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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 09:00

BlackSwan.jpg"Our new Swan Queen : the exquisite Nina Sayers."

L’avis de B :

J’ai été happé dès les premières minutes par cette histoire de fou à la mise en scène totalement baroque et pourtant incroyablement forte. Aronofski exploite avec maestria les potentialités de son décor et la musique, créant l’angoisse via ses couloirs tortueux, instillant le malaise dans les refuges les plus ultimes, jusqu’au moment où, comme pour l’héroïne, la tension devient permanente, harassante.

Les scènes d’hallucination sont très bien abordées, brouillant la frontière entre cauchemar et réel, installant une angoisse réelle alors pourtant que le réalisateur en fait des tonnes.

Outre cette mise en scène formidable, le film est littéralement porté par Nathalie Portman qui tient là le rôle d’une vie. Elle est purement époustouflante, en équilibre sur le fil du rasoir et toujours juste. J’ai été abasourdi par sa tessiture, tour à tour oie blanche et séductrice venimeuse et perverse et tellement d’autres choses encore.

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Elle est aussi servie par des seconds rôles brillants, Cassel au premier plan, pour une fois parfaitement canalisé et dirigé. Il est un parfait chorégraphe complexe et manipulateur, façonnant Nina pour tirer d’elle tout ce qu’elle peut donner et plus encore. Barbara Hershey est parfaite en mère castratrice, ballerine ratée qui a elle aussi façonné Nina mais pour être la ballerine parfaite, pour briller là où elle n’a jamais pu aller, en bref pour vivre la vie qu’elle n’a pu avoir. Winona Rider est une très baroque et terrifiante ex égérie déchue par le passage du temps, version tout aussi monstrueuse que la mère de ce que deviendra Nina une fois sa jeunesse passée et extirpée d’elle par l’art, un beau jouet cassé. Mila Kunis enfin est un double parfait, black swan provoquant et séduisant, incarnant avec lascivité les fantasmes inavoués d’une Nina incapable d’assumer les pulsions d’une jeune fille étouffées par une mère castratrice. Elle aussi fait montre d’une belle tessiture de jeu et réussit à exister face à une Nathalie Portman absolument époustouflante.

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C’est enfin un film qui a la force de traiter le ballet, habituellement vu comme un siège de grâce et de légèreté, en assumant toute la violence qu’il recèle et qui est toujours passée sous silence :  oui la danse fait mal, oui les danseuses façonnent leur corps dans la douleur dès la plus tendre enfance comme Nina a été façonnée par sa mère, oui la mutilation physique a sa place dans ce type d’environnement. Enfin, c’est une très belle métaphore de l’aspect vampirique de l’art qui consomme toujours plus des interprètes, qui exige non pas la perfection technique (Nina n’a pas compris qu’un artiste n’est pas un artisan) mais aussi de tout donner, d’aller au fond de soi sortir l’émotion, ses propres contradiction pour les donner en pâture au public.

 Aronofski nous montre la face cachée de l’art, comment on fabrique un chef d’œuvre, comment on émeut et le prix à payer. Vertigineux.


L'avis de Céline

Est-il nécessaire de rappeler l'intrigue de Black Swan ? (j'ai toujours l'impression d'être la dernière à aller voir les films, et le temps que je publie le billet, le film n'est même plus à l'affiche...) Une jeune femme, une jeune danseuse, Nina, vit avec sa mère une vie dédiée à son art. Dans sa chambre encore enfantine, les peluches roses parsèment les meubles, et tous les soirs, elle s'endort au son du Lac des cygnes, interprêté par une boîte à musique.

 Sérieuse, dévouée à son travail, elle est la plus douée de la troupe dans laquelle elle joue. Quand la danseuse étoile se retire, elle imagine donc être choisie pour jouer le rôle principal de la prochaine oeuvre au programme : le Lac des Cygnes. Mais, le metteur en scène demande à sa danseuse étoile une gageure : jouer le cygne blanc, pur et virginal, et le cygne noir, sombre et sensuel. Nina, toute à sa perfection technique, est-elle vraiment capable de jouer le cygne noir ?

A partir de cette histoire, Aronofski nous crée un film brillant, baroque, sombre, complexe sur lequel je pourrais écrire des pages et des pages. Mais je vais essayer de me limiter aux trois aspects qui m'ont le plus fascinée.

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C'est une splendide et douloureuse réflexion sur la création et l'Art. Le sacrifice auquel se soumet Nina, d'abord inconsciement puis en pleine face, est celui que subit chaque artiste quand il crée de la Beauté. Pour jouer le cygne noir, il n'est pas besoin de technique, mais il est nécessaire d'aller chercher au fond de soi sa sauvagerie, la sensualité dont le rôle se nourrit. Nina se torture (les grattements dans le dos, la schizophrénie) avant d'aller chercher ses tripes (au sens presque premier du terme car elle meurt d'une blessure dans le ventre) pour les exposer au public, nous même, qui nous repaissons de la beauté de l'oeuvre.

Il y a quelque chose de profondément émouvant à voir des artistes (un réalisateur, des acteurs) parler ainsi de leur travail. Car après avoir vu le sacrifice de Nina, je n'ai pas pu m'empêcher au sacrifice, aux sacrifices que ceux qui nous ont fourni ce film magnifique ont du se faire subir.

