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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 17:42

GothicTales.jpgProfitant d'Halloween, des longues soirées d'automne, du temps grisouille, je me suis plongée dans les Contes gothiques d'Elizabeth Gaskell et en particulier, sa novella la plus célèbre, Lois the witch (La sorcière de Salem).
Tous ces récits ne sont pas 'fantastiques' : s'il y a des malédictions, des sorcières, des êtres malfaisants échangés à la naissance, l'ambiance est plus 'gothique', avec ses brigands, ses châteaux isolés, ses jeunes filles aux mains de méchants bonshommes. Gaskell nous ouvre là un aspect de sa plume inattendu chez cette auteur du quotidien.

Le recueil comprend neuf nouvelles ou novella.
La première, Disappearances, est sans doute la moins marquante s'interroge sur les disparitions mystérieuses des siècles précédents, qui auraient pu être éclaircies si une police aussi efficace que celle des années 1850 avait enquêté dessus. Assassinat ? Fuite pour aller refaire sa vie ailleurs ? c'est au lecteur de trancher.

Dans The Old Nurse Story, une vieille nounou raconte aux enfants dont elle s'occupe, un épisode marquant de l'enfance de leur mère (dont elle était déjà la nourrice). Orpheline, Miss Rosamund avait été vivre dans un château sinistre, chez une grand-tante solitaire, isolée de tout. Mais des bruits étranges circulent sur la jeunesse de cette vieille dame... Et qui est cette enfant qui appelle Miss Rosamund de ses cris lors des tempêtes ? Et pourquoi retentit parfois dans tout le château, les sonorités d'un orgue ?

The Squires Story
suit un jeune homme qui hérite par hasard et s'installe dans un beau domaine du nom de White House. Sa figure avenante, ses manières gaies, ses talents à la chasse le font vite apprécier de ceux qui le rencontre. Mais si cela cachait un autre secret ?


The poor Clare est une histoire familiale compliquée. Une servante, Bridget Fitzgerald, vit avec son maitre et la maîtresse qu'elle a élevée depuis son plus jeune âge. C'est là que cette femme taiseuse et solitaire élève son unique enfant, son trésor : Mary, une magnifique jeune femme. Mary, voulant voir le monde, devient femme de chambre d'une noble du Continent. Peu à peu, ses lettres s'estompent et s'interrompent. Est-elle morte ? Mariée à un noble comme ses dernières lettres le sous-entendaient ?

The Doom of the Griffiths raconte l'histoire d'une malédiction moyen-âgeuse : à la neuvième génération, le dernier des descendants des Griffiths tuera son père. Lorsque la neuvième génération arrive, la malédiction n'est plus qu'un vieux conte pour faire peur aux enfants et le père comme le fils, paisibles et pacifiques, semblent bien loin de s'entretuer.

Lois the witch revient sur un épisode bien connu de l'histoire des Amériques : la terrible hystérie qu'a connu tout un village dans les années 1690, conduisant à accuser pour sorcellerie plusieurs centaines de personnes et d'en condamner 19 à mort - avant que les accusatrices, les "possédées" ne se rétractent.
Lois est une orpheline anglaise qui, sans soutien, vient rejoindre son oncle dans les colonies, à Salem. Sa religion différente (anglicane et non puritaine), ses pratiques, son caractère même, la mettent à part. Sa tante, ses cousines font preuve d'une antipathie visible. Quand les premières rumeurs de sorcellerie se diffusent, Lois est très vite montrée du doigt.

The crooked branch, c'est l'histoire du fils prodigue. Un couple de fermiers aisés élèvent leur fils comme un gentleman. Tous les membres de sa famille, à commencer par sa cousine et promise, le vénère. Mais le fils n'est pas très reconnaissant de la chance que lui offrent ses parents.

