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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 08:39

less_than_zero.jpgLess than zero, premier roman de Bret Easton Ellis est un livre doublement dérangeant par sa forme et bien entendu par son propos.

Nous faisons ici une plongée dans la vie de la jeunesse dorée de Los Angeles. L’argent dégouline de tous les côtés, tout le monde roule en Porsche, va prendre des verres dans les dernières boîtes à la mode, snife de la coke, baise tout ce qui passe, va faire des soirées dans des villas monstrueuses etc.

Vous vous attendez à un truc glamour ou au pire plein de paillettes ? Raté … Tout cet argent ne cache qu’un vide d’une profondeur abyssale. Tous ces types n’ont rien à foutre de leur journée, trop d’argent et pas beaucoup d’imagination. La seule chose qu’il leur reste c’est donc de snifer de la coke et partir dans des trips plus ou moins gores.

« ‘But you don’t need anything, you have everything’ I tell him.

Rip looks at me. ‘No I don’t’.

‘What ?’

‘No I don’t’

There’s a pause and then I ask, ‘Oh shit Rip, what don’t you have ?

‘I don’t have anything to loose’. »

C’est très exactement ce que nous raconte Clay, qui rentre sur Los Angeles pour les vacances d’hiver. Clay est totalement détaché de tout, mène une existence de looser friqué que rien ne motive. Pas une seule fois dans tout le livre Clay ne prend une quelconque initiative. Il se borne la plupart du temps à boire, snifer de la coke et mater MTV parce qu’il n’a rien à foutre. Ce livre est l’expérience ultime du looser, mais un looser riche qui vit à Los Angeles, donc le looser cool. Enfin cool … en apparence car ici nous allons voir ce que sont ces gens de l’intérieur et franchement ? Il n’y a rien à voir.

Clay, donc, va mal. Vous espériez un soutient familial ?

« Mom, tell him to answer me. Why do you lock your door, Clay ?

I turn around. Because you both stole a quarter of gram of cocaïne from me last time I left my door open. That’s why.

My sisters don’t say anything. ‘Teenage Enema Nurses in Bondage’, by a group called Killer Pussy comes on the radio, and my mother asks if we have to listen to this and my sisters tell her to turn it up, and no one says anything else until the song’s over. When we get home, my younger sister finally tells me, out by the pool, ‘That’s bullshit. I can get my own cocaine’. »

Raté …

Je ne sais pas comment décrire le vide qui habite Clay. C’est un état saisissant qui est notamment mis en abime par l’effritement de sa relation avec Blair, son « ancienne/actuelle/on ne sait pas trop » petite amie. Il est conscient de cet état de fait mais ne trouve jamais l’énergie de rien faire. Il est tout simplement incapable d’agir… Ah si, il prend une initiative dans tout le roman : il dégage son psy qui de toute façon n’avait pas grand-chose d’autre à lui apporter que des jérémiades du style j’ai cassé le carter de ma Porsche …

Le mouvement du roman est tout d’abord insensible. On entre dans cette torpeur, on y passe la presque tout notre temps et pourtant, dans les dernières pages, le mouvement s’accélère, non pas parce que Clay va remonter la pente mais bien au contraire parce qu’il va la descendre jusqu’au fond, tout en bas dans le glauque et l’abject.

Il va en effet suivre son ami Julian, devenu prostitué gay pour payer sa coke (Julian qui roule bien entendu en Porsche...), et assister à deux « passes ». Il va pour la première observer son ami se faire prendre par un vieux pervers pendant plusieurs heures puis finir dans une sorte de soirée à la Eyes Wide Shut dont il finira par partir après avoir vu ce qui arrivait à Julian lorsqu’il tentait d’expliquer à son mac qu’il voulait arrêter …

Entre les deux, il aura eu l’occasion de constater que ses amis « normaux » matent des snuf moovies et violent des gamines de 12 ans.

Charmant n’est-ce pas ? Et bien même cela n’arrivera pas à faire réagir Clay. Tout au plus prend-il la fuite lorsque les choses deviennent insupportables.