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Second aspect que j'ai trouvé très intéressant : la notion de miroir déformant. Tous les lieux où se déroulent l'action sont dotés de plusieurs miroirs qui se répondent : le couloir de la maison de Nina, sa loge, la salle où les danseuses répètent, et jusqu'au métro dont les vitres reflètent l'intérieur. Or, les trois autres personnages féminins présentent des ressemblances troublantes avec Nina. Lily, bien sûr, l'autre danseuse, celle qui n'a aucun talent technique, mais la vitalité, la sensualité, l'indépendance dont manque Nina. Mais aussi Beth, l'ex-danseuse étoile, celle qui précède Nina, et celle que Nina suivra, quand elle aussi sera trop vieille pour la place. Et surtout la mère, terrible double de Nina : danseuse ratée, ayant du arrêter sa carrière pour donner naissance à sa fille, et s'occupant de la carrière de Nina comme si c'était la sienne.

Ces trois autres femmes, Nina les fantasme : elles entrent dans sa folie et sont elles aussi l'objet du délire de la jeune femme. Elles aussi sont mutilées (ou pas) par la folie de Nina, ou se transforment en monstres odieux, si bien qu'il devient difficile de savoir qui est qui, et à quel points ces trois autres femmes sont folles, ou simplement saines mais transfigurées par le regard de Nina.

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Enfin, le troisième aspect concerne le sang et la virginité dans cette oeuvre. Nina est vierge : il n'est qu'à voir son regard quand le metteur en scène le lui demande. Et il est facile de supposer qu'elle ne se donne que très rarement des plaisirs solitaires (mais avec une mère qui dort dans sa chambre, ...). Nina est encore une enfant, dont les sens ne sont pas éveillés, et qui va découvrir sa propre sensualité dans le film.

Or, ce film est presque en noir et blanc, à l'exception d'une couleur : le rouge du sang. Nina saigne, souvent.Elle saigne quand elle se gratte le dos, elle saigne quand elle s'arrache les ongles, elle saigne quand elle se transperce (étonnante tâche rouge se répandant sur le linge blanc de son costume). Et quand elle tue Lily, c'est une épaisse marre de sang qui se répand. Il y aussi le rouge à lèvre qu'elle vole à Beth, les yeux du Black Swan s'injectant de sang.

Nina n'est pas que la danseuse qui souffre pour son art, n'est pas que la folle schizophrène, elle est aussi une enfant qui devient une jeune femme, qui s'ouvre à la sexualité et à l'amour. Elle repousse sa mère, pour chercher un modèle chez une autre femme mûre (Beth), à qui elle vole l'amour (ou la place comme partenaire privilégiée) du seul homme du film. Et trouve face à elle la concurrence d'une soeur jumelle, plus belle et plus femme, qu'elle jalouse. Une belle leçon de psychanalyse !

C'est un film que j'ai trouvé magistral, puissant et beau, bien que terriblement éprouvant. Violent et passionné, comme j'aime les oeuvres d'art.

Et puis, ça c'est un scénario réellement complexe et riche... Inception, à côté ... (oui, c'était ma minute peste du moment ;) )

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 00:00

kingsspeech.jpg"I'm not a king. I'm a Navy officer."

Est-il vraiment besoin de rappeler l’intrigue de ce film, dont tout le monde parle en ce moment, et qui a reçu l'Oscar du meilleur film ?

Un homme bégaie. Une enfance difficile dans le Londres du début de siècle, un père tyrannique et violent, une mère glaçante, une pression trop tôt exercée sur cet enfant timide, et il bégaie.

Lui, ça ne le gêne pas tant que ça, et sa femme, une piquante anglaise pleine de charme et d’esprit, non plus. Tout pourrait en rester là, avec cet être pétrifié de terreur en public, et incapable de se sentir à l’aise ailleurs qu’en famille, s’il n’y avait un « mais » et de taille : « What if my husband was the Duke of York ? ».

Héritier du trône d’Angleterre, à une époque où la radio se développe, et où le charisme de certains les porte au pouvoir, à une époque où de sombres dangers planent sur l’Europe, et où l’Angleterre va avoir besoin d’un homme derrière lequel se ranger.

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Voilà en quelques mots l'histoire de ce film, que j'ai adoré (je sais, je suis d'une originalité folle ; et c'est pas comme si je m'en doutais, que j'allais l'aimer). Il entrecroise la petite et la grande histoire avec talent.

Petite histoire dans le portrait de cet homme, Bertie, que Colin Firth incarne à merveille (à croire qu'il a un talent pour jouer les anglais renfermés, Darcyiiiiiiiiiiiii). C'est un homme assez peu aimable, que ce Bertie : arroguant, colérique, froid, orgueilleux, il ne se révèle que dans sa famille, et avec ses filles. C'est là qu'il se laisse suffisament aller pour se débarrasser de sa carapace, et devenir un père de famille tendre et souriant.

Petite histoire aussi que ses relations avec les deux seuls êtres qui l'apprécie pour lui-même : sa femme et son thérapeute Lionel Logue. Ces deux personnages sont admirablement rendus. Helena Bonham Carter campe une Queen Mom adorable et attachante, pleine de vivacité, tendre et lumineuse. Elle est "reine", jusqu'au bout des ongles, et semble être ma seule à l'aise dans ce rôle royal.