Curious if true
m'a fait penser à certains des contes fantastiques de Théophile Gautier. Un jeune homme se fait surprendre par la nuit, se perd dans les bois autour de Tours et finit par arriver dans un château illuminé, où il est "attendu". Mais qui sont ses gens qui l'entourent ? Cette femme aux pieds si petits qu'elle ne peut plus marcher ? Cet homme à la face de chat ? Et ce dénommé Poucet ?


The Grey woman
surfe sur la mode du gothique, et sur la légende noire de la Révolution française : une fille de meunier se fait épouser par un jeune noble français. C'est un beau mariage, bien au dessus de sa condition. Pourtant, elle ne "sent pas" son mari, et, isolée dans son château des Vosges, déprime.


De tous les récits, c'est Lois the witch que j'ai préféré. J'ai eu beaucoup d'empathie pour cette jeune fille isolée, malheureuse et sa fin tragique. Gaskell décrit avec une minutie historique les pratiques religieuses des puritains et en fait ressentir toute l'étrangeté et tout l'exotisme. Sans rien cacher du sort de Lois, Gaskell décortique les rouages intimes qui la feront voir comme coupable et qui conduiront à sa mort.
J'ai aussi beaucoup aimé The Old Nurse Story, The poor Clare, The crooked branch et The grey woman ; les autres nouvelles m'ont bien plu, mais sans totalement me convaincre.

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 11:57

GrimmTales.jpg"Once upon a time ..."

 

Ce recueil consiste en une amélioration des contes de Grimm par Philip Pullman. S'aidant des autres versions connues des contes (que ce soient les version russes, anglaises, française avec Charles Perrault ou italiennes avec Italo Calvino), Pullman rend les contes de Grimm plus fluides, plus logiques, et ajoute quelques péripéties. Voici donc Cinderella, Snow White, Thousandfurs (Peau d'Âne), Rumpelstilskin, mais aussi des contes beaucoup moins connus comme One Eye, Two Eyes, Three Eyes ou The mouse, the bird and the sausage (mon préféré).

 

"there wasa little girl who was so sweet and kind that everyone loved her. Her grandmother, who loved her more than anyone, gave her a little cap made of red velvet, which suited her so well that she wanted to wear it all the time. Because so that everyone took to calling her Little Red Riding Hood."

 

Si relire les contes de Grimm est toujours un plaisir ; si les réviser est sans doute utile dans la perspective d'endormir prochainement une petite fille, j'ai été assez déçue par ce recueil. Je n'y vois pas vraiment la touche de Philip Pullman. Le style est très proche de celui de Grimm (voire identique car je n'ai pas lu les contes originaux en anglais) et il est difficile de voir ce qu'a apporté Pullman.

C'est certes une lecture agréable, mais je m'attendais à mieux.

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 11:58

HouseStrand.jpg"The first thing I noticed was the clarity of the air and then the sharp green color of the land."

 

Lorsque Magnus, un brillant scientifique, a accepté de prêter sa maison de vacances en Cornouailles à son ami Dick, il y a posé une condition : que Dick teste la nouvelle drogue que Magnus y a concocté dans son laboratoire secret. Arrivant une semaine en avance, Dick profite de l'absence de sa femme pour tester la mixture ... et se retrouve 500 ans en arrière, à suivre les péripéties des seigneurs locaux et surtout de la belle Isolda.

 

Attrait pour ce passé lointain, pour la beauté d'Isolda ou accoutumance à la drogue ? Le comportement de Dick devient de plus en plus étrange.

 

Daphne du Maurier est un de mes auteurs favoris. Pourtant, dans ce roman, si j'ai retrouvé sa plume délicate, je n'ai pas été emportée. L'histoire en elle-même est assez banale, hésitant entre thriller irrésolu et triangle amoureux impossible. Et surtout, les personnages manquent de consistance.

Le héros lui-même est plat : personnage falot, sans caractère, il se laisse mener par les autres - Magnus, Roger ou même sa femme. Et, vus à travers ses yeux, les autres personnages du XXème siècle semblent peu sympathiques - sans être pour autant vraiment antipathiques.

