Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 08:00

Metamorphoses.jpg" 'Je t'aime, murmura-t-elle lentement et je sus qu'elle disait vrai. Je t'aime et je ne te reproche rien. Je veux juste savoir la vérité.' "

Virginia Stone est une vieille dame, qui vit isolée dans le manoir familial depuis que son père a suivi sa mère dans la tombe et que sa soeur, sa soeur adorée, Vivien est partie, une cinquantaine d'année auparavant. Virginia ne s'ennuie pas, perdue dans son monde et ses souvenirs et l'étude des papillons, vestige de la passion dévorante qu'elle partageait avec son père. Mais le retour de Vivien va troubler ce bel équilibre : les souvenirs de Virginia sont-ils si précis qu'elle le pense ? Et quel est le mystère qui entoure les relations au sein de cette famille ?

 

Je ne sais pas comment écrire ici ce que j'ai pensé de ce roman. Je ne sais même pas vraiment ce que j'en ai pensé. Je n'ai pas adoré. Je n'ai pas détesté. Je ne regrette pas de l'avoir lu. Mais je n'aurais sans doute rien raté en passant à côté. Je me demande juste ce qui m'en restera dans quelques mois (et ça fait déjà 2-3 semaines que je l'ai lu, donc mes souvenirs s'effilochent déjà. Mais voilà, sur le moment, je n'avais rien à en dire ... et ça ne s'est pas arrangé.).

Peut-être pourrais-je essayer de faire les bons points/les mauvais points ?

Bons côtés :

- La biologiste en moi a beaucoup apprécié les détails sur les papillons - surtout que mes maigres connaissances sur la biologie des insectes me laissent penser que l'auteur a fait un travail d'investigation. Mais si les différentes étapes de la mue des papillons ne vous intéresse pas, vous devriez sérieusement vous ennuyer à la lecture de ces pages. D'autant qu'elles n'apportent rien à l'histoire.

- J'ai aussi bien aimé l'ambiance de plus en plus délabrée du manoir.

- Le personnage de Virginia Stone a une vraie épaisseur.

- Et en particulier, la manière dont elle reçoit l'assistante sociale et les voisins attentifs m'a bien plu :)

- Et globalement, j'aime bien les histoires de famille...

 

Les moins bons côtés :

- Les histoires de famille ... alors que l'idée qui sous-tend l'histoire, et le mystère vers la résolution duquel on avance, est bonne, je ne trouve pas qu'elle soit bien rendu ici. J'aurais rêvé voir la même histoire écrite par une auteur comme Kate Atkinson.

- Si Virginia a une vraie épaisseur dans ce roman, j'ai trouvé Vivien bien pâlotte. Je n'ai pas vu cette soeur exister au fur et à mesure des pages. Elle reste un archétype mais n'acquiert jamais vraiment de vie. Quel dommage, car je pense qu'une bonne partie de ce qui m'a décrochée du livre vient justement de ce manque de cohérence entre les deux soeurs.

- Et la fin, justement, m'a laissée sur ma faim. Si j'avoue qu'elle m'a surprise (je ne pensais vraiment pas que Virginia irait jusque là), j'ai trouvé qu'elle empêchait le roman d'acquérir une vraie résolution, qui bouclerait le roman. C'est un climax qui n'en est pas vraiment un...

 

J'ai bien conscience que ce billet pèche par manque de cohérence ; mais que voulez-vous ? C'est dans cet état d'insatisfaction que m'a laissée ce roman, bien mais sans plus, ni excellent, ni mauvais. Passable.

 

Allons voir ce que mes compagnes de lecture commune, Tiphanie, Soukee et Titine, en ont pensé.

lecturecommune2

Repost 0
Published by Céline - dans Lecture
commenter cet article
7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 15:51

GoodFairies.jpgL'histoire commence quand Morag et Heather, deux petites fées écossaises aux cheveux multicolores, aux kilts déchirés, vomissent sur le tapis de Dinnie, le plus mauvais violoniste de New-York, obèse, asocial et dépressif. Mais ce n'est pas grave car, comme le dit Heather :"Fairy vomit is no doubt sweet-smelling to humans."

Ajoutez à cette situation explosive une charmante voisine qui a perdu une de ses fleurs, une rébellion des fées de Cornouailles, quelques fées chinoises et africaines et une clocharde qui se prend pour Xénophon. Secouez, servez.

