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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 10:16

12

12.jpg"S'il ne l'a pas tué, quelle différence qu'il ne parle pas russe ?"
Je m'aperçois que j'ai du mal à écrire cet article, je ne sais pas pourquoi. On a vu le film Mardi, et j'ai repoussé jusqu'à aujourd'hui l'écriture de ce billet, en attendant l'inspiration.

Elle n'est pas venue. Pourtant c'est un film que j'ai énormément aimé.

Il reprend le film de Sidney Lumet, Douze hommes en colère. Le film commence quand, après trois jours d'un procès accablant, les douze jurés se retirent dans un gymnase (le tribunal est en travaux) pour délibérer. En entrant dans la salle, leur opinion est faite : l'accusé est coupable, il a tué son père adoptif sans aucun doute raisonnable, et dans 20 min, chacun de ces hommes va pouvoir retourner vaquer à ses occupations.
Sauf que parmi ces douze, un homme choisit de donner une chance au doute et de ne pas condamner un homme à la perpétuité sans prendre le temps de discuter. Alors qu'il faut l'unanimité pour rendre le verdict, il choisit de voter non coupable. Petit à petit, un par un, chacun de ces jurés va découvrir lors du débat qui s'ensuit des inexactitudes, des erreurs dans l'enquête, et ils vont finir par innocenter l'adolescent.
J'aime autant le dire tout de suite : cet aspect du film n'est pas le plus réussi. Les retournements de situation sont parfois assez grossiers, arrivant comme un cheveu sur la soupe. Les démonstrations qui permettent de convaincre les uns et les autres ne me convainquent pas personnellement. L'hommage est maladroit.

Mais ce n'est pas grave. Car ce n'est pas le jeune tchétchène enfermé dans sa cellule, le véritable accusé de cette histoire. C'est la Russie. Chaque débat est l'objet d'un témoignage de la part d'un juré, témoignage qui enfonce ce pays.
Racisme, antisémitisme, corruption, pots de vin, mafia, égoïsme, et cette propension à danser sur un abîme qui est celui de beaucoup de sociétés actuelles. C'est poignant, beau, réel, réaliste. Comme le journal intime d'un pays qui se cherche.

Et puis, 12 est un beau film. Un peu grandiloquent, un peu kitsch, un peu surjoué. Oui. C'est ce qui en fait sa poésie. C'est un beau film dans les flashbacks montrant comment la politique et le fanatisme de quelques uns peuvent conduire un gamin de 5 ans, orphelin, à errer dans les rues d'une ville en ruine recouverte de cadavres, entre les tirs de kalashnikov, en tenant contre lui le cadavre de son chien. Ou à regarder l'eau couler du doigt d'un cadavre vers la bouche d'un autre, images atroces, mais encore plus atroces lorsqu'elles sont reflétées dans le regard d'un innocent.
Beau aussi quand il filme les jurés. Ce sont généralement des très gros plans, qui s'attardent sur les traits de ces hommes matures, sur leurs rides comme il s'attarde sur leur vie et leur passé. Des plans bien équilibrés, qui font naître une harmonie à partir d'un cadre qui ne l'est pas, un gymnase.
Alors oui, c'est long. Mais pas une seconde j'ai regretté cette longueur. Au contraire, à la fin du film, je voulais rester. Parce que finalement, de l'ingénieur ressuscité au chauffeur de taxi barbare, j'avais fini par m'y attacher à ces douze jurés.
Et une mention spéciale à l'acteur qui joue le chauffeur de taxi, Sergeï Garmash, extraordinaire d'un bout à l'autre, de la violence à l'épuisement.
Dasola a également beaucoup aimé.
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 14:41
intheair.jpg"I flew 350 000 miles. Moon is 250."
C'est qu'il est doué, le réalisateur de Juno ! Voilà un nouveau petit trésor, dans un style très différent, mais toujours aussi punchy, dynamique, et au goût légèrement plus aigre.

Dès le générique de début, on est dans l'ambiance : les Etats-Unis vus du ciel, vastes villes, vastes champs, des nuages, qui se succèdent à un rythme de plus en plus rapide. On va voyager, on va voler et on va swinguer. A l'atterrissage, on découvre Ryan Bingham, la quarantaine séduisante, le sourire colgate, plus-si-jeune cadre dynamique. En quelques images, il nous décrit sa vie, dans les aéroports, dans des chambres confortables d'hôtels Hilton, et dans des bureaux où il exerce son métier : licencieur professionel.
La mobilité, Ryan en fait une philosophie dont il explique la théorie lors de conférences très courues : pour aller loin, il faut supprimer toutes les attaches. Pas de maison, de voiture ou d'appartement, bien sûr. Mais pas d'amis, pas de connaissances, pas de famille, pas de conjoint. Ses relations amoureuses sont comme le reste, elles se font au grée de rencontre dans des hôtels, avec d'autres nomades, et on se reverra si on se retrouve dans la même ville un autre jour.
La seule chose à laquelle Ryan est attachée : collectionner les miles, et devenir la septième personne à atteindre 10 millions de miles, avion à son nom et entretien avec le commandant de bord à la clé.

