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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 17:00

DaddyLongLegs.jpg"Everybody likes a few surprises; it's a perfectly human craving. But I never had one until Mrs Lippett called me to the office to tell me that Mr John Smith was going to send me to college."

 

Judy Abbott a vécu toute sa jeune vie dans un orphelinat et son avenir n’est guère plus brillant que son enfance : elle est promise à travailler au sein de cet orphelinat. Jusqu’au jour où un des riches donateurs de l’orphelinat, séduit par une de ses rédactions décide de lui payer l’université, afin qu’elle devienne écrivain. Deux conditions à ce miracle : qu’elle lui écrive chaque mois une lettre, afin qu’il puisse juger de son talent d’écrivain – lettre à laquelle il ne répondra pas ; et qu’elle ne cherche jamais à connaître son nom. Pour elle, il restera Mr John Smith, un nom qui ne lui plait pas du tout et qu’elle rebaptise en Mr Daddy Long Legs,  terme anglais pour les faucheux, ces grandes araignées maigres à grande jambes. Car c’est bien à ça que la silhouette de Daddy Long Legs lui a fait penser quand elle l’a vu, de loin, repartir de l’orphelinat.

Trois années d’université, la découverte de la littérature, la découverte de l’amitié, la découverte de l’amour. Une jeune fille qui grandit, qui développe son caractère, ses colères envers son « Daddy Long Legs » qu’elle aime malgré tout – car qui peut elle aimer d’autre ?, ses peines, ses joies et sa liberté.


Voici un très joli roman, que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. Judy est une interlocutrice vive, gaie, joyeuse et sa description du pensionnat est originale. Alors que, dans la plupart des récits de ce genre, le narrateur regrette se vie d’avant, sa famille et met un peu de temps à s’habituer à la vie en communauté, Judy est tout le contraire : la vie en communauté, après 15 ans d’orphelinat, elle connaît et il n’y a rien, ni directrice bienveillante, ni amie d’enfance qu’elle regrette.

Cette sorte de virginité facilite encore l’identification à l’héroïne. A travers ses yeux, nous découvrons ce monde, nous nous attachons à ses camarades et, hélas, ce qui n’a pas du tout marché chez moi, nous ne tombons pas amoureuse.


Car c’est là le seul reproche que je ferais à ce livre : l’histoire d’amour. Il est difficile de la critiquer sans en dire trop, mais elle m’a semblé vraiment mal ficelée. Et gênante, à la fin, quand une sorte de tabou tombe. Dommage, car je suis sortie du livre avec un goût amer, alors que tout le reste est un régal !

 

 

Lu dans le cadre du challenge Une rentrée en pensionnat sur whoopsy-daisy

pensionnat2

 

Lu dans le cadre du challenge Cartable et Tableau Noir

CartableTableauNoir

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Lirenanglais

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:28

Frankenstein.jpg"Dans le domaine de la recherche scientifique, au contraire, il y a toujours matière à nouvelles découvertes, à de nouveaux émerveillements."

 

Victor Frankenstein est un jeune homme plein d'avenir. Né dans une famille aimanté, hélas endeuillée par le décès précoce d'une mère tant aimée, il est promis à son amie d'enfance, sa sœur de cœur, la douce Elizabeth. Alors qu'il atteint l'âge adulte, son père tant aimé l'envoie loin des siens, son frère chéri, son ami Clerval, son Elizabeth adorée, pour accéder à l'un de ses vœux les plus chers : apprendre la philosophie naturelle à Ingoldstad.

 

Il va apprendre, pour son malheur, et sa soif de savoir, l'éloignement des liens familiaux, vont le conduire au pire : se croire Dieu lui-même et créer la vie sous la forme d'un être pseudo-humain, fait d'organes pillés dans les cimetières et ramenés à la vie par l'électricité. Mais la créature est un monstre, abominable, et Frankenstein refuse d'en assumer la conséquence.

Tombant malade, alors que la créature s'enfuit dans la nuit, il reste des mois alité, incapable de partager avec son ami Clerval l'infâme acte qu'il a commis. Alors qu'il se remet doucement, une terrible nouvelle surgit : son jeune frère, l'innocent William, a été étranglé, et c'est une amie de la famille, une jeune fille naïve, incapable de faire du mal est accusée...