 

A partir de ça, que dire sur ce roman ?J'ai un avis assez partagé, et pourtant très tranché : j'ai adoré le début ; je me suis franchement ennuyée dans la seconde moitié.

C'est un bouquin complètement barré et plein d'humour. Les personnages sont drôles et attachants, chaque saynette prise indépendament est amusante. J'ai adoré les délires sur le folklore irlandais ou écossais (surtout ceux sur l'Île de Skye et le chateau des McLeod que j'ai visité). J'ai jubilé en lisant les luttes intestines entre les différentes populations de fées new-yorkaises ...


Ceci mis à part, et malgré l'alternance de chapitres très (trop ?) court, j'ai trouvé que le roman manque de rythme. Sur une situation amusante et bien trouvée, l'auteur a du mal à calquer une histoire qui tienne la route. La rébellion des fées de Cornouaille n'a pas beaucoup d'intérêt et ce fil aurait pu être supprimé du roman sans grand dommage. Au contraire, il fait s'éparpiller l'histoire dans plein de directions somme toute assez banales.

J'aurais préféré que le roman reste plus centré sur le quatuor Morag/Heather/Dinnie/Kerry et qu'une histoire avec un peu plus de substance mette en scène ces personnages profondémment attachants.

 

Les défauts et qualités de ce roman me font un peu penser à ceux de certains romans du Disque-Monde de Pratchett. Si vous aimez ces romans, jettez vous sur ceux de cet auteur. Sinon, ... prudence.

 

Lu dans le cadre de l'animation Oh ! I love New-York, sur whoopsy-daisy

OhILoveNYC

Lu dans le cadre de l'animation New-York en littérature

ny-2013

Repost 0
Published by Céline - dans Lecture
commenter cet article
4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 08:00

ManuelChassePeche.jpg"Nous restons sur le sujet des livres, et lorsque je lui dis que Anna Karenine est mon roman préféré, cet aveu lui fait apparemment le même effet que : "Je suis nue sous ma robe" sur les autres hommes."


Voici Jane, une jeune new-yorkaise, que l'on suit de ses 14 ans à ses 35-40 ans. Ses relations avec les hommes, son travail, ses relations avec sa famille, sont abordée via des chapitres qui ressemblent beaucoup à des nouvelles.
Chaque chapitre a un ton particulier. Jane est parfois la narratrice, ou parfois un personnage secondaire qui ne fait que passer dans le récit. Ca rend la narration assez étrange (j'ai parfois eu du mal à m'adapter à chaque saut de chapitre), mais extrêmement riche. C'est comme voir une personne à travers un kaléidoscope qui montre tout ce qu'est sa vie via des fragments et sans hiérarchiser.

Le premier point fort de ce roman est l'héroïne elle-même, Jane, qui forme un personnage très attachant. De la petite soeur qui s'immisce un peu trop dans la vie de son frère, à la jeune femme en deuil qui essaie de maintenir la tête hors de l'eau, on est heureux de suivre sa vie. Le livre donne envie de la connaître, d'être amie avec elle, de la soutenir dans les moments durs et de prendre plaisir avec elle dans les moments heureux.
J'ai particulièrement apprécié le dernier chapitre, où je me suis reconnue adolescente, en train de lire Jeune et Jolie en essayant d'en tirer des informations utiles.

J'ai souvent trouvé ce roman comme étant assimilé à de la "chick lit". Or, si le résumé peut y faire penser (jeune femme + amour + grand ville), on en est très loin. C'est plus un roman d'apprentissage qui montre comme une jeune fille devient une femme dans nos sociétés modernes, voire un roman de moeurs décortiquant les relations humaines dans un monde où l'amour est un CDD.

 

Lu dans le cadre de l'animation Oh ! I love New-York, sur whoopsy-daisy

OhILoveNYC

Lu dans le cadre de l'animation New-York en littérature

ny-2013

Repost 0
Published by Céline - dans Lecture
commenter cet article
10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 10:54

sylvias-lovers.jpg"A girl beloved by two - nay, those two identical in occupation as he and Kinraid were - Rose identical even in character with what he knew of the specksioneer; a girl choosing the wrong lover, and suffering and soured all her life in consequence of her youth's mistake; was that to be Silvia's lot ?"