Less than zero est aussi une expérience stylistique surprenante. Le roman est écrit par petits paragraphes composés de quelques phrases jetées pelles mêles ça et là. C’est au départ déroutant mais on finit par se rendre compte que l’écriture ne dégage aucune émotion, pas un seul sentiment. C’est l’écriture d’un homme à la dérive, qui observe sa vie se jouer devant lui comme on dresserait le synopsis d’un film en quelques phrases. C’est l’écriture de Clay.

C’est une expérience littéraire originale. Je ne sais pas si j’ai réellement aimé mais en tout cas je pense que je me rappellerai de ce roman.

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 09:18

dracula.jpg"Je ne cherche pas la gaieté, ni la joie, pas même la volupté que semblent donner aux jeunes gens le soleil et les eaux scintillantes. La jeunesse m'a fui. Mon coeur, qui a, de longues années, pleuré des êtres chers, ne cherche plus le plaisir. Et puis, les murailles de mon château s'effondrent ; les ombres l'envahissent et les vents charrient leurs froids à travers les ailes brisées de mon domaine. J'aime l'ombre, la nuit, être seul avec mes pensées autant que je le veuille."

 

Assez difficile de faire un billet sur Dracula, après celui de B. que je viens de relire. Je n'essayerais pas de l'égaler dans l'humour acerbe, c'est peine perdue.


La première chose qui m'a semblée étrange dans ce livre, c'est que personne (je parle en dehors des sauvages à moitié nus de slovaques et autres habitants des Carpathes, de toute manière, ce ne sont que des sauvages illettrés qui ne savent rien à rien, c'est bien connu), bref personne d'important ( = d'anglais), ne connait les vampires ni Dracula.

Ce qui fait qu'un jour, lorsqu'un petit clerc de notaire nommé Jonathan Harker est demandé auprès du Comte Dracula au fin fond des Carpathes, il ne se pose aucune question. Et ce n'est que quand il s'aperçoit que le Comte ne se reflète pas dans son miroir de poche et que d'étranges femmes parlent de le saigner qu'il commence à s'inquiéter.

L'innocent !


Back in England, la fiancée de Jonathan, Mina, tient compagnie à sa meilleure amie Lucy. Autant Mina semble une jeune fille raisonnable, autant Lucy est une belle, ravissante jeune fille qui fait tourner les têtes, trois têtes en particulier : celles du Dr Seward, médecin dans un asile de fous ; Quincey P Morris, un américain tout ce qu'il y a de plus américain (avec encore de la boue sur les chaussures mais un solide bon sens) et  Sir Arthur Holmwood un noble, parfait gentleman qu'elle aime et avec qui elle se fiance.

Sauf que Lucy est atteinte de somnambulisme, et qu'elle se promène en chemise de nuit dans les cimetières la nuit. Un soir où Mina lui court après, une forme sombre se penche sur la jeune femme qui s'enfuit dès que Mina apparait. Lucy tombe malade, une forme d'anémie, et deux points rouges apparaissent sur sa gorge.

Heureusement pour nous tous, le sauveur, celui qui sait ce que vampire veut dire, et comment le combattre, apparait en la personne du laid et pédant Van Helsing. Mais qui, de Dracula ou de Van Helsing sera le plus rapide ?

 

C'est un page turner avant l'heure : même si la qualité laisse à désirer (je n'ai jamais vu de personnages aussi plats), j'ai  vite prise par l'histoire, et j'ai adoré suivre "nos héros" dans leurs belles aventures. La première partie, en Transylvanie, lieu aimé des auteurs à cette époque puisque Verne y fait se dérouler Le château des Carpathes, ressemble à un roman gothique : château sombre et isolé, à moitié en ruine, dont le maître est étrange et tyrannique, des portes fermées derrière lesquels se cachent des fantômes de femmes, des loups et des chauve-souris pour agrémenter le tout. Voilà Udolpho tout craché ! - à la seule exception que la victime est ici un homme.

