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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 23:49

welloflostplots.jpg" '/ / /../ / ../ / / / / / ....../ / / / / .../ ./ ....../ / [...] Macbeth Retold for Yeast, translated by ../ / / / ../ / / .."Ceci n'est pas une citation parce que je suis certaine de me tromper le retranscrivant. Mais cette ouverture de chapitre m'a fait hurler de rire...


Presque en retard (qu'est ce que c'est que cette idée d'écrire un billet au dernier moment, et de travailler ce jour là non stop du matin jusqu'à 23h30 ?), me voilà confrontée à un challenge presqu'impossible : l'écriture d'un billet sur Jasper Fforde... Commençons par le début : de quoi que ça cause ?

The well of lost plots est la suite de  The Eyre Affair et  Lost in a good book. Thursday est donc mariée - mais son mari est mort pendant l'enfance. Enceinte de lui. Poursuivie par la Goliath. Très mal vue en Angleterre.

Qu'est ce qu'on fait quand tout va mal ? On ouvre un bon bouquin, et on s'évade en attendant que ça se passe... C'est ce que fait Thursday : elle remplace l'héroïne d'un mauvais roman policier pas encore publié, pensant passer quelques mois tranquilles en attendant la naissance de son bébé.

Sauf que rien n'est jamais simple dans le monde de Thursday (cette figure de style s'appelle une litote), et que la voilà confrontée à une tentative de coup d'Etat dans le monde des livres.

 

" 'First', said the Count in a soft voice with a slight lisp, 'my thanks go to Bram for his admirable reporting of my activities. I would also like to thank Lucy, Mr Harker and Van Helsing -' "

 

Cet opus est encore meilleur que les précédents : toujours aussi loufoque et imaginatif, il bénéficie d'une construction plus régulière. L'action commence dès les premières pages, pour aller en accélérant jusqu'à la fin !

J'ai adoré la description de la manière dont les romans s'écrivent, les arrangements amicaux entre personnages (tu vas prendre ma place ici, pendant que je te remplace là bas). J'ai adoré la remise des prix aux personnages (avec Heathcliff systématiquement choisi comme héros romantique par excellence). J'ai adoré les tentatives de conciliation dans Wuthering Heighs, d'ailleurs. J'ai adoré le terrible Zhark. Et la cruelle Aornis m'a fait frissonner...

Encore plus que dans les précédents romans, on est plongé dans le monde des livres et de la fiction : et c'est cette perte de repères, cette aventure en pays virtuel (mais tellement familier) que j'ai savouré ! Encore une fois, les sorcières de Macbeth ne se trompaient pas...

 

Lecture commune avec George, Sabbio et Miss Alfie !

lecturecommune2

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 10:38

widesargassosea.jpg" 'Rose, elle a vécu,' I said and laughed. Is that poem true ? Have all beautifull things sad destinies ?"

 

Ce qui suit contient des spoilers sur Jane Eyre. Si vous ne voulez pas connaître le grand secret de Thornfield Hall, ne lisez pas la suite (et lisez donc immédiatement la merveilleuse et tourmentée histoire d'amour entre Jane et Rochester à la place...)

 

Qui est Bertha Mason, l'épouse folle de Rochester dans Jane Eyre ? Pourquoi est-elle enfermée dans Thornfield Hall ? Comment Rochester en est-il venu à l'épouser ?

C'est ce que raconte ce roman très court et assez étrange. On y suit une jeune fille, Antoinette Cosway, dans l'atmosphère lourde et langoureuse des Caraïbes. Petite fille, Antoinette vit avec sa mère et son frère (un faible d'esprit) dans un vaste domaine isolé, entouré d'une nature luxuriante. C'est le moment du bonheur, à jamais perdu quand sa mère se remarie avec Mason, quand leur domaine brûle, que son petit frère meurt et que sa mère sombre dans la folie.

Plus tard, Antoinette, indolente, nonchalante, caribéenne, épouse un anglais qu'elle ne connait qu'à peine, Rochester.