 

"La vision de ce que la Nature avait de grandiose avait d'ailleurs toujours eu pour effet d'ennoblir mes pensées et de m'amener à oublier les tracas passagers de l'existence."

 

J'ai enfin lu ce classique de la littérature fantastique … qui m'est plus apparu comme un classique de la littérature romantique. A part la naissance de la créature, mais que le narrateur assure pouvoir expliquer scientifiquement, même s'il s'y refuse, les thèmes que traitent le roman sont ancrés dans leur époque. Deux thèmes en particuliers, constituent la trame intime du roman : quelle est la responsabilité ? L'homme est-il bon par nature, ou est-il corrompu par la société des autres hommes et leur regard ?

La créature l'assure : elle était bonne à sa naissance, bonne et vertueuse. C'est le rejet de Frankenstein d'abord, son incapacité à assumer son acte, c'est le dégoût des De Lacey, ensuite, et celui de tous les autres hommes qui l'ont conduit à agir ainsi, à se venger sur d'autres êtres innocents du mal causé par des êtres moins innocents, corrompus par le savoir et la connaissance.

Car là est la faute première de Frankenstein, le premier péché : la soif de connaissance, chercher à comprendre comment marche le vivant, ce qui cause la vie. Et, second péché, Frankenstein est trop intelligent : il perce des mystères qui ne devraient être connus que de Dieu, ce qui le conduit au péché ultime : se prendre pour Dieu en créant un être vivant. Mais un être vivant à son image, monstrueux.

Parce qu'il sait, Frankenstein est chassé du Paradis, et apporte la peine et la misère sur ceux qui y restent : William, Justine, Clerval, Elizabeth, son père...

 

Bien sûr, ce thème ne peut que parler à la scientifique que je suis. Je ne crois pas qu'il y ait un mal quelconque à chercher à dévoiler la nature, à comprendre la vie, à savoir, toujours plus. S'il y a une responsabilité du scientifique sur la manière dont le savoir qu'il dévoile est utilisé, il y a aussi un devoir, qui est de ne pas s'arrêter dans la quête du savoir.

Ce qu'avait rêvé Mary Shelley est maintenant en train de devenir vrai. Pas à l'échelle d'un être humain, bien sûr, à celle d'une toute petite bactérie, une des plus simples, une bactérie que Craig Venter a recrée à partir d'un cytoplasme vide, mort, et d'une molécule biochimique, un génome complet synthétisé au laboratoire. Dans certains laboratoires, des chercheurs essaient de redonner vie à des mammouths, une espèce éteinte depuis plus de 10 000 ans. Si cela marche, ce sera bientôt, peut-être, l'Homme de Néandertal qu'on cherchera à faire revivre.

Que peut nous dire Mary Shelley de ces êtres nés de la science ?

 

Ces questions soulevées par ce roman m'ont passionnée, même si le roman lui même m'a parfois ennuyée. Le style est excessivement romantique, dans toute la glorification de la nature et de la vertu et des douceurs des jeunes filles comprises. Frankenstein lui même est un héros romantique, indécis, hésitant, faible, insupportable. Ses atermoiements sans fin ont fini par me lasser.

Quant à la créature elle-même, une fois admis qu'elle était capable de parler dans le plus pur des langages, son témoignage m'a plus intéressée. Son éveil à la vie, aux sensations, aux sentiments est magnifiques – même si son séjour auprès des De Lacey contient parfois des passages hors-sujet.

 

Au final, c'est un roman à lire, un classique, mais sans doute plus intéressant pour son romantisme et son rousseauisme. On est loin du fantastique et du gothique...

 

 

 

Lu dans le cadre du challenge Halloween 2012 - étape scandinave avec un peu de retard

Halloween

 

Lu dans le cadre du challenge romantique

Romantisme

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 08:00

HistoireContemporaine.jpg

"Mais [ces détails] sont indispensables à l'intérêt de cette histoire, à laquelle le public actuel croira déjà difficilement, et qui débute par un fait presque ridicule : l'empire que prenait une femme de soixante ans sur un jeune homme désabusé de tout."


