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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 08:00

 

Même si je n’ai pas beaucoup écrit ces derniers temps sur le blog, j’ai été au cinéma et plutôt deux fois qu’une. Depuis le début de l’année, c’est donc plusieurs films qui attendent que j’en parle ici, des coups de cœur et des moins coups de cœurs. Comme je n’ai pas le temps de vous faire des billets pour tous, voici un bref résumé.

 

CharlieAffiche.jpgPremier film, premier chef d’œuvre : Le monde de Charlie, adaptation de  The Perks of Being a Wallflower. J’avais adoré le roman et j’allais voir le film assez confiante, l’auteur étant également l’auteur du scénario. Ce que je ne savais pas, c’est que l’auteur en était aussi le réalisateur. La fidélité au roman est donc parfaite, voir plus que parfaite : certaines choses passent encore mieux dans le film que dans le roman (la bande son qui accompagne le roman, par exemple). En réalisateur, Chbosky est aussi talentueux : la mise en scène est intelligente, légère, dynamique et vive.

Quant aux trois acteurs, ils sont parfaits. Logan Lerman a la difficile tâche de rendre vivant les pensées de Charlie : le roman est très introspectif et la pente était glissante. Mais le jeune acteur s’en sort très bien, que ce soit dans les moments où la timidité de Charlie est maladive, dans ses moments heureux, ou même, et sans entrer dans le voyeurisme, les moments plus glauques et plus sombres de sa dépression.

Emma Watson, dans un rôle très différent de celui d’Hermione, est parfaite en adolescente pleine de vie et fragile. Quant à Ezra Miller, il ne me donne qu’une envie : voir We need to talk about Kevin.

Un film à voir, donc.

Charlie1.jpg

 

Foxfire.jpgDeuxième film traitant de l’adolescence : Foxfire, confession d’un gang de filles. Ce second film de Laurent Cantet montre comment, dans les années 50, une bande de fille s’unit pour combattre le machisme ordinaire. C’est un film très riche : il parle de féminisme, bien sûr, mais surtout de la dynamique d’un groupe, comment certaines personnalités prennent la tête et comment certaines deviennent les boucs émissaires ; comment toutes finissent par donner aux autres le même rôle que celui que les hommes leur donnaient. C’est aussi un film sur l’échec des révolutions, guidées par des belles et nobles idées, mais qui finissent toujours par sombrer dans le banditisme.

Au final, un très beau film, très intelligent, et servi par une brochette d’actrices excellente. ***, qui joue Legs, la leader du groupe, est parfaite dans son rôle de jeune femme de caractère, fragile et à la limite de la folie.

C’est malin, j’ai très envie de lire le roman de Joyce Carol Oates, maintenant !

 

Foxfire2.jpg

 

poussette.jpgJe ne peux pas dire que la Stratégie de la poussette fut une déception, je n’en attendais pas grand-chose. L’histoire de ce jeune homme prêt à faire croire à son ex qu’il a eu un enfant avec une autre femme pour la récupérer me semblait grandement tiré par les cheveux. Au final, il en ressort un film très oubliable. Le couple principal est plutôt moins pire que je ne le craignais (et Raphaël Personnaz est vraiment très beau garçon), mais les personnages secondaires sont horripilants, le scénario est celui d’un téléfilm du Dimanche soir. Allez, il y a quand même un truc à sauver de ce film : la bande originale !

 

poussette2.jpg

Master.jpgEn revanche, le quatrième film fut une déception. Dans The Master, j’attendais beaucoup de l’union entre Paul Thomas Anderson, dont j’avais adoré There Will Be Blood, et Joachim Phoenix, que j’adore dans tous les films de lui que je vois.

Au final ? Je suis complètement passée à côté du film. Si chaque scène prise indépendamment magistralement mise en scène, il y a un gros problème de scénario, qui n’évolue pas du début à la fin du film. Il manque un topic au film, un fil rouge qui le conduirait d’un endroit à un autre. Quant aux acteurs, ils sont en roue libre. Et que fait un acteur en roue libre ? Il surjoue, et en devient ridicule.

Quel dommage !