La parole passe ensuite à cet homme, froid, raisonnable et déjà blessé. On voit par son regard l'exotisme du lieu et des gens, le charme que cette île a sur lui, la beauté d'Antoinette, et en même temps l'angoisse de ne pas tout comprendre et de ne pas être dans son milieu habituel. Perdu, sans repère, il se laisse convaincre par les mauvaises langues qui racontent l'histoire de la famille Cosway - la mère folle, le père esclavagiste. Le ver est dans le fruit. Il devient brutal avec Antoinette ; elle tente de le récupérer avec des moyens locaux, ce qui le dégoûte encore plus.

Puis l'Angleterre, vue par les yeux fous d'Antoinette. Est-elle folle ? Est-elle désespérée ? Est-elle victime d'une époque cruelle ? Rien n'est jamais tranché, si ce n'est le drame intrinsèque de ces deux personnes, Antoinette et Rochester, qui aurait pu se trouver et s'aimer, et qui se sont ratés.

 

"The house was burning, the yellow-red sky was like sunset, and I knew I would never see Coulibri again. Nothing would be left, the golden ferns and the silver ferns, the orchids, the ginger lilies and the roses, the rocking-chairs and the blue sofa, the jasmine and the honeysuckle, and the picture of the Miller's daughter."

 

C'est un roman étrange, que j'ai beaucoup aimé, mais sans arriver à en dégager une logique. En vrac, j'ai aimé Antoinette. J'ai aimé Rochester. Je les ai aimés tous les deux, malgré leurs doutes, leurs erreurs et leur égoïsmes qui les poussent à ne pas se comprendre. J'ai aimé les descriptions de la nature, belle et foisonnante, luxuriante, comme une métaphore d'Antoinette. J'ai aimé les références à Jane Eyre à la fin. J'ai aimé Thornfield en feu. J'ai aimé la folie qui guette et qui gagne Antoinette et Rochester.

J'ai moins aimé la construction un peu destructurée du roman, qui gêne à la compréhension, et enveloppe le roman dans une brume un peu fumeuse. Mais c'est un détail par rapport à l'enchantement exotique que fût cette lecture.

 

Lu dans le cadre de la lecture commune Jane Eyre dans tous ses états

  JaneEyre

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 10:46

lostinagoodbook.jpg" 'The Neandertal experiment was conceived in order to create the euphemistically entitled 'medical test vessels', living creatures that were as close as possible to humans without actually being human within the context of the law. Re-engineered from cells discovered in a Homo Llysternef neanderthalensis forearm preserved in a peat bog near Llysternef in Wales, the experiment was an unparalleled success."

 

Lost in a good book commence juste à la fin de The Eyre affair (donc, si vous n'avez pas lu le premier, arrêtez-vous : la suite est pleine de spoilers) : Thursday est une star. Elle a vaincu la Goliath (ou au moins un de ses membres). Elle est heureusement mariée. Et son intervention dans Jane Eyre ne va pas sans créer une controverse entre ceux qui préfèrent l'ancienne fin, et ceux qui préfèrent la nouvelle.

Devenue hyper célèbre, invitée de show TV (où elle n'a le droit de ne rien dire), harcelée de paparazzi, elle s'est fait de nombreux ennemis, dans le monde réel, comme dans le monde des livres. Et il y a peu de chances qu'ils la laissent tranquille...

 

Cet opus est dans la digne suite de The Eyre affair : toujours aussi déjanté, toujours autant plein de charme (ahhhhh, la découverte de Shakespeare ...), et gardant ce charme absolument ravissant du "Et si le monde des livres devenait réel ...".

Alors, bien sûr, comme dans The Eyre Affair, les défauts foisonnent : ça met un temps fou à démarrer ; c'est parfois difficile à suivre (en particulier les voyages dans le temps de son père) ; c'est souvent sans queue ni tête.

Mais, au delà des défauts, je garde surtout le souvenir d'un roman riche, au charme irrésistible. Je serais incapable de citer tous les passages qui m'ont ravie : le débarquement du mammouth dans le jardin de Wednesday Next, l'émission télé centrée autour du dodo de Thursday, la discussion sur la circulation du temps, la manière dont Papa Next explique les débuts de la vie sur Terre. Et la rencontre avec Miss Havisham ... Et le procès dans Le Procès de Kafka... Et l'appareil à entropie du tonton...