Quant aux personnages du Moyen-Âge, ils sont tellement nombreux et peu caractérisés qu'il m'a fallu attendre les deux-tiers du roman pour finir par les distinguer et comprendre les enjeux !

 

Pourtant, certains thèmes sont bien menés. En particulier, la description de l'effet de la drogue sur un addict est très bien décrite. Dick oscille entre résolutions de ne jamais y retoucher et désir de replonger, chacune de ses envies apparaissant très logique au lecteur.

Quant à la dernière phrase, elle est magistrale et emporte le roman : dommage que peu d'indices aient laissé supposer que tel était le thème du roman.

 

Lu dans le cadre du challenge Daphne du Maurier sur Whoopsy-Daisy !

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 11:02

Crewel.jpg"As a Creweler, you can create new places- oceans, lakes, builodings, fields. It can be rewarding."

 

J'ai été attirée vers ce roman par son résumé, qui s'apparente presque à de la fantasy : dans le monde d'Arras, la matière et le temps sont filées et tissées par une caste de femme, les Spinsters (jeu de mot entre "vieille fille" et "filer"). Les jeunes filles capables de le faire sont sélectionnées le jour de leur 16 ans et échappent ainsi au destin des autres femmes, mariées avant 18 ans et soumises aux hommes.


Depuis sa plus tendre enfance, Adelice est entrainée par ses parents à cacher son don. Elle doit mentir et, le jour de l'examen, ne pas dévoiler sa capacité à tisser. Sinon, elle sera emmenée par la Guilde vers le Couvent d'où elle ne pourra jamais revenir dans sa famille. Hélas, elle échoue et montre même une capacité extraordinaire : être capable de tisser sans métier à tisser.
Une fois devenue Spinster, elle découvre comment la Guilde manipule les habitants d'Arras, et comment les Spinsters sont dans l'obligation de les aider. Et ça, ça ne plait pas à Adelice.

 

"There are things I need to teach you that the Guild cannot know about, but things are moving more quickly than I expected"

TADAAAAAMM


On est donc dans le roman young adult de base, à la Hunger Games, ou la série des Ugly/Pretty etc., dont on retrouve les poncifs : de la méchante oligarchie toute puissante qui tourmente son peuple à la gentille héroïne douée d'un don qui permettra à terme de libérer tout le monde ou de l'organisation très hiérarchisée de la société au triangle amoureux ...

 

Ceci dit, il y a des choses plutôt mieux réussies que la moyenne. Je trouve que cette histoire du "tissage" est intéressante et plutôt menée. Cela ajoute une dose de magie qui n'est pas inintéressante et fait naître de jolies images (à destination évidente d'un producteur de film). Le méchant est également très réussi : Cormac ne manque pas de charme ni d'envergure. Les chapitres où il apparait sont plutôt agréables et ses discussions avec l'héroïne en montrent un côté attachant.

Cependant, d'autres aspects me semblent vraiment médiocres. En particulier, je trouve que l'intrigue comporte beaucoup d'incohérences. L'héroïne grimpe très vite dans la hiérarchie pour devenir quasi n°2 du Couvent en même pas 100 pages. La méchante Maella est tantôt hyper puissante et peut faire tout ce qu'elle veut, tantôt faible et impuissante. Les trois quarts des gens du Couvent semblent prêts à participer à la Révolution, mais personne ne se parle (mais tout le monde parle à Adelice et lui fait confiance dès le début  )... 


Bref, je pense qu'il faut vraiment être amateur du genre pour vraiment apprécier cette lecture, ce qui n'est pas mon cas. Je m'arrêterai donc là dans ma découverte du monde d'Arras.

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 12:38

Quelle horreur en revenant sur mon blog de le découvrir rempli de publicités... Certes, je l'ai abandonné depuis longtemps maintenant - et ne suis pas certaine d'avoir le temps de le reprendre régulièrement, mais de l'imaginer transformé en homme-sandwich ... Quelle tristesse !