Première analyse que j'ai trouvée passionnante de notre monde, et qui m'a d'autant plus touchée que je travaille dans un milieu où la mobilité (surtout chez les jeunes, comprenez les moins de 40 ans) est très valorisée. Un milieu où la tendance est d'accumuler les CDD, pudiquement appelés post-docs, de 2, de 3, voire de 5 ans, dans des labos aux quatre coins du monde. Vous avez des attaches ? Skype est fait pour ça ! Bref, je poursuis après cette remarque personnelle.

Mais la belle vie de Ryan est menacée : une jeune (23 ans) femme aux dents longues et aux cheveux parfaitement attachés débarque et propose une révolution, arrêter d'envoyer des employés aux quatre coins des Etats-Unis, et virer les gens par webcam. Bien entendu, notre quadra s'inquiète de la disparition de son mode de vie nomade. Un peu de conscience professionnelle s'ajoute à tout ça, - car même lui trouve particulièrement inhumain d'expliquer le licenciement sans avoir le courage de se trouver face à face de la personne - le voilà chargé d'enseigner à la jeune donzelle la vraie vie : comment faire sa valise, engranger les miles, et expliquer aux gens que s'ils viennent de se faire virer à 57 ans de leur boîte, c'est nickel, c'est juste le début de leur nouvelle vie merveilleuse et toute rose. Deuxième dynamite : portrait d'une génération, la mienne, où le virtuel prend la place du réel, où on vire les gens via une webcam et où on se sépare par sms. Portrait d'une génération terriblement égoïste, où on prend les partenaires pour les jeter quand ils ont servi sans  aucun remord. Portrait d'un monde où on est terriblement seul, parce que trop individualiste. La jeune winneuse, au schéma de vie parfaitement calculé, la réussite faite louve, rend finalement notre quadra beaucoup plus sympathique, et on en vient à préférer son nomadisme théorisé, à l'égoïsme triomphant de la seconde.

Je m'arrête là avant de raconter tout le film. Courrez-y, c'est une critique acerbe et cinglante de notre monde, superbement jouée, drôlissime et rythmée. Un petit bijou !

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 10:13
Invictus.jpg"I think he wants us to win the World Cup."
Un vieil homme courageux et humain sort de prison, après y avoir été emprisonné pour des raisons politiques durant 27 ans, se fait élire président, cherche à rassembler un peuple profondément divisé, à deux doigts de la guerre civile et trouve LA solution : le rugby.

Dans un pays déchiré, avec une misère étourdissante, le SIDA qui fait rage, de quoi se préoccupe ce saint homme ? Ce prix Nobel de la Paix ? de savoir si l'équipe nationale s'entraîne suffisament.

Franchement, cette histoire n'aurait pas été tirée d'une histoire vraie, j'aurais refusé d'y croire. Le rugby, le sport, pour rassembler un peuple ? Certes, je sais bien qu'une bonne guerre est le meilleur moyen de souder une nation qui n'ait jamais été inventé par l'esprit humain, et je sais que le sport est un succédané de guerre. Certes, j'ai bien vu la France black-blanc-beur des années 1998 (et la manière dont le soufflé est retombé dans les mois qui ont suivi), mais régler les problèmes de l'Afrique du Sud en gagnant une coupe du monde de rugby ? J'ai du mal à y croire...
C'est pourtant ce qui s'est produit (oui, j'ai été vérifié sur wikipédia, et oui, cet épisode y est), et c'est ce que raconte Invictus. Tout y est, la rencontre entre Mandela et François Pieenar, capitaine des Springboks, la manière dont le premier ensorcelle le second, les entrainements, les matchs et la victoire à portée de bras, la coupe et FIN. Ce qui suivra cette coupe du monde, si ce rapprochement aura été durable, si les problèmes sociaux auront été réglés, si la bonne noire des Pienaars sera considérée comme un être humain après leur sortie commune du stade, nous n'en saurons rien.