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 08:00

Et après le Top Ten musical, voici mes films préférés de l'année 2012. Je ne parle ici que des films récents que j'ai vu au cinéma, passant sous silence certains de mes coups de coeur plus vintages.

 

10 The Hobbit

HobbitArmy.jpgCe n'est pas que le film m'a enthousiasmée et d'autres films 'à grand spectacle' auraient peut-être mérité cette dixième place (je pense à Batman Begins, par exemple), mais il va avec Le Hobbit comme avec des chaussons confortables, un chocolat chaud et une place au coin du feu. J'ai été si heureuse de retourner en Terre du Milieu ... Et certaines scènes sont vraiment magnifiques (mention spéciale à Martin Freeman et à la voix chaude de Richard Armitage).

(tout commentaire sur le choix de l'affiche, ..., enfin, bref  )

 

9 Looper

Looper.jpgCe film n'est pas exempt de défauts - ou disons de facilités, mais j'ai été éblouie par l'adresse du scénario. Le paradoxe temporel lié aux voyages dans le temps est très bien montré : lorsqu'un homme perd 30 ans après les doigts qu'on lui coupe 30 ans avant, par exemple (il faut le voir, dit comme ça, ça fait juste bizarre), ou l'influence de la rencontre entre Joe jeune et Sara sur les souvenirs de Joe vieux.

Dans son genre, il me fait le même effet que District 8 il y a quelques années : une réécriture réussie et originale d'un standard du genre.

 

8 Moonrise kingdom

Moonrise.jpg

L'histoire est adorable, mais c'est l'ambiance et surtout la photographie, chaude et ensoleillée comme des souvenirs d'enfance qui me fait mettre ce film dans le top ten.

 

 

 

7 Augustine

AugustineJ'ai été ébahie par le talent d'acteur de Soko dans ce film, par la volonté tenace de son personnage. C'est un magnifique portrait de femme, dans toute la complexité de ses désirs et de ses envies. Augustine est loin d'être parfaite, elle est douée d'une certaine ambigüité et d'un caractère assez difficile, mais servie par Soko et par une mise en scène tout en délicatesse et en demi-ton, elle se révèle attachante.

 

6 Detachment

DetachmentAprès un magnifique portrait de femme, un portrait d'homme qui en est pas moins superbe. Adrian Brody est extraordinaire dans ce rôle d'un jeune homme désespérement seul, engoncé dans son mal-être, et qui s'en sort en donnant de l'affection.

Au délà de ce jeune homme, le film décrit sans tendresse une Amérique égoïste et tournée uniquement sur elle-même, qui laisse ses enfants à la dérive, dans la prostitution ou la dépression, et d'un système scolaire qui ne sait plus comment les aider.

 

5 Holy Motors

Holymotors.jpgPour Monsieur Oscar et sa capacité à entrer dans mille peaux ; par le talent du film qui nous montre un monde en cent saynettes ; pour la Samaritaine, digne représentante d'un passé qui s'éloigne ; pour les larmes que j'ai versées à plusieurs reprises.

Pour la déclaration d'amour au cinéma.

Et pour la dernière scène, pleine d'humour et de tristesse cynique.

 

4 Les enfants de Belle Ville

EnfantBelleVille.jpgLe couple de Firouzeh et Akbar reste encore devant mes yeux comme l'un des plus beaux amours de la fiction. Et le regard de Farhadi sur le monde qui l'entoure, toujours tendre, jamais manichéen, sachant percevoir la beauté et les angoisses de chacun, est magnifique et touchant.

 

 

3 The we and the I

WeI.jpgJ'avais vu ce film en avant-première. J'aisouhaité attendre un peu avant d'en faire le billet, que le film sorte sur les écrans. Hélas, quand il est sorti, mes souvenirs s'étaient un peu évaporés et j'ai négligé d'en faire un billet.

Pourtant, que je l'ai aimé ! Moi qui n'aime pas les adolescents, Gondry me les a fait apprécier. Ils sont si touchants dans leur mal-être, dans leur désir d'être vu et d'être aimés, de susciter autour d'eux l'adhésion.

Et la manière dont Gondry nous démontre ce trait de caractère commun à toute l'humanité et insupportable : comment quelqu'un change de caractère dès qu'il est dans un groupe, est parfaite de finesse.

