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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 12:30

 

« Deux hommes parurent.

L'un venait de la Bastille, l'autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue. »

Par hasard se croisent par un chaud après-midi dominical d'été deux hommes à la fois semblables et dissemblables. L'un (Bouvard) est gros et bon vivant, quand l'autre (Pécuchet) est fin et sec. Mais ils sont tous les deux solitaires, employés aux écritures, stupides et dotés d'une solides confiance en eux.

 

Quand Bouvard hérite d'une forte somme d'argent, les deux compères partent en Normandie pour y acheter une ferme et y vivre en rentiers. Et là, de folles idées saugrenues vont leur venir, qui vont les mener à tester le jardinage, l'agriculture, la médecine, l'archéologie, la géologie, la littérature et j'en passe. Avec à chaque fois la même conclusion : l'échec, flagrant.

 

J'étais fâchée avec Flaubert depuis quinze ans et la lecture de Madame Bovary (bon, j'avais lu L'Education Sentimentale juste après qui m'avait beaucoup plus séduit, j'y trouvais des accents balzaciens). Après la lecture de Bouvard et Pécuchet, j'ai peur d'être repartie pour quinze ans supplémentaire de fâcherie... Mon dieu, que c'est ennuyeux... Je sais que l'intérêt de ce texte ne réside certainement pas dans son côté littéraire, mais quand même ! Cette répétition des mêmes échecs, cette accumulation de faits, d'hypothèse, de name-dropping d'auteurs à la mode de l'époque … On a l'impression que Flaubert a ingurgité une encyclopédie et qu'il la régurgite chapitre par chapitre. Ca fait très longtemps que je n'avais pas fait ça, mais j'ai conté les pages en attendant la fin.

 

En outre, l'esprit du roman m'a mise très mal à l'aise. Rester dans l'esprit de ces deux êtres étroits et bêtes pendant plus de 300 pages est une épreuve. Je sais bien que Flaubert se moque de la sottise des bourgeois de l'époque (et les personnages secondaires sont aussi très réussis), mais faut-il vraiment nous infliger ça ?

Et il y a dans la manière dont Flaubert se moque d'eux quelque chose de gênant aussi. Dans cette accumulation, l'auteur s'en donne à cœur joie, ne trouvant rien pour sauver ses personnages. Il les méprise, du haut jusqu'en bas, de leur intellect raté à leurs amours pathétiques.

J'en suis à me demander, entre les petits-bourgeois à l'esprit étriqué et l'auteur snob qui les prend de haut, qui est le plus insupportable.

 

Ce livre était dans ma PAL depuis 1994 et j'en remercie Maggie de m'avoir aidé à l'en sortir.

Rendez-vous le mois prochain pour La Tentation de Saint-Antoine, du même. Je redoute déjà ...

 

PS : si, il y a quelque chose à sauver de ce roman : le premier chapitre est très bien. La rencontre, la naissance de leur amitié est très joliment raconté. Mais arrêtez vous juste après...

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 14:00

Medecindecampagne.jpg"L'industrie ne peut être sauvée que par elle-même, la concurrence est sa vie. Protégée, elle s'endort ; elle meurt sous le monopole comme sous le tarif."

 

Par une belle journée d’été, un ancien soldat de Napoléon, le commandant Genestas, chevauche sur une route, dans les Alpes, en Chartreuse. Il se délecte de la vision de la belle campagne ordonnée autour de lui, du travail paysan et de l’impression générale d’aisance et de bonheur.

Quel n’est pas son étonnement d’apprendre que une dizaine d’années auparavant seulement, ce lieu était dévasté par la pauvreté et le crétinisme. Et que tout ce bonheur ne tient qu’à un homme : le docteur Benassis, celui là même qu’il vient voir sous un nom d’emprunt.