Voici donc un petit billet, sur une de mes lectures récentes : une sélection de lettres de Jane Austen.

 

 

AustenLettres.jpgI have something in hand (Mansfield Park) - which on the credit of P&P I hope will sell well, tho' not half so entertaining.

 


Ce recueil contient une centaine de lettres de Jane Austen , datant de ses 20 ans, jusqu'à sa mort, adressées pour la plupart d'entre elles sont adressées à des membres de sa famille (sa soeur, Cassandra ou sa nièce Fanny Knight), parfois à des éditeurs ou à des amis. On y voit la jeune fille gaie et insouciante devenir plus grave après la mort de son père, une Tata modèle et gâteuse de ses neveux et nièces, avant de sombrer dans la maladie.

 

After I had written the above, we received a visit from Mr Tom Lefroy and his cousin George. The latter is really very well-behaved now ; and as for the other, he has but one fault, which will, I trust, entirely remove - it is that his morning coat is a great deal too light.

 

Honnêtement, ce n'est pas un recueil facile à lire. La plupart des lettres de Jane Austen ont été brûlées par sa soeur Cassandra et ce recueil ne donne même qu'une sélection des lettres restantes. Il est donc difficile de suivre ces histoires familiales sans avoir un crayon et un papier sous la main, d'autant plus que le nombre de personnages qui intervient est immense.


Cependant, en les parcourant, on peut se rendre compte de la monotonie de la vie des femmes à cette époque : visite aux uns et aux autres, visites des uns et des autres, promenades, réflexion sur les nouvelles toilettes, et achat de tissu. Et puis, parfois, un événement qui vient rompre le quotidien : un mariage, une naissance (et encore, il y en a tellement !), un décès. Avant que ne reprenne la litanie des "Mrs et Miss Truc sont venues nous voir. Merci pour les 5 m de mousseline que tu m'as achetée. J'ai reçu une lettre de Charles, son bâtiment va bientôt partir pour l'Egypte."
Car, entre 1796 et 1814, nous sommes en pleines guerres napoléoniennes, et on se rend vite compte de l'importance que cela pouvait avoir au quotidien, surtout quand des proches sont impliqués. Autant dans les romans de Jane Austen, la guerre est minimisée (sans doute pas considéré à l'époque comme suffisament romanesque), autant dans ses lettres, la guerre transparait en permanence, surtout dans l'angoisse de ne pas avoir reçu de nouvelles de tel ou tel frère depuis longtemps.

 


Bye the bye, as I must leave off being young, I find many Douceurs in being a sort of Chaperon for I am put on teh sofa near the fire & can drink as much wine as I like.

 


Il est également très intéressant de la lire donner des conseils à ses nièces, que ce soit des conseils littéraires à Anna qui entreprend l'écriture d'un roman (et où on voit que le réalisme était une chose très importante pour Jane), ou des conseils sentimentaux à sa nièce Fanny Knight, presque fiancée à un homme qu'elle n'aime plus. On suit aussi de loin le processus de publication de ses romans, les choix éditoriaux, et la renommée venir peu à peu.

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 19:44

DaisyMiller.jpg"Ce dont tu peux être sûr, c'est qu'elle n'envisage rien. Elle va de jour en jour, d'heure en heure comme on le faisait à l'Âge d'Or. Je ne vois rien de plus vulgaire à me représenter."

 

En Suisse, dans la petite ville de Vevey, le narrateur rencontre Daisy Miller, une jeune américaine audacieuse. Alors qu'elle ne le connait pas, elle entame une discussion avec lui, lui propose une escapade en duo au chateau médiéval de la colline, voir une balade romantique sur le lac, au clair de lune. Est-elle un flirt, une jeune fille légère dont les relations avec les hommes sont trop coquettes ? Une naïve, une innocente américaine, qui ne se rend pas compte de l'impropriété de son comportement ? Ou une jeune fille qui a décidé de choisir la vie qu'elle souhaitait mener, sans tenir compte du qu'en-dira-t-on ?

