, un marin courageux dont les exploits de la veille lui assurent déjà une place de choix dans ses pensées. Charles n'est pas insensible au charme de la belle jeune fille et sa cour est vivement encouragée par le père de Sylvia, lui même un ancien marin.

Mais n'est pas du tout du goût de Bel, la mère de Sylvia, qui préfèrerait voir sa fille épouser son cousin, Philip Hepburn, un jeune homme ambitieux, gentil, fou amoureux de Sylvia, et au charme équivalent à celui d'une huître sous le crachin.

Sylvia aime beaucoup son cousin, mais, euh ... comme un cousin et un frère.

 

D'où problème.

 

"They were intimate, and yet shy with each other, in a manner that enraged while it bewildered Philip. What was Charley saying to her in that whispered voice, as they passed each other ? Why did they lingered near each other ? Why did Silvia look so dreamily happy, so stratled at every call of the game, as if recalled from some pleasant idea ? Why did Kinraid's eyes always seek all aflame ?"

 

Je ne peux pas dire que j'ai adoré ce livre. J'ai eu beaucoup de mal à le lire au début. J'avais déjà fait une tentative il y a quelques années qui s'était soldée par un échec. Je l'ai repris quand la traduction française est sortie, les billets élogieux que je lisais deci-delà me tentant. Echec à nouveau au bout d'une centaine de pages.

Il a fallu Titine et sa proposition de lecture commune pour que je retente, cette fois avec succès.


Le début m'a semblé long et ennuyeux. Il y a beaucoup de retranscription de dialogues, que Gaskell retranscrit 'avé l'accent' : il faut quelques temps pour s'habituer à "feyther" pour "father", "niver" pour "never", etc. Et puis, la description psychologique de Sylvia et Philip est fine et détaillée. En nous montrant ces deux personnages dans leur vie quotidienne, Gaskell parvient à en faire un portrait extrêmement complexe, hors de tout manichéisme, ni vraiment sympathique, ni vraiment antipathique, tout en nuance. Mais si cette mise en place donne tout son prix à la suite du roman, elle m'a semblée un peu longuette à lire.

 

Il faut attendre que les drames arrivent pour que vraiment l'histoire démarre. Tous les ingrédients sont en place, il suffit de laisser le drame se dérouler et s'enfoncer dans toujours plus de noirceur. Autant la Sylvia heureuse et insouciante m'ennuyait, autant j'ai aimé la Sylvia brisée. Sa vengeance lui fait atteindre, sous son apparente douceur et soumission, la force et la grandeur d'une Médée. On découvre que sous la jeune fille légère se cache une femme capable de grandes haines et de grands amours.

 

"It was a pretty sight to see, however familiar to all of us such things may be - the pale, worn, old woman, in her quaint, old-fashioned country dress, holding the little infant on her knees, looking at its open, unspeculative eyes, and talking the little language of it as though it could understand ; the father on his knees, kept prisoner by a small, small finger curled round his strong and sinewy one; the young mother, fair, pale, and smiling propped up on pillows in order that she, too, might see the wonderful babe."

 

Et puis, il y a le style de Gaskell. Cette auteur parvient à rendre familier un univers si différent du nôtre. J'avais déjà été frappée par sa manière de décrire la vie quotidienne victorienne dans Cranford en nous montrant des êtres aux motivations si proches des nôtres. Cela m'a encore plus frappée ici, peut-être parce qu'elle cherchait à nous montrer une époque déjà révolue lorsqu'elle écrivait. La vie quotidienne de Sylvia, son amour pour son enfant, sa patience avec sa mère déclinante, sa dépression la rendent très proche de nous.

J'ai aussi beaucoup pensé à Jane Austen en lisant ce roman : ses héros vivent à la même époque qu'Elizabeth Bennett et les autres héroïnes d'Austen. Mais le traitement de cette période diffère entre les deux auteurs : chez Austen, la guerre est juste une péripétie comme une autre. On porte un bel uniforme, ça fait craquer les filles, on revient peut-être un peu trop buriné des longs mois passés sur les mers et ça s'arrête là. Chez Gaskell, la guerre brise des familles, met tout le monde dans un état de stress quotidien, renvoie les hommes cassés, défigurés, pauvres. Il y a du sang et des larmes dans sa guerre, ce qui la rend encore plus touchante.

 

Au final, je ne regrette pas d'avoir serré les dents durant les 150 premières pages, d'avoir maudit Sylvia et sa coquetterie, Philip et l'ennui profond qu'il provoquait chez moi. Les 300 dernières valaient le coup.

 

Lu dans le cadre du challenge victorien

victorien

 

Lu en LC avec Titine

lecturecommune1

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 10:37

northsouth.jpgJ'ai parfois l'impression d'être la dernière personne à découvrir cette mini-série. Bon, j'avoue, Maggie l'a découverte peu de temps avant moi ! Pourtant, ce n'était pas faute d'être conseillée par diverses personnes "Toi qui aime tant les period drama/Gaskell/Zola/le roman North and South, il FAUT que tu vois cette mini-série!" ou "Nan, nan, nan, tu peux pas dire que Colin Firth en Darcy est le sexiest man on Earth. C'est réservé à Richard Armitage en Thornton...".

Mais voilà, j'ai l'esprit de contradiction. Plus on me disait que North and South était une adaptation merveilleuse, plus je regardais Wives and daughters1, et plus on me chantait les louanges de Thornton, plus je succombais sur Darcy.

