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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 17:48

the-eustace-diamonds.jpg"It was admitted by all her friends, and also by her enemies who were in truth the more numerous and active body of the two, that Lizzie Greystock had done very well with herself."


A même pas 20 ans, Lizzie Eustace est une des femmes les plus chanceuses du monde : issue d'un milieu modeste et endettée, elle a épousé un Lord tout ce qu'il y a de plus riche, qui lui fait le cadeau de mourir quelques mois après, lui laissant un fils dont elle n'a que faire, un titre qui l'intéresse beaucoup plus, un château en Ecosse, 4000 livres de rente et un collier de diamants valant 10 000 livres.
Mais le collier de diamants est-il à elle ? Le notaire de la famille en doute : un bijou de cette valeur ne peut échoir à une aventurière comme Lizzie, et ferait mieux d'attendre sagement chez un bijoutier la prochaine Lady Eustace. Lizzie soutient elle que son mari lui a donné le collier et qu'elle ne va pas se séparer d'un présent fait par son si cher et regretté époux.

En plus de se battre pour ses diamants, Lizzie cherche un époux, un Lord ou un corsaire, ou pourquoi pas son charmant cousin, Mr Greystock, qui la défend si ardemment contre les notaires de tout poils ? Quel dommage qu'il soit fiancé à cette jeune fille pâllote et pauvre de Lucy Morris...

Ce roman est un régal. Lizzie est un personnage férocement antipathique, menteuse, garce, égoïste, manipulatrice. Et pourtant, comme son cousin Greystock, on ne peut s'empêcher de la trouver touchante dans sa rage de vivre et de s'imposer. Il est rare de voir des héroïnes aussi complexes, aussi difficiles (il y a bien des moments où je l'aurais giflée) dans des romans, surtout de l'époque.

La seule chose qui m'étonne : il n'y a pas eu d'adaptation télévisée récente (la seule date de 59) de ce petit bijou. Pourtant, il y a tout pour plaire à des scénaristes : une héroïne belle et vive, quelques triangles amoureux, un château en Ecosse, le Londres du XIXème et un magnifique bijou. Que demande le peuple ?

 

Sans participer, mais en participant quand même au :

MoisAnglais3.jpg

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 16:24

In-a-Perfect-World.JPG"This is just the beginning, Tip of the Iceberg. Tornadoes. Tsunamis. Hold your hat on. Ever read about the Black Death ? It was all there. Before the plague did its worst work - the floods, the winds, the earthquakes. You wait."

 

 

Jiselle vit un conte de fée : 'vieille' fille de plus de trente ans qui a vu toutes ses amies se marier et avoir des enfants, elle vient enfin de toucher le gros lot. Mark Dorn, le beau pilote qui les fait toutes craquer, le veuf à l'histoire terrible, a épousé la petite hôtesse de l'air. Et en ces temps troublés, où une pandémie rend les vols plus difficiles et les séjours à l'étranger presque dangereux pour les américains, vivre dans une banlieue chic est bien plus reposant.

Mais le vers est dans le fruit, les enfants adolescents de Mark Dorn plus difficiles que prévu, le beau pilote rarement à la maison. Et le monde s'écroule peu à peu sous les assauts de la maladie.

 

J'ai découvert il y a peu de temps un jeu pour téléphone passionnant : Plague Inc. Dans ce jeu, vous êtes une maladie, une bactérie, un virus, un champignon, ce que vous voulez. Vous naissez dans le pays que vous souhaitez, développez les traits que désirez avec un seul but : détruire l'humanité toute entière. Et dans les news, les traces de vos réussites, les précautions prises par les Etats, et peu à peu, l'effondrement de toute civilisation.

Dans In a perfect world, j'ai eu l'impression de vivre dans ce jeu. On part d'une vie toute à fait ordinaire et, peu à peu, on voit le chaos progresser, des week-ends à l'étrangers un peu chamboulés aux magasins qui ferment, à l'électricté coupée, au retour de la vie sauvage. J'aime souvent lire des romans post-apocalyptiques, voire apocalyptique, mais c'est rare de lire la pourriture se développer si pernicieusement, si doucement, si réalistiquement.

 

Un très beau roman, sans doute le meilleur que j'ai pu lire de cette auteur (meilleur même que Rêves de garçons, c'est dire !).