Liant amitié avec le docteur, Genestas se fait expliquer la genèse du projet, comment il a été mis en place. S’ensuivent de longues discussions sur la politique, le rôle du religieux, le meilleur système politique, intercalées de souvenirs des guerres napoléoniennes, de souvenirs enthousiastes du grand homme.

Ce n’est qu’à la fin que le docteur Benassis fera sa confession et expliquera pourquoi sa vie mouvementée l’a conduit à ce trou paumé.


"Je renouvelai d'abord très-affectueusement mes visites. Si je n'étais pas tendre, je faisais des efforts pour paraître aimable ; puis je devins insensiblement poli ; un jour, par une sorte d'accord tacite, elle me laissa la traiter comme une étrangère et je cru avoir agi très-convenablement."


Précisons : j’adore Balzac. J’en ai énormément lu pendant l’adolescence et me suis régalée de sa plume acerbe et si fine. J’ai même arrêté d’en lire de peur d’avoir « tout lu » et de ne plus rien avoir à découvrir. Honoré et moi, c’est le grand amour.

Enfin, c’était.

 

 "Admettons en France cent pairs, ils ne causeront que cent froissements. Abolissez la pairie, tous les gens riches deviennent des privilégiés ; au lieu de cent, vous en aurez dix mille et vous aurez élargi la plaie des inégalités sociales. En effet, pour le peuple, le droit de vivre sans travailler constitue le seul privilège. A ses yeux, qui consomme sans produire est un spoliateur."


Le médecin de campagne est une déception. Sur tous les plans, littéraire et idéologiques compris.

Littérairement parlant, cette histoire n’a ni queue ni tête. La volonté démonstrative qui la soutend est beaucoup trop visible et c’est lourd. Pourtant, les premières pages, Genestas qui se promène à cheval dans une campagne teintée de romantisme gothique sont pas mal. J’étais enthousiaste à ce moment là. Et puis, l’organisation en trois parties : la description du village et des bouleversements que le médecin lui a fait subir, ça passe encore ; mais l’exposé des théories politiques et religieuses conservatrices de Nono, non ; alors même la fin, une juxtaposition de confessions permettant la description de ces âmes humaines que Balzac connaît si bien, ne parvient à me réconcilier…

 

"De toutes les pratiques du monde, la louange est la plus habilement perfide. A Paris surtout, les politiques en tout genre savent étouffer un talent dès sa naissance, sous des couronnes profusément jetées dans son berceau."

 

Quel dommage, car il y a pourtant des paragraphes, des maximes, des sentences, des raccourcis brillants d’intelligence qui me rappellent pourquoi j’ai tant aimé Les Illusions perdues ou Le père Goriot. Quel dommage, oui …

 

Lu dans le cadre du challenge Balzac

Balzac

 

Et dans le cadre du challenge Romantique

Romantisme

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 18:00

Blameless.jpg « Sometimes, it was hard to take the butlering out of a fellow, especially when doors were concerned. »

 

 

Suite des aventures d'Alexia Tarabotti et suite des spoilers si vous n'avez pas lu les deux premiers épisodes de la série.

Dans ce cas, procurez vous immédiatement la série et lisez là, les épisodes sont tous excellents.

 

C'est bon ? J'ai bien perdu 90% de mes lecteurs ? Je peux donc continuer.

Cette fois, Alexia a bien des embarras : elle est fâchée avec Lord Maccon qui ne puisse pas croire qu'il soit capable d'avoir des enfants, mise au ban de la bonne société londonienne, contrainte de retourner vivre avec sa cinglée de mère et se demandant comment cet enfant a-t-il pu être conçu, les vampires et loup-garous étant mécaniquement morts (et donc stériles) et les soulless femmes ne pouvant de toute façon mener une grossesse à terme, suite à un conflit entre la mère et le fœtus.

Pour résoudre tous les problèmes en une fois, une seule solution quitter Londres et aller sur le continent, plus précisément à Florence, à la rencontre des Templiers qui seuls pourraient fournir une réponse à la question.