NSArmitage.jpg

Sauf qu'un froid soir de Novembre, avec une amie à qui j'avais déjà fait découvrir Jane Eyre, on errait désespérement en quête d'une nouvelle mini-série. Mes yeux sont tombés sur le DVD soigneusement empaqueté de North and South : "On m'a dit que c'était très bien. Et que l'acteur était craquant... Mais bon, après Rochester, ça va être difficile quand même". On a dépaqueté le DVD, on l'a glissé dans la fente.

Il était 21h.

Quatre heures plus tard, conquises, on couinait comme des souris, et on hésitait sérieusement à se faire une nuit blanche pour le regarder une fois supplémentaire.

 

J'aime beaucoup Elizabeth Gaskell et ses romans. Ce sont des chroniques de la vie quotidienne, un peu moins spirituelles que celles d'Austen, mais tout aussi confortables et chaleureuses, voire plus. Mrs Gaskell était mariée et était mère, et cela se sent dans le tendre bon sens qui parsème ses romans.

Mais des romans que j'ai lus de cette auteur, North and South est sans doute le moins "confortable". Il y a du Zola dans la description de cette ville ouvrière, pauvre et des antogonismes entre patrons et ouvriers. Sans donner de leçons de morale, sans "gentils ouvriers" et "méchants patrons" (ou l'inverse, d'ailleurs) Gaskell expose la complexité des relations de travail et de la lutte des classes.

 

NSMargaret.jpg

C'est à travers les yeux de Miss Margaret Hale (le "Sud") que l'on découvre tout cela. Margaret est la fille d'un pasteur, du sud campagnard et doux de l'Angleterre. Mais son père se sent obligé de démissioner de son poste, et part avec toute sa famille exercer le métier de professeur dans une ville industrielle du nord de l'Angleterre, Milton. Là, Margaret va découvrir la rude condition des ouvriers, et en garder une rancune tenace envers Mr Thornton (le "Nord"), ami et premier élève de son père, et également patron de l'une des entreprises. Thornton, quant à lui, va très vite succomber au charme de Miss Hale, malgré la froideur et le snobisme de la jeune fille. Mais Mrs Thornton, la mère redoutable de Thornton, veille et voit d'un très mauvais oeil l'attraction qu'exerce sur son fils cette jeune fille sans argent - l'excellente éducation de Margaret et le statut d'érudit de son père n'ayant aucune attraction sur cette femme.

 

J'ai vraiment beaucoup aimé l'adaptation qui est faite de cette histoire. Les libertés qui ont été prises avec le roman (la "première rencontre", par exemple, est légèrement plus brutale #euphémisme) améliore l'efficacité du roman et se justifient par la très grande richesse du roman, qui n'est pas forcément facile à adapter en quatre petites heures. Ce que j'apprécie, c'est que les aspects les plus sociaux du roman ne sont pas passés à la trappe pour favoriser la romance. Les difficultés de vie des ouvriers sont très bien montrées, comme le travail de titan de Thornton pour maintenir son usine à flot.

NSHiggins.jpg

Les ouvriers sont représentés par la famille Higgins (et Boucher, mais de manière plus anecdotique). Nicholas Higgins, le père (joué par Brendan Coyle qui est Bates dans Downton Abbey et qui est infiniment meilleur ici) est un bon ouvrier, bon travailleur, bon père de famille, syndicaliste et impliqué pour que les ouvriers retrouve leur paie d'avant la baisse de 5 shillings consentie quelques années auparavant. Sa fille, Bessie, amie de Margaret, est d'une santé fragile, atteinte par une toux persistante due à la poussière de coton.

NSBessy.jpg

C'est Thornton qui représente les patrons et il est souvent dit qu'il n'est pas le pire. Mais ce n'est pas par pure bonté d'âme qu'il s'intéresse à la santé de ses ouvriers : un travailleur en bonne santé travaille mieux, est moins souvent absent et est plus rentable. Sa dureté apparente est cependant compensée par un coeur tendre avec les gens qu'il aime : Margaret, au bout d'un moment, mais surtout avec sa mère. C'est l'une des plus belles relations mère-fils de la littérature, chacun laissant tomber sa froideur et son côté cassant pour témoigner d'une véritable affection, à coeur ouvert. Je crois que les scènes où John discute de son amour pour Margaret avec sa mère sont mes préférées.

NSArmitage4.jpg

Il faut dire que l'actrice (Sinéad Cusack) qui joue la mère est parfaite : son accent, ses traits arrivent à témoigner de son mépris absolu pour Margaret, son mépris modéré pour Mr Hale (un brave homme, mais étudier de latin, quelle idée !), et son amour farouche pour son fils.

NSThorntonmom.jpg

Margaret Hale (Daniela Denby-Ashe) est aussi très bien représentée. Elle s'éloigne certes peut-être de la froideur naturelle du personnage de roman, mais arrive parfaitement à témoigner du sentiment de décalage qu'elle connait, elle, jeune fille du sud civilisé, habituée aux manières raffinées des salons londoniens, en se retrouvant au milieu de ces barbares d'hommes du nord, uniquement intéressés par l'argent et le profit. Elle se sent plus à l'aise chez les ouvriers qui, malgré leur côté rustre, ont un plus grand coeur.

NSMargaret2.jpg

Mais la véritable star de cette mini-série, c'est Thornton, joué par Richard Armitage. Son personnage n'est cependant pas des plus faciles à jouer : il est pétri de contradictions et n'est pas fondementalement sympathique2. Son côté colérique et emporté, son entêtement, sa capacité à prendre tout ce que fait Margaret du mauvais côté3, le rendent très agaçant. Mais il sait adoucir son regard quand il regarde les femmes qu'il aime. Mais il est juste et droit quand il le faut. Mais Richard Armitage, avec son jeu excessivement fin (la scène où il regarde Margaret s'éloigner "Look back at me. Look at me" est juste parfaite. On lit dans son regard tout ce qu'il ressent), avec sa prestance, lui donne une complexité intérieure qui ne donne qu'une envie : mieux le connaître - surtout plus intimement.