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 18:01

SalterBonheur.jpgNous filons sur le fleuve noir, aux bas-fonds lisses telle la pierre. Pas un bateau, pas un canot, pas le moindre éclat blanc. La surface se craquelle, traversée ppar le vent. L'estuaire est vaste, infini, les eaux saumâtres, bleuies par le froid. Le flot se trouble. Les oiseaux de mer planent et tournoient avant de disparaître. Rêve du passé, franchi en un éclair. Après les hauts-fonds, l'eau s'éclaircit, moins profonde, sur notre passage : barques tirées au sec pour l'hiver, embarcadères déserts. Ailés, comme les mouettes, nous nous élançons dans les airs, faisons volte-face.

 


Voici l'histoire d'un couple, Nedra et Viri. Ils vivent dans une maison pleine de charme, avec leurs deux fillettes. Elle est belle et élégante, parfaite maîtresse de maison, excellente hôtesse sachant créer l'ambiance douce et confortable propice aux confidences. Il est un excellent père et mari, un conteur de première catégorie qui fait surgir devant les yeux de ses filles les aventures du poney, de la tortue domestique.
Mais tant de perfection est-elle de ce monde ? Où est caché le vers dans ce fruit parfait ?

C'est un roman que j'ai trouvé merveilleux. C'est un livre sur la poursuite du bonheur, qui fuit dès qu'on essaie le saisir et s'enfuit de plus en plus loin. C'est un livre sur la vieillesse et la perte des illusions, sur ce qu'est une vie. C'est un livre qui débute là où se terminent les contes "Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants." : c'est quoi, vivre heureux ? Peut-on à 28 ans (âge de Nedra au début du roman) se dire que sa vie est finie, que plus rien ne méritera d'être raconté et que toute sa vie pourra être résumé par cet adjectif "Elle fut heureuse" ? Peut-on, à 28 ans, se condamner au bonheur ?

 

En plus d'être fin et intelligent, ce roman est servi par une plume admirable, toute en douceur qui me fait regretter de ne pas l'avoir lu en anglais. Je vous le conseille vraiment de tout coeur.

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 17:27

The_Highbury_Murders.jpg"Why do we have neighbors, if we can't think and wonder about them ?"


Emma, Jane Austen, un ans après. La vieille Mrs Bates vient de mourir et tout le beau monde de Highbury se retrouve chez Miss Bates pour la soutenir la pauvre vieille fille. Les commérages vont bon train : Frank Churchill et sa nouvelle épouse Jane vont-ils venir à l'enterrement ? Où est passée l'argenterie de Knightley ? Pourquoi Mr Elton a-t-il acheté un coffre fort laid ? Et qui sont ces ombres que la pauvre Harriet a-t-elle cru voir passer derrière chez elle ?

 

Le retour dans le petit monde d'Emma est un vrai délice. Il est rare qu'une oeuvre dérivée soit aussi fidèle à l'originale et en particulier à leur caractère. Dans ce roman, au contraire, l'auteur a su capter l'essence des personnages de Jane Austen et les peint devant nous, 1 an après le mariage d'Emma et Knightley, alors qu'un jeune bébé les a rejoint et fait le bonheur de tous. Il y a quelque chose de très agréable dans le fait de voir Emma et Knightley aussi heureux dans leur intimité et aussi complices.

 

Par rapport à Austen, l'auteur s'attache peut-être un peu plus à décrire les faits et gestes du quotidien. Elle rend ainsi l'ambiance du roman encore plus cosy en facilitant notre entrée dans l'histoire.

 

Je n'ai qu'un seul regret : je trouve la conclusion de cette enquête un peu tirée par les cheveux et fin décevante. Preuve qu'il ne faut pas lire ce roman comme un roman policier, mais plus comme un hommage parfaitement réussi au moins austenien des romans de Jane Austen.

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 18:18

http://simania.co.il/bookimages/covers71/710958.jpg

"I've danced at your skittish heels, my beautiful Bathsheba, for many a long mile and many a long day ; and it is hard to begrudge me this one visit."

 

Thomas Hardy et moi avons une drôle de relation. Si j'ai toujours été convaincue de son grand talent, Jude l'Obscur a quelque part signé a fin de notre relation. Je suis difficile à déprimer et j'aime parfois lire des romans difficiles, mais là ... l'histoire de ce pauvre Jude et de ses malheurs m'a convaincue d'arrêter. Et Tess of the D'Hubervilles est resté dans ma PAL.

Mais voilà, on m'a dit que Far from the madding crowd n'est pas comme ses autres romans, qu'il est gai, heureux, drôle parfois et, pour avoir vu Tamara Drewe, je voulais bien m'en laisser convaincre.