La seconde partie m'a fait plus penser à du Jules Verne : une troupe de jeunes hommes chacun caractérisé en quelques traits (l'américain, le lord, le savant fou, ...), et d'une jeune femme réunissant tous les traits de l'épouse idéale : jolie (mais point trop belle), discrète, timide, sage et dévouée, se réunit pour accomplir une quête (ici, tuer le vilain méchant), où toutes leurs compétences servent. Cette deuxième partie, comme le faisait remarquer B., est largement moins intéressante que la première.


L'aspect qui m'a vraiment frappée, de la même manière que dans Carmilla, c'est à quel point le mythe du vampire est sexualisé. Certes, nous sommes dans l'Angleterre victorienne et rien de trop olé-olé n'est dit. Mais on ne voit jamais Dracula se nourrir que du sang de femmes (de jeunes filles vierges plus précisément), tandis que les vampires femmes ne se repaissent que de sang viril et de sang de bébé ou d'enfant (curieuse maternité). Les deux femmes Lucy et Mina représentent également deux aspects des relations sexuelles que peuvent avoir les femmes. Lucy, la jeune fille fofolle qui se promène dans une tenue inappropriée (sa chemise de nuit), à une heure inappropriée (minuit), à un endroit inapproprié (le cimetière), se fait déshonnorer par Dracula (les tâches de sang sur la chemise de nuit sont assez explicites), puis abandonner.

Mina, la jeune femme sage et raisonnable, est épousée par Dracula, lors d'une cérémonie étrange mais qui ressemble assez à une messe (le sang/vin, l'hostie/pain, la jeune épousée agenouillée, etc.), et est destinée à devenir une de ses femmes, en sa demeure.

Etrange, non ?

 

Dracula est donc un livre très sympathique et agréable à lire, mais qui recèle en lui plus que ce que l'auteur a voulu y mettre : les fantasmes de l'Angleterre victorienne. Faut-il y voir un lien avec le grand retour de la bit lit qui se produit actuellement, et par la plume d'une mormonne ? La sexualité inassouvie conduirait-elle à un abus de vampire ?

 

Lu dans le cadre du challenge English classics

EnglishClassics.jpg

 

Le roman étant écrit à base de lettres et de fragments de journaux intimes, il entre donc également dans le cadre du challenge épistolaire !

challenge épistolaire

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 09:20

Montpensier-Lafayette.gif"Elle mourut peu de jours après, dans la fleur de son âge, une des plus belles princesses du monde et qui aurait été la plus heureuse si la vertu et la prudence eussent conduit toutes ses actions."

 

Après avoir vu le film, j'ai eu envie de découvrir la nouvelle dont est issue l'histoire de la Princesse de Montpensier, afin de découvrir si l'héroïne m'est plus sympathique chez Madame de La Fayette que chez Bertrand Tavernier.

Le film est excessivement fidèle à la nouvelle, ne différant que dans sa fin, également malheureuse dans les deux récits. La nouvelle est très brève, ne s'encombrant pas de descriptions. Elle reste très factuelle dans sa descriptions des sentiments, préférant décrire leurs conséquences sur les actes des personnages que leurs pensées et leurs tourments.

On retrouve avec plaisir le personnage de Chabanne, qui est un personnage aussi humain et humaniste que celui représenté par Lambert Wilson. Guise en revanche, semble encore plus roublard, tandis que Montpensier et d'Anjou sont assez effacés.

L'autre aspect qui m'a surpris (et semblé un peu lourd, je dois l'avouer) est l'importance des titres et des rangs. C'est une société excessivement hiérarchisée que nous présente Madame de La Fayette, et dans laquelle elle se complait. Nul n'est besoin d'expliquer qui est "Madame" et il ne lui vient pas à l'esprit d'appeler la soeur du roi par son surnom de Margot. Par cet aspect, je trouve que ce roman sent plus la Cour de Louis XIV que celle, que j'imagine plus détendue, de Charles IX.

 

Et alors ? Que devient Marie ?

Plus sympathique, à coup sûr. Malgré la froideur du style, on sent transparaître la passion, la passion malheureuse dont Marie cherche à se débarrasser mais qui revient l'assaillir dès que Guise apparait. Elle apparaît à coup sûr très jeune, car si elle a treize ans quand le récit commence, elle n'en a que 16 à son mariage : ses maladresses, son innocence n'en apparaissent que plus compréhensible.