NSArmitage2.jpg

Vous savez, cette scène dans P&P 95, où Darcy regarder Lizzie jouer du piano, chez Lady de Burgh, avec Fitzwilliam à côté, ce regard qu'il porte sur elle, plein d'amour et en même temps un peu bousculé par l'humour qu'elle exerce à ses dépend ? Armitage joue un Thornton qui lui ressemble.

 

Et je ne vous ai pas parlé de la beauté des images, du coton qui flotte dans l'usine, des scènes d'intérieur ; de la beauté de la musique qui donne tout son souffle à la série ; de la construction. On sent par moment que les décors sont un peu cheap, que les mises au point ne sont pas parfaites. Certains acteurs ne sont pas au niveau (la soeur de Thornton surjoue beaucoup trop). Mais c'est justement à partir de cette série qui devait être à bas coût et très oubliable qu'est née un film mythique. Et ça, chapeau.

 

 

1 Je maintiens que cette adaptation est une petite merveille de chaussons de Noël à enfiler quand il fait gris et froid dehors. Et puis, le Austen's boy est un scientifique, qui plus est un naturaliste darwiniste, et ça, ça ne peut que faire battre mon petit coeur.

2 spoiler : la première fois qu'on le voit, il est quand même en train de tabasser un ouvrier à terre. Certes, il est très sexy. Mais c'est pas très sympathique.

3 bon, en même temps, elle le lui rend bien...

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Published by Céline - dans Séries
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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 08:00

Harmental.jpg

"Un jeune homme était debout devant cette porte, allongeant la main vers la sonnette.

Bathilde jeta un cri de joie, et le jeune homme un cri d'amour.

Ce jeune homme, c'était Raoul."

 

Prenez un jeune chevalier, pur et ambitieux au milieu d'une foule débauchée ; prenez un militaire un peu alcoolique, un peu gourmand et aimant tellement les belles que sa bourse est toujours vide ; prenez une jeune fille pure et noble, élevée en dessous de sa condition, qui ressort pourtant par tous les pores de sa peau ; prenez le bourgeois ridicule qui s'occupe d'elle avec dévouement comme de sa propre fille.

Ajoutez une Altesse, un Régent, un jeune roi, quelques complots, de l'amour, des duels, la Bastille et des enlèvements.

Remuez bien. Poivrez un peu, si nécessaire. Faites mijoter quelques 500 pages. Laissez reposez.

Dégustez assis dans un fauteuil confortable au coin du feu.

 

Que dire de plus ? C'est un régal à la Dumas. Ce roman a été écrit seulement deux ans avant les Trois Mousquetaires et on y sent comme un air de parenté. Il ne manque qu'une Milady - mais la belle Bathilde (non, je ne suis pas enrhumée, merci) y est tout à fait charmante.

Sans grande surprise, j'ai suivi avec plaisir les aventures du Chevalier d'Harmenthal, le maudissant de s'engager dans un aventure vouée à l'échec (avec 300 ans de recul, on sait bien que le Régent n'a pas été enlevé et que Monsieur du Maine n'a pas pris sa place). J'ai surtout apprécié les passages dans la chambre de bonne, et la cour que d'Harmental (a-t-on idée de s'appeler Raoul ?) fait par la fenêtre à la belle Bathilde (bon, OK, c'est pas lui le plus ridicule du lot). Les jeux d'ouverture et de fermeture des rideaux ont un côté tout à fait théâtral qui tranche avec les passages plus historiques.

 

Lu en lecture commune avec Karine:)

lecturecommune1

Lu dans le cadre du challenge Romantique

Romantisme

Et du challenge Dumas

Dumas

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 18:00

chiang-babylone.jpgTed Chiang est un auteur de science fiction extrêmement peu prolifique - et inconnu. Si j'en crois sa page wikipedia, la majeure partie de ses écrits se trouvent dans le recueil et que j'ai pu lire, et la très grande majorité ont toutes été récompensées par des prix aussi prestigieux que le Nebula ou le Hugo Awards.

Dommage donc que cet auteur brillant ne soit pas plus prolixe car la plupart de ses histoires, mêlant science et fiction, mythologie et histoire, sont des petits régals. Ted Chiang est un scientifique. Cela ne se voit pas que dans le choix de ses sujets, mais également dans sa manière de raconter des histoires, souvent résolument novatrice.

 

La première nouvelle, La Tour de Babylone raconte l'histoire de la construction de la Tour de Babel, une tour si haute qu'elle atteint le sommet de la voute. Ce ne sont plus des bâtisseurs qui sont demandés, mais des mineurs, qui creuseront le ciel. Mais qu'y a-t-il au delà de la voute ?

Comprend raconte celle d'un surhomme : après un accident, le narrateur reçoit des injections d'hormone K, censés l'aider à reconstruire les neurones détruits. Mais les effets sont supérieurs à ce que pensaient les médecins et très vite, à la manière d'Algernon, le narrateur devient suprêmement intelligent. Derrière tout, les lois de la physique comme les interactions entre êtres humains, il perçoit un sens.

La suivante, Division par zéro, alterne des chapitres racontant l'histoire des mathématiques, avec des chapitres plus "fictionnel" pour dire la dépression d'une mathématicienne ayant démontré que 1 = 2 et de son pauvre mari qui ne sait pas comment l'aider.