 

Je continue cette semaine entamée avec la série North and South en lisant un autre roman d'Elizabeth Gaskell, Sylvia's lovers. Comme son titre l'indique, ce roman est centré autour de la personnalité de Sylvia, une jeune fille gaie et entreprenante, très loin de la réserve qu'elle aurait du montrer à l'époque géorgienne. Sylvia vit dans une ferme, à côté d'un port où les baleiniers viennent mouiller l'hiver, quand les glaces prennent les eaux. Mais, dans cette époque troublée par la guerre contre la France, les rafles de l'armée pour engager les marins revenus à terre sont nombreuses et les émeutes qui les accompagnent violentes.

C'est lors de l'enterrement de la victime d'une émeute que Sylvia pose pour la première fois les yeux sur Charley Kinraid, un marin courageux dont les exploits de la veille lui assurent déjà une place de choix dans ses pensées. Charles n'est pas insensible au charme de la belle jeune fille et sa cour est vivement encouragée par le père de Sylvia, lui même un ancien marin.

Mais n'est pas du tout du goût de Bel, la mère de Sylvia, qui préfèrerait voir sa fille épouser son cousin, Philip Hepburn, un jeune homme ambitieux, gentil, fou amoureux de Sylvia, et au charme équivalent à celui d'une huître sous le crachin.

Sylvia aime beaucoup son cousin, mais, euh ... comme un cousin et un frère.

 

D'où problème.

 

"They were intimate, and yet shy with each other, in a manner that enraged while it bewildered Philip. What was Charley saying to her in that whispered voice, as they passed each other ? Why did they lingered near each other ? Why did Silvia look so dreamily happy, so stratled at every call of the game, as if recalled from some pleasant idea ? Why did Kinraid's eyes always seek all aflame ?"

 

Je ne peux pas dire que j'ai adoré ce livre. J'ai eu beaucoup de mal à le lire au début. J'avais déjà fait une tentative il y a quelques années qui s'était soldée par un échec. Je l'ai repris quand la traduction française est sortie, les billets élogieux que je lisais deci-delà me tentant. Echec à nouveau au bout d'une centaine de pages.

Il a fallu Titine et sa proposition de lecture commune pour que je retente, cette fois avec succès.


Le début m'a semblé long et ennuyeux. Il y a beaucoup de retranscription de dialogues, que Gaskell retranscrit 'avé l'accent' : il faut quelques temps pour s'habituer à "feyther" pour "father", "niver" pour "never", etc. Et puis, la description psychologique de Sylvia et Philip est fine et détaillée. En nous montrant ces deux personnages dans leur vie quotidienne, Gaskell parvient à en faire un portrait extrêmement complexe, hors de tout manichéisme, ni vraiment sympathique, ni vraiment antipathique, tout en nuance. Mais si cette mise en place donne tout son prix à la suite du roman, elle m'a semblée un peu longuette à lire.

 

Il faut attendre que les drames arrivent pour que vraiment l'histoire démarre. Tous les ingrédients sont en place, il suffit de laisser le drame se dérouler et s'enfoncer dans toujours plus de noirceur. Autant la Sylvia heureuse et insouciante m'ennuyait, autant j'ai aimé la Sylvia brisée. Sa vengeance lui fait atteindre, sous son apparente douceur et soumission, la force et la grandeur d'une Médée. On découvre que sous la jeune fille légère se cache une femme capable de grandes haines et de grands amours.

 

"It was a pretty sight to see, however familiar to all of us such things may be - the pale, worn, old woman, in her quaint, old-fashioned country dress, holding the little infant on her knees, looking at its open, unspeculative eyes, and talking the little language of it as though it could understand ; the father on his knees, kept prisoner by a small, small finger curled round his strong and sinewy one; the young mother, fair, pale, and smiling propped up on pillows in order that she, too, might see the wonderful babe."

 

Et puis, il y a le style de Gaskell. Cette auteur parvient à rendre familier un univers si différent du nôtre. J'avais déjà été frappée par sa manière de décrire la vie quotidienne victorienne dans Cranford en nous montrant des êtres aux motivations si proches des nôtres. Cela m'a encore plus frappée ici, peut-être parce qu'elle cherchait à nous montrer une époque déjà révolue lorsqu'elle écrivait. La vie quotidienne de Sylvia, son amour pour son enfant, sa patience avec sa mère déclinante, sa dépression la rendent très proche de nous.