Heureusement, on a droit à quelques aspects de la vie de Mandela en dehors de ce minuscule épisode. Les quelques passages le montrant dans le privé, avec sa dircab ou sa bonne sont très émouvants. Le portrait de ce vieil homme, si bon et si doux, mais si solitaire est très beau. Et Morgan Freeman joue un Mandela plus vrai que nature, époustouflant, émouvant, grandiose et humain.
J'ai beaucoup aimé l'histoire des gardes du corps, au second plan du récit : ces 8 hommes, 4 noirs, 4 blancs, fait pour se détester et se mépriser, qui en travaillant de concert, dans un même but, parviennent à s'estimer et même à s'aimer. Aux marques de rejet et d'incompréhension, succèdent petit à petit la camaraderie de ceux qui prennent des risques ensemble, le tout sous la tutelle bienveillante de Madiba pour les noirs, de Sir pour les blancs. J'ai finalement trouvé ce passage beaucoup plus intéressant que le tournoi de rugby.
Oui, je sais, je suis allergique au sport.

Parlons style, maintenant. Ce qui est terrible avec ce genre de film, c'est que ce n'est pas mauvais, au contraire, plutôt bon. Mais que c'est tellement prévisible que j'avais l'impression d'avoir vu les images au moment même où elles s'imprimaient sur ma rétine. On fait du bon, du formaté, pas de mauvaise surprise, mais aucune bonne.
Quoique ... il y a un passage que j'ai trouvé franchement médiocre, c'est la finale du tournoi, le match contre les All Blacks. Pas dans la manière dont le match en lui même est filmé. Mais dans la succession de prises de vues pour nous faire entrer dans notre petite tête que, "ouhlala, c'est fou, tout le pays est derrière son écran". Alors, à plusieurs reprise, on voit "le match vu dans la famille noire", puis, "le match vu dans la famille blanche", puis, "le match vu dans un premier bar", puis "le match vu dans un second bar" et enfin, ce qui est la seule scène pour laquelle la répétition est intéressante : "le match écouté par un gamin des rues noirs et par deux flics blancs, qui petit à petit se rapprochent, pour finir par s'embrasser".
Pour toutes les autres saynettes, les répétitions sont inutiles et lourdes.
Autre aspect très lourd de la fin : le ralenti très très ralenti et très très long à     la      fin      du      match           pour               nous             montrer                   à                        quel                      point                     le                         suspens                          est                     intense                          .
Oui, je sais, je me moque, mais les idoles sont faites pour être déboulonées, non ?

PS : je lis la critique du Monde qui dit que c'est un film "honnête". Je trouve que le terme convient parfaitement.


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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 14:47
gainsbourg.jpg« Vous voudriez pas le faire chier un peu, votre père ? Que je vous écrive une chanson cochonne ? Elle pourrait parler, je sais pas, d’une jeune fille qui aime les sucettes ? »

ex æquo - sans la moue boudeuse, malheureusement : « Y’a des croissants ? »

Si je devais me limiter à trois bonnes raisons d’aller voir ce film, je choisirais :

Attention, faut pas s’attendre à aller voir un biopic, ça n’en est pas un : Joann Sfar s’autorise une variation sur le chanteur, de Ginsburg à Gainsbourg, de Gainsbourg à Gainsbarre, sur sa musique et ses rencontres, sur une époque à la fois plus coincée, et plus libre et joyeuse que la nôtre. Variation qui prend la forme d’une bande originale fantastique, qui fait revivre tout un monde, des Frères Jacques à Jane Birkin, de Vian à Brassens.

Joann Sfar est un dessinateur de BD, et ça se voit : c’est sous la plume du petit garçon Lucien, un vrai petit Nicolas, que naît le Génie de Gainsbourg, cet être étrange et sublimé qui pousse quelques années plus tard, le jeune Ginsburg à devenir Gainsbourg, et encore plus tard Gainsbourg à se vautrer dans Gainsbarre. Cet être immense, fantasmagorique et élégant, laid et séduisant, angoissant et attachant, suit les pas de son créateur durant tout le film, comme une ombre sublimée.

Alors, oui, j’ai lu à de nombreuses reprises que la fin était moins bonne que le début. Je ne l’ai pas ressenti. Bien sûr, j’ai préféré le début, et surtout le milieu du film, aux dernières scènes, à la déchéance, l’alcool, le désespoir. Mais est-ce dû au film, ou à ce qu’il représente ? Et était-ce possible de faire un film sur la légende de Gainsbourg, en omettant ces dernières strophes ?