 

C'est un roman très court que j'ai plutôt apprécié. Daisy Miller m'a un peu fait penser à Isabelle Archer, de Portrait of a lady. Mais, contrairement à cette dernière, Miss Miller ne veut pas forcément se marier. Elle se comporte avec les hommes comme un homme se comporterait lui-même : libre, sans attache. Mais la société n'est pas prête à cette ultime libération des femmes ...

 

Lu dans le cadre du challenge Henri James

challenge-henry-james

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:00

Eon.gif"Eux aussi le voyaient. Ils voyaient le dragon Miroir me choisir, moi, Eon, l'estropié."

Eon s'entraine avec acharnement sous la férule de son maître en espérant être bientôt choisie comme apprenti dragon Rat lors de la cérémonie du lendemain. Mais Eon n'est pas comme les autres jeunes garçons qui candidatent aussi : c'est une fille et elle a quatre ans de plus. Ca, personne ne doit le savoir : dans cette société extrêmement codifiée, les femmes sont reléguées en marge de la société, et certainement pas au rôle prestigieux de Gardien de dragon.

Dans une ambiance de fin de règne, où les complots sont la règle, Eon va devoir jouer très finement ...

 

J'ai adoré ce roman pour jeune adulte, dévoré en un week-end où j'ai eu beaucoup de mal à le lâcher. Je me suis énormément attaché au personnage d'Eon, une sorte de mélange bien dosé entre un survivor et une très jeune fille pleine de doutes.

J'ai aussi trouvé le monde dans lequel se déroule ce roman de fantasy bien construit. Il est rare que la fantasy aille voir du côté de la Chine et de son histoire pour dérouler ses histoires, et c'est étrangement rafraichissant de lire un roman plein de dragons, de Cité Interdite et d'années du Rat, du Dragon ou Tigre. Je trouve aussi qu'il aborde avec beaucoup de finesse des aspects assez rarement vus dans des livres pour ados : l'homosexualité, la trans-sexualité, le travestissement... Le jeu était périlleux, mais l'auteur s'en sort vraiment très bien.

 

Si je n'ai qu'un seul reproche à faire à ce roman, c'est son côté un peu attendu. Est-ce parce que je suis un peu trop expérimentée pour lire des romans pour ados ? Je voyais venir les rebondissements assez longtemps à l'avance et j'ai trouvé que la petite héroîne manquait parfois un peu de jugeotte. Mais ce défaut mis à part, ce fut une lecture très agréable !

 

Lu dans le cadre du challenge des Lieux Imaginaires - les mondes imaginaires

lieuximaginaires


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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 20:00

Snobs.jpg"This was Lady Uckfield. She was always careful to address strangers, especially those younger than herself, as 'Mr' and 'Miss' or by their correct title. The main reason for this, indeed the reason for her whole vocabulary, was to underpin her image of herself as a miraculous survival of the Edwardian age in modern England. She liked to think that in her behaviour and manner people had a chance to see how things were done in the days when they were done properly. How matters would have been managed by Lady Desborough or the Countess of Dudley or the Marchioness of Salisbury or any of the other forgotten fin de siècle beauties who made their lives their art, which consequently perished with them."

 

Miss Lavery est une demoiselle de 27 ou 28 ans, issue de la classe moyenne. Parce que sa mère est la petite nièce d'un Lord, elle est attirée par la noblesse et ses fastes, comme n'importe quelle petite fille.

Quand, en visitant le château, elle tombe sur Earl Broughton, un jeune bachelor timide et réservé, mais héritier d'un des plus grands noms et châteaux de l'aristocratie anglaise, elle ne laisse pas passer sa chance. De rendez-vous en rendez-vous, elle fait la conquête du jeune homme, l'épouse ... et découvre qu'être Comtesse n'est pas une activité très passionnante, surtout quand le mari n'est pas lui-même très intéressant.