Et puis, un roman où des Néandertaliens conduisent le bus, c'est un roman fait pour moi !

 


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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 14:50

regrets.gif"Mes amis, gardez vos vieux amis. Mes amis, craignez l'atteinte de la richesse. Que mon exemple vous instruise. La pauvreté a ses franchises ; l'opulence a sa gêne."

 

Mon regard a été attiré sur ce très court livre par son titre : Regrets sur ma vieille robe de chambre. Il y a dans ce titre une nonchalance, une intimité que je n'imagine pas chez un Philosophe du Siècle des Lumières, créateur de l'Encyclopédie. Quelle relation Diderot entretenait-il avec sa robe de chambre qui l'a poussé à écrire dessus ?

Je ne sais pas ce à quoi je m'attendais - quelque chose de personnel et d'intime, sans doute, mais je ne l'ai pas trouvé. Diderot raconte sa tristesse d'être enrichi et populaire. De généreuses donatrices prennent soin de lui, remplacent vieille robe de chambre et étagères de bois brut, par une confortable tenue pourpre et des bibliothèques de bois précieux.

Las, hélas ! Le philosophe ne se sent pas à l'aise dans ce nouveau luxe, et regrette la pauvreté d'antan.

Je m'attendais à quelque chose d'original, et Diderot me sert un poncif de la philosophie, radoté depuis Sénèque, et auquel seul Rousseau a réussi à donner un peu de corps. Que n'a-t-il refusé ces cadeaux, s'ils le gênaient tant ?

Diderot, dont j'ai pourtant adoré Les bijoux indiscret et La religieuse, chacun plein de verve et de tranchant, semble vieux, dans ce texte, imbu de sa personne et orgueilleux.

diderot.jpgDiderot avec sa "vieille" robe de chambre.

 

Mais, ces Regrets sont suivies d'un autre texte, beaucoup plus long mais au titre moins aguicheur : la Promenade Vernet. Le philosophe raconte son séjour dans le château d'un ami, durant un bel été. Alors que tout le monde s'amuse et se distrait, le philosophe, sérieux et solitaire, se promène avec le pédagogue des enfants de son hôte dans la Nature (visez la majuscule). Le pédagogue soutient que rien n'est plus beau que la nature sauvage ; le philosophe mondain qu'elle est sublimée dans les tableaux de son ami le peintre Vernet. D'où quantité de descriptions de paysages, d'extases subite devant un coucher de soleil, du pré-romantisme larmoyant et lourdingue, où il ne faut pas être très fin pour comprendre que Diderot ne décrit en rien la Nature, mais les tableaux aussi peu naturels que possible de son ami Vernet.

En lisant le texte, je ne connaissais rien de Vernet. Mais les descriptions que Diderot faisait de ce peintre à la mode ne m'ont paru guère engageantes : et des tempêtes par ci, des navires en perdition, des bergères et des belles dames. Le genre de peinture qui m'horripile !!

J'ai depuis été me renseigner sur Vernet, et ce que je vois dépasse mes pires cauchemars :

vernet.jpg

 

Au final, je ressors de ces deux courtes lectures assez perplexe. Elles sont toutes deux assez pittoresques, montrant une face du XVIIIème que je ne connaissais pas : le mauvais goût. Mais elles ont entaché l'image que j'avais d'un philosophe estimé, montrant que finalement, nul n'est parfait.

 

Dernière lecture un peu en retard pour le challenge XVIIIème (la lecture était en 2010, mais le billet a trainé), que je finis ainsi...

défiXVIII

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 10:37

dharma_bums.jpgJ’ai entamé Kerouac par Sur la Route que je n’avais pas du tout aimé et ainsi décidé de ne pas poursuivre la découverte de cet auteur et plus largement de la Beat Generation. Puis, au détour d’un Masque et la Plume consacré à la littérature, j’ai appris qu’On the Road ressortait dans une nouvelle traduction beaucoup plus conforme à l’original et notamment basée sur le « rouleau ». Pour la petite histoire, Kerouac qui tapait à la machine trouvait que le fait de changer de feuille toutes les 2 minutes le coupait dans son inspiration et a donc inventé une sorte d’énorme rouleau de PQ de plusieurs centaines de mètres de long sur lequel il a écrit On the Road d’une seul traite.