Me voici donc partie pour suivre les aventures amoureuses de Bathsheba Everdene et de ses trois soupirants : Gabriel Oak, le berger ; Boldwood, le fermier et Troy, le galant soldat, dans une campagne anglaise plus vraie que nature, avec un "choeur" de paysans anglais absolument truculent.

 

"Until she had met Troy, Bathsheba had been proud of her position as a woman ; it had been a glory to her to know that her lips had been touched by no man's on earth - that her waist had never been encircled by a lover's arm. She hated herself now."

 

Oui, bien sûr, j'ai adoré ce roman, et pour de multiples raisons. Les personnages, principaux comme secondaires, sont des êtres humains complexes qui s'animent devant nous. Aucun ange, aucun démon : Thomas Hardy joue avec des êtres humains, bourrés de qualités comme de défauts, mais qui s'avèrent tous terriblement attachants.

Du vieux garçon raisonnable, que la découverte de la passion amoureuse conduit à la folie, au galant soldat dragueur, mais qui restera fidèle à travers la mort à la femme de sa vie, en passant par le timide jeune homme très sûr de lui et par la jeune femme intelligente mais qui se comporte parfois comme une idiote, aucun de ses personnages principaux ne se découvre au premier regard, ni n'est réductible à un type.

 

L'autre acteur magistral de ce roman, c'est la nature anglaise. Hardy se délecte dans la description d'une Angleterre rurale, bercée par le rythme des saisons et des travaux agricoles. La nature et le climat deviennent même des personnages à part entière : que ce soit l'orage de la fin d'été qui révèle le caractère de Troy, le froid glacial où Oak manque de mourir ou la pluie d'automne qui trouble la tombe de la pauvre Fanny Robin, l'intervention de la météo et de la nature bouleverse le chemin suivi par le récit.

 

Ce roman se révèle donc être une très belle découverte et une réconciliation avec Thomas Hardy ! Il ne me reste plus qu'à attendre l'adaptation avec Carey Mulligan !

 

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/01/22/20/40/478604.jpg

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 10:00

Christmaspudding.jpgIn any case, Amabelle went on, the older I get, the more I think it is fatal to marry for love. The mere fact of being in love with somebody is a very good reason for not marrying them, in my opinion. It brings much more inhappiness than anything else.

 


Soit

Un auteur raté dont le grand roman tragique se trouve être élu le meilleur roman comique de l'année, Paul Fotheringay

Une châtelaine anglaise, toute de tweed vêtue, amatrice de chasse et de chevaux, Lady Bobbin

Sa fille Philadelphia, l'ennui fait belle jeune fille, et son son fils Bobby, bout en train

Une veuve joyeuse, consacrant ses 45 ans à faire des couples et à refuser des demandes en mariage, Amabelle Fortescue

Un couple de Young Bright Things, désargentés mais très très amoureux (et à quoi sert l'argent quand on a des amis riches ?), Walter et Sally Monteath.

Un Lord diplomate, de retour de plusieurs années au Proche-Orient, années consacrées à l'archéologie et à oublier Mrs Fortescue, Lord Lewis.

Mélangez.. Parsemez de quelques épices anglaises (des duchesses, capitaines, des enfants impossibles et des vieux garçons indécrottables). Faites chauffer à feu doux trois semaines, à la campagne. Flambez d'une attaque terroriste bolchévique.

Servez ce Christmas Pudding.

 

" - [...] Really that young man, I've no patience at all with him; he behaves like a very unconvincing character in a book, not like a human at all"
"Yes, doesn't he. The sort of book of which the reviewers would say "the characterization is weak ; the central figure, Lord Lewes, never really coming to life at all ; but there are some fine descriptive passages of Berkshire scenery".

 

Un régal à la Nancy Mitford, une débauche d'esprit, d'humour improbable et d'ambiance Années Folles.

 

" 'Where's Mabel, then ?

- She is just looking for still-borns in The Times', said Christopher Robin.

[... Mabel] Chadlington kept a little red pocket-book in which she wrote down the number of still-borns babies every day as announced on the Births column of The Times. This lugubrious hobby seemed to afford her the deepest satisfaction.

'Any luck today ?, asked Christopher Robin casually.

- Not today. One lot of triplets though. I keep a separate page for them, and there were two still-borns yesterday. One mustn't expect too much, you know.' "

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 12:00

QuelleEpoque.jpg"Au fond de son coeur, elle adorait la richesse, mais elle la désirait pour lui plutôt que pour elle. Alors, son esprit s'envolait vers les titres de baron et de comte, et elle se perdait dans la gloire future de son fils, dont les vices avaient déjà commencé à l'entraîner dans sa propre ruine."