Quant à Lionel Logue, il est fantastique : à la fois rebelle, mais impressionné par le titre royal ; proche, mais gardant ses distances ; fier, mais acceptant sans broncher les humiliations que lui fait subir un Bertie pas en veine de politesse. Et sa femme, la charmante Myrtle, est une perle : sa réaction en croisant la reine dans sa cuisine est un petit régal ...

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Au delà de ce trio, j'ai trouvé que ce film posait avec intelligence la question de la place de la fonction et de l'être humain, dans le personnage public : Bertie, tout à son image et à sa fonction de prince royal, en tombe malade ; mais son frère Edward, qui privilégie sa vie et ses plaisirs, ne peut être roi. Ce genre de rôle public nécessite donc un subtil équilibre entre responsabilité de la charge, et liberté de l'être humain ; rappeler cette vérité, à une époque où la personnalisation de la vie publique et des personnages politique est de plus en plus importante, me semble très intelligent.

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Car, en plus de l'histoire individuelle, ce film se penche sur l'Histoire : quand la radio devient le moyen privilégié de contact entre un roi et son peuple ; quand des dictateurs au verbe haut prennent le pouvoir ; quand la guerre menace et éclate, qu'est ce qu'un pays peut faire d'un dirigeant incapable de parler ? "The nation believe that, when I speak, I speak for them ! but I can't speak."

Ce film pose la question de la forme et du fond, autre aspect de plus en plus prégnant de notre vie politique : une homme politique intelligent et capable ne vaut rien face à un orateur de talent, quelque soit ses idées. Et si un dirigeant veut rassembler autour de lui, il doit pouvoir parler, et parler avec talent.

 

C'est un film magnifique que ce King's speech, intelligent et riche. S'il pâtit peut-être un peu d'une mise en scène d'un classicisme à tout épreuve, celle-ci forme comme un écrin dans lequel le jeu des acteurs, Colin Firth en tête, se déploie.

A voir, et à revoir.

 

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 09:00

J'ai été voir Rebecca avec une inquiétude sensible : ce roman de Daphnée du Maurier est l'un de mes favoris de la littérature anglaise, et une mauvaise adaptation aurait eu le don de me faire bondir.

Ouf ! Je n'ai pas bondi : dès les premières images, j'ai été séduite. Un jardin brumeux, plein d'étrangetés, comme entraperçu dans un délire : "Last night, I dreamt I went to Manderley again ..."

L'histoire est fidèle à la lettre au roman. A Monte-Carlo ("Monte"), Mrs van der Hooper est en villégiature avec sa très jeune et timide dame de compagnie, dont on ne connaîtra jamais le nom. Dans le même hôtel, arrive Maxim de Winter, veuf qui a fait la couverture des journaux à l'occasion du terrible accident qui a emporté sa belle épouse, Rebecca de Winter. Mrs van der Hooper, animal social, fait tout pour se rapprocher du socialite ; mais lui, c'est la douce dame de compagnie qui l'attire.

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Il l'épouse, et l'emmène dans sa magnifique demeure de Manderley : la nouvelle Mrs de Winter pourra-t-elle à la hauteur de Rebecca ? Qu'importe, puisque la gouvernante, la terrifiante Mrs Danvers veille.

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La trame du roman est respectée à la lettre, et, bien que connaissant la fin et les rebondissements qu'elle apporte, j'ai été clouée aux lèvres de la jolie Mrs de Winter, tremblant devant ses gaffes, et fascinée par la méchanceté de Mrs Danvers.

Mrs Danvers ... Déjà terrifiante dans le roman, elle en devient monstrueuse et glaçante. Ombre noire qui se détache sur les voiles rosés de la chambre de Rebecca, démon pernicieux dont les conseils ne sont pas dépourvus d'arrières pensées, j'ai frémis avec Mrs de Winter. Il parait que l'actrice jouant Danvers, Judith Anderson, était une actrice de théâtre réputée pour jouer Shakespeare ; en particulier, sa représentation de Lady Macbeth a marqué les esprits : je veux bien le croire ! Elle devait être époustouflante !!

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Mrs de Winter (Joan Fontaine) est aussi bien trouvée: si j'ai eu peur au début car elle surjouait trop la naïve, elle a fini par me séduire ; quant à Maxim de Winter, il est parfait (peut-être pas assez beau, mais de Winter est un de mes perosnnages masculins préférés). Anglais jusqu'au bout des ongles, d'une froideur parfois inquiétante, il est parfait dans le double rôle de ce gentleman inconsolable.

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Ce qui me fascine, envers et contre tout, dans cette histoire, c'est le vide autour duquel elle tourne. Je m'explique : son personnage principal, qui lui donne son titre, est morte depuis plus d'un an. Pas une fois, on ne voit Rebecca - mais on ne parle que d'elle. On ne la connait que par des descriptions plus ou moins objectives, mais elle est celle qui emplit l'espace du roman ou du film, pour ne laisser aucune place à la nouvelle Mrs de Winter.

D'elle, on ne connait que le "R" de son initiale. Et pourtant ! Sans elle, pas d'histoire...


Bref, une petite merveille qui ne me donne qu'une envie : me replonger dans Rebecca. Mais en anglais, cette fois !