 

En résumé, c'est une nouvelle que j'ai apprécié, même si des lourdeurs, un esprit assez prude viennent tempérer mon jugement.

 

dame d11

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 15:40

maisonbisco.jpg"Nous ne sommes pas dans un roman policier, Joséphine. Nous sommes à Three Gables, Swinly Dean, et vous êtes une petite sotte qui a beaucoup trop lu pour son bien."

 

Egypte, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Charles fait la rencontre de la belle Sophia Leonides dont il tombe amoureux. Ils décident de repousser leur fiançailles à leur retour en Angleterre.

Lorsque Charles rentre deux ans plus tard, il découvre le jour même de son retour, juste après avoir envoyé un télégramme à Sophia, que le grand-père Léonidès, le patriarche de la famille de Sophia, est mort. Et quand il voit Sophia, elle lui annonce cette terrible nouvelle : c'est un assassinat ! Qui est coupable ? Un des membres de sa famille : une belle-soeur, deux fils, leurs épouses, leurs enfants, une nouvelle épouse universellement détestée. Chacun a un mobile : l'homme était riche. Ses fils auraient eu besoin d'argent, sa jeune femme vivait une amourette avec le précepteurs des petits.

Par un hasard bien étrange, Charles est le fils d'un commissaire adjoint de Scotland Yard, et son père est chargé de l'enquête. Entre ses connections avec la famille de la victime, et celles qu'il a avec la police, Charles est le mieux à même de régler le mystère. Va-t-il y arriver ?

 

"Des assassins ? J'en ai connu de bien sympathiques ..."

 

J'ai retrouvé l'ambiance des Agatha Christie avec plaisir, et celui là m'a encore plus enchantée que ceux dont j'avais le souvenir... J'ai adoré le narrateur, ce jeune homme qui rentre de l'étranger, ne sachant plus où est vraiment sa place, petit garçon ou jeune homme. Et d'autant plus dans la famille de sa bien-aimée, où il est tantôt le futur gendre à qui l'on se confie, et tantôt le fils de l'inspecteur dont on se méfie.

Un autre personnage que j'ai beaucoup aimé, c'est sa fiancée, Sophia. La Sophia qui vient voir Charles en lui disant qu'elle espère que c'est le 'bon' meurtrier qui a fait le coup. C'est une notion très intéressante, celle du 'bon' meurtrier... L'étranger à la famille est tellement plus simple à accuser ; le crime passionel tellement plus facile à admettre que le crime crapuleux...

Et pourtant Sophia, bien qu'espérant que sa belle grand-mère est la coupable, possède au fond d'elle l'intégrité d'aller chercher sous le nez de son père ou de son oncle, pour s'assurer au fond d'elle qu'ils sont innocents.

 

"Et pourquoi n'aurais-je pas eu peur ? Peur d'être au-dessous de ma tâche ? Peur, lorsque le moment serait venu de presser sur la détente d'un fusil, d'être incapable de me contraindre à faire le geste nécessaire ? Comment être sûr que c'est bien un nazi qu'on va tuer ? Qu'on ne va pas abattre un petit gars qui n'a jamais fait de politique et qui est là, simplement parce qu'on l'a mobilisé pour défendre son pays ? La sainteté de la guerre, je n'y crois pas ! Comprenez-vous ? Je n'y crois pas ! La guerre est mauvaise."

 

Enfin, l'aspect que j'ai préféré, et qui m'avais moins marquée dans les précédents Christie que j'avais lu (était-je trop jeune ? Ou Hercule Poirot est-il un détective qui ne laisse de place à ce qu'il l'entoure ?), c'est l'importance du contexte historique et social. Nous sommes à Londres, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, et ce fait en dans toutes les têtes. Celui qui est trop lâche pour être soldat fait un coupable idéal à jeter à la vindicte médiatique.

 

"Impossible, vraiment, que cet homme-là eût transvaser de l'ésédrine dans une fiole d'insuline. Il aurait cassé les verres en les manipulant."

 

Et en plus, j'avais deviné qui était le coupable !! C'est bien la première fois que ça m'arrive chez Agatha...