 

Amateurs de Downton Abbey, pssssssst, ce livre est pour vous.

Si, si, je vous assure. Tiens, il a été écrit par le scénariste de la série (plutôt en mode saison 1 que saison 2 ou 3).

Il y a même Lady Violet dedans. Elle s'appelle Lady Uckfield, a trente ans de moins et vit 60 ans plus tard, mais c'est elle quand même, on la reconnait très vite.

Même les thèmes abordés sont similaires : l'aristocraie anglaise, ses traditions séculaires et le décalage entre ceux qui en sont (Lady Violet, par exemple) et ceux qui n'en sont pas (Mrs Crawley, pour ne citer qu'elle).

 

Ca commence comme un roman de chick lit et j'ai trouvé amusant de lire ce genre de texte sous la plume d'un homme. Mais, dès que Edith Lavery est mariée à Charles Broughton, le style change et devient infiniment plus cynique et acide. Julian Fellowes ne se voile la face ni sur les travers de l'aristocratie britannique ni sur ceux du monde du cinéma (enfin, surtout des séries télés en costume dans des châteaux edwardiens ... ça vous rappelle quelque chose ?). Mais sur la première, il a une affection profonde, qui transparait entre les lignes. Certes, la noblesse a ses défauts : mais sans elle, qui conserverait ses bonnes vieilles traditions qui ont fait la gloire de l'Empire ?

 

Cet idée préconçue peut séduire - ou agacer. Chez moi, elle fait les deux. Elle séduit la petite fille qui est encore en moi (sans ignorer la grand paresseuse qui se demande comment Edith Lavery peut regretter de ne rien faire de ses journées), avec ses rêves de princesse, ses "m'lady" et ses beaux châteaux. Mais l'adulte ne peut que se demander si le conservatisme de Julian Fellowes ne frise pas le ridicule.

 

Mes réserves politiques mises à part, ce roman, a mi-chemin entre de la chick lit et un Nancy Mitford, se lit avec plaisir. Si on soupire un peu du comportement de garce trop gâtée d'Edith, Charles est un personnage touchant, et Lady Uckfield déborde de dynamisme et de ténacité.

 

Lu dans le cadre du challenge I love London

IloveLondon

Lu en anglais

Lirenanglais

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 16:28

pimientos.jpg(pas de citation ici, car je ne veux pas salir mon blog des phrases rapportées dans ce recueil)

Lorsque les éditions Pimientos m'ont proposé de m'envoyer un recueil qu'ils venaient de publier, un livre noir de la littérature française du XIXème, où la face raciste de la société française de l'époque apparait, j'ai accepté avec plaisir. L'approche, qui consiste à faire tomber de leur piédestal des auteurs reconnus en dévoilant leurs côtés les plus sombres, me plaisait beaucoup.


Au final, je dois avouer que la lecture de ce livre n'est pas très agréable : les textes choisis donnent une légère nausée qui va s'accentuant  (les Goncourt et Loti étant particulièrement répugnants). Insérés au sein de leurs romans respectifs, les passages réunis ici mettraient déjà mal à l'aise, mais les lire les uns à la suite des autres ne laisse pas le lecteur dans un état agréable ( et ce n'était sans doute pas le but).

Un autre aspect qui ne rend pas la lecture très plaisante est le côté fragmentaire de l'exercice. A part deux récits (Manette Salomon, de Goncourt et Le roman d'un spahi de Loti), si ouvertement racistes que les nombreux passages cités permettent d'en reconstituer l'histoire, les autres textes cités sont ici une description, là une scène, ici un dialogue complètement sortis de leur contexte, ce qui m'a gênée à la lecture.


Mais, quelque part, c'est le jeu du recueil, ma pauvre Lucette !