Voici un petit pavé (700 pages et quelques écrits en tout petit), riche en rebondissement et qui fait vivre devant nous toute une société : les nobles désargentés mais qui aimeraient bien continuer à faire "comme si", les nouveaux commerçants richissimes, mais si vulgaires et si peu "anglais", les squires paisibles de province, les paysannes séduites par les nobles désargentés du dessus, et ... les américains et leurs moeurs bizarres.
Le pitch du livre est vraiment très simple : Augustus Melmotte, un homme vulgaire et profondément "étranger" (français, ou juif, ou américain, bref, "pas comme nous") déboule dans la haute société londonienne comme un chien dans un jeu de quille. Malgré son côté profondément détestable, sa fortune sans limite conduit les uns et les autres à le fréquenter de plus en plus assidument. Surtout qu'il a une fille unique à marier ! Mais les bases de sa fortune sont-elles si saines ?
En plus de la dichotomie noblesse/commerce, Trollope s'intéresse aux bases de la fortune de Melmotte et à la spéculation qu'il conduit. J'avoue que ça m'a fait énormément fait penser à la crise financière de 2008, et d'autant plus que la spéculation véreuse que lance Melmotte est du même type que celles qui ont conduit au XIXème siècle à la fondation des agences de notation !

A partir de l'astre Melmotte, on rencontre de nouveaux personnages : les Longestaffe, en manque d'argent chronique et dont la fille n'arrive pas à se marier, 12 ans après avoir été lancée dans le monde ; Sir Alfred et son fils, la porte d'entrée de Melmotte dans l'aristocratie, et les Carbury.
Lady Carbury, veuve, a deux enfants : un fils dépensier Felix qu'elle aime passionnément, et une fille parfaite, Hetta, qui se refuse à épouser son cousin Roger, même si Roger pourrait lui fournir une vie sans soucis financier. Mais Hetta aime Paul Montague, un ami de Roger, follement amoureux d'elle, mais pourvu d'une fiancée étrange, américaine, divorcée, veuve (?), entreprenante et séduisante : Mrs Hurtle. Double triangle amoureux, complexe à résoudre.

 

"Elle voulait s'établir. Elle voulait, au début de son entreprise, obtenir un lord ; mais les lords sont rares. Personnellement, elle n'était pas de très haute naissance, elle n'avait pas de dons exceptionnels, elle n'était pas très charmante, pas très agréable, et n'avait pas de fortune. Elle avait décidé depuis longtemps qu'elle pourrait se passer d'un lord, mais qu'elle devait se trouver un roturier convenable. Ce devait être quelqu'un disposant d'une résidence à la campagne, et de moyens suffisants pour lui permettre de se rendre tous les ans à Londres. Ce devait être un gentleman, et sans doute un parlementaire. Et avant tout, il devait être d'un bon milieu. [...] Mais désormais, les hommes convenables ne s'approchainent plus d'elle. Le seul but pour lequel elle s'était exposé à cette ignominie semblait avoir complètement disparu au loin."

 

Au final, ce fut une lecture vraiment plaisante. Je trouve les personnes riches et fouillés. Personne n'est réellement blanc ou noir, même si Hetta n'a que très peu de défauts, et que Felix est pathétique. Chacun est poussé dans le monde par ses désirs, son égoïsme, et très peu de gens prennent l'autre en considération (sauf peut-être Lady Carbury, qui se démène vraiment pour son crétin de fils). Le premier chapitre avec les trois lettres que Lady Carbury envoie aux trois journaux est un régal. J'ai aussi particulièrement apprécié les chapitres, après le grand diner de Melmotte, où on est dans l'esprit de ce personnage. Dans le grand méchant financier véreux et violent, on trouve un homme blessé et fragile.

Je n'ai que deux défauts à lui trouver :
- ce roman a été écrit en feuilleton et ça se sent : au début de chaque chapitre, il rappelle brièvement là où il avait laissé ses personnages avant, ce qui a tendance à couper la lecture.
- je l'ai lu en traduction, et je n'aime pas les parti-pris du traducteur. Il a voulu traduire les expressions familières par des expression familières plus modernes, ce qui me gêne beaucoup. On parle ainsi de "mon paternel", untel est un "chic type". Heureusement, seuls les passages entre jeunes nobles sont traduits ainsi, mais j'ai trouvé ça déplacé.