 

Lu dans le cadre du challenge Three Christies for Christmas

Christie

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 00:00

silmarillion-contes"Et dans les parages de ce lieu, sur les versants marins et loin à l'intérieur des terres, poussaient les arbres odorants aux vertes feuilles persistantes, que les Eldars avaient apportés de l'Ouest."

J'ai poursuivi mon voyage en Terre du Milieu avec la suite des Contes et légendes inachevées, celles se passant au Second âge.

La première (et plus importante partie) se déroule à Numenor, dans ce peuple d'humains qui cèdera à l'influence de Sauron. Après une longue et poétique description de l'Île, de ses cinq pointes aux climats et aux écosystèmes différents, Tolkien entre dans le vif du sujet, l'histoire d'Aladarion.

C'est un beau jeune homme : "un homme de haute stature, fort et vigoureux d'esprit comme de corps, blond de cheveux comme sa mère, prompt au rire et de coeur généreux, mais plus fier encore que son père, et jaloux de sa liberté."

Hélas, ce jeune homme a une passion et une malédiction : la Mer. Tout jeune, son grand-père maternel lui a appris à naviguer, et la mer est devenue comme une amante, qu'il ne peut plus quitter... Difficile amour pour un jeune homme promis à la charge royale.

Ce récit raconte avec beaucoup de tendresse et d'intelligence les difficultés qui naissent de cette passion. Car Aldarion est coupable et dans sa folie oublie tout : famille, responsabilité, et une épouse qui ne lui pardonnera pas. Mais Aldarion est dans le juste et le bon, car en s'éloignant de son île, en se mêlant à la Terre du Milieu, il va construire des comptoirs, entamer une alliance avec les elfes, et se préparer à combattre Sauron.

C'est un conte que j'ai beaucoup aimé, loin de tout manichéisme... Et les conséquences de la passion d'Aldarion, et de la colère de sa femme, vont être très lourdes, commençant à tâcher la lignée des numénoréens...

 

"Trop tard, elle se rappela les paroles de sa mère, il y a bien longtemps, et elle vit en Aldarion quelque chose d'imposant, qui ne pouvait se domestiquer, animé d'une volonté implacable plus dangereuse encore lorsqu'elle agissait à froid."

 

Puis Tolkien poursuit avec la description de la lignée des rois de Numenor, et des changements de législation (et d'espérance de vie) qui se produisent au fur et à mesure du temps. Ce qui pourrait sembler très rébarbatif (et passablement ennuyeux) apporte au contraire une profondeur temporelle, une solidité, qui fait la force du monde de Tolkien, et manque souvent aux autres séries de fantasy.

 

Enfin, on arrive à ce qui aurait pu être ma partie préférée : l'histoire de Galadriel et de Celeborn. Malheureusement, cette partie est à peine ébauchée : on comprend bien que ce sont ici des Contes et Légendes inachevées ! Malgré tout, on devine dans les bouts de pages, et au fur à mesure des remaniements, une Galadriel bien plus puissante que celle décrite dans Le Seigneur des anneaux, et si sombre qu'on tremble a posteriori quand Frodo lui propose l'anneau... "A la place du Seigneur Ténébreux, vous établirez une Reine. Et je ne serai pas ténébreuse, mais belle et terrible comme le Matin et la Nuit. Belle comme la Mer et le Soleil et la Neige sur la Montagne ! Terrible comme la Tempête et l'Eclair ! Plus forte que les fondements de la terre. Tous m'aimeront et désespéreront !".

 

Lu dans le cadre du Middle Earth Challenge !

middleearthchallenge2.jpg

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 10:02

 

parfumdamenoir.jpg"Ah ! C'est un msytère ! Un mystère plus incroyable que le Mystère de la Chambre Jaune !"

 

Le parfum de la dame en noir est un merveilleux roman policier, à l'ambiance surannée. Le genre de roman où les chapitres s'intitulent "Où notre héros découvre ce qui se trouve derrière la porte", ou "Où on fait la rencontre d'un personnage qui aura une importance considérable".

Les femmes y sont belles, et vertueuses ; les hommes courageux et intrépides ; et les méchants diaboliques.