Intrigué par cette histoire de traduction et de rouleau de PQ géant, j’ai profité d’une petite expédition chez WH Smith pour feuilleter quelques bouquins de Kerouac en anglais. J’ai en l’occurrence été surpris par la qualité et le rythme du style et ai donc empoché The Darma Bums (Les clochards célestes) puis suis retourné chez moi en rasant les murs avec le plaisir coupable de celui qui vient encore d’engraisser sa PAL (la mienne restant nettement moins impressionnante que celle de Céline).

Bon, autant le dire tout de suite, je n’accroche toujours pas trop avec le côté junkie qui pense avoir trouvé l’illumination transcendantale au milieu du jardin de maman et je trouve leurs idées et idéaux débiles et puérils. Je trouve qu’ils feraient mieux de se secouer les puces (vu leur mode de vie je pense d’ailleurs qu’ils en sont couverts), de se laver (pas du luxe) et d’arrêter de se prendre pour la réincarnation de boudha, surtout qu’en plus il est de notoriété commune qu’ils n’ont rien, mais alors RIEN, compris au bouddhisme, leur version étant une sorte de soupe indigeste à base de « crypto christiano bouddhisme mystico panthéiste à la sauce je me révolte contre ma culture puritaine américaine en mode j’aime les petites fleurs et les gentils pipaillons quand je suis pas tellement bourré que j’arrive plus à trouver la bouteille pour continuer à picoler »… ouais tout ça…

Comment vous dire, on a l’impression de se retrouver dans la tête d’un de ces gentils rêveurs qu’on rencontre parfois en soirée quand on a 20 ans ; ces mecs « dans leur trip », généralement tout mous avec un gros spliff entre les lèvres, qui viennent vous expliquer longuement (si vous trouvez pas une bonne excuse vous êtes glués pendant 3 heures) que depuis qu’ils ont lu Kant, un mec génial d’ailleurs (ou n’importe quel autre philosophe ou auteur connu dont Anna Gavalda) leur vie à changé et où vous vous dites, sur la base de vos maigres (en tout cas pour moi) connaissances sur la philosophie en général et sur celle de l’ami Manu en particulier, euhhh c’est moi ou t’as vraiment rien percuté ? Tu l’as lu ou t’as du marshmallow dans le crâne ? Au fait tu fais quoi dans la vie t’es pas étudiant en philo en quand même, rassure moi ? Non ? (in peto – Ouf) … Oui je me disais bien …

Ceci dit et même si les quelques lignes qui précèdent pourraient laisser penser que je n’ai pas aimé ce livre, c’est tout l’inverse : j’ai passé un très bon moment.

L’une des raisons en est que, contrairement à On the Road, les trips junkies sont moins envahissants et peut être plus solaires (principalement du fait du personnage principal, alter égo de Gary Snyder, poète américain qui a un peu gravité autour de la Beat Generation sans réellement en faire partie). L’influence de Snyder se fait sentir notamment par son côté très terre à terre et son amour de la nature qui me semblent canaliser un peu les ardeurs illuminées de Kerouac (un illuminé qui en canalise un autre… tout va bien).

L’un des thèmes principaux de The Darma Bums est la tentative de trouver l’illumination par le retrait du monde dans la nature. A ce titre, on retrouve dans ce roman de nombreux points communs avec le film de Sean Penn, Into the Wild. On doit à cette thématique les meilleurs passages du roman, notamment la vraiment très réussie ascension du Matterhorn Peak ou, à la fin, les passages dans la cabane de garde forestier sur Desolation Peak.

Enfin et surtout, c’est aussi pour moi la découverte du vrai style de Kerouac, lu en version originale. Son écriture est à la fois dynamique, musicale et rythmée. Le tout est totalement erratique et un peu illuminé, à l’image de la personnalité de l’auteur mais donne une vraie consistance et un vrai charme au roman. On est totalement happé par quelque chose qui, dans une large mesure n’a pas réellement vocation à nous intéresser, du moins pour ma part.