 

Par ailleurs, la BBC en a fait une série télé, avec David Suchet (Poirot !!) en Melmotte que j'ai maintenant très envie de voir...

TheWayWeLiveNow.jpg

 

Lu en LC avec Camille, Adalana, Denis, Lecture et cie, Malorie, Shelbylee, Syl. et Titine

logo-lc-trollope-mars-2013.jpg

 

Lu dans le cadre du challenge victorien

victorien

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 18:00

Answered_Prayers.gif

"My kind of women needs a man. Not for sex. Oh, I like a good screw. But I've had my share; I can do without it. But I can't live without a man. Women like me have no other focus, no other way of scheduling our lives; even if we hate him, even if he's an iron head with a cotton heart, it's better than this footloose routine. Freedom may be the most important thing in life, but there's such a thing as too much freedom. And I'm the wrong age, now, I can't face all that again, the long hunt, the sitting up all night's at Elmer's or Annabel's with some fat greaser swimming in a sea of stingers. All the old gal pals asking you to their little black-tie dinner and not really wanting an extra woman and wondering where they're going to find a suitable extra man for an aging broad like Ina Coolbirth. As though there were any suitable men in New-York. Or London. Or Butte, Montana, if it comes to that. They're all queer. Or ought to be. That's what I meant when I told Princess Margaret it was too bad she didn't like fags because it meant she would have a very lonely old age. Fags are the only people whe are kind to wordly old women."

 

La plume de Capote m'évoque toujours une journée d'automne, de fin septembre ou début octobre, quand la splendeur de l'été recule, que les feuilles mortes ne sont que le témoignage de leur beauté passée, mais que, dans la douceur persistante de l'air, l'éclat persistant du soleil, demeure un reste de la belle saison.

C'est un peu cela que raconte Answered prayers : les derniers restes d'une aristocratie qui mêle naissance, éducation, et culture, mais déjà souillée par les cocottes. Après tout, l'héritier des grands écrivains, n'est-il pas en même temps un gigolo ?

 

"Afterwards, whenever I encountered Camus at the Pont Royal, and once at a Gallimard garden party that I gate-crashed, he always nodded and smiled encouragement."

 

Est-ce un roman ? Est-ce une confession ? des mémoires ? Le héros et narrateur, PB Jones est-il Capote ou est-il un narrateur fictionnel ? Oscillant entre la vie d'un prostitué bisexuel, et celle d'un jeune auteur en  devenir, le narrateur entre dans toutes les classes de la société, de l'éditrice qui le publie en échange de faveurs sexuelles à la femme mystérieuse, malheureuse, épouse d'un homme riche et cruel dont il tombe amoureux.

Ce livre, empreint de vérité, d'anecdotes réelles, a mis Capote au ban de la société, au ban de sa société. Mais, même si on l'ouvre en cherchant des bouts d'histoire (et on en trouve, Capote faisant apparaître des personnes historiques à l'intérieur, des écrivains français à Wallis Windsor, en passant par Gertrude Stein), on y trouve quelque chose d'encore plus vrai, des fragments d'âme humaine dans ce qu'elle peut avoir de plus vile, de plus noble, de plus pur, de plus sale.

 

"'Mon Dieu', said Mme Apfeldorf, making a sign of the cross. 'She must bee a very frightened woman'

'Not frightened. Despairing, even suicidal perhaps; but she wears a jovial mask convingly.' "

 

Certaines descriptions (la première de ce billet ou celle juste au dessus) rappellent celle d'Holly Golightly, et me convainquent encore plus que l'interprêtation d'Audrey Hepburn dans Diamants sur canapés, pour charmante qu'elle soit, manque cruellement de la gaieté suicidaire, du désespoir joyeux de l'héroîne du roman.

 

L'intérêt immense de ce court livre (à peine trois chapitres) réside aussi dans le style de Capote. Sans fioriture, plutôt dépouillé, il parvient à trouver à chaque phrase le mot juste, le ton juste, le juste rythme qui créent devant nous le tableau de ce qu'il décrit :

"When I think of Paris, it seems to me as romantic as a flooded pissoir, as tempting as a strangled nude floating in the Seine. Memories of it clear and blue, like scenes emerging between a windshield wiper's languid erasures ; and I see myself leaping puddles, for it is always winter and raining, or I see myself seated alone skimming Time on the deserted terrace of the Deux Magots, for it is also always Sunday afternoon in August. [...] Admittedly, my life was not that of a workaday native; but even the French can't endure France. Or rather, they worship their country, but despise their countrymen - unable, as they are, to forgive each other's shared sins: suspicion, stinginess,envy, general meanness."