 

2 Take Shelter

takeshelterParce que c'était la fin du monde il y a quelques jours - le paradis n'est hélas pas très différent du monde tel qu'il était avant - et que nous vivons dans un monde où nous angoissons de plus en plus, ce film est nécessaire. Parce que Michael Shannon est extraordinaire dans ce rôle d'un père de famille rassurant qui sombre peu à peu dans l'angoisse.

Et parce que la dernière image m'a glacé le sang.

 

1 Margin Call

MarginallMême si le choix fut difficile (le trio de tête se tenait de près), c'est ce film que j'ai choisi comme mon film favori de l'année. Outre l'excellent jeu des acteurs - en particulier celui jouant Peter, outre la pertinence du propos et sa terrible adéquation avec la crise que nous subissons actuellement, outre la mise en scène économe et efficace, tout en non-dit et en sous-entendu, ce que j'aime le plus dans ce film, c'est la manière dont il crée une tragédie à partir d'une actualité. Unité de temps, unité d'action et presqu'unité de lieu : les règles de la tragédie classique sont là. Et, de scène en scène, on voit progresser le désastre qui s'annonce.

C'est brillant.


Et comme UGC organise un retour sur les Incontournables de l'année (et qu'un bon nombre de mes chouchous en font partie), je vous invite à venir les découvrir. Plus d'informations ici !

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 18:00

Hobbit.jpegCela faisait des années que j'attendais ce film. Le seigneur des anneaux, sorti entre mes 18 et mes 20 ans, que j'allais voir tous les ans avec une amie très chère et qui, de Octobre à Mars, remplissait nos semestres de cours de fantasmes et de fous rires partagés me manquait. Lorsque j'ai lu Bilbo, il y a deux ans, c'était les images du Seigneur des Anneaux que je recherchais (et que j'ai mal retrouvées, tant Bilbo est différent de la Trilogie).

 

 

 

 

 

Et puis, j'ai vu la première bande annonce ... Et j'ai pleuré intérieurement toutes les larmes de mon corps : les nains, pour la plupart, faisaient carton-pâte ou totalement humains.

Depuis, j'ai vu North and South, j'ai développé une Armitage-mania (je vous en reparlerai) et j'ai vu la seconde bande annonce - celle avec la chanson des nains. Trio de choc qui m'a regonflée dans mon désir d'aller voir ce film.

 

 

 

 

Au final ? Du bon et du moins bon...

Globalement, j'ai passé un excellent moment et j'ai complètement marché dans le film, frémissant de concert avec Bilbo et m'enthousiasmant sur l'épopée des nains (oh mon dieu, mais quelle voix ... ). Mais l'émotion est loin d'être la même qu'avec Le Seigneur des Anneaux.

Attention : je m'attendais à quelque chose de différent. Bilbo est un conte pour enfant, qui a cette voix propre aux contes ; Le Seigneur des anneaux est une épopée. Mais justement, j'ai trouvé que le film cherchait trop à coller à la première trilogie, sans avoir l'audace de s'en dégager. Il y a quelque chose comme d'une excellente parodie du Seigneur des anneaux, avec Bilbo remplaçant Frodon, Thorin remplaçant Aragorn, Kili à la place de Legolas (non, mais franchement, un nain qui tire à l'arc, je suis la seule que ça choque ??), la bataille contre les gobelins pour la bataille de la Moria, etc.

radagast.jpg

Le film choisit de faire des infidélités au roman - certaines qui marchent très bien, d'autres beaucoup plus douteuses. J'ai beaucoup aimé l'introduction du personnage de Radagast. C'est un être drôle et touchant, qui correspond bien à la note enfantine du roman. Et sa partie introduit très bien la terrible scène du second volet dans la Forêt de Mirkwood. L'avoir ajouté, l'avoir ajouté comme ça avec ses lapins, ses oiseaux et son air ahuri, est parfait.

En revanche, la scène avec Elrond, Galadriel et Saroumane me semble franchement inutile. Sans doute, cherche-t-on a trouver un lien avec Le Seigneur des anneaux, mais l'image qui en ressort est plus le désir de donner un cachet supplémentaire à des acteurs.