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 00:00

Premieresannees.jpg"Mais lorsqu'on ne conçoit, comme il est arrivé chez nous jusqu'à cette heure, l'existence d'une femme que d'une manière toute relative, dépendante, impersonnelle en quelque sorte et subordonnée, quel esprit veut-on qui préside à l'éducation des filles ? Que pourrait-on leur enseigner sérieusement, solidement, quand on suspends toute leur destinée aux bienséances éventuelles d'un mariage tout de circonstance ? quand l'intelligence peut devenir une difficulté, la raison un obstacle, la conscience une occasion de lutte ou de révolte, dans une existence  où l'on ne peut prévoir d'autre vertu que la docilité au maître, la résignation au sort, quel qu'il soit ? Que dire, qu'enseigner dans de telles éducations, qui ne soit puérilité, futilité, vanité qu'un souffle emporte ?"

 

Marie d'Agoult est une de ces bas-bleu du XIXème siècle : une femme vive et intelligence qui s'estimait aussi digne qu'un homme de prendre la plume. Une sorte de George Sand avec qui elle partage un nom d'auteur masculin (Daniel Stern), une histoire sulfureuse avec un musicien (Frantz Listz pour Marie) avec qui elle s'enfuit et a quatre enfants.

George et elles sont longtemps écrit, pleines d'une admiration mutuelle ; mais leur rencontre mis fin à leur amitié : "plus naturellement douée, George Sand souffre rapidement de la raideur raisonneuse de Marie d'Agoult et de ses poses de femme du monde, tandis que cette dernière se montre jalouse de l'ascendant naturel que la forte personnalité de Sand exerce sur tout le monde, Liszt compris."

Lorsque Sand publie son journal, Marie d'Agoult décide que sa vie vaut bien la sienne et se met à la rédaction de ses mémoires. Ce sont les premières pages, de sa naissance à son mariage, que nous permet de lire la petite édition que j'ai entre les mains.

 

"Le jour suivant, je fut plus hardie ; sur un rayon le mieux à portée de ma main, je pris un volume, le plus petit, le plus joli ; je l'ouvris. Il y avait une gravure en tête ; c'était Le Diable amoureux, de Cazotte ; ç'aurait pu être pire."

 

Cette lecture me laisse avec des sentiments mitigés. J'ai d'une part l'impression d'avoir plongé en plein dans la vie d'une petite fille (riche) de la première partie du XIXème - une chose passionnante ! Des relations avec son père, de la question de son éducation, de ses sentiments religieux, de ses premières lectures, de sa puberté ou de la vie dans un couvent de jeunes femmes, je n'ignore plus rien. Et j'avoue que cette immersion m'a énormément plu : Marie est une femme intelligente, en avance sur son temps, au regard perçant sur ceux qui l'entourent, et ces pages s'enrichissent de ses observations. Les quelques pages sur l'hygiène au sein du couvent du Sacré-Coeur ouvrent les yeux sur le XIXème siècle : le corps, c'est le mal, donc il ne faut pas s'en occuper, et donc par exemple, pas le laver ...

Marie_d-Agoult.jpg

Et en même temps, la personnalité de Marie transparait à toutes les pages ... Je croyais l'aimer, car la Béatrix de Balzac que j'adore est inspirée d'elle, mais dès les premières pages, j'ai eu envie de la baffer.

C'est pas la modestie qui l'étouffe, la chère Marie ! Persuadée de descendre d'une des familles les plus nobles de France du côté de son père et d'une des famille les plus estimées de Francfort du côté de sa mère, elle nous le fait savoir - et pas qu'un peu ! Sa rencontre avec Goethe à l'âge d'une dizaine d'année est environnée d'une aura romantique très lourde ; la description des invités prestigieux de sa grand-mère dans sa maison de Francfort est complaisante à souhait. Elle s'étend si longuement sur la perfection de son enfance qu'on a envie de rayer de la carte le château de famille.

En deux mots comme en cent : Marie d'Agoult se sentait supérieure à tous et à chacun, et elle n'éprouvait aucun remord à montrer son orgueil.

 

Conclusion : c'est un petit livre à la fois très intéressant, et profondément agaçant. Je n'ai aucune envie de lire la suite de ses mémoires (et en plus, cette c*** a connu Balzac, Hugo, Dumas, Rossini, Chopin, et les autres, je suis certaine qu'elle s'en vante comme si c'est elle qui les avait créés !), mais j'ai passé un agréable moment deux cents ans en arrière durant ma lecture.