J'ai aussi beaucoup pensé à Jane Austen en lisant ce roman : ses héros vivent à la même époque qu'Elizabeth Bennett et les autres héroïnes d'Austen. Mais le traitement de cette période diffère entre les deux auteurs : chez Austen, la guerre est juste une péripétie comme une autre. On porte un bel uniforme, ça fait craquer les filles, on revient peut-être un peu trop buriné des longs mois passés sur les mers et ça s'arrête là. Chez Gaskell, la guerre brise des familles, met tout le monde dans un état de stress quotidien, renvoie les hommes cassés, défigurés, pauvres. Il y a du sang et des larmes dans sa guerre, ce qui la rend encore plus touchante.

 

Au final, je ne regrette pas d'avoir serré les dents durant les 150 premières pages, d'avoir maudit Sylvia et sa coquetterie, Philip et l'ennui profond qu'il provoquait chez moi. Les 300 dernières valaient le coup.

 

Lu dans le cadre du challenge victorien

victorien

 

Lu en LC avec Titine

lecturecommune1

Repost 0
Published by Céline - dans Lecture
commenter cet article
3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 18:00

chiang-babylone.jpgTed Chiang est un auteur de science fiction extrêmement peu prolifique - et inconnu. Si j'en crois sa page wikipedia, la majeure partie de ses écrits se trouvent dans le recueil et que j'ai pu lire, et la très grande majorité ont toutes été récompensées par des prix aussi prestigieux que le Nebula ou le Hugo Awards.

Dommage donc que cet auteur brillant ne soit pas plus prolixe car la plupart de ses histoires, mêlant science et fiction, mythologie et histoire, sont des petits régals. Ted Chiang est un scientifique. Cela ne se voit pas que dans le choix de ses sujets, mais également dans sa manière de raconter des histoires, souvent résolument novatrice.

 

La première nouvelle, La Tour de Babylone raconte l'histoire de la construction de la Tour de Babel, une tour si haute qu'elle atteint le sommet de la voute. Ce ne sont plus des bâtisseurs qui sont demandés, mais des mineurs, qui creuseront le ciel. Mais qu'y a-t-il au delà de la voute ?

Comprend raconte celle d'un surhomme : après un accident, le narrateur reçoit des injections d'hormone K, censés l'aider à reconstruire les neurones détruits. Mais les effets sont supérieurs à ce que pensaient les médecins et très vite, à la manière d'Algernon, le narrateur devient suprêmement intelligent. Derrière tout, les lois de la physique comme les interactions entre êtres humains, il perçoit un sens.

La suivante, Division par zéro, alterne des chapitres racontant l'histoire des mathématiques, avec des chapitres plus "fictionnel" pour dire la dépression d'une mathématicienne ayant démontré que 1 = 2 et de son pauvre mari qui ne sait pas comment l'aider.

L'histoire de ta vie est une des plus belles et des plus abouties. Lorsque les extraterrestres débarquent, Louise, une linguiste est embauchée par l'armée pour essayer de comprendre leur langage et, surtout, découvrir leurs intentions.Mais les extra-terrestres ne pensent pas comme nous. Ca se ressent dans leur manière de construire leurs phrases, de les écrire, d'appréhender la physique ... Et Louise d'en être si changée qu'elle racontera une autre histoire, l'histoire de sa fille, de la même manière, en nous disant dès les premières pages la chute mortelle que fera sa fille.

L'histoire suivante, Soixante douze lettres, aurait pu me faire le même effet, si le style ne m'avaient pas semblé beaucoup plus pauvre, plus aride et l'histoire moins bien construite. Pourtant, l'ambiance steampunk et ces histoires d'animalcules auraient bien pu me plaire !

L'évolution de la science humaine a été publiée dans le journal scientifique Nature, dans sa page consacrée aux histoires de science fiction. Très courte, elle raconte le devenir des magasines scientifiques, une fois le surhomme apparu.

L'enfer quand Dieu n'est pas présent a un côté plus mystique. Dans un monde où les anges font des apparitions régulières - et toujours mouvementées, causant miracles et morts, Neil essaie de comprendre pourquoi sa femme est morte, et comment il peut pardonner à Dieu ce décès, et espérer la rejoindre un jour au Paradis. Poignant, brillant et qui fait espérer que Dieu n'existe pas.

