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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 08:00

Augustine.jpgDans une cuisine parisienne de la seconde moitié du XIXème, un grand repas se prépare. Des araignées de mer agonisent dans une casserole d'eau bouillante, sous l'oeil fasciné et dégoûté de la bonne. Plus tard, alors qu'elle sert dans la salle à manger remplie d'élégants et de femmes du monde, un tremblement la prend, puis des convulsions. Au matin, son œil droit est fermé et refuse catégoriquement de s'ouvrir. Lors d'une visite à l'hôpital de la Salpêtrière, on lui apprend qu'elle souffre d'hystérie : pour que le grand professeur Charcot puisse l'étudier, elle est condamnée à rester internée dans l'hôpital. Entourée d'autres femmes atteintes, certaines à moitié folles, elle comprend vite que son internement peut durer très longtemps.

Par chance, une crise la fait remarquer du professeur Charcot, qui comprend vite l'intérêt qu'Augustine peut avoir pour ses recherches. Il en fait son cobaye, à exhiber lors de ses cours, situation qu'elle accepte en espérant être guérie, et assez heureuse de l'intérêt qui se développe à son sujet. Petit à petit, la volonté d'Augustine d'être traitée en égal, et son charme animal retourne la relation de dominance entre eux...

 

Augustine2.jpg

 

C'est un très bon film historique que j'ai beaucoup aimé. La reconstitution des hopitaux du XIXème est glaçante : l'état de misère, de mal-propreté dans lequel étaient soignées les patientes fait peur et est d'autant plus accentué par l'aisance dont profitaient les médecins. Symptôme d'une société malade de pruderie, l'empressement des collègues de Charcot à venir voir s'exhiber une hystérique rend mal à l'aise. Viennent-ils vraiment à une leçon magistrale, ou n'est-ce pas plutôt la perspective d'une belle fille à moitié dévêtue et prise de convulsion qui excite leur intérêt ? Charcot, conscient de cette ambigüité, mais obligé malgré lui d'y participer dans l'espoir d'obtenir des financements est touchant. Mais ce qui frappe par dessus tout dans ce film, c'est l'actrice jouant Augustine, Soko. A aucun moment, et même dans les scènes les plus difficiles, on ne voit l'actrice derrière le rôle. C'est Augustine, avec sa volonté de fer, son intelligence pratique, son désir de vie, sa fascination pour le docteur, que l'on découvre.

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:00

miss-pettigrew2.jpg" 'I know there are people with a lot of money' said Miss Pettigrew humbly, 'but I fond it quite impossible to think in terms of pounds. I count in pence.' "

 

Miss Pettigrew est une gouvernante - pas très douée. D'ailleurs, elle est à deux doigts d'être renvoyée de l'agence d'intérim dans laquelle elle travaille. Elle chipe donc une petite annonce et se présente, à 10h du matin, chez Miss LaFosse. Laquelle, loin d'être la vieille fille revêche à laquelle Miss Pettigrew s'attendait, se révèle être une adorable jeune femme en déshabillée élégant, et totalement angoissée, car un de ses amants est encore dans son lit, alors que son officiel va toquer à la porte d'une minute à l'autre ...

 

J'avais entendu énormément de bien sur ce roman, ce "conte de fées moderne", à la fois sur whoopsy-daisy et sur les blogs. Tant et si bien que, ce qui devait arriver, arriva : j'ai été un peu déçue.

Pourtant, de manière purement objective, c'est un bon livre, pétillant d'esprit. Le personnage de Miss Pettigrew est touchant à suivre, la manière dont il évolue, dont cette vieille fille un peu coincée découvre la vie sans complexe des Années est drôle à suivre. Miss Pettigrew dans un dancing, c'est un chien dans un jeu de quilles. Elle rencontre une variété ainsi rigolote de spécimen humain et son bon sens au milieu d'eux fait plaisir à voir.

 

Je pourrais trouver des raisons intelligentes pour lesquelles ce roman m'a parfois mise un peu mal à l'aise. Je trouve les personnages très monolithiques : chacun d'entre eux est caractérisé en quelques traits assez forcés. Et même la situation des personnages est vue de façon manichéenne : la vie de gouvernante est absolument noire ; celle de Miss LaFosse est absolument dorée. Certes, c'est un conte, mais un peu plus de nuances m'aurait permis d'apprécier un peu plus le happy-ending !