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 18:12

arrietty.jpgArrietty raconte l'histoire d'une petite jeune fille solitaire, à l'âge où l'on s'émancipe. Elle joue dans le jardin, se fait courser par le chat, ramène des fleurs pour sa maman et rêve du jour où ses parents lui feront suffisament confiance pour la laisser partir le soir avec son père.

Une vie presque banale.

Presque ? Sauf qu'Arrietty fait quelques centimètres, habite dans une maison de poupée, et vit de chaparde : aller voler deci-delà un morceau de sucre aux grand humains qui les entoure, un peu de nourriture ou de tissu. Rien qui ne se voit ou qui les prive de quoique ce soit, mais qui permette à cette petite famille de survivre.

Vie solitaire jusqu'au jour où un enfant maladif vient s'installer dans cette maison. Sho, gravement atteint du coeur, se repose chez sa grand tante, en attendant l'opération dont sans doute il ne se relèvera pas.

Entre ces deux enfants solitaires, ces deux enfants en quelque sorte voués à l'extinction, une sorte de curiosité se transformant en amitié se crée. Mais, les parents d'Arrietty sont très fermes : s'ils sont vus par les humains, ils doivent déménager ...

 

Je sors de ce film avec un avis très mitigé : c'est charmant, mais décevant. Commençons par ce qui m'a déplu, afin de revenir ensuite sur l'impression d'enchantement dans lequel me laissent tous les films du studio Ghibli... Première déception, le manque d'originalité. Ce type d'histoire, avec des petits êtres vivant au contact des humains, j'ai l'impression de l'avoir déjà vu mille fois : Le grand livre des gnomes, de Pratchett, se fonde par exemple sur une histoire similaire. Mais également Trilby, de Nodier. Ou toutes les histoires celtiques parlant de nain, de gnome, d'hôte du foyer... Alors que les films des Studios Guibli sont d'ordinaires l'occasion de me confronter à une mythologie, à un surnaturel exotique, j'ai eu l'impression de voir là les contes qui ont bercé mon enfance, mais vu de l'étranger...

Le deuxième aspect qui m'a gênée est le scénario : assez simpliste, elle n'a rien de la beauté et de la complexité de Princesse Mononoké, de Chihiro, ou même de Totoro à laquelle elle peut plus faire penser. De plus, certaines pistes sont mises en avant, puis abandonnées (l'histoire de la maison de poupées, par exemple...). Et la fin m'a déplu : que dit-elle, sinon qu'hommes et chapardeurs, humains et autres espèces ne peuvent pas vivre en bonne entente ? Et que le destin de l'être humain, comme celui du petit garçon, est une vie solitaire et malade ? Même pour Arrietty, cette fin signifie une forme de continuité, continuité de vivre très seule, dans l'angoisse et la crainte de se faire repérer, une vie errante, où elle ne pourra rien construire...

Et enfin, la musique : je sais qu'il est de bon ton de saluer la performance de la jeune harpiste bretonne qui a produit cette musique. Mais voilà, moi, j'aime pas du tout. Je la trouve aguicheuse, trop forte, trop présente, trop démonstrative. Elle ne se contente pas d'accompagner, mais elle veut aussi expliquer, ce qui rend certaines scènes complètement cul-cul. Elle m'a réellement gâché de nombreuses parties du film !

 

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Et c'est d'autant plus dommage que ce film est une petite merveille graphique et de réalisation. Le dessin, comme toujours, est splendide : les scènes de jardin, les scènes dans la maison d'Arrietty, dans la maison de poupée, dans la cuisine des humains, sont merveilleuses. En quelques traits de crayons, une sensation de vertige, quelque chose qui nous est si familier qu'une cuisine, devient exotique, effrayant, grandiose. De plus, la mise en scène, centrées sur les visages des humains, plus large sur le corps et le buste des chapardeurs, nous donne en quelques instants la sensation de la différence de taille. C'est parfait !

 

 

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 09:02

Visiteurssoir-copie-1.jpg"Et, que voulez-vous ? Puisque personne ne m'aime, il faut bien trouver un moyen de passer le temps !"

 

Les visiteurs du soir est le premier - et je crois le seul - vieux film que mes parents m'aient montré. Une belle histoire d'amour entre ce film fantastique et ma mère, qui remontait aux années 60. Alors, quand j'ai vu que la Filmothèque du Quartier Latin le repassait la semaine dernière, j'ai bien entendu emmené mes parents le voir avec moi !

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Dans le Sud de la France, au Moyen-Âge, voyagent deux ménestrels, Dominique et Gilles. Dominique est une belle femme androgyne, habillée en homme, et au sourire ironique (merveilleuse Arletty) ; Gilles (Alain Cuny) est un homme plein de prestance, mélancolique et rêveur. L'un et l'autre s'avancent côte à côte sur un chemin rocailleux, vers un château de carton-pâte. Lorsqu'ils s'approchent, un paysan - en fait le bourreau, leur annonce que le château est en fête car le Baron Hugues marie sa fille, la splendide Anne, à Renaud. Deux ménestrels sont donc sûrs de trouver bon accueil dans le château !

Mais Gilles et Dominique ne sont pas que deux ménestrels : ce sont deux envoyés du Diable, venu l'un pour séduire Anne la vertueuse, et l'autre Renaud et Hugues.

Dominique réussira sans peine sa tâche, créant chaos et haine dans le domaine ; mais Gilles, devant la pureté, la naïveté d'Anne succombera à l'amour, et le Diable devra intervenir lui-même.