Enfin, la dernière, Aimer ce qu'on voit, est l'une de mes préférées. Construite comme un documentaire sur une université où le "calli", cette opération qui anesthésie la région du cerveau qui rend sensible à la beauté humaine, où le calli deviendrait obligatoire, pour aider les étudiants à se concentrer sur la beauté intérieure de chacun, elle pousse à se questionner sur notre rapport à la beauté et au libre arbitre. Passionnant !!

 

Au final, ce recueil est une très belle découverte. J'espère que l'auteur va continuer dans cette voie, car il y a de bien belles choses à dire.

 

Lu dans le cadre du challenge des Lieux imaginaires

lieuximaginaires

Repost 0
Published by Céline - dans Lecture
commenter cet article
29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 08:00

bruitfureur.jpg"elle levait son visage vers le ciel qui était bas si bas qu'il semblait comme une tente affaissée écraser sous sa masse tous les sons tous les parfums de la nuit le chèvrefeuille surtout que j'aspirais qui recouvrait son visage sa gorge comme de la peinture son coeur battait contre ma main je m'appuyais sur mon autre bras il commença à tressaillir à sauter je dus haleter pour saisir un peu d'air dans l'épaisseur grise de tout ce chèvrefeuille."

 

C'était mon second essai de lecture avec Le Bruit et la Fureur et, heureusement, le dernier. Je ne crois pas que j'aurais eu le courage de réessayer. Je ne peux pas dire que j'ai vraiment apprécié ma lecture, même si je reconnais l'immense talent de l'auteur.

Le travail littéraire et stylistique de Faulkner est impressionnant. La manière dont il arrive à se mettre successivement dans la tête d'un débile mental, d'un dépressif et d'un type apparemment "normal", avant de revenir à une narration de type "narrateur omniscient" est parfaite. Sur ce plan, c'est magistral. 
Je suis aussi impressionnée par son talent pour dévoiler l'histoire par petite touche, en se basant sur les témoignages les moins clairs d'abord, pour peu à peu prendre du recul et "faire le point". On dirait un appareil photo qui se fixe peu à peu sur un paysage que l'on déchiffre petit bout par petit bout.
Je comprends tout à fait le Prix Nobel qui lui a été remis. Il porte le stream of consciousness à son point le plus haut. Et c'est clairement "a tale, full of sound and fury, told by an idiot".

 

"Merci j'ai beaucoup entendu parler votre mère ne se formalisera pas j'espère si je jette mon allumette derrière le garde-feu beaucoup entendu parler de vous Candace ne cessait de parler de vous à Lick J'en étais sérieusement jaloux je me disais qui ça peut-être ce Quentin il faut que je vois la tête qu'il a cet animal-à parce que j'étais bel et bien pincé vous savez dès le premier jour où je l'ai aperçue cette petite je n'ai aucune raison de vous le cacher il ne m'était pas venu à l'idée que ça pouvait être son frère dont ele parlait comme ça elle n'aurait pas parlé de vous davantage si vous aviez été le seul homme au monde si vous aviez été son mari vous ne voulez pas changer d'avis et accepter un cigare"

 

Voilà. Reste la question du plaisir de lecture et là ... J'avais tenté la première fois de me laisser porter par les mots, et ça avait été un échec. J'ai profité des vacances pour m'y remettre, en espérant pouvoir profiter de longues plages de lecture. J'ai d'abord pris une feuille et un crayon pour écrire au fur et à mesure l'arbre généalogique de la famille (pas simple, car un personnage porte deux noms, et deux personnages portent le même).
Comme ça ne suffisait pas, j'ai ouvert les pages wikipedia française et anglaise consacrées au roman pour essayer de suivre. Il faut savoir que les deux premières parties sont racontées par des gens dont l'esprit fait des sauts dans le passé, dans les souvenirs, dans des souvenirs différents, sans que rien ne soit indiqué pour signaler qu'on change d'époque.
Là, j'ai réussi à suivre - à m'immerger dans ces conditions là, il ne fallait pas trop en demander.
Le style est extraordinaire, l'idée sous-jacente brillante, mais c'est trop expérimental pour que je prenne réellement plaisir à le lire.