Âgé d'une trentaine d'année, Godefroid est un homme au bout du rouleau : désabusé, aigri, ruiné, endetté. Pour essayer de se refaire, pour prendre des vacances de l'agitation parisienne, il abandonne son appartement coûteux, pour un tout petit appartement, dans un hotel particulier au coeur de l'Île de la Cité, mais aussi éloigné de Paris que s'il était situé en Patagonie. Cette simple annonce :

"Petit logement de soixante-dixfrancs par mois, pouvant convenir à un ecclésiastique. On veut un locataire tranquille ; il trouverait la table, et on meublerait l'appartement à des prix modérés en cas de convenance mutuelle."

excite sa curiosité et son désir de calme et de solitude. Lorsqu'il parait, il est mis en présence d'une femme que tous semblent révérer : Mme de la Chanterie, qui vite le séduit par sa douceur maternelle et sa foi catholique militante.

Il s'installe et, en découvrant les autres pensionnaires, se doute vite que d'étranges manoeuvres ont cours dans cette demeure. Des gens vont et viennent ; de fortes sommes d'argent sont échangées.

Mais qui sont ces Frères de la Consolation ? Et quel est leur grand projet ?

 

"Il a fait passer toute une contrée de l'état sauvage à l'état prospère, de l'état irreligieux à l'état catholique, de la barbarie à la civilisation."

 

C'est un roman encore une fois excessivement moral. Il fait pendant à l'Histoire des Treize, à Splendeur et Misère des courtisanes, voulant montrer que la puissance de la bonté n'a rien à envier à celle du mal, ou de la débauche, pourvue qu'elle reste secrète et n'ait pour seule ambition que faire le bien. Madame de la Chanterie est une anti-Vautrin, son pendant féminin et bon, au passé aussi mystérieux que lui.

Etonnament, alors que le moralisme du Médecin de campagne (référence si dessus) m'avait agacée, ce roman m'a séduite. Même si je ne partage pas la foi ni la morale des Frères de la Consolation, leur bonté, leur conviction en la bonté de l'être humain rend ce livre magnifique et donne espoir en l'avenir.

 

"Arrivé rue Notre-Dame-Des-Champs dans la partie aboutissant à la rue de l'Ouest, qui ni l'une ni l'autre n'étaient encore pavées à cette époque, il fut surpris de trouver de tels bourbiers dans un endroit si magnifique. On ne marchait alors que le long des enceintes en planches qui bordaient des jardins marécageux ou le long des maisons, par d'étroits sentiers bientôt gagnés par des eaux stagnantes, qui les convertissaient en ruisseaux."

 

Et puis, il y a Paris, personnage magnifique et exotique de ce livre. L'Île de la Cité avant la construction de l'Hôtel Dieu et ses rues moyen-âgeuses dans lesquelles ont croit deviner l'ombre de Quasimodo. La rue d'Assas avant qu'elle ne soit pavée, bordée de jardins et de ruisseau. Arriver à imaginer cette rue maintenant ultra-chic, bordée par le Lycée Montaigne et l'Ecole Alsacienne, en repaire de brigands, infréquentable le soir après 6h, boueuse et marécageuse, relève de l'expérience inédite.

 

Alors que ce roman m'avait une première fois résisté, la seconde a été la bonne !

 

Lu dans le cadre du challenge Balzac.Balzac

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 08:00

HeartlessCover.jpg

"Lady Maccon rubbed her protesting belly with one hand and sipped tea with the other"

Attention, spoiler ahead (J’aime les séries à cinquante tomes qui nous font écrire des billets qui n’intéressent personne : les gens qui n’ont pas lu la série ne les lisent pas de peur de se faire spoiler ; et les gens qui l’ont commencé sont déjà tombés sous le charme d’Alexia Tarabotti …)

 

Nous avions laissé à la fin du tome 3 Alexia Maccon dans une situation … intéressante. Nous la retrouvons quelques mois plus tard, dans une situation encore plus ‘intéressante’, « the infant inconvenience » ayant tendance à prendre de plus en plus de place.

En parallèle, Biffy semble avoir du mal à s’adapter à sa nouvelle vie de loup-garou et ses sentiments pour Lord Akeldama ne l’y aident pas. Ajoutez un fantôme à l’esprit confus qui annonce à Alexia qu’un assassinat contre la Reine est en préparation, et vous avez tous les bons ingrédients pour un tome parfait du Parasol Protectorate.