Vous avez pu le deviner, j’ai adoré ce film, j’ai battu légèrement la cadence sur mon genou pendant une bonne moitié du film (mes voisins de ciné ont dû s’estimer heureux qu’on ait été dans un endroit public, à la maison j’aurais chanté en même temps), je me suis extasiée, j’ai trépigné, j’ai r,i j’ai même failli pleurer quand M. Ginsburg père s’effondre, ou quand le rimel de BB coule autour de ses beaux yeux.

Et un bout du meilleur moment du film : l’alcoolisme vu par Vian/Katerine et Gainsbourg/Elmosnino





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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 11:15
brighstar.jpg"Bright star, would I were steadfast as thou art--
Not in lone splendour hung aloft the night
And watching, with eternal lids apart,
Like nature's patient, sleepless Eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth's human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors--
No--yet still stedfast, still unchangeable,
Pillow'd upon my fair love's ripening breast,
To feel for ever its soft fall and swell,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever--or else swoon to death."

Est-ce vraiment nécessaire de raconter l'histoire de Bright Star ? La vie de John Keats est devenue le poncif du romantisme : le poète, à l'immence génie mais méprisé par la critique et misérable, rencontre une muse, l'aime, en est aimé de retour, mais meurt d'une maladie de poitrine avant de l'avoir épousée. Thème tellement classique, mais dont la vie de Keats est à l'origine.
Ce qui m'a le plus frappée dans ce film de Jane Campion, c'est la beauté des vers de Keats : même si je ne maitrise pas assez l'anglais pour goûter la poésie comme si elle était dans ma langue maternelle, la beauté des allitérations, des images qu'elles provoquent m'a frappée.
Le film est pareil, très beau. Les scènes sont léchées comme des tableaux, et elles restent longuement en tête. La scène où Fanny élève des papillons dans sa chambre, les scènes de promenade dans la campagne anglaise, le bureau de Keats et de Brown aux couleurs mordorées ...
En revanche, mon avis est plus partagé sur les acteurs, et en particulier Fanny. Sans que j'arrive vraiment à mettre le doigt dessus, le personnage de Fanny m'a empêchée de croire à cette histoire d'amour. Est-ce un problème avec l'actrice (qui pourtant est excellente lorsque Fanny s'écroule en apprenant le décès de Keats) ? Est-ce un problème avec Fanny elle-même, dont Brown dit à un moment qu'elle ressemble à n'importe quelle jeune fille qu'on trouve dans n'importe quel salon ? Pourtant, certaines scènes où elle intervient sont très émouvantes, comme celle où, par manque de son bien-aimé elle reste alitée durant cinq jours, pour finir par murmurer : "si c'est cela l'amour, je ne m'en moquerai plus ...". Mais ces quelques moments de grâce sont rares, et beaucoup plus nombreux ceux où elle disserte sur sa toilette (passablement atroce, je dois dire), danse avec ses soupirants et flirte. Je n'ai pas compris pourquoi un être comme Keats (parfaitement réussi, lui) tombe amoureux de cette fashionista sans goût, sans sensibilité, même pas jolie, et cela a évidement gâché une bonne partie du film.
En revanche, j'ai beaucoup apprécié les personnages secondaires, et en particulier Mr Brown. Cette espèce d'ours mal lêché, immense, gras et caustique, mais plein d'humanité (quand il s'extasie devant les poèmes de son ami, quand il s'effondre face à Fanny-la-juge parce que oui, oui, oui, il a abandonné Keats et qu'il s'en repend). Toots, la petite soeur de Fanny, est une espèce de petite fée rousse qui traverse l'écran avec une grâce et une légéreté impressionante. Le frère de Fanny, Samuel, m'a également beaucoup émue : j'ai eu l'impression que ce jeune homme, plus tout à fait un enfant et pas encore un homme, apprend l'amour en voyant sa soeur prise par une passion violente. Et la mère, complètement dépassée par la folie et la violence de cet amour est également très juste.

Alors, je ne sais pas trop quoi penser de ce film. J'ai été subjuguée par sa beauté, impressionée par les acteurs mais je n'ai pas cru à l'intrigue principale ... Etrange ...

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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 12:22
Tetro.jpg"Do you what love is in a family like us, Benny ? It's a quick stab in the heart".

Un très beau coup de cœur cinématographique. Tout m’a plu dans ce film, des premières images aux derniers frémissements du générique de fin, et même après où je suis restée, assise dans mon fauteuil, soufflée, alors que les lumières se rallumaient.