 

« Despite its generally orange overtone – Alexia's dress fit right in – Florence was indeed an attractive metropolis. It had a soft, rich quality about it that Alexia felt was the visual equivalent of consuming a warm scone heaped with marmalade and clotted cream. There was a pleasantness to the air and a spirit about the town that did not come from its color but from the inner, tasty citrus, quality. »

 

Un tome toujours aussi bon, avec une Alexia en pleine forme, et à la recherche de ses origines, et une Madame Lefoux de plus en plus présente. Les passages avec Lord Maccon sont extrêmement drôles, et nous conduisent à découvrir des aspects de la personnalité du Professeur Lyall que nous n'aurions pas imaginés.

La structure de l'univers continue de se creuser, dévoilant toujours sur l'histoire des êtres surnaturels. Et là encore, les ajouts sont pertinents et renforcent encore la dynamique de ce monde. Non, vraiment, je me demande ce que les deux derniers tomes vont apporter !

 

Allez, si je devais avoir une réserve, c'est sur le style. J'ai trouvé qu'il y avait un peu moins d'humour que dans les volumes précédents. Il y a beaucoup plus d'action, et cela se fait parfois au détriment des saillies si plaisantes du style de l'auteur.

 

Au final, un volume toujours aussi bon, mais si vous avez lu jusque là, je me doute que vous le savez déjà !

 

Lirenanglais

Lu dans le cadre du challenge Je lis en anglais


victorien

Lu dans le cadre du challenge Victorien

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 16:30

Coningsby.JPG"The death of the king was a great blow to the "Conservative Cause" ; that is to say it darkened the brow of Tadpole, quailed the heart of Taper, crushed all the rising hope of those numerous statesmen who believe the country must be saved if they receive twelve hundred-a-year. It is a peculiar class, that; 1,200l. per annum, paid quaterly, is their idea of political science and human nature. To receive 1,200l per annum is government ; to try to receive 1,200l. per annum is opposition; to wish to receive 1,200l. per annum is ambition."


Benjamin Disraeli esty bien connu pour avoir été le premier ministre de la Reine Victoria, mais il était aussi un écrivain à succès et un grand amateur de Jane Austen (il dit avoir lu Pride and prejudice dix-sept fois !).

Et pour mieux le connaître, j'ai décidé de lire Coningsby, le premier de ses romans dits "politiques". Le roman suit la jeunesse de Coningsby, un orphelin pris en charge par son grand-père, Lord Monmouth, un des chefs du parti Conservateur. L'adolescence de Coningsby est un moment doré, entre ses voyages un peu partout en Europe et ses études à Eton où il montre sa brillante intelligence et se fait des amis fidèles. Parmi ces amis, se trouve le fils d'un des pires ennemis de Lord Monmouth, Millbanks, un entrepreneur à succès, membre du parti libéral.
Lord Monmouth va évidemment très mal vivre cette amitié, et surtout l'amour qui se développe entre Coningsby et Edith, la fille de Millbanks ...

C'est très joli roman d'apprentissage : Coningsby représente le politicien idéal selon Disraeli, brillant, droit, fidèle à ses idées et ses sentiments, et doué d'un charisme qui transparait à travers les pages. Cette formation est émaillée de plusieurs rencontres, Rigsby (l’exécuteur des basses oeuvres de son grand père), le séduisant et brillant Sidonia, Millbanks ..., qui vont peu à peu le construire. Et l'histoire d'amour au milieu est ravissante à souhait. La déclaration suit les poncifs du romantisme, j'adore ça !

Il y a également une très jolie galerie de personnages. Je ne sais pas si Disraeli s'inspirait de personnes connues pour dresser ses portraits, mais il arrive à les rendre vivants, complexes, présents. Lord Monmouth, en pater familias jouisseur, égoïste et charismatique, est extraordinaire. Il m'a fait penser à Tywin Lannister, pour les lecteurs de Game of thrones. Et, en décrivant certains personnages secondaires, constitutifs de la cour qui entoure les hommes politiques, Disraeli fait preuve d'un humour à la Dickens.