Et puis, si c'est un conte, ce n'est pas un conte très féministe : voir une femme passer du statut de femme indépendante (même si c'est dans un métier ingrat) à celui de femme entretenue par un homme me fait froncer les narines (mais c'est sans doute l'époque qui veut ça ...).

 

Mais, objectivement, j'ai lu plein de bouquins qui avaient ce genre de défauts, et ça ne m'a pas gênée plus que ça. C'est plus dans le style que j'ai été un peu rebutée. C'est très pétillant, vif comme une bulle de champagne, mais presqu'un peu trop. Les dialogues sont enlevés, mais il n'y a presque que cela, au point que j'avais parfois l'impression de lire une pièce de théâtre ou un scénario de film burlesque.

Enfin, le livre est composé de saynettes, qui sont assez répétitives (Miss LaFosse ou une de ses amies est dans la mouise, et Miss Pettigrew sauve tout ça avec son bon sens), en fait. Donc, alors que je pensais dévorer ce roman en quelques heures, je l'ai trainé pendant plus d'une semaine, sans enthousiasme...

 

Mais, ce que je n'aime pas trop en livre pourrait bien me plaire en pièce de théâtre ou en film. Et comme il parait qu'une excellente adaptation est sortie récemment, je pourrais bien me laisser tenter...


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Et se passe à Londres !

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 20:07

Il est beaucoup trop court.

 

Je n'ai pas trop le temps de trainer sur les blogs en ce moment, mais j'ai quand même vu passer une nouvelle qui m'a donné le sourire : Arieste organise un Read-a-thon, ou Marathon de lecture, en français, Samedi prochain !

RAT.jpg

Je vais bien sûr participer, en mode mini-RAT de 10h à 22h. J'adorerais faire un "vrai" marathon, mais j'ai toujours peur du lundi matin ...

 

Je suis en train de me créer une petite PAL pas piquée des hannetons. J'ai hâte, hâte, hâte !!!

 

Plus on est de fous, plus on rit : vous venez ?

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 10:50

Illuze organise un challenge qui a attiré mon attention : Ie challenge Fant'classique. Il s'agit de lire des romans fantastique, de fantasy, de science fiction ... écrits avant 1970. Voir comment nait un genre qui aura tant de succès dans la seconde moitié du XXème siècle a attisé ma curiosité.

FantClassique.jpgIl n'y a pas de limite de temps pour ce challenge, mais je ne me suis inscrite qu'en Frankenstein (5 livres) parce que je ne sais pas trop quoi lire ... 

 

Traqueur Stellaire nous propose également de partir à la découverte de la SFFF d'Europe de l'Est. Connaissant très très très mal cette littérature, j'hésite à participer. Certes, c'est l'occasion de découvrir des auteurs, mais vont-ils me plaire...

 

brothers-grimm-pullman.jpgEn parlant de fantastique et de fantasy, il y a pas mal de billets qui ont attiré mon attention sur le site qui leur est dédié, Tor.com. Nancy Mary Brown s'interroge par exemple sur le rôle de la mythologie scandinave et du barde Norri dans la naissance de la fantasy. Philipp Pullman, un auteur que j'adore, re-raconte les contes de Grimm (en voilà une idée de cadeaux de Noël !!). Un autre livre m'a énormément tentée : Errantry, d'Elizabeth Hand.

Et enfin, une bonne nouvelle au goût amer : le Disque-Monde ne disparaitra pas avec son créateur, Terry Pratchett ayant donné les rênes à sa fille, Rhianna Pratchett, pour quand sa maladie le rendra incapable d'écrire.

Mais ce ne sera plus pareil...

Maggie, elle, fait une liste de quelques films à voir pour se faire peur à Halloween...et Lou fait le récap des billets qu'elle a publié dans le cadre du challenge Halloween.

 

Sinon, Maggie chronique un livre que j'ai adoré : North and South, de Gaskell ; Lilly un autre m'a énormément touchée : Brideshead, de Waugh ; Benoit m'a donné très envie de lire Rue des Maléfices, de Jacques Yonnet ; Cacahuete a lu Lolita et a regardé les deux adaptations ; le Globe Lecteur nous parle de la littérature indonésienne ; Matthew se demande quels sont les livres à lire quand on prend l'avion ;A Nantes, s'ouvre le festival de cinéma des Trois continents, nous dit Christoblog.