Enfin, le pire : le fil avec Azog. A quoi sert-il ? A rien. Il rajoute des batailles inutiles, il alourdit le scénario et franchement le "Azog est mort ! Oh non, il n'est pas mort en fait !!! " m'a soulée.

J'ai eu aussi plus de mal avec un certain nombre de choses qui m'ont semblées incongües. Pour moi, Gollum ne devient schizophrène que sous l'influence de Frodo dont la bonté le déchire ; et les orcs ne sont pas sensés pouvoir aller au soleil. La résistance au soleil est justement la caractéristique de ceux modifiés par Saroumane dans La communauté de l'anneau, et ce qui les rend si redoutables.

bilbo.jpg

 

Pour revenir sur le retour des personnages de la trilogie, j'ai beaucoup apprécié le clin d'oeil aux premières minutes de la première partie de la trilogie, due à Frodo et Bilbo. C'était émouvant et tendre à souhait.

 

armitage.jpg

Parlons du nouveau casting, maintenant : il est excellent.

Martin Freeman est Bilbo. Je ne sais où je lisais que Freeman était né pour jouer Bilbo et était né pour jouer Ian Holm jeune. C'est parfait... Il montre en plus une palette d'émotion extrêmement riche. Son regard, sa posture, lorsqu'il se réveille au matin et décide de suivre les nains, sont extraordinaires.

Richard Armitage est aussi fantastique. Il joue magnifiquement le nain renfrogné et acariâtre (ce type est fait pour jouer des sales caractères, décidément). Et sa posture de commandement le rend parfait pour un prince-nain tombé dans la pauvreté.

gollum.jpg

Enfin, LA scène : Gollum et Bilbo. Je suis heureuse que le film prenne son temps sur cette scène, qui est l'une des plus belles du roman. Gollum est parfait, et le voir dans ce cadre, dans son cadre, cette grotte sombre et humide, est un délice. Quant à la scène des devinettes, totalement incongrüe en ce lieu sombre, humide et dangereux, elle est l'une de mes préférées de la littérature et est très bien rendue ici.

 

Au final, j'ai passé de très bons moments, j'ai souffert des longueurs, même si mes longueurs à moi ne sont pas les mêmes que celles des critiques (j'aime le début, je ne supporte pas les batailles qui duuuuuuuuuuurent).

Et la certitude que j'irais voir les 2 et 3 (mais qui en doutait ?).

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 08:00

Augustine.jpgDans une cuisine parisienne de la seconde moitié du XIXème, un grand repas se prépare. Des araignées de mer agonisent dans une casserole d'eau bouillante, sous l'oeil fasciné et dégoûté de la bonne. Plus tard, alors qu'elle sert dans la salle à manger remplie d'élégants et de femmes du monde, un tremblement la prend, puis des convulsions. Au matin, son œil droit est fermé et refuse catégoriquement de s'ouvrir. Lors d'une visite à l'hôpital de la Salpêtrière, on lui apprend qu'elle souffre d'hystérie : pour que le grand professeur Charcot puisse l'étudier, elle est condamnée à rester internée dans l'hôpital. Entourée d'autres femmes atteintes, certaines à moitié folles, elle comprend vite que son internement peut durer très longtemps.

Par chance, une crise la fait remarquer du professeur Charcot, qui comprend vite l'intérêt qu'Augustine peut avoir pour ses recherches. Il en fait son cobaye, à exhiber lors de ses cours, situation qu'elle accepte en espérant être guérie, et assez heureuse de l'intérêt qui se développe à son sujet. Petit à petit, la volonté d'Augustine d'être traitée en égal, et son charme animal retourne la relation de dominance entre eux...