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C'est un film sur lequel j'ai un avis très contrasté : j'ai adoré, sauf l'histoire d'amour entre Gilles et Anne, dégoulinante de niaiserie. Mais tout le reste, la "beauté du diable" exercée par ces deux êtres sur ceux qu'ils approchent, l'atmosphère de Moyen-Âge de carte postale, les dialogues écrits par Prévert, l'ambiance fantastique qui imprégnent peu à peu tous les êtres, m'ont séduite.

Autant Alain Cuny - beau ténébreux de l'époque - m'a guère convaincue, autant j'ai été séduite par Arletty. Elle que je n'imaginais pas dans un rôle tragique de femme perdue, désespérée et cruelle, transcende le rôle, manipule avec grâce ceux qui l'approche, pour un sourire de celui dont elle est la "fille préférée" : le Diable.

Car voilà l'autre acteur extraordinaire de ce film : Jules Berry. Un Diable vif comme la flamme, intelligent comme le mal, cruel, vicieux, odieux et profondément humain.

 

 


 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 16:39

L-hommequiensavaittrop-copie-1.jpgSuite de la rétrospective Hitchcock avec cet Homme qui en savait trop.

 

Fin des années 50, un couple d'américain (Jo et Ben McKennan) voyagent en Algérie, avec leur fils, un blondinet d'une dizaine d'années. Voilà qu'un homme, un français vient leur parler. Mine de rien, et sous des abords très chaleureux, il s'enquiert de beaucoup de choses sur le couple, sans dire beaucoup de choses sur lui même.

A l'hôtel, ils rencontre un couple d'anglais, bien sous tous rapports, avec qui ils visitent la ville. Hélas, lors de leur visite du souk, le français s'effondre dans les bras de Ben McKennan, victime d'un coup de poignard. Mais, avant de mourir, il glisse quelques mots dans l'oreille de Ben, qui vont changer la vie de ce dernier à tout jamais.

 

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Je ne suis pas une grande amatrice des films d'espionnage ni des romans policiers, ce qui doit sans doute expliquer pourquoi je n'ai pas accroché tant que ça à ce film. Car tout en lui est bon. Les personnages sont riches et aboutis  avec mention spéciale à Jo et Ben McKennan. Je me suis tendrement attachée à ce couple d'êtres ordinaires. Elle, si charmante, si jolie, si pleine d'amour pour son fils, et d'un caractère bien trempé. Lui, un américain caricatural, mal à l'aise partout, un peu autoritaire, mais d'une conscience de son statut de pilier de famille tout à son honneur.

L'histoire en elle même est bien retorse, avec des fausses pistes lancées un peu partout, avant une fin, bien entendu, heureuse, qui arrive in extremis. Et la mise en scène est bien entendu brillantes. Certaines scènes sont d'une beauté et d'une perfection bouleversante. Je pense en particulier à cette scène dans le Royal Albert Hall, point culminant du film ... Quel délice !

 

Comme vous le voyez, c'est dommage que je ne sois pas fan des films d'espionnage, car sinon, ce film aurait été un coup de coeur !

 

Pour finir, une chanson que j'aime beaucoup et dont j'ai découvert qu'elle avait été écrite pour le film :

 


  

Ne sont-ils pas charmants ?

 

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 09:47

psychose.jpgSuite de la rétrospective Hitchcock à la Cinémathèque française, avec ce Psychose. Faut-il raconter l'histoire ? Je suis entrée dans la salle sans avoir aucune idée de ce que j'allais voir et c'est la meilleure chose qui me soit arrivée. D'ailleurs Hitchcock a lui-même interdit tout synopsis du film, toute projection privée d'avoir lieu avant la première.

 

Je ne raconterai pas donc cette histoire qui m'a fascinée, surprise, étonnée, effrayée, émue, touchée. Je dirai juste que c'est un grand film, admirablement mis en scène (oui, je suis consciente de l'originalité qu'il y a à dire qu'Hitchcock est un grand metteur en scène, et Psychose, un chef d'oeuvre), et merveilleusement joué.

En particulier, la manière dont il parvient à nous placer dans une zone d'inconfort, imperceptiblement, par petites touches de plus en plus inquiétantes est merveilleuse. Lorsque l'héroïne, dormant dans sa voiture, se fait réveiller par un policier, par exemple. Ou, lorsqu'elle dine en compagnie de Norman, dans son bureau envahi d'oiseaux empaillés.

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A ce petit jeu là, Anthony Perkins est un maître, un acteur prodigieux qui sait créer un malaise en un regard. Plutôt beau garçon, gentil, de ce genre timide et peu à l'aise en compagnie, on ressent parfois une sensation de gêne en sa compagnie. Son sourire emprunt de timidité ? Un regard parfois trop vif ? Il m'a enchantée dès ses premières scènes, et m'a complètement convaincue lors de la dernière !

 

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Autre aspect que j'ai aimé : la maison, là haut, derrière le Motel Bates. On dirait une maison à la Tim Burton d'Edouard aux mains d'argent (d'ailleurs, il parait qu'après Psychose, ce genre de maison est devenue le symbole du 'gothique américain'). Sa simple présence en arrière-plan oppresse le spectateur. Et les ombres qui s'y détachent à travers les fenêtres ne m'ont guère rassurée.//

 

En conclusion, oui, un chef d'oeuvre, un très très très beau chef d'oeuvre...