L'histoire de ta vie est une des plus belles et des plus abouties. Lorsque les extraterrestres débarquent, Louise, une linguiste est embauchée par l'armée pour essayer de comprendre leur langage et, surtout, découvrir leurs intentions.Mais les extra-terrestres ne pensent pas comme nous. Ca se ressent dans leur manière de construire leurs phrases, de les écrire, d'appréhender la physique ... Et Louise d'en être si changée qu'elle racontera une autre histoire, l'histoire de sa fille, de la même manière, en nous disant dès les premières pages la chute mortelle que fera sa fille.

L'histoire suivante, Soixante douze lettres, aurait pu me faire le même effet, si le style ne m'avaient pas semblé beaucoup plus pauvre, plus aride et l'histoire moins bien construite. Pourtant, l'ambiance steampunk et ces histoires d'animalcules auraient bien pu me plaire !

L'évolution de la science humaine a été publiée dans le journal scientifique Nature, dans sa page consacrée aux histoires de science fiction. Très courte, elle raconte le devenir des magasines scientifiques, une fois le surhomme apparu.

L'enfer quand Dieu n'est pas présent a un côté plus mystique. Dans un monde où les anges font des apparitions régulières - et toujours mouvementées, causant miracles et morts, Neil essaie de comprendre pourquoi sa femme est morte, et comment il peut pardonner à Dieu ce décès, et espérer la rejoindre un jour au Paradis. Poignant, brillant et qui fait espérer que Dieu n'existe pas.

Enfin, la dernière, Aimer ce qu'on voit, est l'une de mes préférées. Construite comme un documentaire sur une université où le "calli", cette opération qui anesthésie la région du cerveau qui rend sensible à la beauté humaine, où le calli deviendrait obligatoire, pour aider les étudiants à se concentrer sur la beauté intérieure de chacun, elle pousse à se questionner sur notre rapport à la beauté et au libre arbitre. Passionnant !!

 

Au final, ce recueil est une très belle découverte. J'espère que l'auteur va continuer dans cette voie, car il y a de bien belles choses à dire.

 

Lu dans le cadre du challenge des Lieux imaginaires

lieuximaginaires

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 08:00

Et après le Top Ten musical, voici mes films préférés de l'année 2012. Je ne parle ici que des films récents que j'ai vu au cinéma, passant sous silence certains de mes coups de coeur plus vintages.

 

10 The Hobbit

HobbitArmy.jpgCe n'est pas que le film m'a enthousiasmée et d'autres films 'à grand spectacle' auraient peut-être mérité cette dixième place (je pense à Batman Begins, par exemple), mais il va avec Le Hobbit comme avec des chaussons confortables, un chocolat chaud et une place au coin du feu. J'ai été si heureuse de retourner en Terre du Milieu ... Et certaines scènes sont vraiment magnifiques (mention spéciale à Martin Freeman et à la voix chaude de Richard Armitage).

(tout commentaire sur le choix de l'affiche, ..., enfin, bref  )

 

9 Looper

Looper.jpgCe film n'est pas exempt de défauts - ou disons de facilités, mais j'ai été éblouie par l'adresse du scénario. Le paradoxe temporel lié aux voyages dans le temps est très bien montré : lorsqu'un homme perd 30 ans après les doigts qu'on lui coupe 30 ans avant, par exemple (il faut le voir, dit comme ça, ça fait juste bizarre), ou l'influence de la rencontre entre Joe jeune et Sara sur les souvenirs de Joe vieux.

Dans son genre, il me fait le même effet que District 8 il y a quelques années : une réécriture réussie et originale d'un standard du genre.

 

8 Moonrise kingdom

Moonrise.jpg

L'histoire est adorable, mais c'est l'ambiance et surtout la photographie, chaude et ensoleillée comme des souvenirs d'enfance qui me fait mettre ce film dans le top ten.

 

 

 

7 Augustine

AugustineJ'ai été ébahie par le talent d'acteur de Soko dans ce film, par la volonté tenace de son personnage. C'est un magnifique portrait de femme, dans toute la complexité de ses désirs et de ses envies. Augustine est loin d'être parfaite, elle est douée d'une certaine ambigüité et d'un caractère assez difficile, mais servie par Soko et par une mise en scène tout en délicatesse et en demi-ton, elle se révèle attachante.

 

6 Detachment

DetachmentAprès un magnifique portrait de femme, un portrait d'homme qui en est pas moins superbe. Adrian Brody est extraordinaire dans ce rôle d'un jeune homme désespérement seul, engoncé dans son mal-être, et qui s'en sort en donnant de l'affection.

Au délà de ce jeune homme, le film décrit sans tendresse une Amérique égoïste et tournée uniquement sur elle-même, qui laisse ses enfants à la dérive, dans la prostitution ou la dépression, et d'un système scolaire qui ne sait plus comment les aider.

 

5 Holy Motors

Holymotors.jpgPour Monsieur Oscar et sa capacité à entrer dans mille peaux ; par le talent du film qui nous montre un monde en cent saynettes ; pour la Samaritaine, digne représentante d'un passé qui s'éloigne ; pour les larmes que j'ai versées à plusieurs reprises.

Pour la déclaration d'amour au cinéma.

Et pour la dernière scène, pleine d'humour et de tristesse cynique.

 

4 Les enfants de Belle Ville

EnfantBelleVille.jpgLe couple de Firouzeh et Akbar reste encore devant mes yeux comme l'un des plus beaux amours de la fiction. Et le regard de Farhadi sur le monde qui l'entoure, toujours tendre, jamais manichéen, sachant percevoir la beauté et les angoisses de chacun, est magnifique et touchant.