 

Sauf que cette fois-ci, ça n’a pas marché. Je l’ai commencé en pensant me plonger dans un roman délicieux qui me ferait oublier le monde autour de moi pendant 2 jours, et je l’ai traîné pendant 1 semaine, sans arriver à me mettre dedans et voyant arriver les rebondissement 100 pages à l’avance.

Pourquoi ? Est-ce parce que les intrigues de tous les volumes se ressemblent quand même pas mal ? Sans doute. Mais les autres volumes apportaient un petit quelque chose en plus, une complexification de l’univers qui m’accrochait à chaque fois. Dans celui-ci, non. On ronronne paisiblement, avec des méchants vampires, un Lord Maccon très porté sur la chose, un vampire homosexuel très homosexuel, un Bêta qui est un parfait Bêta, etc. etc. etc.

On apprend certes des choses sur ce qui s’est passé à peu près au moment de la naissance d’Alexia, et son père acquiert une dimension plus importante (et plus touchante). Mais cet aspect reste vraiment secondaire …

 

Je lirai le dernier tome, bien sûr. Il est dans ma PAL et Gail Carriger a une plume enlevée qui se lit bien. Mais mon enthousiasme des deux premiers volumes est un peu retombé.

 

Lu dans le cadre du Challenge Halloween – chapitre Royaume Uni

 Halloween2012

Lu dans le cadre du challenge victorien

victorien

Lu en anglais

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 18:00

Nightfall.jpg"They thrill him, these little demonstration of womanly certainty. They're right out of Henry James and George Eliot, aren't they ? We are in fact made of the same material as Isabel Archer and Dorothea Brooke."

Peter et Rebecca sont deux new-yorkais d'une quarantaine d'années, aisés. Leur carrière dans le monde des arts (il tient une galerie, elle est éditrice d'un magazine d'art) a rencontré le succès.

Mais leur fille s'est éloignée d'eux et de la vie qu'ils voyaient pour elle. Mais Peter sent son désir pour le corps vieillissant de Rebecca s'affaiblir. Mais le sens de leur vie leur échappe..

Arrive chez eux le jeune frère de Rebecca, Mizzy (pour The Mistake, le petit garçon étant vingt ans plus jeune que ses soeurs), un jeune garçon de vingt-cinq ans, paumé, écrasé par les espoirs de sa famille et son addiction à la drogue.

Entre Peter et Mizzy se noue une relation dont Peter ne sortira que changé.

 

"We build palaces so that younger people can break them up, pillage the wine cellars and pee off the tapestry-draped balconies."

 

C'est un livre que j'ai beaucoup aimé. L'histoire est assez banale - au moins dans la fiction : j'ai cru parfois voir le scénario d'un film français, avec Bacri dans le rôle de Peter et Jaoui dans celui de Rebecca. Sauf qu'à la différence de ces films, l'auteur entre dans l'esprit de Peter, dans ses pensées avec du stream of conscioussness à la Virginia Woolf.

Peter est à un tournant de sa vie, et la questionne sous tous ses aspects ? Trouvera-t-il les réponses ? Oui, et non. Il apprend à vivre avec ses questions, à passer au delà de ses doutes, à continuer à vivre malgré tout. C'est la fin de l'adolescence à d'un homme et il apprend que la jeunesse n'est pas éternelle, que le corps androgyne de sa femme vieillira, que réussir sa carrière sans compromission est impossible. Qu'on ne peut pas tout avoir.

C'est triste, évidemment, profondémment nostalgique. La morale en est douloureuse, mais la résignation de Peter est si belle ...

 

"Peter waits for the light, crosses among a small congregation of those nighttime pedestrians of lower Broadway, the couples and quartets (they're always paired) who are neither old nor young, who are clearly prosperous, who are Out for the Night and seem to be having a good-enough time, having driven in, he supposes, from somewhere nearby, parked in a public garage, had dinner, and are now headed ... where? To retrieve their cars, to go home; Where else ? These are not people with inscrutable assignations. They're not tourists, either, they're nothing like te gawkers and brayers in a place like Times Square, but they don't live here, they live in Jersey or Westchester, they're burghers right out of seventeenth-century Amsterdam, they cross Broadway as if they fucking own it, they think they look rakish, they think they're creature of the night, they have neighbors whom they consider burghers because they don't like driving in New-York, because they'd rather stay home [...], while the residents of downtown Manhattan, the ones who survive the days here, walk more modestly, certainly more quietly, more like penitents, because it's almost impossible to maintain a sens of hubris when you live here, you're too constantly confronted by the rampant otherness of others; hubris is surely much more attainable when you've got a house and lawn and a Audi, when you understand that at the end of the world you'll get a second's more existence because the bomb won't be aimed at you, the shock wave will take you out but you're not anybody's main target, you've removed yourself from the kill zone, no one gets shot where you live, no one gets stabbed by a random psychopath, the biggest threat to your personal ongoing security is the possibility that the neighbor's son will break in and steal a few prescription bottles from your medicine cabinet."