 

Augustine2.jpg

 

C'est un très bon film historique que j'ai beaucoup aimé. La reconstitution des hopitaux du XIXème est glaçante : l'état de misère, de mal-propreté dans lequel étaient soignées les patientes fait peur et est d'autant plus accentué par l'aisance dont profitaient les médecins. Symptôme d'une société malade de pruderie, l'empressement des collègues de Charcot à venir voir s'exhiber une hystérique rend mal à l'aise. Viennent-ils vraiment à une leçon magistrale, ou n'est-ce pas plutôt la perspective d'une belle fille à moitié dévêtue et prise de convulsion qui excite leur intérêt ? Charcot, conscient de cette ambigüité, mais obligé malgré lui d'y participer dans l'espoir d'obtenir des financements est touchant. Mais ce qui frappe par dessus tout dans ce film, c'est l'actrice jouant Augustine, Soko. A aucun moment, et même dans les scènes les plus difficiles, on ne voit l'actrice derrière le rôle. C'est Augustine, avec sa volonté de fer, son intelligence pratique, son désir de vie, sa fascination pour le docteur, que l'on découvre.

 

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 08:00

quai_des_brumes.jpg"Tout ce que tu dis, ça tient pas en l'air. Tu dirais ça à un autre que moi, j'trouverais ça idiot.Mais qu'tu m'le dise, comme ça, à moi, c'est marrant, ça m'fait plaisir."


Par un brumeux soir d’automne, Jean (Gabin), un soldat de la coloniale déserteur arrive au Havre. Il se retrouve dans un bar clandestin, Panama, tenu par un rêveur, nostalgique de son voyage à Panama, où il croise un alcoolique dont le rêve est de dormir entre des draps, et un peintre dépressif, qui ne peut s’empêcher « de dessiner le noyé derrière chaque nageur ».

Et dans la petite cuisine de Panama, il rencontre Nelly (Michèle Morgan), une jeune fille de 17 ans, qui fugue régulièrement loin de son tuteur, l’étrange, suifeux et détestable Zabel (Michel Simon). C’est le coup de foudre entre Nelly et Jean, mais leur amour sera perturbé par la jalousie de Zabel et de Lucien, un vaurien de bonne famille, auquel elle se refuse.

Quaidesbrumes.jpg

C’est un film immense, pour lequel j’ai eu le coup de cœur.

Le couple Gabin/Morgan est magnifique. Gabin a une présence incroyable. Quand il est dans une pièce, même silencieux et renfrogné dans son coin, personne ne peut oublier qu’il est là. Et son sourire est tellement chaleureux. Quant à Michèle Morgan, elle semble toute frêle, à côté de lui. Mais elle dégage une énergie fabuleuse dans sa résistance à Zabel et Lucien, comme dans son amour pour Gabin. Et puis, elle est magnifique !

Mais je crois que ce qui m’a le plus plu, ce sont les second rôles. Je pense que toute la richesse du film est chez eux. Que ce soit les personnages secondaires « sympathiques », comme Panama, sa générosité et son bon cœur, l’alcoolique tendre et pitoyable, ou le peintre dépressif et philosophe ou les seconds rôles antipathiques, Zabel, qui a tous les traits du commerçant idéal, mais une perversion répugnante dans l’œil et le comportement, ou Lucien, bellâtre lâche, ils apportent tous une note de légèreté à un film qui serait sans ça très lourd.

L’image est sombre, contrastée, humide. Les bateaux sont immenses, terrifiants, magnifiques. La seule chaleur est à Panama, ou dans les sourires de Gabin et de Michèle Morgan. Et la beauté des répliques, écrites par Prévert, donne toute sa poésie au scénario. L’histoire, les dialogues pourraient être niais (le « T’as d’beaux yeux, tu sais » vient de là), mais l’intensité du jeu de Gabin et Michèle Morgan apporte une part tragique, et l’humour fin et poétique des rôles secondaires dédramatise très vite les scènes les plus « fleur-bleue ».

Morgan.jpgOui, elle a de beaux yeux ...

 

Magnifique...

 

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 08:53

InterviewwithaVampire.JPG

Dans les années 80, dans une ville illuminée et dynamique, dans un bureau blanc et épuré qui surplombe la rue, une interview a lieu. Entre un témoin, et un vampire. Blond, blanc (déjà, le maquillage farineux), beau (Brad Pitt, quoi), mystérieux et fascinant.