L'autre chose qui m'a réellement agacée, ce sont les personnages. Aucun des quatre frères et soeur n'est attachant, bien au contraire. Et la palme revenant sans doute à Miss Quentin, qui m'a donné envie de la gifler régulièrement. Mais elle n'est pas seule. la mère hypocondriaque aussi. Comme Jason et ses récriminations perpétuelles, le père et sa philosophie désabusée. Quand à l'égoïsme, je ne sais pas qui de Caddy ou de Quentin le porte le plus haut.
En fait, j'avais tous envie de les gifler.

Tout ça pour dire que j'ai très sérieusement compté les pages...

 

Lu dans le cadre du challenge du Prix Campus

PrixCampus

 

Lu en LC avec Maggie

lecturecommune3

Repost 0
Published by Céline - dans Lecture
commenter cet article
18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 17:25

Typhon.jpg"C'est là qu'il rédigeait ses lettres à sa femme. Chacune d'elles, sans exception, contenait cette phrase : Il a fait très beau temps pendant ce voyage ou, sous quelque forme presque semblable, une semblable constatation. Et cette constatation, dans sa merveilleuse persistance, était aussi parfaitement exacte que quelque autre constatation que contînt la lettre"

 

Le capitaine Mc Whirr est le capitaine d'un navire à vaisseau, plutôt chanceux : dans aucune de ses tribulations en Mer de Chine, jamais il n'a rencontré de vraie tempête. Alors, le jour où le baromètre descend brutalement, où un calme plat étrange se fait voir, il ne sait pas reconnaître ce qu'il a devant lui, et fonce droit sur ce qu'il devrait contourner : un typhon.

 

Comment Mc Whirr, son second Mr Jukes et le chef machiniste Rout vont mener à bon port la Nan-Shan, c'est le propos de ce roman...

 

Vous vous en doutez, vu le sujet, il m'a beaucoup fait penser à du Jules Verne, en plus court et avec moins de détails techniques. La description de le tempête est merveilleuse de pédagogie : on reconnaît même quand on se trouver dans l'oeil du cyclone ...

Mais les passages sont très réussis ne sont pas techniques ou scientifiques : ce sont les trois personnages principaux ! Conrad en fait une description ironique et cynique. En particulier, il nous décrit les trois personnages les plus importants  en montrant les lettres qu'ils envoient à leur proches. En quelques pages, le portrait est dressé !


D'autres choses m'ont moins plu. C'est un peu trop court, ce qui fait que la tempête semble brutale, mais n'évolue plus vraiment dès qu'elle atteint son paroxysme. Verne m'a habituée à des descriptions plus précises.
Et il y a un fond de racisme latent anti-chinois qui ... m'a mise mal à l'aise. On sent fort le colonialisme de l'Angleterre victorienne !

 

Lu dans le cadre du challenge victorien

victorien

Lu avec les frogs !

VFAL

Repost 0
Published by Céline - dans Lecture
commenter cet article
17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 13:10

Tempete.jpgProspero

"La fête est à présent finie. Ces acteurs,

Comme je vous l'ai annoncé, étaient tous des esprits

Et ils sont partis en fumée, se fondant dans l'air subtil,

Et tel l'édifice sans base de cette vision,

Les tours coiffées du nuages, les palais grandioses

Les temples solennels, le grand globe lui-même,

Et tous ceux qui en jouissent , seront détruits, et tout comme

Ce spectacle immatériel s'est évanoui. Nous sommes tous

Faits de l'étoffe des rêves, et notre petite vie,

Est entourée de sommeil."

 

Un bateau fait naufrage. A son bord, Alonso, roi de Naples, son fils Ferdinand, son conseiller Gonzalo, et le roi de Milan, Antonio. Sur l'île sur laquelle le vaisseau s'échoue, Prospero, le légitime roi de Milan, chassé par Antonio, son propre frère, vit avec sa fille, la belle Miranda, un esclave, Caliban et l'esprit aérien, Ariel.

C'est Prospero qui a provoqué la tempête, pour se venger d'Antonio, et pour faire se rencontrer Miranda et Ferdinand.

 

Cette pièce serait presque un condensé des autres pièces de Shakespeare : on y a la lutte fratricide du bon frère et du mauvais frère ; l'histoire d'amour entre le prince et la princesse ; la féérie avec le génie Ariel; et la grosse comédie portée par la rencontre de Caliban et du fou et du sommelier d'Alonso.