 

"No government can be long secure without a formidable opposition. It reduces their supporters to that tractable number which can be managed by the joint influence of fruition and hope. It offers vengeance to the discontented, and distinction to the ambitious; and employs the energies of aspiring spirits, who otherwise may prove traitors in a division or assassins in a debate."


Voici pour les aspects que j'ai aimé de ma lecture. Mais le roman a quelques défauts, en particulier un problème de rythme. La moitié du roman environ concerne une fine analyse politique des principaux partis anglais dans les années 1830-1840. C'est certainement d'un très grand intérêt pour les historiens qui ont ainsi accès aux opinions personnelles de ce grand homme politique mais ... c'est franchement ennuyeux quand on n'est pas dedans. Surtout que les orientations politiques des partis ne sont pas décrits (j'ai toujours pas vraiment compris ce qui différencie les Whigs des Tories et des conservateurs, malgré quelques incursions chez wikipédia) et que l'étude concerne principalement les rapports de force entre partis et courants. Même si la politique politcienne m'amuse beaucoup, même si ces passages m'ont permis de voir que certaines choses n'ont pas changé depuis presque deux cents ans, ces passages étaient beaucoup trop long !
Et par conséquent, certains passages du roman sont presque bâclés. La fin en particulier, résume en quelques pages toute une série d'événements qui auraient, je pense, mérité d'être approfondis.

 

Lu en anglais

Lirenanglais

Lu pour le challenge victorien

victorien

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 08:38

TheseThreeRemains.jpg"My feelings have undergone so material a change since that unfortunate day last spring that I can only receive with sincere gratitude and the most profound pleasure your assurance that yours continue the same."

 

Retour de Darcy dans son monde habituel - et retour de l'intrigue dans celle de Jane Austen. Le récit reprend quand Darcy, en compagnie de son cousin Fitzwilliam, va essayer d'oublier ses mésaventures du tome 2, et l'impression forte qu'une petite jeune fille du Hertfordshire a fait sur son coeur, auprès de sa tante, Lady Catherine de Bourgh.

Quel n'est pas son étonnement, et sa joie, d'apprendre que Miss Elizabeth Bennett est là aussi ! Quel n'est pas le trouble que sa présence provoque chez lui !

Petit à petit, Darcy se convainc qu'il ne l'oubliera pas et qu'il doit l'épouser. Mais est-elle du même avis ?

 

Ce tome revient à la qualité du premier - quand Elizabeth et Darcy sont ensemble en tout cas. Cette étincelle que provoque leurs rencontres, leurs joutes verbales et leur mélange complexe d'attirance et de répulsion a quelque chose de fascinant. Et les talents de Pamela Aidan ne sont pas tels qu'elle puisse se passer sans dommage du soutien que lui apporte le roman de Jane Austen. A une seule exception près : la fuite de Lydia et Wickham et la recherche de Darcy, que j'ai beaucoup aimé.

L'évolution psychologique de Darcy, de l'orgueil et la déception, à l'humiliation puis l'humilité, est très bien menée, et d'une manière assez crédible. Mais, me croirez-vous ?, autant je préfère le Darcy de la fin quand je le vois avec les yeux de Lizzie, autant il a perdu un peu de son charme, en perdant de sa superbe, dans le roman de Pamela Aidan.

 

En bref, un roman très agréable à lire et sans doute l'une des meilleures réécritures d'Orgueil et Préjugés.

 

Lu dans le cadre du challenge My Jane Austen Summer, sur whoopsy-daisy

JaneAustenSummer.jpg

 

Lu en VO

Lirenanglais

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 08:37

DutyAndDesire.jpg" 'Do as you think best about Miss Bennett. I do not wish to hear the name again.' "

Duty and desire prend la suite de An Assembly such as this dans la trilogie de Fiztwilliam Darcy, Gentleman, qui reprend Orgueil et Préjugés côté gentleman. Cet épisode se passe donc entre le départ précipité de Darcy et Bingley de Netherfield, et son voyage dans le Kent, auprès de sa tante, Lady Catherine de Bourgh.