Cependant, j'aurais aimé que puisqu'on sortait le texte de son "sens littéraire" on lui donne un sens historique au recueil. Or, à part une brève introduction (9 pages) et une page de présentation devant chaque auteur présenté, qui n'est souvent qu'un jugement moral, le recueil livre les textes de manière brute. Or, sans être historienne ni spécialiste du sujet, il me semble que trois courants, de gravité différente, se dégage de ces textes.


Le premier, le plus ignoble, est celui des théoriciens du racisme : Renan, Goncourt, Loti, avec des propos nauséabonds, tentent de démontrer pourquoi l'inégalité entre les hommes est nécessaire et pourquoi les blancs doivent gouverner, tyranniser les autres. Une question qui n'est absolument pas abordée dans le recueil est d'ailleurs celle du rôle de la colonisation dans la mise en place d'une idéologie raciste : à quel point le racisme de la société française de l'époque était une manière de justifier les guerres de conquête de l'Afrique. Si tu veux tuer ton chien, tu dis qu'il a la rage ; si tu veux conquérir un pays, tu dis qu'il est peuplé de sous-hommes barbares...

 

Le second type de texte est celui de romanciers qui utilisent des stéréotypes de leur époque dans leurs romans : Esther, la belle juive de Splendeur et Misères des courtisanes, (Gobseck juif, l'usurier de la Comédie Humaine n'est étonnament pas cité), Llanga le gentil noir un peu bête de Jules Verne, vont constituer des archétypes que le lecteur va immédiatement reconnaître. Propos coupables, certes, mais qui en disent plus sur l'imaginaire de l'époque que sur autre chose. D'ailleurs, les auteurs qui se rendent coupables de ces textes sont généralement les auteurs des romans les plus vendus à l'époque. Comment verra-t-on dans 100 ans nos best-sellers où les femmes sont forcément des pipelettes, et où les hommes ne pleurent pas parce que ce n'est pas viril ? Misogynie, sexisme, ou bêtise pure et simple ?

 

Le troisième type de texte correspond à la mode scientifique qui cherchait, dans les traits physiques, dans l'origine géographique ou raciale, des caractéristiques morales. C'est l'époque où est née la légende de la bosse des maths, où on cherchait sur les crânes des condamnés la bosse du crime. Qu'y-a-t-il d'étonnant à ce que Stendhal cherche dans la population française les descendants des Gaels, des Kymri, des Francs, ... ? Et ne nous rendons-nous même pas coupable des mêmes crimes lorsque nous expliquons que les bretons sont têtus, les corses colériques et les parisiens hautains ? Est-ce de la même gravité que les propos de haine et de violence raciale prônés par les Goncourt ou Loti ?

 

Que les distinctions que je dresse là soient poreuses, j'en suis consciente. Mais mettre tous ces textes au même niveau me semble desservir le propos même du recueil.

 

Enfin, une dernière chose m'a gênée dans ce recueil : l'absence totale d'auteurs femmes. On pourrait se féliciter que George Sand ou Marie d'Agoult n'ait pas été racistes, mais ces auteurs ne sont même pas citées aux côtés de Flaubert, Nerval, Gautier parmi les écrivains ouverts d'esprit. Et je crois me rappeler que passages dans la Comtesse de Ségur qui m'avaient mise très mal à l'aise étant enfant, aurait peut-être mérités de ses retrouver, hélas, dans ce recueil.

Alors, est-ce à dire que la littérature écrite par des femmes n'est pas considérée comme de la vraie littérature ? Ca serait dommage pour un recueil qui cherche à dénoncer les discriminations ...

 

Merci en tout cas à Pimientos pour ce partenariat.

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 12:00

FilleCapitaine.jpg" 'Maintenant, messieurs, il nous faut décider de quelle manière nous devons agir contre les rebelles. Est-ce offensivement ou défensivement ? Chacune de ces deux manières a ses avantages et ses désavantages.La guerre offensive présente plus d'espoir d'une rapide extermination de l'ennemi ; mais la guerre défensive est plus sûre et présente moins de danger. En conséquence, nous recueillerons les voix selon l'ordre légal, c'est à dire en consultant d'abord les plus jeunes par le rang.' "

 

Voici un roman qui trainait dans ma PAL depuis plus de 10 ans. J'avais même tenté de le lire, autrefois, en prépa sans doute (j'ai retrouvé une fiche de révision "Colorants utiles pour l'étude de la paramécie" ...). Et, étrangement, je m'étais arrêtée aux deux tiers de ce très court roman, sans le finir.