 

 

3 The we and the I

WeI.jpgJ'avais vu ce film en avant-première. J'aisouhaité attendre un peu avant d'en faire le billet, que le film sorte sur les écrans. Hélas, quand il est sorti, mes souvenirs s'étaient un peu évaporés et j'ai négligé d'en faire un billet.

Pourtant, que je l'ai aimé ! Moi qui n'aime pas les adolescents, Gondry me les a fait apprécier. Ils sont si touchants dans leur mal-être, dans leur désir d'être vu et d'être aimés, de susciter autour d'eux l'adhésion.

Et la manière dont Gondry nous démontre ce trait de caractère commun à toute l'humanité et insupportable : comment quelqu'un change de caractère dès qu'il est dans un groupe, est parfaite de finesse.

 

2 Take Shelter

takeshelterParce que c'était la fin du monde il y a quelques jours - le paradis n'est hélas pas très différent du monde tel qu'il était avant - et que nous vivons dans un monde où nous angoissons de plus en plus, ce film est nécessaire. Parce que Michael Shannon est extraordinaire dans ce rôle d'un père de famille rassurant qui sombre peu à peu dans l'angoisse.

Et parce que la dernière image m'a glacé le sang.

 

1 Margin Call

MarginallMême si le choix fut difficile (le trio de tête se tenait de près), c'est ce film que j'ai choisi comme mon film favori de l'année. Outre l'excellent jeu des acteurs - en particulier celui jouant Peter, outre la pertinence du propos et sa terrible adéquation avec la crise que nous subissons actuellement, outre la mise en scène économe et efficace, tout en non-dit et en sous-entendu, ce que j'aime le plus dans ce film, c'est la manière dont il crée une tragédie à partir d'une actualité. Unité de temps, unité d'action et presqu'unité de lieu : les règles de la tragédie classique sont là. Et, de scène en scène, on voit progresser le désastre qui s'annonce.

C'est brillant.


Et comme UGC organise un retour sur les Incontournables de l'année (et qu'un bon nombre de mes chouchous en font partie), je vous invite à venir les découvrir. Plus d'informations ici !

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 13:50

Je commence ce blablatage en vous souhaitant une bonne et heureuse année 2013. Qu'elle vous apporte son quota de joies et de bonheurs, que ce soit dans la "vraie vie" ou dans les livres que vous lirez, les films que vous verrez et les histoires que vous vous raconterez !

 

 

Puisque c'est la nouvelle année, il est d'usage de prendre des résolutions bloguesques. J'ai relu mes résolutions de l'an dernier (tiens, elles sont ) et je trouve que je les ai plutôt pas mal tenues. Je suis assez fière de moi, pour tout vous avouer. Mon blog a tenu son rythme, avec des moments de haut et de bas, mais aucun gros abandon. J'ai sans doute moins lu que d'autres années, mais le fait que je n'ai plus de transports en commun ne m'a pas empêché de maintenir une activité littéraire. Et je n'ai quasiment plus aucun billet de retard. J'ai également découvert avec bonheur certains auteurs de fantasy française. Le seul voeux que je ne parvienne pas à tenir, c'est de répondre aux commentaires en temps et en heure !(et puis goodreads aussi ...)


Alors, pour cette année, je n'ai qu'un voeux : continuer sur cette voie. J'aimerais également essayer d'instaurer un certain rythme dans ce lieu. J'ai déjà essayé cette année et je trouve cela assez plaisant. Ainsi, je vais essayer de ne publier les blablatages que le samedi ou le dimanche (de toute façon, c'est là que j'ai le temps de vider mon reader), et de publier le mercredi, jour des sorties des films en salle, les billets portant sur des films, récents ou anciens, et des séries.

J'aimerais également vous parler plus souvent de musique. On en écoute beaucoup, avec mon cher et tendre, on va souvent à des concerts, et j'ai envie de faire connaître mes coups de coeur ! Du coup, quel serait le jour de la semaine le plus adapté pour ces billets ? Le vendredi, pour se détendre juste avant le week-end ?

 

Une autre chose que j'aime beaucoup, ce sont les lectures communes. Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui s'associent à moi pour ces lectures. Elles m'aident à sortir de ma PAL des livres qui y sont depuis longtemps et qui se révèlent très souvent être des coups de coeur !

Alors, si vous voulez continuer, n'hésitez pas à aller y jeter un coup d'oeil. Elle a un peu grossi avec Noël...

 

***

 

Et maintenant, les nouvelles des dernières semaines.

J'ai déjà deux excellentes nouvelles à vous annoncer : la télévision française (hors cable) se lance dans la diffusion de séries de qualité. La première, c'est Mildred Pierce, adaptée d'un roman de James McCain que j'ai adoré. Je n'ai vu que le premier quart de la série, mais il m'a déjà séduite et je compte bien voir la suite avant que France 3 ne la diffuse...

Mildredpierceserie.jpgMildred Pierce, France 3, le 6 Janvier 2012 à partir de 20h45


L'autre diffusion qui m'intéresse se trouve sur une chaîne plus habituée aux séries de qualité : Canal Plus. Cette fois-ci, c'est Game of thrones, ma série chouchou, qui est dans les paddocks !

GOT-copie-1.jpgGame of Thrones, Canal +, à partir du 10 Janvier 2013

Stay tuned !!

 

***

 

Quelques challenges viennent aussi se joindre à nous pour la Nouvelle Année.