Tout est parfait. Le scénario est riche et complexe, émouvant également même si on ne prend pas en compte la part autobiographique qu’il révèle. Il y a quelque chose d’extrêmement beau dans cette histoire d’amour torturé entre frères. En plus de l’intrigue principale (Tetro a fui son père trop génial et trop célèbre, en promettant à son frère Bennie de venir le chercher ; quelques années plus tard, il n’a toujours pas tenu sa promesse, et Bennie vient le voir pour lui demander des comptes et des explications sur cette famille pleine de secrets), Coppola ébauche des intrigues qui n’aboutissent pas, commence des histoires qui finalement avortent, et finalement reproduit la vie, où toutes les possibles ne se produisent pas.


Il la reproduit également dans le portrait qu’il dresse des personnages, des deux frères en particulier. Même si tous deux sont attendrissants, aucun n’est l’être absolument gentil et pur qu’il prétend être, et aucun n’est le monstre d’égoïsme que son frère croit voir en lui. Tous deux ont leur part d’ombre et  leur part de lumière, et ils débordent surtout d’un amour passionné et insatisfait. Cette rencontre entre deux êtres écorchés vifs est d’une beauté douloureuse.


L’image enfin. Elle est lumineuse. Noir et blanc, d’un noir et blanc photographique. Elle accroche les traits de Tetro, de Bennie, de Miranda. Elle joue dans les rides torturées de Vincent Gallo et rebondit sur les joues lisses de Alden Ehrenreich. Chacune des scènes de ce film n’aurait pas été déplacée dans une exposition de photographie. Partout la mise en scène est soignée, pleine de sens.

Et les quelques scènes en couleur (qui dans ce film presqu’onirique donne l’impression de nous plonger dans le réel), même ces scènes ont un grain particulier, un peu jaune, un peu chaud.

Whouhahou, quel film …

 


 


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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 11:32
Comme je n'ai pas écrit sur ce blog pendant un (long) mois, mais que j'ai continué d'aller au cinéma, j'ai aussi du retard dans les critiques de films ...
En résumé, mon mois de Décembre cinématographique :

away-we-go-2.jpgAway we go : très sympathique petit film indé américain. Je l'ai trouvé moins bien que Little Miss Sunshine et que le merveilleux Juno, mais j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les tribulations de ce petit couple pas parfait (surtout lui), mais tellement sympathique qu'on les voudrait pour amis. D'ailleurs, leurs amis, parlons-en ! Entre la merveilleuse beauf texane (la maman de Juno, que ça fait très drôle de voir là, d'ailleurs) et les cinglés baba-cool, il y a de quoi rire ! Leurs amis canadiens sont plus émouvant, et c'est finalement sur une note plus douce et plus mélancolique que se termine le film. Une belle tranche de vie, entre fous rires, galères et émotion.

vincere.jpgVincere : film italien très particulier. Il raconte l'histoire de la première femme de Mussolini, Ida Dalser, totalement séduite par le tribun en devenir, qui se donne à lui corps et âme, tombe enceinte et se fait abandonner lorsque Mussolini rencontre son destin. C'est un film vraiment baroque qui m'a déstabilisée au début, avant que je finisse par me laisser séduire. Certaines scènes sont outrées, exagérées, mais tout cela parait bien fade quand on voit les images d'archive du leader fasciste, clown ridicule s'égosillant à la tribune. Et le destin de cette femme et de son fils, brisés, réduits en miette serre irrésistiblement le coeur.
L'actrice Giovanna Mezzogiorno est éblouissante.

theroad.jpgThe road : autre serrement de coeur. Bon, c'est moins bien que le bouquin, il faut le dire. Mais le film parvient tout de même bien à rendre la tension et le désespoir qui habitent le récit. En revanche, j'ai trouvé que les scènes déjà atroces quand elles ne sont que suggérées, deviennent abominables à l'écran, et que les quelques moments d'espoirs qui ponctuent le récit ne sont qu'abordées. Avec comme résultat que le film est sombre, très sombre d'un bout à l'autre, alors que le roman ménageait des moments de respiration plus serein.
Viggo est ... semblable à lui même. Il donne au Père une présence quasi magnétique, arrivant à retranscrire quelque chose du style de McCarthy.

avatar.jpgAvatar : Une seule réflexion me vient à l'esprit : avec le fric qu'ils ont foutu dans ce film, ils auraient au moins pu se payer un scénario ! Est-ce du à l'abondance de bon films que j'ai vu ces derniers temps ? Je n'ai pas supporté l'accumulation de niaiseries, de facilités et de bons sentiments qui ponctuent ce film d'un bout à l'autre. Le film est beau, oui, certes, mais je ne trouve pas la 3D absolument indispensable. Pandora est surprenante, oui, sauf que la forêt magique m'a rappelé très clairement Miyasaki, et les montagnes flottantes, certes impressionnantes, ont déjà été vues dans Warcraft. Aucune originalité, aucune imagination, un film industriel fait pour plaire "à tout le monde" ... Il faudrait rappeler à Cameron qu'une prouesse technique et financière n'a jamais été une oeuvre d'art...