Il raconte l'histoire de Piotr, un jeune homme de famille, envoyé par son père au service militaire. Il échoue, avec son fidèle serviteur, dans une ville de garnison très à l'est de la Russie, dirigé par un commandant bonhomme, qui vit là avec sa femme - la véritable commandante de la garnison, et sa fille. Après quelques mois relativement paisible, où Piotr passe tombe amoureux de la fille du capitaine, et entame une querelle avec un de ses collègues, le fourbe Chvabrine (de toute façon, il a été en France, c'est donc obligatoirement un méchant).

Jusqu'au jour où attaquent les troupes rebelles de Pougatchev, un usurpateur se faisant passer pour le tsar, que Piotr a peut-être déjà croisé ...

 

Malgré sa taille (il est trop très court), c'est un roman que j'ai bien apprécié. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Stendhal en le lisant, particulièrement au Lucien Leuwen du début à Nancy. Mais un Stendhal où le héros est russe et entretient une relation très particulière avec son serf (lequel est réellement soumis à l'autre) ; où son aimée est totalement discrète et passive, où l'histoire d'amour est très vite mise de côté au profit de la passionnante chronique politique : qui est ce Pougatchev ? Une ordure ? Un génie ? Bon ? Méchant ? Piotr ne sait pas comment réagir face à ce populiste brillant et séduisant, et le lecteur avec lui est entraîné dans son questionnement.

 

En face, c'est la critique d'une Russie à moitiée féodale et laissée dans une sorte d'anarchie tranquille. Les communications sont si difficiles, les distances sont si longues, que chaque commandant, chaque dirigeant est le seigneur de son domaine et n'a de comptes à rendre à personne.

 

Au final, j'ai vraiment apprécié cette lecture, qui m'a plongée dans la Russie du XVIIIè, une endroit beaucoup dépaysant et exotique que je ne pensais. Je regrette seulement que l'auteur n'ait pas plus développé son récit, traité certaines parties avec moins de précipitation. La fin, surtout, va beaucoup trop vite à mon goût.

 

Première (et dernière, je le crains) participation à l'Hiver Russe.

http://plaisirsacultiver.files.wordpress.com/2012/10/hiver-russe1.jpg

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Janvier 2013

Lecture commune approximative : Imposture, de Benjamin Markovits, avec George

 

9 Janvier 2013

Lecture commune : Silvia's lovers, de Gaskel, avec Titine

 

20 Janvier 2013

Lecture commune : Les Chouans, de Balzac, avec Maggie, Nathalie , Cléanthe et Marie

 

Février 2013

Lecture commune : La fausse maîtresse, de Balzac, avec Marie

 

4 Mars 2013

Lecture commune : Le temps des métamorphoses, de Poppy Adams, avec Tiphanie, Soukee et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : The scarlett letter, de Nathaniel Hawthorne, avec Noctenbule et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : Quelle époque !, de Trollope, avec Adalana, Shelbylee, Maggie et Titine

 

Avril 2013

Lecture commune : Les vagues, de Virginia Woolf, avec Cléanthe , Anis et Titine


21 Juin 2013

Lecture Commune : Petite soeur, mon amour, avec Valérie

 

 Juin 2013

Lecture de L'Argent, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Juillet 2013

Lecture de La débâcle, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Août 2013

Lecture de Le Docteur Pascal, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

7 Novembre 2013

Lecture de Le dernier Homme de Camus, dans le cadre du défi Albert Camus

Mes défis persos

On peut me retrouver : whoopsydaisy.jpg
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