Lou réanime son challenge Virginia Woolf pour l'année 2013. Woolf est une auteur qui me fascine, et comme j'ai déjà une lecture commune (Les vagues, en avril 2013) de prévu de cette auteur et The Hours dans ma PAL, je me suis inscrite en catégorie Orlando !

Woolf.jpg

 

Fattorius organise un challenge consacré à un auteur que j'ai très envie de découvrir : Albert Camus. Coup de chance : ma mère a pioché dans ma liste à lire un de ses romans, Le dernier homme, et elle me l'a offert à Noël. Je suis donc armée ! Pour l'instant, c'est le seul roman que je prévoie de lire pour ce challenge, mais, qui sait ? Si j'adhère au style, je serais peut-être tentée par plus...

Camus.jpg

Fattorius propose qu'on publie une lecture de Camus le 7 Novembre. Je me propose donc de le lire pour cette date. Si d'autres veulent se joindre à moi ...


En parlant de lectures communes, Marie fait un récap de celles qui sont prévues pour le challenge Balzac - challenge qu'elle prolonge d'ailleurs un peu !

 

***

Sinon, j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer : vous vous souvenez de Kate Atkinson, cette auteur que j'ador(ais) et dont les derniers m'ont déçue, surtout à cause du personnage extrêmement agaçant de son détective privé dépressif ?

Et bien, elle ressort un nouveau roman, et sans Jackson Brodie !! Il sera intitulé Life after life et voici le pitch :
In 1910, Ursula Todd is born during a snowstorm in England, but two parallel scenarios occur - in one, she dies immediately. In the other, she lives to tell the tale. As the possibility of having a second chance at life opens up, the novel unfolds, following Ursula as she lives through the events of the twentieth century again and again.

 

C'est un thème qui me tente énormément et je fais confiance à l'auteur pour réussir à en faire un excellent roman... 

Mais pour ceux qui préfèrent Jackson Brodie, Cathulu nous informe que la série adaptée des romans va passer en France , sur France 3, en Janvier.

 

Sinon, Emjy nous parle de La baronne de minuit, un film de 1939 ; Tor se pose la question du bien et du mal, de l'anarchie et de la dictature dans le Seigneur des Anneaux ;et un avocat celle de la légalité du contrat liant Baggins, Bilbo à Oakenshield, Thorin ;Carl V me donne envie de découvrir un recueil de nouvelles de fantasy, Season of Wonder ; Traqueur stellaire nous fait découvrir une revue consacrée à la recherche en littérature de Science Fiction.

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 12:00

J'ai essayé de faire un Top Ten des romans que j'ai lus cette année, de ceux qui m'ont le plus marquée. Mais je peine au moment du classement, de la sélection du "meilleur" et des suivants. C'est dur de comparer des choses qui ne sont pas comparable, le parfait roman d'été avec l'analyse sombre et douloureuse des méfaits du capitalisme et de l'individualisme, un roman de fantasy avec un classique anglais. Je n'arrive pas à trier, je n'arrive même pas à en sélectionner dix. Ils ne seront donc pas triés, et ils seront donc quatorze.

 

Côté littérature de l'imaginaire, je n'en ai pas lu beaucoup mais j'ai eu trois vrais et énorme coups de coeur. Le challenge Once upon a time m'a permis de découvrir Le livre des choses perdues, de Connoll, un conte de fée pour adulte, sombre et pervers. La perversité ne manque pas non plus dans Les contes de la fée verte, de Poppy Z Brite, auteur elle aussi découverte grâce à un challenge. Enfin, j'ai cédé aux conseils de la blogosphère et mis un pied dans l'univers sombrement moyen-âgeux de Justine Niogret, grâce à Chien du Heaume. Le problème, c'est que ce roman m'a tellement plu que j'ai peur d'être déçue par les suivants...

 

Je me suis beaucoup promenée en Angleterre, cette année. J'ai poursuivi mon exploration des romans victorien avec Anthony Trollope et ses Barchester Towers - il me faut maintenant voir la minisérie. En mode plus edwardien, je me suis régalée des analyses psychologiques de Forster, avec Maurice, et de Vita Sackville-West, avec All passion spent. Un chouia plus récent, mais avec une ambiance poétique qui ne s'éloigne pas trop des romans de Forster, Poussière, de Rosamund Lehmann, m'a enchantée. Et, même si ces romans ont été écrits de nos jours, The Forgotten Garden, de Kate Morton, et Du bout des doigts, de Sarah Waters déborde de cette ambiance vieille-Angleterre.

 

J'ai aussi voyagé aux Etats-Unis. J'ai vécu les années 30-40 dans le Sud, avec Des beignets de tomate vertes, de Fannie Flagg. J'ai été dans l'Ouest californien, avec Mildred Pierce, de James McCain. Et, à New-York, j'ai découvert l'atroce solitude des êtres à qui tout réussit, dans American Psycho, de Bret Easton Ellis.

 

Deux autres romans de solitude ont aussi marqué mon année. Room de Emma Donoghue, et la solitude de cette jeune femme et de son fils, isolés dans une pièce close par le violeur de la première et le père du second, m'a bouleversée, au moins autant que la douleur du Traitre de Sorj Chalandon, traitre à sa cause, traitre à sa patrie, traitre à ses amis.

 

Au final, ce fut une très belle année de lecture. Puisse 2013 m'apporter autant de joies !

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 18:05

Il faut bien avouer que c’est le moment de l’année. Et puis, j’en vois tellement partout que ça déteint sur moi : les top ten.

Cette dernière semaine va donc être consacrée à décliner mes plus belles découvertes de l’année : on commence en musique avec mon top ten album.