 

Et c'est tellement bien écrit ! Je comprends pourquoi Cunningham a écrit The hours, car son amour pour Virginia Woolf transparait à chacune des lignes. Il y a la même poésie, ce rythme des phrases sans fin au fur et à mesure des pensées. Et la culture de littérature anglo-saxonne de l'auteur est impressionnante, imprégnant les pages.

 

Lu en anglais

Lirenanglais

 

Lu dans le cadre du mois américain.

Amerique

 

Lu dans le cadre du challenge New-York

challenge-ny-12

 

Lu dan

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 08:00

Beastly.jpg"I knew why Will had suggested the book of course, because Quasimodo was like me, locked away somewhere. And in my fifth-floor room, watching over the city, I felt like him. Quasimodo watched the Parisians and a beautiful gypsy girl, Esmeralda, who danced far below. I watched Brooklyn."


Dans un lycée privée huppé de New-York, Kyle est un peu la méga star. Son père est un richissime présentateur de télé à succès, il est beau comme un dieu grec, sort avec la pétasse, la blondasse  la jolie fille de la classe et est la coqueluche de sa classe.

Et en profite donc pour être odieux avec les autres, ceux qui ne sont pas aussi beaux et riches que lui, que ce soit la nouvelle femme de ménage de son père, les profs, ou les filles pas très jolies de sa promo…

 

Parce qu’il s’est moqué d’une fille étrange de sa classe, gothique et laide, il sera transformé en bête poilue ; parce qu’il a eu un mouvement de bonté pour une élève pas très jolie, il lui sera donné un espoir de rédemption : il lui faut parvenir à aimer et se faire aimer malgré son physique bestial et échanger un vrai baiser d’amour, d’ici deux ans. Sinon, la malédiction sera éternelle…

 

Bien sûr, vous aurez reconnu le thème de la Belle et la Bête, à la sauce Young Adult Fiction et modernisé pour les besoins de la cause. J’ai trouvé la modernisation assez bien jouée pour certains aspects (notre Bête isolée découvre le chat pour rencontrer d’autres personnages de contes de fées, par exemple). En revanche, l’aspect « star du lycée, Gossip Girl, fric à gogo et parents absents » m’a semblé  facile. Je me lasse un peu de ce poncif dans la fiction actuelle pour ados …

 

En revanche, ce que j’ai adoré, c’est la place de la littérature : ce roman est un hommage à la lecture comme moyen de s’embellir « de l’intérieur » et ça, c’est merveilleux. Dans sa solitude, la Bête est rejointe par un professeur particulier, Will, un jeune homme passionné de littérature et qui va aider la Bête à se sortir de sa dépression, à l’aide de romans particulièrement tournés vers le questionnement de la beauté et de la monstruosité.

 

Le roman s’inspire énormément de la Belle et la Bête de Cocteau. On retrouve souvent des références qui m’ont fait penser à ce film magnifique : la tempête, la roseraie … Hélas, le roman manque parfois un peu d’ambition et a du mal à se détacher de cet illustre ancêtre.

 

Au final, j’ai un avis assez mitigé sur ce roman : il y a d’excellentes choses , qui auraient mérité d’être plus fouillées et des facilités qui, sans me déranger, m’ont un peu ennuyée.

 

Lu en anglais

Lirenanglais

Lu dans le cadre du challenge Fairy Tales sur whoopsy-daisy

fairytale

Et du challenge Once upon a time

OnceUponATime

 

Et, même si ce n'est pas l'aspect principal du roman, il se passe à New-York

challenge-ny-12

qui est une ville des Etats-Unis

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 13:17

79439"Antoine : Je pense à toutes les âmes perdue par ces faux dieux.