Mais, me direz-vous, Jane Austen n'écrit rien sur ce que fait Darcy durant cet hiver !

C'est bien pour ça que Pamela Aidan est obligée de puiser dans son imagination pour remplir les pages ... et hélas n'arrive pas à la cheville d'Austen.

 

Sans spoiler, je peux dire que ce roman tourne principalement du séjour que fait Darcy à la campagne (oui, une partie de campagne, en Janvier, en plein milieu de la saison...), chez un camarade d'Oxford. Là bas, et alors qu'il cherche une femme de son milieu pour oublier Lizzie, il fait la connaissance de Lady Sylvanie (non, mais franchement, Lady Sylvanie : on ne pouvait pas trouver un prénom encore plus inadapté au contexte ?), qui manifeste beaucoup de qualité, et une beauté presque elfique.

 

Bref, l'imagination de Pamela Aidan s'emballe, et c'est pas une grande réussite... Vivement que Darcy retrouve son Elizabeth !

 

Lu dans le cadre du challenge My Jane Austen Summer, sur whoopsy-daisy

JaneAustenSummer.jpg

 

Lu en VO

Lirenanglais

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:00

AnAssemblySuchAsThis.jpg"When he had first entered Society, his natural reserve had earned him a reputation as proud, ans in those earlier day, he had allowed this to serve as a shield. Lately, according to Bingley, it had become transformed into armor. Shield or armor, it was not serving him well now."

 

Ce roman est le premier volume d'une trilogie, Fitzwilliam Darcy, Gentleman, qui réécrit du côté de Darcy, Orgueil et Préjugés. Ainsi que le titre le laisse entendre, il correspond aux débuts du roman, de la rencontre de Darcy et Lizzie, jusqu'au départ précipité de Bingley.


Je suppose que ce n'est pas la peine de vous décrire l'histoire, que tout le monde connait. La rencontre ratée, de par l'orgueil de Darcy, qui apprend peu à peu à se faire une autre opinion de la petite Elizabeth, à ne plus voir que sa classe sociale, mais surtout son esprit et son intelligence ; et la fierté de Lizzie, vexée d'une remarque inélégante, qui tient à montrer sa liberté.

 

C'est un roman que j'ai beaucoup aimé, car il développe réellement Orgueil et Préjugé. De nombreuses scènes, avec et sans Lizzie, sont ajoutées, et qui restent d'une grande cohérence avec le reste du livre.
J'aime aussi beaucoup le Fitzwilliam Darcy qu'on découvre. Austen restait très discrète sur qui était Darcy (ce qui est la raison principale, à mon avis, pour laquelle il est devenu un tel sex-symbol), et Pamela Aidan est bien obligée de développer le caractère de son personnage principal, ce qu'elle le fait d'une manière fidèle au roman original. On découvre, par exemple, quel est le livre que Darcy lit avec tant de plaisir lors d'une soirée à Netherfield et dont Caroline Bingley lui pique le volume 2.

C'est réjouissant, assez bien écrit et très bien construit. Je pense que c'est la meilleure oeuvre dérivée de Pride and Prejudice que j'ai lu jusqu'à présent.

 

Lu en anglais

Lirenanglais

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 12:00

Mudfog.jpgCes quelques textes ont été publiés par Dickens dans un journal, le Bentley's Miscellany. Les trois premiers sont suffisament longs pour ressembler à de courtes nouvelles. Quant aux derniers, ils ressemblent plus à de courts articles de journaux qu'à un récit.