 

 

10 The XX – Coexist

J’avais adoré leur premier album. Coexist reprend les mêmes ambiances, la même suavité mélancolique. Mon seul regret, c’est justement le manque d’originalité, de tonalité de ce nouvel album…

 

9 Revolver- Let Go

Comme pour The XX, j’avais adoré leur album n°1 et j’attendais avec impatience le suivant. Je ne l’ai pas regretté, l’appréciant encore plus en live que sur album. Si je devais lui reprocher une chose, c’est de s’éloigner un peu trop des sonorités délicieusement classiques du premier (qui a dit que j’étais une fille facile à vivre ?).

 

8 Godspeed you ! Black emperor- Allelujah! Don't bend! Ascend!

J’ai bien conscience que cet album est tout à fait inconnu et terriblement expérimental. Mais le talent de ces musiciens dans Mladic, un morceau sur la guerre de Bosnie qui retrace et l’ambiance de cette région, et le drame qu’est la guerre, m’a soufflée.

 

7 Concrete Knives- Be your own king

Vifs, jeunes, gais, dynamiques, une machine à tube. Leurs albums m'ont toujours plu, mais c'est en concert que je les ai découverts, une machine qui a retourné la Maroquinerie et que j'ai hâte de revoir dans de plus grandes salles ! 

 

6 Mark Lanegan- Blues funeral

Une voix d’outretombe, des mélodies qui viennent du même endroit, des ambiances qui me pourraient être du Soulage musical, une variation sur les différentes lumières noires…

 

5 The Black Keys- El Camino

Bien sûr, Lonely Boy est une chanson parfaite, avec une nuance de second degré qui la rend merveilleusement attachante. Mais l’album entier regorge de cette teinte blues-rock.

 

4 Théodore Paul et Gabriel- Please her, please him

Trois voix, trois femmes, des chansons toutes différentes, qui tracent un paysage magnifique et sauvage.

 

3 Ewert and the two dragons – Good man down

Un groupe fait pour moi, avec un mélange harmonieux de rock et de folk, du miel pour mes oreilles. Et puis, il y a plein de beaux barbus !!

 

 

 

 

2 Rover- Rover

Une voix magnifique, des mélodies déchirantes : l’album pour accompagner les longues soirées mélancoliques…

 

 

 

 

1. Django Django – Django Django

Allez, vous vous en doutiez que je finirai par cet album qui enchante mes oreilles depuis Janvier. Cet album est parfait. Il est pointu, allant explorer des aspects jamais entendus avant, ou les inscrivant autrement dans leur musique. Mais il est aussi gai et facile d’écoute, permettant toutes les approches : attentif dans son canapé, ou en train de danser sur une piste.

 

 


(si vous avez encore des doutes sur ce qu'est le rock psychédélique !) 

 

Chose importante aussi pour moi : si l’album a une vraie homogénéité, s’il propose un vrai voyage, chaque chanson a son caractère, raconte sa propre histoire. Pas d’ennui donc, pas de lassitude.

Et, dernier aspect : je les ai vu quatre fois en concert cette année (oui, quand je suis fan … Et puis je n’arrive pas à me lasser de leur musique). Chaque concert fut une réussite. Du premier, à la Boule Noire, (leur premier concert hors de Grande Bretagne), où ils sont arrivés avec plus d’une heure de retard, pas tout à fait pros, encore, intimidé face à ce public étrange, au dernier, au Trianon (leur dernier de leur tournée européenne), où le sol tremblait sous la pression des corps en transe, c’est un groupe qui a appris la scène qu’on a vu.

 

 

Et en concert ...

 

Bref, vivement le prochain !!

 

 

 

De qui j’aimerais écouter des albums l’an prochain ?

Je laisse en paix les artistes en ayant sorti un cette année : il ne faut pas trop en demander non plus… Mais parmi les précédents, j’ai déjà de quoi faire. Il y a La Femme dont j’adore les singles, et qui, si j’en crois le long concert d’eux auquel j’avais assisté, en a encore pas sous la pédale. Il y a Cocoon : excellent album en 2010, mais c’était déjà … en 2010. Il y a French Cowboy dont je suis une fan incomprise (quand les gens se rendront-ils compte du talent de ce musicien ??). Il y a General Elektriks, dont le dernier album m’avait un peu déçue (il n’était que bien, et tout est dans ce que après les merveilles que furent Cliqueti Click et Good City for dreamers. Il y a Battles, le rythme fait groupe.  Il y a Austra, il y a The Kills, il y a Moriarty, il y a The Do.

Et puis il y a aussi tous ces groupes que je ne connais pas encore…

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 08:00

bruitfureur.jpg"elle levait son visage vers le ciel qui était bas si bas qu'il semblait comme une tente affaissée écraser sous sa masse tous les sons tous les parfums de la nuit le chèvrefeuille surtout que j'aspirais qui recouvrait son visage sa gorge comme de la peinture son coeur battait contre ma main je m'appuyais sur mon autre bras il commença à tressaillir à sauter je dus haleter pour saisir un peu d'air dans l'épaisseur grise de tout ce chèvrefeuille."

 

C'était mon second essai de lecture avec Le Bruit et la Fureur et, heureusement, le dernier. Je ne crois pas que j'aurais eu le courage de réessayer. Je ne peux pas dire que j'ai vraiment apprécié ma lecture, même si je reconnais l'immense talent de l'auteur.