C'est sans doute ce qui fait l'intérêt de cette pièce - et sa faiblesse. Car si les différentes intrigues m'ont plu (un peu moins la grosse comédie burlesque, j'avoue), je les ai trouvées trop rapidement évoquées. Au final, je suis restée un peu sur ma faim.

 

Lu dans le cadre du challenge Les Naufragés

challenge naufrages 9-copie-1

Lu dans le cadre du challenge En scène !

CategorieRacine

Repost 0
Published by Céline - dans Lecture
commenter cet article
3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:00

miss-pettigrew2.jpg" 'I know there are people with a lot of money' said Miss Pettigrew humbly, 'but I fond it quite impossible to think in terms of pounds. I count in pence.' "

 

Miss Pettigrew est une gouvernante - pas très douée. D'ailleurs, elle est à deux doigts d'être renvoyée de l'agence d'intérim dans laquelle elle travaille. Elle chipe donc une petite annonce et se présente, à 10h du matin, chez Miss LaFosse. Laquelle, loin d'être la vieille fille revêche à laquelle Miss Pettigrew s'attendait, se révèle être une adorable jeune femme en déshabillée élégant, et totalement angoissée, car un de ses amants est encore dans son lit, alors que son officiel va toquer à la porte d'une minute à l'autre ...

 

J'avais entendu énormément de bien sur ce roman, ce "conte de fées moderne", à la fois sur whoopsy-daisy et sur les blogs. Tant et si bien que, ce qui devait arriver, arriva : j'ai été un peu déçue.

Pourtant, de manière purement objective, c'est un bon livre, pétillant d'esprit. Le personnage de Miss Pettigrew est touchant à suivre, la manière dont il évolue, dont cette vieille fille un peu coincée découvre la vie sans complexe des Années est drôle à suivre. Miss Pettigrew dans un dancing, c'est un chien dans un jeu de quilles. Elle rencontre une variété ainsi rigolote de spécimen humain et son bon sens au milieu d'eux fait plaisir à voir.

 

Je pourrais trouver des raisons intelligentes pour lesquelles ce roman m'a parfois mise un peu mal à l'aise. Je trouve les personnages très monolithiques : chacun d'entre eux est caractérisé en quelques traits assez forcés. Et même la situation des personnages est vue de façon manichéenne : la vie de gouvernante est absolument noire ; celle de Miss LaFosse est absolument dorée. Certes, c'est un conte, mais un peu plus de nuances m'aurait permis d'apprécier un peu plus le happy-ending !

Et puis, si c'est un conte, ce n'est pas un conte très féministe : voir une femme passer du statut de femme indépendante (même si c'est dans un métier ingrat) à celui de femme entretenue par un homme me fait froncer les narines (mais c'est sans doute l'époque qui veut ça ...).

 

Mais, objectivement, j'ai lu plein de bouquins qui avaient ce genre de défauts, et ça ne m'a pas gênée plus que ça. C'est plus dans le style que j'ai été un peu rebutée. C'est très pétillant, vif comme une bulle de champagne, mais presqu'un peu trop. Les dialogues sont enlevés, mais il n'y a presque que cela, au point que j'avais parfois l'impression de lire une pièce de théâtre ou un scénario de film burlesque.

Enfin, le livre est composé de saynettes, qui sont assez répétitives (Miss LaFosse ou une de ses amies est dans la mouise, et Miss Pettigrew sauve tout ça avec son bon sens), en fait. Donc, alors que je pensais dévorer ce roman en quelques heures, je l'ai trainé pendant plus d'une semaine, sans enthousiasme...

 

Mais, ce que je n'aime pas trop en livre pourrait bien me plaire en pièce de théâtre ou en film. Et comme il parait qu'une excellente adaptation est sortie récemment, je pourrais bien me laisser tenter...


Lu dans le cadre du challenge Once upon a time

OnceUponATime

Lu dans le cadre du challenge Fairy Tales

fairytale

Lu en anglais

Lirenanglais

Et se passe à Londres !

IloveLondon

Repost 0
Published by Céline - dans Lecture
commenter cet article
12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 18:00

deerskin.jpg"Why, Lissla Lissar, child, is that you ?You're all grown up. How can I not have noticed ? I almost didn't recognize you, you have such a look of your mother. My dear, how much you do look like your mother!"