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 19:22

JamaicaInn.jpg"OH LORD, WE PRAY THEE - NOT THAT WRECKS SHOULD HAPPEN - BUT THAT IF THEY DO HAPPEN, THOU WILT GUIDE THEM TO THE COAST OF CORNWALL FOR THE BENEFIT OF THE POOR INHABITANTS."


 A l'occasion de la merveilleuse rétrospective Hitchcock à la Cinémathèque, j'ai eu l'occasion de découvrir l'Auberge de la Jamaïque sur grand écran. Je ne connaissais pas ce film, même si je me souvenais du ravissement que j'avais éprouvé en lisant le roman de Daphnée du Maurier dont il est tiré (et de pas grand chose d'autre).

Peu importe : dès le début, le spectateur est au courant de tout. La première scène, tempête en carton-pâte, pose le thème : nous sommes avec des brigands, des pirates, des naufrageurs qui éteignent les phares, échouent les navires, tuent les équipages et pillent la cargaison.

Peu après, nous découvrons l'innocence. La naïve et charmante Mary (Maureen O'Hara), orpheline, cherche l'Auberge de la Jamaïque, pour y rejoindre sa tante Patience. Hélas, au moment où la voiture s'approche du lieu sinistre et gothique, les chevaux s'emballent, les cochers refusent de s'arrêter et déposent la jeune femme bien loin, près de la demeure du Squire Humphrey. Ce dernier, très galant et assez étrange, accueille la jeune beauté avec plaisir et la conduit jusqu'à son oncle.

Dès le début, le spectateur a toutes les pièces en main : Joss, le mari de Patience, est le chef des naufrageurs, et Sir Humphrey est son commanditaire. Mais la jeune femme (et son compagnon, le policier James Treharne) ne découvre cela que petit à petit et c'est un régal que de la voir se jeter dans la gueule du loup à plusieurs reprises.

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Une scène en particulier est merveilleuse : Treharne demande à Sir Humphrey de l'accompagner pour arrêter Joss (sans savoir le lien entre Joss et Humphrey) ; le vieux Squire l'accompagne pour communiquer en parallèle les informations sur le prochain navire à attaquer ; et Joss essaie de faire croire au jeune policier qu'il est terrifié, alors qu'il sait que rien ne peut l'inquiéter. Le jeu de Charles Laughton en Humphrey, plein de gouaille et d'humour, dérangé et fou, enrichit considérablement la scène, transformant ce moment tragique où le jeune héros est prisonnier de filets qui ne vont pas tarder à se refermer sur lui, en scène de comédie et d'humour. Avec Humphrey, on sourit des efforts de Treharne.

Jamaica-Inn1.jpg

Ce décalage entre ce que sait le spectateur et ce que sait l'héroïne est un des régals de ce film, et fait apparaître Mary encore plus jeune et naïve (malgré son fichu caractère). L'autre régal est l'ambiance que crée si bien Daphnée du Maurier et que Hitchcock reproduit avec bonheur : la Cornouaille, la tempête, la nature déchaînée et sauvage, les hommes durs et violents, les femmes soumises. Nous sommes plongés en plein dans une aventure pleine de violence, et Mary est si peu faite pour y survivre !

 

Bref, ce film est un petit régal. Pas un chef d'oeuvre, certes, mais une douceur un peu sucrée, un peu acide, et terriblement addictive !

 


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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 16:32

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" 'How long have you been ice-skating?
- I've been going on for three years' "

L’avis de B :

De Sofia Coppola, j’idolâtre The Virgin Suicide, et ai vraiment beaucoup aimé Marie-Antoinette. Je désespère de ne pas avoir vu Lost in Translation (ça c’est la faute de Céline qu’est méchante et qui veut pas) mais espère corriger ce manque rapidement ! Je partais ainsi conquis d’avance pour Somewhere dont la bande annonce m’avait beaucoup plu.

L’impression que j’ai en sortant du film est un peu plus mitigée. J’ai passé somme toute un bon moment, j’ai retrouvé cette ambiance particulière que j’aime chez elle mais le scénario ne m’a pas vraiment emballé, du moins sur le moment.  

Je n’ai rien contre les films qui décrivent l’ennui et le vide (j’ai aimé Marie-Antoinette par exemple) mais j’ai l’impression que le propos de ce film a déjà été abordé et pire, mieux traité, à moins que le film ne soit pas réellement ce qu’il parait, auquel cas il n’est pas dénué de certaines maladresses.

A première vue, le personnage principal est Johnny Marco. Cependant, cela pose un problème car Johnny est trop vide et ne se remplit pas réellement, même au contact de sa fille, si ce n’est lors de moments très fugitifs. A aucun moment le spectateur n’a l’impression qu’il ressente réellement quelque chose. C’est une sorte de meuble de l’Hôtel Marmont (je pense que Sofia Coppola l’a voulu ainsi et, dans la mesure où elle semble y avoir passé une partie de son enfance, il est possible que ce soit ce qu’elle a ressenti mais c’est un point de vue trop extérieur pour pouvoir à mon sens être transposé au personnage principal d’un film).

La jeune fille, Cleo, est en revanche merveilleuse. Elle Fanning dégage une fraicheur irradiante et secoue doucement mais irrémédiablement l’univers de son espèce d’ado attardé de père.