Avant d'être un vampire, Louis était un propriétaire terrien du sud des Etats-Unis, près de la Nouvelle-Orléans, rendu inconsolable par le décès de sa femme tant aimée. Avant sa rencontre avec Lestat, il écumait les lieux mal-famés à la recherche d'alcool, de prostituées, avec lesquels oublier sa douleur. Lestat lui promet l'ultime jouissance : la mort sans la mort, l'immortalité qui se nourrit de la mort des autres. Mais est-ce la solution à la dépression de Louis ? Comment se satisfaire d'un plaisir égoïste, sadique, qui vide la vie d'un autre ? N'est-ce pas la pire des malédictions, celle d'être un vampire empathique ?

 

Entretien1.jpg

 

C'est un film qui me laisse un sentiment mitigé. J'ai adoré l'histoire. J'ai adoré l'ambiance, cette Nouvelle-Orléans aux mythes puissants, à l'atmosphère humide et lourde, la sensualité qui se dégage de chaque scène. Je meurs d'envie maintenant de lire le roman d'Anna Rice dont il a été tiré, peut-être en espérant y retrouver ce quelque chose qui m'a tant plu dans  Les contes de la fée verte de Poppy Z Brite

Les acteurs aussi sont excellents. Si Brad Pitt est parfois un peu terne, un peu trop guindé, digne, vampiresque, Tom Cruise est excellent. L'a priori que j'avais de cet acteur – un acteur de films d'action sans beaucoup d'intérêt – s'est révélé totalement faux. Il est brillant, il est juste, il est séduisant et dangereux en même temps. Et la révélation, Kirsten Dunst à peine sortie de l'enfance, la même petite fille qui jouait dans Little Women, mais en vampire capricieuse et séduisante, magnifiquement manipulatrice. Déjà un talent.

Ceci mis à part – mais le scénario, l'ambiance et les acteurs ne sont-ils pas la part la plus importante d'un film? - le film peine à me convaincre. Il est filmé sans finesse. Les effets spéciaux sont souvent grotesques. Les décors font bas de gamme, comme le maquillage, parfois désastreux. Et certaines scènes font plus rire que pleurer – leur but initial.

 

Entretien2.jpg

 

Est-ce un film majeur qui a mal vieilli ? Sans doute, mais c'est là qu'on reconnaît les chefs-d’œuvre : ils vieillissent sans peine. Entretien avec un vampire n'en est pas un.

 

Vu dans le cadre du challenge Halloween 2012

Halloween

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 08:51

SaintTrinians.jpgUn froid matin, Beverly et son père (magnifique Rupert Everett) arrivent devant l'entrée d'un pensionnat pour jeunes filles, Saint Trinian's, tenue par la tante de Beverly (magnifique Rupert Everett). Un peu intimidée au début, elle va devenir franchement mal à l'aise en comprenant que cette école est loin d'être comme les autres... Les élèves, réunies en bande selon leurs centres d'intérêt (les gothiques, les puputes, les nerds, ...) et sous la direction de la charismatique Kelly (ravissante Gemme Arteton) y font la loi. La portière est alcoolique, la directrice est névrosée et la nuit, les filles se lancent dans des magouilles pas très nette.

 

Bizarre bizarre ? Oui, et ce n'est certes pas la nouvelle prof d'anglais (Lena Headey, impossible de reconnaître Cersei Lannister dans cette prof coincée au chignon strict et aux vêtements gris) qui dira le contraire. Bizarre, oui, mais tellement sympathique.

 

Mais deux menaces planent sur Saint-Trinian's. Le nouveau ministre de l'Ecole, ex ministre des Prisons, (Colin Firth, brillant) a décidé de remettre de l'ordre dans les écoles anglaises et en commençant par la pire, Saint-Trinian's. Ainsi se finirait le joyeux temps de l'anarchie ...

Une autre question est encore plus pressante : les caisses sont vides et l'école est tellement endettée que la banque menace de saisir les murs. Que faire ? Les élèves ont bien une idée ...

 

C'est un film absolument réjouissant et servi par un casting du tonnerre. J'adore le couple que forment Firth et Everett en règle général et dans cet opus, ils sont particulièrement flamboyant. Tous les acteurs prennent un plaisir évident à jouer : une bande de vieux potes particulièrement heureux de se retrouver ensemble. Les références au passé cinématographique commun ou indépendant des acteurs est elle aussi jouissive : aaaaahhhhh, Colin Firth sortant en chemise mouillée de la fontaine ...