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 17:00

les-descendants-de-merlin-2.jpg"Il était entièrement vêtu de blanc. Blanche, la soubreveste et les bottes.Blanche la cotte. Blond-blanc, les cheveux et blanche la peau juvénile. Menton glabre. Cependant, une ombre noire l'auréolait, qui émanait de lui. L'Être Noir légendaire."


Ce roman est la suite, on aurait pu s'en douter, des Descendants de Merlin number 1. Il reprend quelques centaines d'années, sous le règne tumultueux de Jean-Sans-Terre. A ses côtés, un de ses demi-frères, dans le sang duquel coule celui de démon du Chaos, s'emploie à empirer sa folie et ses outrages aux barons anglais, dans l'espoir de soulever une sédition dont il sortirait roi d'Angleterre.

Une seule personne peut se mettre en travers de son chemin : Resmiranda, la descendante des Griffin, très lointaine petite fille de Merlin et d'Arthur, une des dernières à savoir maîtriser la magie blanche. Mais elle est bien jeune, Resmiranda, et sa religion ne l'encourage pas beaucoup à utiliser la magie... Et quand ses pas croisent ceux du beau veuf Hugh Fitz Chênenoir, d'autres priorités apparaissent...

 

Même si c'est un roman qui se lit très agréablement, je n'ai pas retrouvé dans ce second tome l'appréciation très positive que j'avais eue à la lecture du premier. Je ne me souvenais pas très bien du premier opus, mais j'ai pourtant eu la désagréable impression que le deuxième est une réécriture du premier. Même type d'héroïne, sympathique, sans doute, mais qu'on a l'impression d'avoir déjà vue. Même type d'histoire, même type d'ennemi, même manière de résoudre les problèmes : j'aurais aimé un peu plus d'originalité.

 

Et puis, il faut bien avouer que l'histoire met beaucoup de temps à démarrer. La première moitié du roman m'a ennuyée : elle est longuette, et le peu qui s'y passe pourrait être résumé en quelques dizaines de pages - au lieu de 300. La seconde partie est plus intéressante et d'autant plus que Resmiranda gagne en maturité et en complexité. Et  puis ! Enfin, on utilise la magie !!

 

Ces critiques mises à part, je lirai sans doute le volume 3 : je trouve intéressant de continuer la légende arthurienne dans l'histoire plus moderne, et je me demande comment elle peut être transposée dans l'Angleterre élisabéthaine...

Mais sans grand enthousiasme, cependant.

 

Lu dans le cadre du challenge Mythes et Légendes

mythologieceltique

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 08:00

quai_des_brumes.jpg"Tout ce que tu dis, ça tient pas en l'air. Tu dirais ça à un autre que moi, j'trouverais ça idiot.Mais qu'tu m'le dise, comme ça, à moi, c'est marrant, ça m'fait plaisir."


Par un brumeux soir d’automne, Jean (Gabin), un soldat de la coloniale déserteur arrive au Havre. Il se retrouve dans un bar clandestin, Panama, tenu par un rêveur, nostalgique de son voyage à Panama, où il croise un alcoolique dont le rêve est de dormir entre des draps, et un peintre dépressif, qui ne peut s’empêcher « de dessiner le noyé derrière chaque nageur ».

Et dans la petite cuisine de Panama, il rencontre Nelly (Michèle Morgan), une jeune fille de 17 ans, qui fugue régulièrement loin de son tuteur, l’étrange, suifeux et détestable Zabel (Michel Simon). C’est le coup de foudre entre Nelly et Jean, mais leur amour sera perturbé par la jalousie de Zabel et de Lucien, un vaurien de bonne famille, auquel elle se refuse.

Quaidesbrumes.jpg

C’est un film immense, pour lequel j’ai eu le coup de cœur.

Le couple Gabin/Morgan est magnifique. Gabin a une présence incroyable. Quand il est dans une pièce, même silencieux et renfrogné dans son coin, personne ne peut oublier qu’il est là. Et son sourire est tellement chaleureux. Quant à Michèle Morgan, elle semble toute frêle, à côté de lui. Mais elle dégage une énergie fabuleuse dans sa résistance à Zabel et Lucien, comme dans son amour pour Gabin. Et puis, elle est magnifique !