Le travail littéraire et stylistique de Faulkner est impressionnant. La manière dont il arrive à se mettre successivement dans la tête d'un débile mental, d'un dépressif et d'un type apparemment "normal", avant de revenir à une narration de type "narrateur omniscient" est parfaite. Sur ce plan, c'est magistral. 
Je suis aussi impressionnée par son talent pour dévoiler l'histoire par petite touche, en se basant sur les témoignages les moins clairs d'abord, pour peu à peu prendre du recul et "faire le point". On dirait un appareil photo qui se fixe peu à peu sur un paysage que l'on déchiffre petit bout par petit bout.
Je comprends tout à fait le Prix Nobel qui lui a été remis. Il porte le stream of consciousness à son point le plus haut. Et c'est clairement "a tale, full of sound and fury, told by an idiot".

 

"Merci j'ai beaucoup entendu parler votre mère ne se formalisera pas j'espère si je jette mon allumette derrière le garde-feu beaucoup entendu parler de vous Candace ne cessait de parler de vous à Lick J'en étais sérieusement jaloux je me disais qui ça peut-être ce Quentin il faut que je vois la tête qu'il a cet animal-à parce que j'étais bel et bien pincé vous savez dès le premier jour où je l'ai aperçue cette petite je n'ai aucune raison de vous le cacher il ne m'était pas venu à l'idée que ça pouvait être son frère dont ele parlait comme ça elle n'aurait pas parlé de vous davantage si vous aviez été le seul homme au monde si vous aviez été son mari vous ne voulez pas changer d'avis et accepter un cigare"

 

Voilà. Reste la question du plaisir de lecture et là ... J'avais tenté la première fois de me laisser porter par les mots, et ça avait été un échec. J'ai profité des vacances pour m'y remettre, en espérant pouvoir profiter de longues plages de lecture. J'ai d'abord pris une feuille et un crayon pour écrire au fur et à mesure l'arbre généalogique de la famille (pas simple, car un personnage porte deux noms, et deux personnages portent le même).
Comme ça ne suffisait pas, j'ai ouvert les pages wikipedia française et anglaise consacrées au roman pour essayer de suivre. Il faut savoir que les deux premières parties sont racontées par des gens dont l'esprit fait des sauts dans le passé, dans les souvenirs, dans des souvenirs différents, sans que rien ne soit indiqué pour signaler qu'on change d'époque.
Là, j'ai réussi à suivre - à m'immerger dans ces conditions là, il ne fallait pas trop en demander.
Le style est extraordinaire, l'idée sous-jacente brillante, mais c'est trop expérimental pour que je prenne réellement plaisir à le lire.

L'autre chose qui m'a réellement agacée, ce sont les personnages. Aucun des quatre frères et soeur n'est attachant, bien au contraire. Et la palme revenant sans doute à Miss Quentin, qui m'a donné envie de la gifler régulièrement. Mais elle n'est pas seule. la mère hypocondriaque aussi. Comme Jason et ses récriminations perpétuelles, le père et sa philosophie désabusée. Quand à l'égoïsme, je ne sais pas qui de Caddy ou de Quentin le porte le plus haut.
En fait, j'avais tous envie de les gifler.

Tout ça pour dire que j'ai très sérieusement compté les pages...

 

Lu dans le cadre du challenge du Prix Campus

PrixCampus

 

Lu en LC avec Maggie

lecturecommune3

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 12:00

Archetempete.jpg"Un grand calme régnait dans toutes les pièces de Bon Repos. Le soleil, en contournant la maison de l'est à l'ouest, lançait de longs rayons de lumière par les vieilles petites fenêtres et teintait les murs blancs de rose et d'ambre, puis encore de rose. Le feuillage de la passiflore qui entourait les croisées faisait danser les ombres du sol jusqu'au plafond pendant que, sous le toit, les oiseaux caquetaient. Le parfum des fleurs se répandait partout et, sans cesse, nuit et jour, le murmure de la mer emplissait tout."

Ce roman raconte l'histoire d'une famille, sur une île anglo-normande, dans une ferme magnifique : Bon Repos. Il y a Rachel, la mère, un magnifique portrait de femme, fière et tendre en même temps ; André, le père, qui aurait du être poète mais qui s'est fait fermier pour nourrir sa famille. Il y a les enfants : Michelle, Peronelle, Jacqueline, Colin et Colette, les plus petits.
Et puis, il y a le père d'André, le médecin bourgeois qui refuse d'aider son fils dont il désapprouve le mariage et les penchants littéraires, et Jean, le frère d'André, parti faire marin, parti en Australie pour fuir leur père.

Bon Repos n'a plus que quelques mois à vivre : quand André et Rachel auront fini de manger la dot de Rachel, ils devront retourner auprès du père d'André, et abandonner ce paradis. Mais Rachel fait un rêve, celui d'un homme qui viendra les sauver et sauver Bon Repos. Quand le lendemain, un bateau fait naufrage et qu'est, parmi les survivants, cet homme dont elle a rêvé, Rachel lui propose de venir loger à Bon Repos.

J'ai eu l'impression de lire un mélange entre du Maurier pour l'ambiance "bretonne", les paysages champêtres et la présence entêtante de la mer, et du Louisa May Alcott pour l'ambiance familiale pleine de chaleur et de chamailleries. Et j'aime toujours autant le fantastique tel qu'il est présenté par Goudge , ces rêves prémonitoires, ces intersignes qui m'ont rappelée les contes que je lisais étant petite.
En revanche, je l'ai lu dans une très mauvaise traduction. Le style était étrange, et, surtout, les personnages se vouvoyaient tous. Si je peux comprendre que Rachel vouvoie son beau-père désagréable, entre Colette (4 ans) et Colin (7 ans) se donner du 'vous'...

 

Mais au final, et malgré le désagrément de la traduction "vieillote", j'ai adoré cette lecture !

 

Lu en lecture commune avec George

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