 

Bref, un moment jubilatoire ...

 

Vu dans le cadre du challenge Une rentrée en pensionnat, sur whoopsy-daisy

pensionnat2.png

 

 

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 08:00

1784pp.jpgAprès avoir adoré Une Séparation, je ne pouvais que suivre l’actualité d’Asghar Farhadi, son réalisateur. Quand j’ai entendu au Masque que sortait en France un des films antérieur du réalisateur, j’ai sauté sur l’occasion.

Le Belle Ville dont il est question là n’est pas un quartier de Paris, mais de Téhéran.  C’est dans ce quartier misérable que vivent Ala, sa sœur Firouzeh et Akbar. Deux ans auparavant, à seize ans, Ala a tué sa petite amie. A dix-huit ans, maintenant, il pourra être exécuté, pendu, conformément à ce que le père de la victime souhaite en suivant la loi du talion.

Akbar, un ami rencontré en prison, veut le sauver : dès sa sortie, il va voir Firouzeh, la sœur d’Ala, pour que tous les deux, ils convainquent le père de renoncer à sa vengeance. Hélas, le père est muré dans un chagrin que rien ne peut vaincre, si les supplications des deux jeunes gens, ni les conseils de l’imam, ni l’angoisse de sa femme, qui préfèrerait échanger cette exécution contre le prix du sang permettant d’opérer sa fille.

 

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C’est une magnifique tragédie que ce film. De Roméo et Juliette à Antigone, des amours impossibles au poids des morts, en passant par la difficile distinction entre ce qui est juste contre ce qui est légal. Dans cette société de très petites gens, à la limite de la misère, se créent des dilemmes et des drames shakespeariens. Comment accepter qu’un père renonce à sa vengeance, légale ? Comment faire le deuil ? Comment nait un amour sur ces ruines et ce drame ?

 

les-enfants-de-belle-ville-08-10723028jizgb_1798.jpg

 

Je n’arrive pas à parler de ce film. Les images se bouleversent devant mes yeux, les foulards colorés, les rues poussiéreuses, cette courette sombre où vit le père ressassant son chagrin, la complicité des femmes, le visage aux sages rides de l’imam. Le regard d’Akbar croisant celui de Firouzeh. Cet amour magnifique. Cette tragédie poussant sur la tragédie.

 

les-enfants-de-belle-ville-02-10723022scvhr_1798.jpg


Les acteurs sont encore une fois excellents, merveilleusement dirigés. Je suis tombée amoureuse de Firouzeh, de son sourire tantôt malicieux ou tantôt fatigué, de son regard droit, des boucles de ses cheveux encadrant son front. Elle est magnifique, cette actrice. Elle porte mille émotions en un regard, mille pensées en un geste. Je veux absolument la revoir…

 

les-enfants-de-belle-ville-03-10723023tqgga_1798.jpg

 

Je ne vois peut-être qu’un seul défaut à ce film : il est un peu trop lent ; il manque un peu de rythme. Les rebondissements de l’intrigue sont un peu trop nombreux. Mais qu’importe : on est bien avec Akbar et Firouzeh et on y passerait des mois avec plaisir.

 

 

 

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 08:00

Persuasion.jpgJuste après avoir fini le roman, je me suis jettée sur l'adaptation de la BBC datant de 1995, avec Ciaran Hinds dans le rôle de Wentworth , et Amanda Root dans celui d'Anne Elliott. Les amies de whoopsy-daisy m'en avait chanté les louanges, la considérant même meilleure que celle datant de 2007. J'en attendais peut-être trop, mais j'ai été un peu déçue.

 

Il y a pourtant des choses magnifiques. Ciaran Hinds, par exemple, extraordinaire en militaire un peu monolithique, qui ne va pas s'enflammer pour si peu et qui en a vu d'autres. Mais, lorsqu'il s'émeut (ahhhhh, la lettre ...), son agitation n'en est que plus bouleversante.

 

CiaranHinds.jpg


Les personnages secondaires sont aussi excellents. Ils sont peut-être un peu caricaturaux, mais cela donne du piquant et de l'humour à une histoire nostalgique et triste. Et puis, la plume d'Austen ne fait pas non plus dans la dentelle quand elle décrit Sir Elliott et sa fille aînée.