Ce n’est qu’en m’interrogeant sur ce que j’avais ressenti pendant ce film et en essayant de le transcrire par écrit pour ce billet que j’ai fini par douter que Somewhere soit un film sur Johnny Marco. Vous aurez remarqué que le titre du film fait référence à un lieu et, si vous l’avez vu, vous avez pu constater que le film est intégralement ou presque tourné dans des hôtels. Or, à y bien penser, le seul « personnage » à avoir de la consistance dans ce film est l’Hôtel Marmont. Qui dit hôtel de star pense immédiatement à luxe, stupre et strass, or le Marmont ressemble à un vieil hôtel de province un peu miteux et limite crados. Première réaction de rejet puis, insensiblement on se laisse happer par le charme désuet et étrange de ce lieu hors du temps et du monde. Une porte s’ouvre sur une soirée, une autre sur trois mannequins en plein shooting, une troisième sur une femme splendide qui s’offre, le balcon donne sur des femmes magnifiques et encore une fois offertes, vous appelez le room service pour un verre, à manger, un strip tease, une chanson et tout ce qui peut vous passer par la tête. Des gens vivent là à demeure et errent de chambre en chambre, de couloir en couloir, perdus dans une sorte de labyrinthe hors du monde qui leur offre tout ce qu'il peuvent désirer. Johnny s’endort ainsi pendant que deux gymnastes font une sorte de numéro de strip tease (pas sexy du tout) dans sa chambre, belle métaphore de la petite mort que constitue le fait de se couper du monde pour vivre dans un pays de fantasmes.

Les scènes lors desquelles Johnny sort enfin de son hôtel sont à ce titre évocatrices. Il tourne en rond au volant de sa Ferrari en spectateur de ce monde qui n’est plus le sien. De même, Johnny semble un poisson hors de l’eau lors de son séjour en Italie dans un palace absolument inimaginable de luxe et s’empresse de retourner au Marmont comme on rechausse une charentaise moche et usée mais confortable. De même enfin, les messages insultants reçus par Johnny ne font que montrer à quel point le monde extérieur est hostile alors qu’au Marmont tout est facile et douillet.

Je pense que Sofia Coppola, qui y a vécu, a voulu montrer à quel point ce ghetto pour riches adolescents finissait par endormir et happer ceux qui avaient le malheur d’y mettre les pieds. La présence de Cléo ne fait pas que montrer à son père la vacuité de son existence, elle lui montre surtout quelque chose que le Marmont ne peut pas lui offrir, une vie et un sens.

Vu de cette façon, le film prend beaucoup plus de sens mais souffre toujours de graves défauts. Que le Marmont soit le personnage principal n’empêche pas le film de manquer de fond ni certaines scènes de se répéter trop souvent (ce type passe sa vie sous la douche).

La vraie force du film réside dans la mise en scène de Sofia Coppola qui sait créer une atmosphère. L’image est belle et la musique comme toujours excellente. J’ai aussi admiré certaines audaces (la première scène longue avec un hors champ assumé par exemple) et vibré pendant les quelques moments de grâce que ce film offre (notamment la scène dans la piscine ou dans le canapé pendant que le vieux majordome chante - très mal - une jolie comptine).

Un bilan mitigé donc pour un film qui s’apprécie peut être plus a posteriori que pendant son visionnage. Malgré ses défauts j’ai passé un bon moment mais je doute qu’il me laisse un souvenir impérissable.

 B.

L'avis de Céline :

 

Décidément, je crois que je préfère ce que fait Papa-Coppola à ce que fait fifille-Coppola !  Ce film ne m'a pas du tout emballée. Pourtant, je n'ai pas passé un mauvais moment devant ce film, il se laisse voir, les acteurs sont très bons, Cleo est lumineuse et éclaire le film, c'est très bien filmé et mis en scène. Ce qui m'a gênée est plutôt au niveau du scénario, que je trouve abominablement creux.

Pourtant, j'adore les films contemplatifs où il ne se passe rien. Ce n'est absolument pas cet aspect qui m'a gênée, mais plusieurs autres...


Je trouve que c'est un film qui manque de finesse, qui insiste lourdement sur certains messages. Par exemple, Sofia Coppola veut nous dire qu'au début le héros tourne en rond avant de finalement trouver un sens à sa vie. Que fait-elle pour cela ? Elle nous le montre dans la première scène, en train de tourner en rond en ferrari sur un circuit et dans la dernière scène en train de conduire sur une route bien droite où le paysage défile. C'est pas prendre un peu le spectateur pour un imbécile ?

 
Ou en vrac, le lien fait entre les jupettes très courtes des deux soeurs stripteaseuses, celle de Cleo quand elle patine et celle des danseuses italiennes, les scènes de douche beaucoup trop longues et répétitives, les scènes où Cleo cuisine, etc etc etc. Là où une scène aurait suffit à nous montrer le côté malsain des activités de Johnny, la monotonie de ses journées ou l'intrusion de Cleo dans sa vie personnelle, Sofia Coppola nous en sert 3, 4 et j'ai souvent eu envie de lui dire que "ça va, j'ai compris". On dirait que le vide de son scénario l'oblige à faire du remplissage pour éviter que son film ne dure qu'une petite demi-heure...