Mais je crois que ce qui m’a le plus plu, ce sont les second rôles. Je pense que toute la richesse du film est chez eux. Que ce soit les personnages secondaires « sympathiques », comme Panama, sa générosité et son bon cœur, l’alcoolique tendre et pitoyable, ou le peintre dépressif et philosophe ou les seconds rôles antipathiques, Zabel, qui a tous les traits du commerçant idéal, mais une perversion répugnante dans l’œil et le comportement, ou Lucien, bellâtre lâche, ils apportent tous une note de légèreté à un film qui serait sans ça très lourd.

L’image est sombre, contrastée, humide. Les bateaux sont immenses, terrifiants, magnifiques. La seule chaleur est à Panama, ou dans les sourires de Gabin et de Michèle Morgan. Et la beauté des répliques, écrites par Prévert, donne toute sa poésie au scénario. L’histoire, les dialogues pourraient être niais (le « T’as d’beaux yeux, tu sais » vient de là), mais l’intensité du jeu de Gabin et Michèle Morgan apporte une part tragique, et l’humour fin et poétique des rôles secondaires dédramatise très vite les scènes les plus « fleur-bleue ».

Morgan.jpgOui, elle a de beaux yeux ...

 

Magnifique...

 

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 18:00

deerskin.jpg"Why, Lissla Lissar, child, is that you ?You're all grown up. How can I not have noticed ? I almost didn't recognize you, you have such a look of your mother. My dear, how much you do look like your mother!"


J'avais beaucoup aimé la manière dont Robin McKinley avait raconté La Belle et la Bête, dans Beauty, et j'étais très désireuse de découvrir d'autres romans de cette auteur. C'est pourquoi, après avoir lu les louanges de Deerskin, j'ai décidé de me lancer.

Deerskin est une réécriture de Peau d'Âne : Lissar est une jeune princesse, fille d'un roi à la belle prestance et de la plus belle femme des Sept Royaumes. A la mort de la reine, celle-ci fait promettre au roi de ne se remarier qu'avec une femme aussi belle qu'elle. Hélas pour Lissar qui en est le portrait craché et que son père décide d'épouser. Après qu'il l'ait violée, elle s'enfuit dans la montagne, accompagnée de sa chienne, qui lui a été offerte par le jeune prince d'un autre royaume, à la mort de sa mère. Pendant de longues années, elle panse ses plaies et apprend à vivre avec et à ne plus se sentir coupable. Jusqu'au jour où elle décide de retourner parmi les hommes...

Comme dans Beauty, le style m'a envoutée. L'écriture de McKinley est hypnotique et je n'ai pas pu lâcher ce livre pendant plusieurs jours. Je le lisais partout, dans le bus, au petit déj, en marchant dans la rue. C'est très très bien écrit, avec un style simple et juste, et malgré tout emprunt de poésie.
Et le thème est douloureux et touchant. Lissar a eu sa vie gâchée par ses parents, d'abord trop beaux, trop connus, trop parfaits ; puis par l'inceste. Elle apprend à se dégager de leur étreinte et à vivre sa propre vie, et ce n'est pas facile. La lecture de son traumatisme, de la manière dont elle enferme sa souffrance dans sa mémoire et s'y interdit d'y avoir accès, m'a émue.

Il y a un autre personnage fascinant dans ce livre, c'est Moonwoman, l'être surnaturel qui aide Deerskin à plusieurs reprises. Sa légende y est racontée, mais c'est un conte dont je n'ai jamais entendu parler.Est-ce mon manque de culture ? Ou est-ce l'imagination de l'auteur, qui après écrit des romans à partir de contes se met à créer à son tour des histoires ?

 

Encore une fois, un très beau roman, terriblement prenant.

 

Lu dans le cadre du challenge Once upon a time

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Lu dans le cadre du challenge Fairy Tales, sur whoopsy-daisy

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 Lu en anglais

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Lu dans le cadre du challenge Mondes imaginaires


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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 13:25

Un tag ... Il y avait bien longtemps que je n'avais pas répondu à un tag et celui-ci me plait tout particulièrement : brosser le portrait de quelqu'un à travers ses lectures, ses amours et ses déceptions, cela ne peut que me plaire... Merci Maggie, d'avoir pensé à moi !

 

Un livre ...