J'ai particulièrement aimé l'amiral Croft et sa femme : ils sont d'un tel naturel qu'on rêverait de les rencontrer pour de vrai, de passer une soirée dans un pub à les écouter raconter leurs voyages. Et puis, les exemples de couples happily ever after sont si rares chez Austen que je savoure celui là !

 

Sur le plan esthétique, le film est aussi très réussi. La plupart des scènes d'intérieur sont filmées à la bougie et j'ai vraiment apprécié l'atmosphère intimiste que cela crée.

Amanda-Root-Anne-Elliot1.jpg

Mais voilà : je n'ai pas apprécié l'héroïne. Je trouve que l'actrice manque un peu de finesse dans son jeu et qu'elle ne montre pas bien la révolution qui se fait en elle. Même si le maquillage est bon et la "rajeunit" de scène en scène, rien de cela ne se montre. Elle garde l'air d'un petit chat apeuré, effrayée par la prestance de Wentworth d'un bout à l'autree.

 

Et je trouve qu'un grand nombre de scène sont assez kitschs. L'apogée étant bien sûr la scène du baiser devant le carnaval ...

 

Persuasion1.jpg

 

Semi coup de coeur et semi déception ... Mais je le conseille quand même, afin que vous vous fassiez votre propre avis !

 

Vu dans le cadre du Jane Austen Summer sur whoopsy-daisy.

JaneAustenSummer

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 08:00

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Monsieur Oscar quitte ce matin sa magnifique demeure, suivi par les « Au revoir, Papa » de ses petites filles pour entrer dans la limousine blanche conduite par une élégante femme, Céline. Il s’assoit au fond du véhicule et répond à quelques coups de téléphone, avant de feuilleter le dossier que Céline a déposé sur le siège à côté, pour préparer son prochain « rendez-vous ».

Puis se met à se grimer, s’ajoute une longue chevelure grise, s’habille en clocharde, et descend de la limousine pour aller mendier sur le Pont Alexandre III. Revient, se démaquille , enfile une combinaison moulante noire aux perles brillantes et s’engage dans un studio de motion capture. Revient à la limousine et change encore de personnage.

 

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Il ne faut pas très longtemps pour comprendre que Monsieur Oscar est un acteur et que ce film est d’abord et avant tout un hommage aux acteurs, à ces gens qui changent de vie de scène en scène. Tous les genres cinématographiques sont abordés et Denis Lavant est surprenant dans chacun.
On croit autant à son personnage de père méprisant et blessant qu’à celui de Monsieur Merde, fou et génial vagabond des égoûts de Paris et des allées du Cimetière Montparnasse, au vieillard agonisant dans une chambre d’hôtel chic qu’à la clocharde roumaine des quartiers touristiques. Peu à peu, Monsieur Oscar cesse de jouer mêle sa vie à ceux de ses personnages, dans cette magnifique scène (bon, à part que Kylie Minogue chante et j’ai horreur des musicals), dans le chantier de la Samaritaine, tombeau peuplé de mannequins démembrés en mille morceaux.

 

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J’ai vraiment cru que j’allais m’ennuyer devant le film. J’y suis allée à moitié en trainant des pieds – je me méfie des films consacrés « chefs d’œuvres » par la critique. Mais à la place, j'ai été emportée. Chacune des saynettes m’a fait voyager et devant certaines, j'ai pleuré – même si je savais que l’acteur se relèverai à chaque fois, toujours un peu plus secoué, un peu plus blessé, un peu plus atteint.

 

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Outre l’amour du cinéma et de ces gens qui font le drôle de métier de vivre d’autres vies que la leur, ce film m’a séduite aussi par la tendresse dont il déborde pour Paris. Chacune des excursions de Monsieur Oscar est prétexte à filmer un quartier de Paris, un aspect, le cimetière, les rues du 14ème, ma Samaritaine bien aimée, les quartiers chics… Paris telle que je la connais, et bien éloignée des images d’Epinal de Midnight in Paris. 

Allez le voir …

 

 

 

 

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Published by Céline - dans Cinéma
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