J'avais beaucoup aimé la manière dont Robin McKinley avait raconté La Belle et la Bête, dans Beauty, et j'étais très désireuse de découvrir d'autres romans de cette auteur. C'est pourquoi, après avoir lu les louanges de Deerskin, j'ai décidé de me lancer.

Deerskin est une réécriture de Peau d'Âne : Lissar est une jeune princesse, fille d'un roi à la belle prestance et de la plus belle femme des Sept Royaumes. A la mort de la reine, celle-ci fait promettre au roi de ne se remarier qu'avec une femme aussi belle qu'elle. Hélas pour Lissar qui en est le portrait craché et que son père décide d'épouser. Après qu'il l'ait violée, elle s'enfuit dans la montagne, accompagnée de sa chienne, qui lui a été offerte par le jeune prince d'un autre royaume, à la mort de sa mère. Pendant de longues années, elle panse ses plaies et apprend à vivre avec et à ne plus se sentir coupable. Jusqu'au jour où elle décide de retourner parmi les hommes...

Comme dans Beauty, le style m'a envoutée. L'écriture de McKinley est hypnotique et je n'ai pas pu lâcher ce livre pendant plusieurs jours. Je le lisais partout, dans le bus, au petit déj, en marchant dans la rue. C'est très très bien écrit, avec un style simple et juste, et malgré tout emprunt de poésie.
Et le thème est douloureux et touchant. Lissar a eu sa vie gâchée par ses parents, d'abord trop beaux, trop connus, trop parfaits ; puis par l'inceste. Elle apprend à se dégager de leur étreinte et à vivre sa propre vie, et ce n'est pas facile. La lecture de son traumatisme, de la manière dont elle enferme sa souffrance dans sa mémoire et s'y interdit d'y avoir accès, m'a émue.

Il y a un autre personnage fascinant dans ce livre, c'est Moonwoman, l'être surnaturel qui aide Deerskin à plusieurs reprises. Sa légende y est racontée, mais c'est un conte dont je n'ai jamais entendu parler.Est-ce mon manque de culture ? Ou est-ce l'imagination de l'auteur, qui après écrit des romans à partir de contes se met à créer à son tour des histoires ?

 

Encore une fois, un très beau roman, terriblement prenant.

 

Lu dans le cadre du challenge Once upon a time

OnceUponATime

Lu dans le cadre du challenge Fairy Tales, sur whoopsy-daisy

fairytale

 Lu en anglais

Lirenanglais

Lu dans le cadre du challenge Mondes imaginaires


mondesimaginaires

Repost 0
Published by Céline - dans Lecture
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog bleu
  • : Le blog d'une curieuse, avide d'histoires, de récits, de livres, de film et d'imaginaire.
  • Contact

En passant

Envie de vacances, de bouquinage dans un jardin anglais, de farniente...

Recherche

http://www.wikio.fr

Archives

http://www.wikio.fr

Mon planning

Janvier 2013

Lecture commune approximative : Imposture, de Benjamin Markovits, avec George

 

9 Janvier 2013

Lecture commune : Silvia's lovers, de Gaskel, avec Titine

 

20 Janvier 2013

Lecture commune : Les Chouans, de Balzac, avec Maggie, Nathalie , Cléanthe et Marie

 

Février 2013

Lecture commune : La fausse maîtresse, de Balzac, avec Marie

 

4 Mars 2013

Lecture commune : Le temps des métamorphoses, de Poppy Adams, avec Tiphanie, Soukee et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : The scarlett letter, de Nathaniel Hawthorne, avec Noctenbule et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : Quelle époque !, de Trollope, avec Adalana, Shelbylee, Maggie et Titine

 

Avril 2013

Lecture commune : Les vagues, de Virginia Woolf, avec Cléanthe , Anis et Titine


21 Juin 2013

Lecture Commune : Petite soeur, mon amour, avec Valérie

 

 Juin 2013

Lecture de L'Argent, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Juillet 2013

Lecture de La débâcle, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Août 2013

Lecture de Le Docteur Pascal, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

7 Novembre 2013

Lecture de Le dernier Homme de Camus, dans le cadre du défi Albert Camus

Mes défis persos

On peut me retrouver : whoopsydaisy.jpg
Et j'en fais partie :
wildpal9.png
mythesetlégendes

souver10

D'autres blogs de lectures ?

Cuné a fait le compte et c'est !

 

Et Acr0 a recencé les blogs de fantasy, c'est ici