Hilarion : Ne trouves-tu pas qu'ils ont ... quelque fois ... comme des ressemblances avec le vrai ?

Antoine : C'est une ruse du Diable pour séduire mieux les fidèles. Il attaque les forts par le moyen de l'esprit, les autres par la chair."

 

Antoine vit en ermite en haut d'une montagne égyptienne. Une nuit, les tentations viennent tester sa foi et sa constance, tentations dont il sortira vainqueur, bien sûr (sinon, ça ne serait pas Saint Antoine).

Ce sont d'abord les péchés de la chair qui viennent le poursuivre, la luxure, la gourmandise, vite suivis par les philosophes. Ils sont introduits par un homme, une ombre qui se présente comme Hilarion, disciple d'Antoine, qui fait défiler devant les yeux de son maître toutes les philosophies, toutes les sectes, plus bizarres et étranges les unes que les autres. Antoine est troublé, mais résiste toujours. Ce sont ensuite les religions païennes qui sont amenées devant ces yeux, le Bouddha, les religions de l'Orient ancien, de la Grèce, de l'Egypte, les dieux familiers des romains.

Enfin, l'ombre qui se prétend Hilarion se dévoile : il est la Science, il est le Diable qui emmène Antoine dans un voyage à travers l'espace, lui montrant la petitesse de sa manière de penser, et l'absence du Dieu qu'il prie. Mais Antoine espère encore, et ce n'est ni la Mort, ni la Luxure, dernières visiteuses imbriquées l'une dans l'autre, qui le feront changer d'avis.
Quand le Soleil se lève, c'est le Christ qui lui apparait dans le disque.

 

"Et ils vivent toujours ! L'Empereur Constantin adore Apollon. Tu retrouveras la Trinité dans les Mystères de Samothrace, le baptême chez Isis, la rédemption chez Mithra, le martyr d'un Dieu aux fêtes de Bacchus. Proserpine est la Vierge ! ... Aristée est Jésus."

 

Quelle oeuvre étrange et baroque ! Mi pièce de théâtre fantastique, mi poème en prose, il est de lecture ardue. Les noms se succèdent, les références aussi, et ma faible culture m'a empêchée de tout comprendre. Si les références à l'Egypte, à la Grèce, à Rome passaient bien, j'ai senti mon manque quand il s'agissait de l'Orient ancien ou des débuts de Christianisme.

Qu'importe : je me suis laissée bercer par les phrases, leur rythme, la beauté des substantifs choisis. Flaubert déroule devant nos yeux une fresque soyeuse et riche, et peu m'importe si des figures m'y étaient inconnues. J'y ai retrouvé des passages à la Théophile Gautier, à la Nerval, à la Baudelaire ; des images qui m'ont fait penser à des tableaux de pré-raphaélites.

Très loin de la sécheresse aride de Bouvard et Pécuchet, qui m'avait ennuyée, cette oeuvre lue par petits bouts, saynettes après saynette, m'a séduite.

 

Lu en lecture commune avec Maggie

lecturecommune1

 

Lu, sans le savoir a priori, dans le cadre du challenge Mythes et Légendes

mythologiedécouverte

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 13:00

LiftedVeil.jpg

"For I foresee when I shall die, and everything that will happen in my last moments."

 

A ma grande surprise, George Eliot n'a pas écrit que des gros pavés de 652 pages (au moins). Elle a aussi commis des nouvelles et The lifted veil m'a semblé tout à fait adapté à la lecture victorienne des Frogs pour cet été. Je n'avais pas très envie de me replonger dans un monument eliotesque, quelques mois après mon échec retentissant avec Daniel Deronda.

Le mini-format et la tête pensive m'ont séduite et je me suis plongée dans la vie de Latimer, un second fils malheureux, moins beau, moins sportif, moins intelligent que son frère aîné. Alors qu'il est dans un collège en Suisse, il est touché par une maladie, à la suite de laquelle son père et son frère viennent le rejoindre. Il subit alors deux flashs de préscience : l'arrivée d'une jeune fille, Bertha, quelques minutes avant son arrivée effective ; et une vision de Prague, une ville qu'il ne connait et n'a jamais vue.