Globalement, j'ai été bien gâtée, avec des films de bonne à très bonne qualité.
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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 18:25
"Et Maman, elle n'est pas en voyage ? Elle est morte ?"
Le ruban blanc est un film en noir et blanc. De part sa forme, bien sûr, puisque Haneke a choisi de tourner un film sans couleur, tout de contraste. Un noir très pur, très sombre, presqu'envoûtant, qui absorbe tellement la lumière qu'il en parait gras. Un blanc pur lui aussi, lumineux, aveuglant, douloureux, surtout quand la neige recouvre les champs et en sature l'écran. Il n'y a pas de gris dans ce film, ou très peu.
Noir et blanc de part son sujet. Pour les parents de ce village, il n'y a pas de gris non plus. Les enfants sont des anges aux voix diaphanes, ou de petits animaux qu'il faut débarrasser de toute pulsion, y compris en les torturant - ou en leur attachant au bras un ruban magique, sensé leur rappeler leur nature angélique.
Il n'y a effectivement pas de gris chez les enfants. Il y a les ravissants angelots, le fils du baron Sigi, les enfants du médecin et le plus jeune fils du pasteur. Et les autres, menés par la diabolique Karla.
Ce film est comme un conte. Un conte où un monstre agresserait un à un les habitants du village. Adultes et enfants, femmes et hommes. Et d'une manière de plus en plus cruelle. Ca commence comme un accident, ça se continue avec un meurtre, et ça se poursuit avec des séances de torture sur des innocents. Une montée en puissance de l'horreur que les premiers mots de l'instituteur nous font pressentir.
Mais plus que le conte, je trouve qu'il y a dans ce film une sorte d'évangile. On y trouve les blonds chérubins, tout en tendresse et amour, qui pour un oiseau, qui pour sa soeur. Il y a la patiente victime - la malheureuse Anni. Il y a les traitres sournois, les imbéciles tout à leur méchanceté, suivant aveuglément une loi, la loi que leur enseigne les adultes.
Ahhhh, les adultes. Face à la mythologie représentée par les enfants, ils sont d'un réalisme glauque. Bien sûr, tous ne sont pas mauvais. L'instituteur, par exemple, est un chic type. Même s'il est lâche. Et peureux. Même si son attirance pour une jeune nurse de 16-17 ans, de presque 15 ans sa cadette, me dérange. Mais comparé aux autres ...
Comparé au régisseur qui bat ses enfants. Au médecin qui viole sa fille. Au pasteur qui, à force de sévérité, de respect de règles absurdes, transforme ses enfants en monstres... Si le monde des enfants est une mythologie du bien et du mal, celui des adultes est un vaste arrangement avec les valeurs, une suite de lâchetés et d'égoïsme, une trahison de tout ce qui est beau et de tout ce qui est bon.
La bonté, justement, il y en a si peu... Le monde qui est décrit est dur, et sans concession pour les faibles. Les quelques gestes d'affection m'ont surprise. La sage-femme et son fils Karli. Le père de la nurse qui ébouriffe tendrement les cheveux de sa cadette. Et c'est tout. Le reste n'est que froids baise-mains et respect imbécile.

Bref, ce film est génial. Il m'a fait penser à certains chefs-d'oeuvres littéraires que j'ai pu lire. Il se déroule comme un livre, un de ces romans du dix-neuvième ou du début du vingtième, où l'auteur annonce la couleur dès le prologue : "Je vais vous raconter ici quelques faits, qui sont peut-être à l'origine des événements très graves qu'a subi l'Allemagne au vingtième siècle" (je cite de mémoire). Et d'un plan d'abord large, qui se rapproche, on entre dans l'histoire pour n'en ressortir que secoué, ému, chuchotant.

D'ailleurs, que j'ai aimé ce silence. L'absence de musique d'ambiance est d'abord troublante et angoissante. Elle nous déstabilise, et nous rend d'autant plus sensible au message du réalisateur. Mais enfin ! Quel bonheur que d'avoir un film qui ne prend pas ses spectateurs pour des imbéciles à qui il faut tout préciser, tels des rires enregistrés : ici il faut être ému, ici trouver ça romantique, et là avoir peur. Pas besoin de ça, et la scène où le gamin du docteur descend l'escalier de chez lui dans la nuit et le silence restera une des scènes les plus terrifiantes qu'il m'ait été donné de voir.