 

"Oh ! fit-il, je vais vous le dire. Nous sommes venus chercher le parfum de la dame en noir !"

 

Avez-vous lu Le mystère de la Chambre Jaune ? Si oui, vous savez que Mlle Mathilde Stangerson, fille du célèbre docteur Stangerson, a été agressée dans la chambre jaune, chambre close de toute part ; que Joseph Rouletabille, jeune reporter de 18 ans a résolu le mystère ; et qu'il a ainsi bénéficier de toute la reconnaissance du Docteur Stangerson et de Darzac, fiancé de Mathilde.

La suite de ce billet contient des révélations sur Le Mystère de la Chambre Jaune : lisez le  roman l'esprit vierge, car il en vaut le coup ! Puis revenez vers ce billet ...

Le parfum de la dame en noir commence au mariage entre Mathilde et Darzac : en effet, Larsan, le premier mari de Mathilde, l'infâme criminel, est maintenant mort et plus rien ne s'oppose à l'union des deux jeunes gens. Sauf que Mathilde agit étrangement, comme si sa folie reprenait ; sauf que Larsan semble réapparaître ; et que Rouletabille est hanté par la dame en noir, dont le parfum hante ses souvenirs d'enfance et qu'il a cru retrouver sur Mathilde.

 

"Oui, oui, c'était une odeur pleine de mélancolie, un parfum pour tristesse intime... Quelque chose comme le parfum isolé et discret et tout à fait personnel d'une plante abandonnée, qui eût été condamnée à fleurir pour elle toute seule, toute seule..."

 

J'ai du lire Le Mystère de la chambre jaune il y a plus de 15 ans. Puis, voyant mon enthousiasme, mes parents m'ont offert Le parfum de la dame en noir, qui est resté toutes ces années dans ma PAL (oui, j'ai une PAL ancienne). Pour preuve : il est en édition Folio Junior, ces éditions qu'on retourne à la fin pour avoir des tests et des jeux...

Et puis le RAT est arrivé, option vidage de PAL : Le parfum de la dame en noir était donc en tête de mon programme.

Et j'ai été séduite ... Le style est vraiment suranné, mais plein de charme ; les personnages complètement caricaturaux ; l'histoire compliquée comme doit être une histoire policière ... et j'avoue que je n'ai pas deviné l'issue avant les dernières pages !

Et ça se lit ... ça se dévore plutôt : dès que l'histoire est posée (les 30 premières pages), les péripéties s'enchaînent à la file, et on tourne les pages à toute vitesse pour découvrir la fin (ce qui est bien utile pendant un RAT).

Bref, un excellent roman de jeunesse !

 

Lu dans le cadre du RAT

RAT

Et un de moins dans la PAL !

demiPAL

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 00:00

the-penelopiad.jpg"Death is too high a price to pay for the satisfaction of curiosity, needless to say."

 

L'Odyssée se concentre sur les voyages d'Ulysse, mais laisse de côté son épouse parée de toutes les vertus, la belle et patiente Pénéloppe. C'est sur elle que se concentre The Penelopiad. Qui se cache derrière cette épouse parfaite ? Quelles ont été ses pensées en entendant les échos des voyages de son mari, ses amours avec des déesses et des princesses, ses combats ? Comment élève ton un fils dans ces conditions ?

Et surtout, Atwood se pose la question des douzes suivantes de Pénéloppe, tuées par Ulysse pour avoir soutenu les prétendants. Pourquoi ? Qui sont-elles ?

 

Pour répondre à ces questions, Atwood tisse un livre entre témoignage, roman, chant antique, manifeste féministe et réflexion sur l'histoire des religions. C'est beau, souvent, intéressant, toujours, et surtout passionant. Pénéloppe m'a séduite tout de suite, cette jeune fille qui grandit dans l'ombre de sa belle cousine Hélène, mariée à un homme même pas beau qui la charme et la prend dans ses filets, puis abandonnée pendant vingt ans, apprenant à gérer un domaine sur le tas.

 

Un courte oeuvre douce, émouvante, intelligente, drôle. Un petit bijou comme Atwood sait si bien nous en pondre !