Qui t'a marquée ? Question difficile... Beaucoup de livres m'ont marquée et tout ceux qui se retrouvent sous le tag "coup de coeur" pourraient en faire partie. Mais si je devais en choisir qu'un ?  Lolita, de Nabokov, je pense. Il réunit tout ce qu'est pour moi la littérature : des personnages inoubliables, humains, trop humains ; un style hors du commun ; une épopée à travers la vie et ses difficultés. Rien n'y est simple, rien n'y est blanc, ou noir. Le livre se construit dans notre communion, lui le livre, moi le lecteur et là bas, l'auteur : à nous, lecteur, de nous faire notre propre opinion sur Lolita, sur Humbert Humbert, et d'aller, au gré de la plume de l'auteur, de l'émotion au dégoût, en admirant le talent de Nabokov.

 

***

 

Qui ne t'a pas plu ? Je suis généralement bon public, et il y a peu de livres où je ne trouve pas au moins un semblant d'intérêt. Untel, a un style déplorable, mais son histoire m'a emportée pendant quelques heures ; celui là est très ennuyeux, mais quelques pages sont si bien écrites que je lui pardonne.

Et ceux qui ne m'ont pas marquée... sont sortis de ma tête.

A part deux, qui m'ont profondément ennuyés, que j'ai trouvé inutile, longs, chiants, insupportables,e t qui ont commis le crime de me fâcher avec un auteur que j'adorais : Proust, je ne te pardonnerai jamais d'avoir écrit La prisonnière et Albertine disparue.

 

***

 

Qui est dans ta PAL ? Beaucoup, beaucoup trop ... Mais s'il faut en choisir un, je cite Au bonheur des ogres, de Daniel Pennac, car je compte bien le lire bientôt.

 

***

 

Qui est dans ta wish list ? Il y en a aussi beaucoup - mais c'est la règle du genre. La maison sur le rivage, de Daphnée du Maurier y est depuis une éternité (première page de mon carnet), et c'est l'un des romans qui y figure que j'ai le plus envie de lire !

 

***

 

Auquel tu tiens ? A tout mes livres, bien sûr ! Mais l'un m'est plus particulièrement précieux : Les mémoires de Charlotte Robespierre. J'étais passionnée par la Révolution (et le personnage de Robespierre, en particulier), étant adolescente. Quand j'ai appris que sa propre soeur avait écrit ses mémoires, j'ai rêvé de les lire. Hélas, introuvable. Pas réédité depuis des lustres. Absent de librairies généralistes ; absent des librairies spécialisée ; absent chez les bouquinistes ; absent de toutes les librairies où je l'ai recherché. Une quête comme je n'en ai jamais fait depuis. Toute ma famille y participait, et il n'y a pas une librairie devant laquelle nous passions où nous ne nous arrêtions pas.

Et puis, un mercredi après-midi, rue du Cherche-Midi, alors que le libraire m'avait certifié qu'il ne l'avait pas, j'ai trouvé ce mince volume ...

Quelle sensation !!

 

***

 

Que tu voudrais vendre ou troquer ? J'ai du mal à me séparer de mes livres. Mais certains m'ont tellement agacé, comme Plateforme, de Houellebecq, que je suis prête à m'en débarrasser !

 

***

 

Que tu n'as pas réussi à terminer ? Souvent, quand je n'arrive pas à entrer dans un livre, je le laisse de côté et attend d'être prête pour le rencontrer. Mais Daniel Deronda, de George Eliott, je sais que nous ne nous rencontrerons jamais. Ce livre a été une torture jusqu'à ce que je le laisse tomber...

 

***

 

Dont tu n'as pas encore parlé ? Il y a un livre que j'ai adoré et sur lequel je n'ai pas réussi à écrire de billet. Sa richesse et son intelligence étaient tels que j'étais bloquée. Il s'agit de Belle du Seigneur, de Cohen, magnifique, splendide, mais qui ne sera jamais sur ce blog.

 

***

 

Que tu vas lire en lecture commune ? L'arche dans la tempête, d'Elisabeth Goudge est ma prochaine étape avec George !

 

***

 

A mon tour de tagger : si elles ne l'ont pas déjà fait, je tague Lou et Titine !