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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 00:00
" Now, I must give you one smirk, and we can be rational again "
Il y a depuis peu à la FNAC un merveilleux coffret. Il contient de petits trésors de finesse, d'intelligence et d'esprit anglais. Oui, chers amis (et surtout chères amies), oui, un coffret contenant les adaptations BBC de 4 romans de Jane Austen est sorti. Oui, la plus merveilleuse des drogues qui soit est enfin en vente libre et à un prix relativement modique (une quarantaine d'euros, ne croyez pas que je veuille faire de la pub, mais quand même ça se note).
Bref, samedi après midi oblige et virée à la FNAC aidant, j'ai craqué. Et comme notre samedi soir était tranquille, nous l'avons passé à regarder l'adaptation télévisuelle de Northanger Abbey, mon Jane Austen préféré à l'exclusion d'Orgueil et Préjugés, Persuasion, Emma, Raison et Sentiments et Mansfield Park.
J'aime Northanger Abbey, j'aime ce roman pour l'humour qui le parsème. C'est la quintescence du roman, celui où l'auteur cherche à se moquer des romans et des héroines (les premières pages sont ... delightful), et où l'auteur se fait rattraper par son histoire, par ses héros et ses héroines, et où le romanesque prend le dessus sur la causticité. J'aime ce roman pour le charmant personnage de Catherine Morland, si fraîche et si jeune, qu'on a envie de la protéger contre ce qui la menace, ce qui nous menace tous, lecteurs, notre débordante imagination qui cherche à introduire le romanesque dans la vie même. J'adore le personnage d'Henri Tilney. De tous les séduisants jeunes hommes de Jane Austen, il est le plus réel et le plus vivant. Il n'a ni le charme altier de Darcy, ni l'élégance virile du capitaine Wenworth, ni le côté aventurier et séducteur d'Henri Crawford. Non, Tilney est un pasteur, et heureux de l'être même s'il préfère les romans aux sermons. Il est intelligent et d'un caractère heureux, un peu dans l'ombre, malgré son tact et ses manières parfaites. Et quant aux personnages secondaires, ils sont dépeints avec l'intelligence et la causticité de Jane Austen.
Tout ça pour vous dire en quelques mots pourquoi ce roman est mon préféré (à l'exclusion de tous les autres, bien sûr).
Et bien, tout cela, je l'ai retrouvé dans le film. Catherine, déjà. Elle a le charme de l'enfant qui devient une femme, sa timidité et son orgueil devant les premiers regards appréciateurs des hommes, les rêves et les fantasmes de l'adolescence, la petite fille qui se transforme sous nos yeux en merveilleuse jeune femme, avec les maladresses, les erreurs, les gaffes de l'enfant dans la peau d'une femme, et les premiers éclats du regard de la femme dans le corps de l'enfant.
Henri Tilney, ensuite. Extraordinaire JJ Feild ! Il est un Tilney fantastique, dans toutes ses ambigüités, dans tout son charme particulier. Il n'est pas très beau, mais lorsqu'il taquine Catherine, il devient pétillant de séduction. Son sourire moqueur illumine son visage, tandis qu'il donne à son regard toute la tendresse de l'homme amoureux quand il regarde Catherine. Bref, the right man at the right place.
Et tous les autres personnages sont ... austeniens à souhait ! Plus ou moins ridicules, plus ou moins fats, mais tous criants de vérité.

Oh, que c'était bien ! Et bien filmé en plus, et bien joué et avec des beaux décors et ... J'veux le revoir !!