 

Lu dans le cadre du défi Mythes et Légendes

mythesetlégendes

Lu en VO !

LireEnVo.jpg

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 10:20

femmauteur.gif"Faut-il donc conclure que c'est un malheur d'être femme ?"

 

La femme auteur, c'est l'histoire de deux soeurs, Dorothée et Nathalie. A la fin de l'Ancien Régime, elles ont toutes les vertus et toutes les qualités qu'une femme peut avoir : elles sont belles, vertueuses, modestes, ont de l'esprit et de la finesse, et trouvent facilement à se marier.

Mais voilà, une chose les sépare : Nathalie aime écrire, elle compose des romans et des poèmes, tandis que sa soeur, plus sage, se contente d'être une femme.

Dorothée prévient Nathalie : écrire, passe encore si personne ne le sait ! Mais être publiée !! C'est là la honte ultime...

 

"Voilà les charmes et les illusions d'une célébrité naissante ; ne les envions point à la femme auteur qui en jouit, on les lui fera payer cher par la suite."

 

Au milieu de cette réflexion philosophique (et vraisemblablement autobiographique) sur le statut de la femme, Mme de Genlis nous rajoute une amourette très XVIIIème, un portrait de jeune femme très plaisant, et une description du milieu littéraire de son époque acerbe. Le tout en une courte centaine de pages !

 

"On ne représente point les grâces fixées fixées près d'un bureau, veillant et méditant dans le calme des nuits ; c'est une branche de roses qui doit parer la beauté, une couronne de lauriers la vieillit."

 

Cette nouvelle est la première à ouvrir le Challenge Dames de lettres car son titre l'y prédestinait. Ma curiosité a été attisée par la réflexion sur le féminisme qui s'y trouve. En demandant les mêmes droits que les hommes, les femmes perdent tout droit à demander à être traitées comme des petites choses fragiles. Elles perdent leur statut de femme, et deviennent des hommes : "L'homme qui désirerait être une femme serait un lâche, la femme qui voudrait pouvoir devenir un homme ne serait déjà plus une femme." Ce n'est qu'en restant à leur place, entre maternité et vie conjugale, que les femmes peuvent s'épanouir.

Mais en tenant de tels propos rétrogrades, c'est la description d'une femme libre que nous fait Mme de Genlis : Nathalie est veuve, elle n'a cure de l'opinion d'autrui, elle écrit parce qu'elle est douée, elle publie parce qu'elle a du coeur, elle annonce ses liaisons en public. Et comme la vie de Nathalie s'inspire très fort de celle de Madame de Genlis, il me semble que les propos qu'elle tient sont bien loin de la morale qu'elle montre ...

 

Inaugure le Challenge Dame de lettres, catégorie XIXème.

dame d11

 

Dans ma PAL !

demiPAL

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 09:00

tarquinia.jpg"Il n'existais rien qui puisse compenser à la fois la nouveauté du désir et du monde. Elle croyait le savoir mieux que les autres femmes. On croit toujours savoir ces choses mieux que les autres femmes. Elle le croyait, elle aussi."

 

Je me faisais un délice de ce roman, je me pourléchais les babines à la quatrième de couverture, et je me gardais ce livre pour un moment 'sans', un moment où un bon livre est un soulagement infini.


J'aurais du m'en douter. De tous les livres que j'ai lus de Duras, je n'en ai aimé qu'un (La Douleur), et je me suis clairement ennuyée dans ses "chefs d'oeuvres", à commencer par L'amant que je n'ai jamais fini.

Voilà, je crois qu'il faut se l'avouer, je n'aime pas Duras. Ses livres ne me touchent pas, ses personnages m'indiffèrent, son style m'ennuie, son propos me laisse froide.

 

Les petits chevaux de Tarquinia raconte l'histoire d'un groupe d'amis, d'un couple en particulier, Sara et Jacques, en vacances dans un coin paumé de l'Italie, par un été caniculaire. L'ennui, la répétition des mêmes choses, l'écrasement de la chaleur, tue leur couple et Sara est de plus en plus intéressée par un des nouveaux arrivants, sobrement appelé l'homme.