 

Le point commun des trois premiers est la ville de Mudfog, petit village anglais typique, caractérisé par sa boue et son brouillard : « Mudfog est une ville très humide, ce n'est pas pour autant ce qu'on pourrait appeler une station balnéaire. L'eau y est au mieux un élément pervers et cette vérité se vérifie tout particulièrement à Mudfog. » Et dans cette ville typique, se cachent des personnages typiques.

 

Comme M. Tulrumple, par exemple, héros de la première histoire La vie publique de M. Tulrumple. C'est au départ un charbonnier pauvre mais qui, réussissant dans la vie, devient peu à peu un notable. Si bien que, lorsque le maire décède, il est élu maire à sa place... Au grand dam des ses administrés !

C'est un récit bien ficelé, et plein d'humour. On y croise de beaux portraits de la nature humaine, bien croqués et avec beaucoup de finesse et une sorte de tendresse. Dickens a un sens de la formule qu'il utilise a bon escient : « C'est à cette époque qu'en dépit de la grande salubrité de l'atmosphère de Mudfog, le maire mourut d'une manière ou d'une autre. Ce fut un événement extraordinaire. Il faut dire qu'il vivait à Mudfog depuis quatre-vingt cinq années. Le conseil s'expliqua mal une telle indélicatesse et ce ne fut qu'au prix de mille efforts que ses membres parvinrent à dissuader un vieux gentleman, très respectueux des convenances de proposer le vote d'une motion de censure à l'encontre d'une conduite pour le moins inqualifiable. ».

 

Le deuxième récit, Rapport complet de la première réunion de l'Association de Mudfog pour l'avancement de toute chose, est le récit journalistique d'une réunion scientifique loufoque. Le journaliste sur place y décrit par le menu les mille événements bouleversant Mudfog à l'occasion de ce congrès, et en particulier cette question cruciale : dans quelle auberge les professeurs Poussif, Ronfleur et Dormeur vont-ils loger ? L'auberge du Cochon et de la Boite d'Amadou, ou l'auberge du Cochon original ? Il y a également un compte-rendu des réunions scientifiques, plus loufoques les unes que les autres.

 

Le troisième récit raconte le trajet en bateau jusqu'au lieu de la seconde réunion de l'Association, avant un récit plus étendu des discussions scientifiques, portant sur l'invention d'une machine à faire les poches (et qu'en penseront les petits malfaiteurs, ainsi privé de travail?), ou de policiers mécaniques à opposer aux jeunes aristocrates ayant envie de se défouler (mais ne préfereront-ils pas les vrais policiers?).

 

Ces deux derniers récits m'ont semblés un peu plus faibles, plus grotesques, et moins fins dans leur critique. Il y avait peut-être moins de tendresse envers les personnages, et, en tout cas, une volonté assumée de critiquer les travers de la société victorienne.

 

Lu dans le cadre du challenge victorien

victorien

Dans le cadre du challenge A little village in the countryside., sur whoopsy-daisie !

EnglishVillage1.png

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 12:00

Briggs.jpg"La semaine suivante s'ouvrit sur de gros titres véhéments qui annonçaient : 'Meurtre atroce dans le North London Railway'."


Le chapeau de M. Briggs raconte l'histoire du premier crime ferroviaire de l'histoire de la Grande Bretagne. Le 9 Juillet 1864 au soir, M. Briggs, un employé de banque respectable et âgé, prend le train pour rentrer chez lui, après un repas chez sa nièce.
Entre deux arrêts, il est assassiné, son corps est jeté sur la voie, et on ne retrouve dans le compartiment depremière classe que son sac, sa canne et un chapeau qui se révèle ne pas être le sien. L'assassin se serait-il trompé, échangeant son propre chapeau avec celui de M. Briggs ? Ca, et la chaîne de montre arrachée à la veste de Briggs constituent les seuls indices que la toute jeune police a en sa possession pour rechercher le (ou les) criminels.