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 10:39

Maurice.jpg"La pudibonderie n'était pas pour lui déplaire, du moins l'adopta-t-il sans regret. Il ne s'était jamais fait un point d'honneur d'appeler un chat un chat et bien qu'il prisât  le corps humain, l'acte sexuel proprement dit lui semblait prosaïque et il aimait autant qu'il restât enveloppé du voile de la nuit. Entre hommes, c'était inadmissible ; entre un homme et une femme, on peut le pratiquer puisque la nature et la société le tolèrent du moment qu'on en parle pas et qu'on ne l'étale pas au grand jour. Son idéal du mariage était isolé et élégant comme tous ses idéaux et il trouva chez Anne une partenaire parfaite. Comme lui, elle était raffinée et appréciait le raffinement chez les autres. Tous deux s'aimaient tendrement. De belles conventions les soutenaient, tandis que de l'autre côté de la barrière, Maurice errait, avec sur les lèvres les mots interdits, dans le coeur des désirs interdits, et ses bras n'étreignaient que du vent."

 

Quand le roman commence, Maurice sort à peine du collège. C’est un adolescent anglais typique comme tous les autres, prêt à devenir le portrait craché de son propre père. Car dans la bourgeoisie anglaise du début du XXème siècle, c’est là les convenances. Forster lui même n'est pas tendre avec lui, le décrivant par le regard de son camarade : "Le garçon était frustre, bourgeois, un peu bêta, il n'aurait pu choisir pire confident.". Il ne sait rien de lui, rien de son corps. Il ne sait que ce qui est convenable et ce qui ne l’est pas. Et pour le reste, peu lui importe.

Mais à l’université, il va s’hasarder à découvrir sa personnalité profonde, et apprendre son homosexualité. D’abord vécue comme un immense bonheur, grâce entre autres à son amour pour un de ses camarades d’université, Clive Durham. Mais bientôt, le poids de la société, de la famille et l’évolution de Clive signent la fin de cette époque et Maurice connaît le poids de la culpabilité.

 

"Il était persuadé qu'il avait la foi. Quand on critiquait les croyances auxquelles il était accoutumé, il en souffrait réellement - sentiment qui, dans les classes moyennes, passe pour la foi. Ce n'était pas la foi: c'était quelque chose de stérile qui ne lui apportait ni réconfort ni enrichissement et n'existait que quand une opposition se manifestait. Dans ces moments là, il souffrait comme on souffre d'une rage de dent."

 

Maurice est un superbe roman d'apprentissage. Comme une statue qui s'extrait de sa prison de pierre, Maurice découvre sous sa beauferie des trésors de finesse et d'intelligence, une vraie force qui le conduit d'abord dans un amour platonique, avant de découvrir la puissance de son corps.

Mais c'est aussi une magnifique histoire d’amour tragique. Le lien qui se noue entre Maurice et Clive m’a énormément touchée. Rien ne leur manque de l'amour mythique : la beauté du sentiment, les difficultés posées par la société ou la fin désespérée et désespérante.


 "Miss Woods n'avaient pas renfloué Penge. Elle était accomplie et délicieuse, mais, comme les Durham, elle appartenait à cette classe que chaque année l'Angleterre rechigne davantage à entretenir."

 

C'est aussi la description d'une Angleterre à la fin d'une époque. L'ère victorienne se termine et avec elle une certaine aristocratie (cf. Downton Abbey à qui me fait penser la citation ci-dessus) et une certaine manière de voir les choses, l'amour physique entre autres, et surtout entre hommes.

La manière dont était vue l’homosexualité dans l’Angleterre de l’époque est terrifiante : maladie mentale pour les uns, malédiction démoniaque pour les autres, elle n’est pas du tout acceptée. Maurice ayant, dès son plus jeune âge intégré que la sexualité entre homme est le pire des péchés, la pire des dépravations, ses tourments sont poignants.

Mais en même temps, la structure même de l'éducation des jeunes hommes et jeunes filles, les uns dans des pensionnats entre eux, avec Le banquet de Platon comme lecture, les autres à la maison, sous la garde vigilante de leur mère, ne peut que conduire les premiers à découvrir l'amour et ses tourments avec des hommes. Chez Clive, cette homosexualité n'est que temporaire - la puissance des convenance le ramenant de toute façon à une forme d'asexualité. Chez Maurice, elle est une part intime de son être.

Dans un sens, ce livre est une ode à la puissance de l'amour et du désir, un rejet brutal du "comme il faut". Il a beaucoup gagné à ne pas être publié quand il a été écrit : la censure, consciente ou inconsciente de l'auteur l'aurait privé d'une part importante de sa puissance. Brut, il est infiniment plus riche.