Bien sûr, il tombe amoureux de Bertha ; bien sûr, Bertha flirte outrageusement avec lui, mais se fiancie avec son frère. Et lorsqu'un nouveau flash apparait, le montrant en couple malheureux avec elle, il ne sait plus du tout quoi en penser...

 

"Our position were reversed. Before marriage she had completely mastered my imagination, for she was a secret to me; ans I created the unknown thought before which I trembled as if it was hers. But now that her soul laid open to me, now that I was compelled to share the privacy of her motives, to follow all the petty devices that preceded her words and acts, she found herself powerless with me, except to produce in me the chill shudder of repulsion."

 

Je ne pourrais dire que j'ai vraiment aimé cette nouvelle. Sur le moment, je la trouvais de la bonne longueur, et en y réfléchissant pour écrire ce billet, je me demande si elle ne me laisse pas sur la langue un goût d'inachevé. Les personnages, Bertha et Latimer, sont à peine esquissés, des "types" derrière lesquels on devine qu'Eliot voyait des être infiniment plus profonds.

Les thèmes abordés, sont passionants. Cette intrusion du fantastique chez une auteur qui montre surtout sa très grande rationalité, est bien abordée : au début, Latimer refuse de croire à son don. Il faut qu'il retrouve sur l'ombre d'un trottoir de Prague la même ombre qu'il avait devinée dans son imagination pour qu'il se laisse convaincre. Mais qu'est-ce qu'une ombre, quel genre de preuve est-ce là ?

Et qu'est-ce qu'un narrateur, si ce n'est quelqu'un qui nous use et nous manipule à sa guise ?

Bertha nous est présentée comme un charmant serpent, séduisante et mauvaise, adorée puis détestée de Latimer. Mais cet avis semble si peu partagé par le monde autour de lui, que le texte lui-même est construit comme une justification vis à vis du monde de la conduite que l'homme a eu à l'égard de sa femme.

Et si Latimer nous menait en bateau ? Et si cette "prescience" qui l'a autorisé à haïr sa femme n'étaait que mensonge ?

 

Ces aspects passionants mis à part, je n'ai pas accroché plus que ça au style, à l'ambiance, aux personnages. Latimer est un petit garçon geignard et Bertha une pimbêche insupportable. Leur vie ne m'a pas touchée, ne m'a pas intéressée plus que ça.

Peut-être qu'Eliot est plus à son aise dans les pavés de 652 pages, finalement.

 

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Lu dans le cadre du challenge victorien

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VFAL.jpg

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 09:38

DreamAngus.jpg« Myth is a cloud, based upon a shadow based upon the movement of the breeze. »

Angus est le dieu celte des rêves, de la jeunesse insouciante et de l'amour. Il est beau comme seul peut l'être un jeune dieu, tendre et amical, parfois cruel avec ceux qui se mettent en travers de son chemin. Chemin traversé par sa mère, la douce rivière Boyne, son père, le Dagda, plein de vie et de force, puissance d'égoïsme, son frère Midir ou la belle Emer. Il est le dieu vif argent, celui des devinettes et des ruses.

Alexander McCall Smith nous raconte donc le mythe d'Angus, de sa naissance à la rencontre de l'amour, qu'il intercale avec des nouvelles, se passant dans l’Écosse d'aujourd'hui ou d'hier, où Angus intervient.

 

Ce texte assez court est publié dans la collection The Myths qui vise à publier des romans écrits par des auteurs d'aujourd'hui pour raconter des mythes du passé. Ils ont ainsi publié The Penelopiad de Margaret Atwood, ou The story of the good man Jesus and the scoundrel Christ, de Pullman. Vous doutez bien que cette approche m'a beaucoup intéressée et j'ai sauté sur l'occasion. Un auteur que j'avais déjà apprécié, une mythologie qui me séduit, je n'allais pas passer à côté...

Au final, je suis un petit peu déçue. L'approche suivie par la maison d'édition me fait suspecter que ce texte est une commande, et je le ressens un peu dans le manque de passion dans l'écriture. Pour moi, la réécriture d'un mythe se doit d'être traversée par un souffle épique. Et c'est principalement vrai pour les mythes celtes, dont l'absence totale de logique et de rationalité fait qu'une écriture plan-plan ne peut les rendre à leur juste mesure.