 

Lu dans le cadre du challenge Dame de lettres !

dame d11Et elle est enterrée au Père Lachaise ... (j'irais voir sa tombe, un de ces jours... Je suis certaine que c'est un truc très romantique et très lourd...)

deadauthor

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Published by Céline - dans Lecture
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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 19:57

pierreetcendre.jpeg"Telle est notre fin à tous,  si fiévreusement qu'ait battu notre coeur, et qu'aient été rythmées nos vies. Qui peut jamais savoir quelles histoires, quels désirs et consupiscences, quelles amours, quels appétits, quelles déceptions se désagrègent en même temps que nos os sous le tertre du sépulcre ?."

 

J'ai failli être en retard pour la lecture commune, et sans le message de George sur facebook d'hier soir, j'aurais complètement oublié cette lecture commune... Heureusement, De pierre et de cendre se lit vite et j'ai pu rattraper mon retard sans peine. Ca sera la première fois que j'écris un billet aussi vite après avoir lu un roman (une bonne habitude à prendre pour l'année 2011 ?) !

 

De pierre et de cendre est racontée par Samuel Godwin, jeune peintre débutant embauché comme professeur d'art de deux demoiselles, Elinor Juliana et Marianne, et par Charlotte Agnew, leur demoiselle de compagnie. Dès les premiers pas de Samuel dans le domaine, nocturnes comme il se doit, Marianne lui tombe dans les bras, victime d'une terreur incommensurable et craignant le terrible Vent d'Ouest...


"Une femme se jette sur moi. Un sourire de circonstance étire ses lèvres peintes. Son foulard noué avec art est fermé par une broche. Combien de fois ai-je du me coltiner ce genre de sangsue ?"


Autant être clairs dès le début : je n'ai pas aimé ce roman. D'ailleurs, je me doutais que ce serait le cas, car je l'avais commencé il y a quelques temps, et arrêté dès le prologue, agacée par le style. C'est d'ailleurs pour cette raison que je m'étais inscrite à la lecture commune, en espérant que la compagnie des autres me motiverait.

Ce roman est d'une lecture extrêmement aisée et j'ai, cette fois, pu donc passer sans mal le prologue. Malheureusement, mon avis sur le roman n'a pas changé : c'est un pastiche de roman victorien, et même pas très réussi...

Attention : des spoilers risquent de suivre ...

Ca commence comme une copie de Raison et sentiments : deux soeurs de caractère opposé, deux orphelines (mais de mère, cette fois-ci), dans une demeure splendide, et l'ombre d'un amant enfui. Puis, il continue comme un roman gothique : un secret entache la maison. La mort de la mère est bien mystérieuse, et Marianne rôde la nuit dans les couloirs sombres... Malheureusement, le gothique demande des ténèbres, des questions, des secrets, et ceux qui sont dans ce roman s'éventent vite. Et ça se termine ... en vilain fait divers, assez plat et relativement prévisible.

On ne retrouve nulle part les personnages véritablement odieux ou véritablement angéliques que j'aime revoir dans les romans victoriens. Le père même apparait plus comme un pauvre type que comme un monstre. Il n'y a que pour le sculpteur, Waring, que j'ai ressenti une véritable émotion, son passage dans le livre créant comme une fenêtre d'air frais.

Quand aux coïncidences, elles sont trop nombreuses, et le personnage de Charlotte en devient presque ridicule. Certains événements se produisent à point nommé ; on ne comprend pas pourquoi elle prend conscience de certains faits à certains moments ; et la révélation de sa parenté avec les deux jeunes soeurs ne sert absolument à rien.

 

Quant à l'épilogue, je les trouvé de trop. J'eu préféré amplement qu'on laisse du répit aux personnages après les événements du roman, plutôt que de nous les montrer vingt ans après, dans un bonheur qui me semble finalement surfait. Et d'autant plus qu'un drame les touche, terrible et presque sans espoir : la vie d'un jeune homme de vingt ans réduit par la guerre à un état de légume.