 

Il me reste maintenant à découvrir l'adaptation de James Ivory...

 

Lu en lecture commune approximative avec George

lecturecommune3

Lu dans le cadre du challenge Une rentrée en pensionnat, sur whoopsy-daisy.

pensionnat2Lu dans le cadre du challenge Au service de ... (il faut lire la fin du roman pour le comprendre)

AuServiceDe

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 08:00

Alcestis.jpg"The two who lived to hear of Alcestis' death - if one could call it death - would recall her birth, then, and mutter to each other about the way the girl had opened her tiny mouth to each other about the way the girl had opened her tiny mouth to suck the fouled air as if it could replace her mother's milk. perhaps, she'd been hungry for it all her life."

 

Le mythe d'Alceste n'est pas l'un des plus connus de la mythologie grecque. Epouse modèle, folle amoureuse de son mari, elle demande à prendre sa place lorsque la Mort vient le chercher. Pendant trois jours, elle erre dans le royaume d'Hadès et Perséphone, avant qu'Héraclès, vainquant mille périls, viennent la chercher pour la ramener chez les vivants.

C'est cette histoire, et pas tout à fait celle-là, que raconte le roman de Katharine Beutner. Les premiers chapitres montrent quelle est la vie d'une femme noble dans la Grèce archaïque. Une vie enfermée, loin du regard des hommes. Une vie dans l'angoisse des raids, des morts, des viols. Dans l'angoisse des maladies, des couches qui se terminent mal, des enfants qui meurent trop jeunes. Une vie où les très jeunes filles sont enlevées aux leurs à l'âge de 15 ans, pour être emmenées dans une autre demeure, sans aucun espoir de revoir leurs mères, sœurs, nourrices, pour être données à des hommes deux fois plus vieux qu'elles qui les traiteront sans ménagement.

La vie de la jeune Alceste est montrée de manière très crue, très sensuelle ou plutôt très sensible. L'auteur parvient à faire renaître ce quotidien, ses odeurs, ses sons et y instille une dose de fantastique avec beaucoup de finesse. Alceste est petite-fille de Poséidon, et la maison vit dans l'angoisse des apparitions du dieu ; les héros peuplent la Terre, et Apollon sert de cocher à son futur mari. Mais aucune apparition divine ne semble kitch. Au contraire, elles s’insèrent dans le quotidien avec justesse.

 

Et puis, arrive le passage aux enfers. Il n'y a plus là aucune volonté au réalisme, et si les Enfers sont reconstruits avec fidélité aux mythes (du moins, à mes souvenirs), Perséphone sort complètement du lot. Sombre, belle, puissante, sauvage, c'est un personnage marquant, comme on en voit rarement.

C'est un roman que j'ai beaucoup aimé. Il m'a presque semblé trop court, sa richesse ayant sans doute mérité quelques centaines de pages supplémentaires. Et j'étais tellement triste de quitter Alceste !

 

Lu dans le cadre du challenge Mythes et Légendes

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Mon planning

Janvier 2013

Lecture commune approximative : Imposture, de Benjamin Markovits, avec George

 

9 Janvier 2013

Lecture commune : Silvia's lovers, de Gaskel, avec Titine

 

20 Janvier 2013

Lecture commune : Les Chouans, de Balzac, avec Maggie, Nathalie , Cléanthe et Marie

 

Février 2013

Lecture commune : La fausse maîtresse, de Balzac, avec Marie

 

4 Mars 2013

Lecture commune : Le temps des métamorphoses, de Poppy Adams, avec Tiphanie, Soukee et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : The scarlett letter, de Nathaniel Hawthorne, avec Noctenbule et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : Quelle époque !, de Trollope, avec Adalana, Shelbylee, Maggie et Titine

 

Avril 2013

Lecture commune : Les vagues, de Virginia Woolf, avec Cléanthe , Anis et Titine


21 Juin 2013

Lecture Commune : Petite soeur, mon amour, avec Valérie

 

 Juin 2013

Lecture de L'Argent, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Juillet 2013

Lecture de La débâcle, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Août 2013

Lecture de Le Docteur Pascal, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

7 Novembre 2013

Lecture de Le dernier Homme de Camus, dans le cadre du défi Albert Camus

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