Est-ce parce que Alexander McCall Smith s'est un peu ennuyé en l'écrivant que je trouve que ce texte fait un peu « devoir d'écolier » ? Est-ce que le style d'Alexander McCall Smith n'est pas caractérisé par son lyrisme (qui ne m'avait pas frappé dans 44 Scotland Street) qu'il n'était pas le meilleur auteur pour écrire une adaptation à mon goût ?

En tout cas, cette rencontre ne s'est pas faite. Je n'ai pas passé un moment désagréable en le lisant. Certaines de nouvelles sont même très bien. Mais je m'attendais à mieux...

 

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Lu dans le cadre du challenge Mythes et Légendes- catégorie mythologie celtique

mythologieceltique

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 07:47

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"Cette science nouvelle [la psychologie] fait apparaître qu'à travers les contes merveilleux - qui se proposent de raconter la vie des héros légendaires et qui mettent en scène les divinités de la nature, les esprits des morts et les ancêtres totémiques du groupe - une expression symbolique a été donnée aux peurs, tensions et désirs inconscients qui sont à la base des différents types de comportement humain conscient. En d'autres termes, la mythologie est psychologie et non, comme on l'a interprêtée à tort, biographie, histoire ou cosmologie."

 

Cet ouvrage rédigé à la fin des années 40 est une somme de mythologie comparée : à travers les différents mythes du monde entier, il dégage une direction générale, un monomythe, celui du voyage du Héros. Pour tous, quelques soient leur origine géographique, la nature de leur héros (dieux, prophètes, ou banal paysan de conte de fées), l'épopée correspond à un voyage interne dans lequel leur véritable nature se révèle.

Dans le monde de la réalité, le héros reçoit un appel de l'aventure, qu'il peut d'abord refuser, mais qu'il finira de toute façon par accepter. Son initiation va comporter une série d'épreuves qui vont le conduire à utiliser de l'aide qu'il a gagnée à l'extérieur, en voyant au delà de l'apparence des choses. Il va subir une épreuve particulièrement difficile, après laquelle, s'il survit, il obtiendra le don suprême qui le conduire à changer de nature.

L'auteur se base particulièrement sur l'histoire de Bouddha, d'Osiris, de Jésus, de Moïse, de Prométhée, mais s'aide aussi de beaucoup de contes et de légendes amérindiens, chinois, ... Voir ces mythes mis en parallèle est absolument passionnants et certaines correspondances sont impressionnantes. Lire dans un conte d'au delà du monde une structure identique à celles des contes qu'on me racontait étant enfant a quelque chose de très émouvant.

 

Mais contrairement à d'autres ouvrages de mythologie comparée qui se servaient de ces correspondances pour établir des relations entre les cultures et supposer une origine commune du mythe (je pense en particulier à Celtes et Grecs, de Bernard Sergent), Joseph Campbell a une autre hypothèse : si on trouve le même récit chez tous les peuples de la Terre, c'est qu'il correspond à la structure même de l'esprit humain et qu'il répond à ses questions existentielles.

J'avoue que les comparaisons entre les mythes et les rêves de certains patients de psychanalistes sont souvent convaincantes, même si je ne peux m'empêcher de me demander si le fait que nous rêvions en "mythe" n'est pas lié au fait que notre esprit se soit construit par les mythes.

Ce n'est pas pour rien que ce livre est le livre de chevet des grands scénaristes, aidant par exemple Arthur C Clarke et Kubrick pour 2001, l'Odyssée de l'espace et George Lucas pour Star Wars !

 

Ceci dit, c'est un livre ardu que j'ai eu du mal à finir. Les thèses développées sont nombreuses, complexes et l'écriture de Campbell est souvent dense. Je l'ai donc lu par petites touches, quelques pages par ci, par là, ce qui m'a gênée pour comprendre le fil du raisonnement.

En revanche, j'ai beaucoup aimé lire des légendes de régions très différentes du monde. J'ai découvert des contes, des épopées que je ne connaissais pas, ou mal (comme celle de Bouddha). Et Campbell raconte très bien les histoires...

 

Lu dans le cadre du challenge Mythes et Légendes - catégorie A la découverte des mythologies

mythologiedécouverte

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Published by Céline - dans Lecture
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