Pour être tout à fait honnête, la page du Times qui clot le roman m'a beaucoup plu : cette simple page aurait remplacée à merveille l'épilogue ! (et, l'avouerais-je ? Elle semble si vraie que j'ai été chercher sur le web si une bio de ce Samuel James Godwin existait ...)

 

Je suis d'autant plus déçue par cette lecture que certains passages sont réellement bons. En particulier, ceux flirtant avec l'art, la description des trois Vents, ou le regard du jeune peintre sur la maison qui l'entoure m'ont touchée. Mais les personnages manquaient trop de corps pour me permettre d'entrer dans cette histoire...

 

Ce roman a été lu en lecture commune avec George, Syl, Miss Alfie, Hélène, Vilvirt, Lael, Karine...

lecturecommune3

 

Il rentre dans le cadre du challenge Néo-victorien

challengeneovic

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 09:00

levallon.gif"Car ce qu'il avait sous les yeux était la scène de meurtre la plus artificielle qu'il lui ait jamais été donné de voir. A l'extrême bord de la piscine, un cadavre était artistiquement disposé, unbras tendu vers l'avant, et on avait même poussé le soucis du détail jusqu'à renverser de la peinture rouge qui tombait goutte à goutte du rebord de ciment jusque dans l'eau. Ce cadavre ostentatoire était celui d'un bel homme blonde. Debout, près de lui, une femme dans la quarantaine, courtaude, boulotte et au regard étrangement vide, tenait un revolver à la main."

 

Voici un Agatha tout ce qu'il y a de plus classique : un groupe d'ami, très uni en apparence mais cachant de sombres pensées, se retrouve enfermés dans une villa pour le week end. Des souvenirs du passés - en la personne d'une splendide actrice - réapparaissent. Et un meurtre se produit.

Par chance, Hercule Poirot est à côté. Qui est coupable ? L'épouse, la coupable la plus évidente ? La maîtresse ? L'ex-maîtresse ? L'hôtesse aux idées bien arrêtées sur le mariage ? Ou quelqu'un d'autre ?

 

Encore une fois, Agatha m'a eu : j'avais soupçonné tout le monde, sauf le coupable. Elle est admirablement talentueuse, nous servant les indices entre les lignes. Tout était dit, tout était clair, mais je me suis laissée prendre par mes préjugés et n'ai pas su le voir. Du grand oeuvre.

 

Malheureusement, à part cette intrigue, j'ai été un peu déçue. Le reste, les relations entre les personnages, les réflexions sur Poirot et ses habitudes continentales, la personnalité des uns et des autres ... J'ai trouvé ça très convenu. Comme une mauvaise imitation d'Agatha Christie.

J'ai lu qu'Agatha était un peu lassée de Poirot et c'est peut-être cette lassitude qu'on ressent dans ce roman. Comme si, en dehors du noeud de l'intrigue en lui même, le reste était un concentré de ce qu'elle a écrit ailleurs.

 

Mais la fin est et reste un délice !

 

Lu dans le cadre du challenge Three Christies for Christmas !

Christie


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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 09:15

MissMarpleAuClubDuMardi.jpg"Il est vrai, bien sûr, que j'ai mené ce qu'on appelle une vie sans histoire, mais à force chercher à résoudre les différents petits problèmes qui se présentaient, j'ai acquis de l'expérience."


Dès le début de ce recueil, le ton est donné : quelques amis se retrouvent tous les mardis avec au menu, un débat sur une affaire criminelle complexe - mais dont le narrateur connait la réponse. En arrière plan, il y a la vieille tante d'un des participants qui, en comptant ses mailles et en tricotant, veut elle aussi, essayer de trouver le coupable. Quelle idée ! Une vieille dame qui n'est jamais sortie de chez elle !!

Sauf que quand la vieille dame s'appelle Miss Marple, à la fin, on lui demande d'écrire son idée plutôt que de la donner à haute voix, afin que les autres aussi aient le plaisir de chercher...

 

"A mon sens, corrigea miss Marple, qui plissa un peu le front en comptant les mailles de son tricot, la plupart des gens ne sont ni bons, ni mauvais, mais tout simplement, vois-tu, très bêtes."