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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 09:15
"At least, they keep it separate from us."
C'est étonnant, j'ai du mal à écrire cette critique. Ca fait plusieurs fois que je la commence et que je l'abandonne. Parce que c'est un grand film, fort, puissant, mais que je n'ai pas aimé ce film. Ce film n'est pas aimable.
Ca commence comme un documentaire. Quelques années auparavant, un vaisseau spatial est tombé en panne au dessus de Johannesbourg. Quand les humains ont enfin pénétré à l'intérieur, ils ont rencontré des êtres amaigris et dans un état sanitaire déplorable. Ils ont donc décidé de mettre en place une expédition "humanitaire", et ont parqué ces êtres, les aliens en langage diplomatique, les "crevettes" en langage courant, dans un camp dans la ville - un bidon ville détestable.
Lorsque le documentaire commence, les tensions sont telles entre humains et crevettes qu'il est décidé de déplacer le camp à 240 km de la ville, afin que les humains ne soient plus incommodés par la présence alien. Le film suit les traces de Wikus van der Merwe, un petit sous-chef méprisable du MNU (l'entreprise privée, spécialisée dans les armes, chargée de gérer le camp alien), qui, grâce à ses liens familiaux avec le président de l'entreprise, reçoit une belle promotion et la responsabilité de la migration alien. On comprend vite que, lors de cette opération, quelque chose est arrivé à Wikus, mais quoi ?
L'histoire en elle même n'est pas très intéressante. Là où le film frappe (et fort), c'est que cette histoire est un prétexte pour montrer comment l'humain réagit face à l'Autre - ici les crevettes.
La peur et le dégoût, avec ces panneaux interdisant l'entrée des aliens dans la partie humaine de la ville, cette volonté de séparer humains et non humains, de ne pas se mêler à eux, la violence avec laquelle les agents du MNU interviennent, pétrifiés de trouille comme ils le sont. Le sadisme aussi, quand Wikus s'amuser à mettre le feu à l'écloserie et à entendre les embryons des aliens exploser sous la chaleur. Mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi une forme de fascination pour l'autre, une curiosité qui devient vite malsaine, que ce soit dans les laboratoires du 4ème sous-sol du MNU ou dans les rituels cannibales des nigérians. La volonté d'exploiter la faiblesse de l'autre, en le droguant à coup de pâté pour chats (on ne nourrit plus son chat de la même manière après), en volant ses armes. L'attrait du gain, présenté de manière terrifiante par le charcutage de Wikus. Toutes les petites et grandes lâchetés de l'esprit humain et au loin, très loin de tout cela, la volonté bienveillante de organisations humanitaires et leur petits arrangements administratifs avec leur conscience.
Alors, forcément, quand on cherche à présenter ce genre d'idées, on ne fait pas dans la dentelle. Et ce film est dur, violent, désagréable à voir (j'ai failli partir avant la fin), avec des gouttelettes de sang qui giclent régulièrement sur la caméra, des détails répugnants et des images gores un peu partout dans le film. C'est dur.

Mais, ce qui est encore plus dur, c'est d'imaginer que ce film est encore en dessous de la réalité. Le bidon ville crasseux dans lequel évoluent les aliens n'est pas un décor de cinéma, mais un vrai bidon ville en banlieue de Johannesbourg, où vivent des gens, où grandissent des enfants. Les panneaux "interdits aux juifs, aux noirs, aux arabes" sont de l'histoire récente, comme les laboratoires d'expérimentation sur humains. Et si le réalisateur avait pensé montrer les violences abominables qui se sont produites le 28 Septembre dernier en Guinée, on l'aurait soupçonné d'avoir une imagination morbide.
Alors, oui, c'est une claque, violente, pour nous les humains, de voir cette démonstration implacable de notre inhumanité.

Mais ce film est aussi une claque cinématographique. Les effets spéciaux, déjà, tellement parfaits que je ne m'en suis rendue compte qu'après le film. Mais oui, bien sûr, ces aliens sont fait en image de synthèse. On ne s'en rend pas compte. Pas plus que pour le vaisseau spatial, dont la présence imposante trône au dessus de la ville.
Il y a cette idée du documentaire, qui rend les propos encore plus percutants. Il y a la manière dont est filmé cette oeuvre, qui installe dès les premières images, pourtant neutres, une tension pesante.
Alors bien sûr, il y a des facilités. L'histoire est gentille et un peu culcul, le vilain méchant humain qui devient un alien et se rend compte qu'ils ne sont pas si ... différents. La gentille crevette et son fils qui sont la bonté faite alien. Beaucoup d'explosions, des armes extraterrestres si énormes et si puissantes qu'elles semblent sorties d'un jeu vidéo. De la violence parfois gratuite, surtout à la fin. Quelques longueurs, à la fin également.
Mais, est-ce très important quand on considère le film dans sa globalité ? Ce sont des erreurs, des maladresses de jeunesse. Un premier long métrage de cette qualité me fait attendre les suivants avec impatience ! Merci Neil Blomkamp, de remettre nos idées en place de cette façon.



PS : un remerciement spécial à BMR-MAM . La bande annonce est tellement détestable que ce film aurait été le dernier que j'aurais été voir. Sa critique, et en particulier le "Attention, une mauvaise bande-annonce peut cacher un excellent film ! " m'a fait changer d'avis !
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