J'ai été extrêmement surprise en débutant ce livre : je m'attendais à lire un roman, alors c'est une enquête très détaillée que j'ai eu entre les mains. Il n'y a rien de romancé dans cette histoire, juste une description précise des faits, des preuves, des documents, des personnages, de tout ce que l'auteur a eu entre les mains pour rédiger cette enquête.
Déstabilisant au début, puis très vite passionnant. Avec toutes ces preuves en main, on en vient à faire notre propre enquête de notre côté. Avec au fond, cette question lancinante : Franz Müller, le principal suspect, est-il ou non coupable ?

C'est aussi l'occasion pour l'auteur de tracer le portrait d'une époque, plus du côté du peuple et des petites gens que des grands de ce monde. On découvre la vie des cochers, des tailleurs, des vendeurs, des prostituées, qui sont les protagonistes de cette histoire. On découvre aussi les relations diplomatiques que le Royaume Uni avait à l'époque avec ses voisins, les Etats-Unis et la future Allemagne, en particulier, et le rôle qu'elles ont pu avoir sur le déroulé de l'enquête.
Bref, passionnant !

 

Lu dans le cadre du challenge Victorien

victorien

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 08:54

TheSecretGarden0.jpg« If you have never had a garden you cannot understand, and if you have had a garden you will know it would take a whole book to describe all that came to pass there. »

 

La petite Mary a été élevée en Inde par une armada de serviteurs à son service. Alors, bien sûr, quand ses deux parents meurent et qu'elle est ramenée en Inde pour être élevée dans la demeure d'un oncle inconnu, elle est une abominable petite gamine mal élevée. Peu importe son oncle qui fuit la maison où son épouse tant aimée est morte. Peu importe les serviteurs, habitués aux frasques des maîtres. Finalement, personne ne s'intéresse vraiment à Mary, si ce n'est Martha, une jeune femme de chambre dont le petit frère, Dickon, a à peu près l'âge de Mary.

En découvrant Dickon, le printemps anglais, Mary va se mettre à changer. Et elle n'est pas au bout de ses surprises : un jardin secret dont l'entrée est interdite et un cousin encore plus irascible qu'elle.

 

C'est un très très joli roman pour enfant que ce Jardin Secret. Et même pour les adultes : je l'ai lu à un moment difficile de ma vie, et ses douces descriptions de la campagne du Yorkshire, des animaux, des vieux jardiniers et des jeunes bonnes, tout cela m'a mis du baume au cœur.

C'est très doux, très gentil, très moral, presque rousseauiste. Les enfants insupportables s'amendent et trouvent la bonté et la santé dans la nature qui refleurit. Les nobles pères absents pansent leurs plaies, la paysanne mère de douze enfants trouve encore le temps pour soigner les jeunes bourgeois délaissés. Avec une pointe (assez discrète) de religion, et un bon happy end comme on les aime.

 

Et en même temps, il y a un côté acerbe et terrible dans l'évocation de l'enfance de ces gamins, laissés à eux mêmes, abandonnés par des parents égoïstes, et grandissant sans la moindre contrainte. De l'autre côté, il y a Dickon et ses frères et sœurs, obligés de travailler dès le plus jeune âge, altruistes et généreux, mais surtout heureux.

Alors, il y a de la caricature dans ce portrait, mais une certaine attaque envers la société hautement hiérarchisée de l'époque et sur l'éducation des enfants, bien loin des fantasmes rousseauistes...

 

Lu dans le cadre du challenge edwardien sur whoopsy-daisy

 litterature

Lu en anglais

Lirenanglais

 

(attention pour les néophytes en anglais : Dickon et sa famille parlent avec un accent prononcé, et évidemment retranscrit dans le texte. Donc, si lire des dialogues à base de  « He's weak and hates th' trouble o' bein' taken out o' doors an' he gets cold so easy he says it makes him ill. » vous ennuie, lisez le en français.

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Mars 2013

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Avril 2013

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 Juillet 2013

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