Ensuite, je trouve les personnages assez creux, sans vraiment de personnalité. Johnny Marco est totalement vide. Je veux bien croire qu'il est complètement anesthésié, mais j'ai eu l'impression d'avoir un personnage en carton devant moi pendant 2h ! Et même Cleo me semble assez mal cernée : elle est très jolie (pour ça, le casting est parfait), mais je suis bien incapable de dire ce qu'il y a en elle à part 'une très jeune fille lumineuse et joyeuse'...

On dirait que le script se limite à "c'est l'histoire d'un type dépressif et qui s'ennuie, qui reçoit la visite de sa fille de 11 ans, solaire, qui va éclairer sa vie.", et qu'il n'y a rien d'autre pour construire les personnages ! Or, ce que j'apprécie dans les films contemplatifs, c'est le temps qu'ils prennent pour construire des personnages complexes et pour montrer leurs interaction. Un film lent, sans action et sans personnages, ça donne quoi ?

Et enfin, ce qui m'a le plus gênée : je ne comprends pas pourquoi Sofia Coppola a fait ce film, ce qu'elle cherche à nous dire. C'est vraiment juste la description d'un pauvre type dépressif sauvé par sa fille ? C'est une dissertation sur la vanité des plaisirs humains et le fait que l'important se trouve ailleurs ? C'est une description de la vie des acteurs-stars d'Hollywood ? C'est une manière de régler ses comptes avec son père ? (dans ce cas, la famille Coppola fait fort entre Tetro et Somewhere ...) Une description de l'hôtel, comme semble le penser B. ?

A me relire, je vois que je suis très sévère. J'en attendais sans doute trop (mais Virgin Suicid est un tel chef d'oeuvre !), et j'ai malgré tout passé un très bon moment au cinéma. Certaines scènes sont effectivement très jolies. Mais ce n'est pas un film que je reverrai...

 

 

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 09:37

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f3/Gentlemen_Prefer_Blondes_Movie_Trailer_Screenshot_%2842%29.jpg" 'Cause we are living in a material world, and I am a material girl"

J'ai vu récemment mon premier film avec Marylin Monroe (ne me dites pas que ma culture en cinéma classique est cruellement lacunaire, parce que vous auriez raison et que ça me vexerait ...). Je sortais de ma lecture de Blonde (billet le 28 Février, et oui, faudra attendre !), et j'étais très curieuse de voir le jeu de cette jeune femme avec qui j'ai passé trois semaines.

J'ai été assez déçue : je m'attendais certes à voir une comédie un peu lourde, mais le scénario m'a semblé être un mélange de stéréotypes et de blagues graveleuses qui m'a agacée. Jugez-en :

Cela commence par le numéro de deux danseuses de revue : Miss Lorelei Lee (jouée par Marylin Monroe), la blonde, et Miss Dorothy Shaw (jouée par Jane Russel), la brune. Elles se retrouvent dans leur loge après et exposent leurs théories sur les hommes : Lorelei les aime riches (quelque soit leur physique ou leur âge), tandis que Dorothy les aime beaux et musclés. Bien sûr, les brunes sont des chaudasses, tandis que les blondes n'ont aucune sensualité, ce qui en fait de grandes romantiques ou des femmes vénales, comme Lorelei.
Arrive dans la loge l'amant boutonneux et à lunettes de Lorelei et doté d'un riche papa : dans sa poche, il cache une bague de fiançailles et une demande en mariage.
Ils doivent s'unir en Europe, et Lorelei embarque sur un paquebot avec Dorothy comme chaperon (hum hum), sans son fiancé mais avec un détective payé par le père du fiancé pour surveiller les cocottes. Dans le paquebot, voyagent également l'équipe américaine olympique (et Dorothy va s'en donner à coeur joie) et quelques riches vieux hommes (sur lesquels Lorelei va jeter le grapin).
Le tout avec un détective prenant des photos compromettantes. Nos deux jeunes femmes sont dans une situation des plus embarrassantes ...

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/77/Gentlemen_Prefer_Blondes_Movie_Trailer_Screenshot_%2822%29.jpg

 

C'est du gros vaudeville sans finesse, et avec des dialogues frisant l'anorexie. Les personnages sont caricaturaux (avec mention spéciale pour Lorelei qui apparait vraiment comme une prostituée), les situations souvent grotesques et la mise en scène inexistante.
J'ai ri parfois, mais plus du film que de ce qu'il voulait raconter.

Malgré tout, il y a un moment extraordinaire dans ce film, et qui lui vaut son statut de film culte : la scène où Marylin chante "Diamonds are a girl's best friends", qui est vraiment réussie. Marylin chante très bien, et le côté caricatural de son jeu est beaucoup plus crédible dans un numéro de danseuse de revue.

 

 

 

Autre chose très plaisante : leurs tenues. Marylin comme Jane Russel sont des femmes bien en chair, avec des corps volupteux (ce qui change de nos actrices actuelles), et portent souvent de très jolies tenues (je pense en particulier à une combinaison noire portée par Dorothy qui me réconcilie avec les combinaisons !!).

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/40/Gentlemen_Prefer_Blondes_Movie_Trailer_Screenshot_%2832%29.jpgVu dans le cadre du Challenge Golden Age, sur Whoopsy daisy

Et dans le cadre du Challenge Marylin

Marilyn

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