Elle s'éloigne de son compagnon, petit à petit, et de ses amis, emportée par son attirance pour l'homme. Et ne sera rattrapée qu'in extremis.

 

Je ne sais pas quoi dire de ces pages. Je n'ai pas aimé, alors que c'est bien, très bien écrit. Le thème, le couple, est bien vu, envisagé sous plein de points de vues différents grâce aux multiples personnages, le couple conflictuel, le couple raté, le couple complice, la célibataire. La chaleur, la manière dont elle nous prive absolument de force et d'énergie, est là aussi très bien dit.

Mais c'est paradoxalement trop froid pour moi. Rien ne me donne envie d'entrer dans ce livre, de m'identifier aux personnage, d'aimer, de pleurer, de rire, de vivre avec eux. Tant pis !

 

demiPAL

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 09:08

chevalierstableronde.jpg"Sur les remparts de la forteresse, les dames et les demoiselles qui regardaient le combat ne pouvaient s'empêcher d'admirer la prestance, le courage et la combativité de ce jeune homme, qui affrontait ainsi les plus redoutables guerriers du temps."

 

Jean Markale est un conteur extraordinaire. Il m'a déjà bercée dans La femme celte, dans son Epopée celtique d'Irlande et dans quantité d'autres oeuvres. Bien sûr, il brode parfois : c'est le propre d'un conteur que de faire sienne une épopée historique.

C'est d'ailleurs ce qu'il fait dans son Cycle du Graal, dont Les chevaliers de la Table Ronde constitue le deuxième opus. Reprenant les innombrables récits médiévaux qui traitent de ce sujet, il leur a cherché une cohérence, une chronologie (pas très facile ...), et les a réécrit comme une seule épopée. C'est ce texte composite que l'on trouve dans ce livre.

 

Je voulais commencer par cette mise en garde, pour que personne ne soit surpris. Ceci écrit, maintenant, mon avis ?

J'ai adoré. Je l'ai lu en fin de RAT, au moment où les lettres commencent à danser devant les yeux, et j'ai été emportée ! Je me suis tout à fait retrouvée dans ce monde à moitié fantastique, où le voile qui sépare notre monde de l'autre monde se déchire régulièrement, laissant apparaître de dangereux chevaliers sombres et de belles pucelles malheureuses. Il a de plus souhaité garder des références historiques datant de l'époque à laquelle ces récits font référence - et non celle où ils ont été écrits. C'est donc une ambiance de début de Moyen-Âge, avec des forts rudimentaires, que se passe cette histoire, très proche finalement des légendes irlandaises que je chéris...


En plus, les textes dont Markale s'est inspiré sont dans la droite ligne du Merlin que j'ai lu récemment : les deux lectures se complètaient donc admirablement !

 

mythesetlégendes

Une très bonne introduction au Cycle de la Table Ronde.

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Published by Céline - dans Lecture
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Janvier 2013

Lecture commune approximative : Imposture, de Benjamin Markovits, avec George

 

9 Janvier 2013

Lecture commune : Silvia's lovers, de Gaskel, avec Titine

 

20 Janvier 2013

Lecture commune : Les Chouans, de Balzac, avec Maggie, Nathalie , Cléanthe et Marie

 

Février 2013

Lecture commune : La fausse maîtresse, de Balzac, avec Marie

 

4 Mars 2013

Lecture commune : Le temps des métamorphoses, de Poppy Adams, avec Tiphanie, Soukee et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : The scarlett letter, de Nathaniel Hawthorne, avec Noctenbule et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : Quelle époque !, de Trollope, avec Adalana, Shelbylee, Maggie et Titine

 

Avril 2013

Lecture commune : Les vagues, de Virginia Woolf, avec Cléanthe , Anis et Titine


21 Juin 2013

Lecture Commune : Petite soeur, mon amour, avec Valérie

 

 Juin 2013

Lecture de L'Argent, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Juillet 2013

Lecture de La débâcle, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Août 2013

Lecture de Le Docteur Pascal, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

7 Novembre 2013

Lecture de Le dernier Homme de Camus, dans le cadre du défi Albert Camus

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