 

C'est un concentré d'Agatha Christie que ce petit recueil : chacune des histoires, des situations est réduite à son plus simple caractère. Les personnages, leurs relations, la description du crime. Et encore plus que dans les romans plus longs, chaque détail compte. Et c'est sur ces détails que miss Marple a l'oeil. C'est elle qui saura ressortir le dessert imprévu, la femme de chambre indiscrète ou l'illusion d'optique prémonitoire, et sortir la vérité de son tricot.

C'est aussi un bonheur d'ambiance anglaise que ce recueil. Autour d'un thé, un tricot à la maison, le feu dans la cheminée, on discute de crimes passionnels ou intéressés. Un délice ...

 

"Non, ma chère, pas exactement, répondit miss Marple. Voyez-vous, si je voulais tuer quelqu'un - ce qui, bien entendu, ne me viendrait pas une seconde à l'esprit parce que c'est très mal et que, par ailleurs, je répugne à tuer même les guêpes, et pourtant je sais bien qu'il faut le faire et je suis sûre que le jardinier le fait de la façon la plus humaine possible... Voyons, où en était-je ?"

N'est-elle pas adorable ?

 

Lu dans le cadre du challenge Three Christies for Christmas !

Christie

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 09:00

1984.jpgJ’avais déjà commencé puis abandonné 1984 il y a de cela quelques années. Fort de la plutôt bonne impression que m’a laissée Animal Farm cet été, j’ai décidé de reprendre la lecture de ce qui est censé être le chef d’œuvre d’Orwell.

Ma première impression s’est confirmée ; je n’accroche pas avec ce roman. Il est trop long, trop démonstratif et trop lent !

J’ai bien trouvé le propos brillant, visionnaire et incroyablement fouillé mais la construction et la narration ne sont absolument pas à la hauteur du discours. On ressent trop l’intention politique et j’irai jusqu’à dire philosophique d’Orwell transparaître derrière ce qui m’a semblé une intrigue de pure convenance simplement destinée à permettre la transmission du message politique. J’ai trouvé les personnages complètement creux, l’intrigue cousue de fil blanc et en bref le roman très fade. Tout disparait derrière la formidable description du régime totalitaire ultime, ce régime qui étouffe aussi bien les personnages que le roman lui-même…

Que dire notamment des interminables pages de description du projet politique de l’Ingsoc trouvées dans le manuel de la résistance ? Que c’est long et laborieux. On sent la volonté de reprendre le manifeste du parti communiste et de démontrer la perversion de son idéologie par un régime communiste totalitaire comme celui de la Russie soviétique. C’est certes passionnant d’un point de vue intellectuel mais littérairement tellement indigeste … Ce roman est désespérément plat et on attend en vain le souffle qui le fera enfin décoller.

J’ai un temps cru l’avoir trouvé lors de l’arrestation du héros par la Thought Police mais si l’intrigue se resserre et la narration trouve un temps un certain rythme on retombe rapidement dans le travers d’Orwell qui est d’asséner son propos sans aucune considération pour les attentes littéraires de son lecteur.

Autant le propos d’Orwell passe avec légèreté et même un certain humour dans Animal Farm grâce au recours à la fable et au format de très court roman, autant celui de 1984 est indigeste à cause de la trop grande volonté d’Orwell de s’appesantir dans la description exhaustive de l’Ingsoc. Il va même jusqu’à écrire un court traité de grammaire décrivant les principales caractéristiques du Newspeak (ou version excessivement édulcorée de l’anglais destinée à ne plus permettre d’avoir de pensées hérétiques par simple manque de mots pour les exprimer ou les penser … l’idée est certes brillante mais inutile de vous dire à quel point le rendu littéraire peut être plat à mourir …).

Bon, finissons tout de même sur une note d’optimisme : ça fait un pavé en moins dans ma PAL !

Dernière remarque tout de même : j’ai vu plusieurs personnes mentionner O’Brien dans leur liste des 10 méchants ultimes de l’histoire de la littérature. Pas d’accord ! Pour ça il faudrait qu’il soit un personnage à part entière et pas simplement l’incarnation plus ou moins réussie d’une idée politique.

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Published by B. - dans Lecture
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