 

Au final, mon immense regret est que l'auteur n'a pas poursuivi son travail, son ambition d'écrire La recherche du temps perdu des années 50, de devenir le Proust américain.

 

 

 

Lu dans le cadre de l'animation Oh ! I love New-York, sur whoopsy-daisy

OhILoveNYC

Lu dans le cadre de l'animation New-York en littérature

ny-2013

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 08:00

PeterPan.jpg"- Qui es-tu donc, Pan ? cria Crochet.

- Je suis la jeunesse, je suis la joie, répondit Peter tout à trac, je suis un petit oiseau sorti de l'oeuf.

Cette réponse absurde prouvait néanmoins que Peter n'avait pas la moindre idée de qui il était , ce qui est le degré suprême du bon ton."

 

Wendy et ses frères vivent dans une famille anglaise tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Leur maman est une femme charmante, avec un baiser au coin de la lèvre qu'on ne parvient jamais à saisir. Leur papa est un homme très digne et très ennuyeux. Quant à leur nurse, car il en faut une dans une famille comme il faut, c'est une chienne, Nana, mais une chienne très bien élevée et qui s'occupe d'eux avec beaucoup de sagesse.

La nuit, cependant, un garçon vient les observer, une fée, Clochette, à ses côtés. Leur maman le connait bien : elle aussi l'a rencontré quand elle était petite fille. Une nuit, Wendy et ses frères décident de le suivre en volant, au Pays Imaginaire, où Wendy pourra faire la maman des Garçons Perdus, et ses deux frères se battre contre les Peaux-Rouges et les Pirates, surtout Crochet que poursuit le crocodile qui fait Tic-Tac.

 

"Tous voulaient du sang, sauf les garçons à qui cela ne déplaisait pas d'ordinaire, mais qui, ce soir là, attendaient leur capitaine. Le nombre des garçons vivant dans l'Île peut varier, évidemment, selon qu'il leur arrive d'être tués ou bien d'autres choses. Dès qu'ils semblent avoir grandi - ce qui est contraire au règlement - Peter les supprime."

 

Je sais que ça va sembler bizarre, mais je n'ai jamais vu le dessin animé de Walt Disney, Peter Pan. J'ai un vague souvenir que ma mère me l'avait emmené voir au cinéma, quand j'avais quelque chose comme 3 ans, mais elle avait du sortir précipitamment du cinéma avec une gamine hurlante sous le bras. Je ne sais plus qui du crocodile ou des pirates m'avait ainsi bouleversée, mais je me souviens bien de la peur panique qui m'avait envahie.

(c'était la minute Je raconte ma life)

Tout ça pour dire que je ne savais pas à quelle sauce j'allais être mangée : je m'attendais à un joli conte de fées pour enfants, en mode XIXème, c'est à dire dans mon esprit malade, une sorte de Petites Filles Modèles à la sauce shakespearienne.

Ah Ah Ah.

Hum.

Ils sont pas modèles, les enfants du Pays Imaginaire ! Peter Pan le premier, qui est le plus insupportablement égoïste petit enfant jamais représenté dans la littérature enfantine - un vrai môme, juste dans l'instant présent, pensant uniquement à lui et à ses fantasmes.

Si je devais dire ce qu'est ce roman, extrêmement riche pour ses 140 petites pages, je dirais que c'est la description d'un jeu d'enfant. Vous savez, ces "Et on dirait que tu serais le bébé/le méchant/le loup et moi la maman/le gentil/le petit chaperon rouge, et là ça serait ma maison et là, ça serait la tienne". Et bien, quand ils construisent la maison de Wendy (c'est une fille, elle ne va quand même pas dormir avec des garçons) : "Il cueillit le haut-de-forme de John, le défonça d'un coup de poing et le déposa sur le toit. Ravie d'être pourvue d'un élément aussi essentiel, la petite hutte se mit à fumer en guise de remerciement.".

Autre chose qui m'a surprise : la représentation de l'enfance, beaucoup plus réaliste que ce que j'ai pu lire dans la plupart. Aucun émerveillement sur la douceur naïve de l'enfance. Peter Pan, l'Enfant, y est égoïste et cruel, inconstant et volage, tout entier plongé dans son monde merveilleux qui est la seule chose qui importe pour lui, bien plus que les êtres qui l'entourent.

La psychanalyse n'est aussi pas très loin. Je regrette que ce livre ne soit pas traité dans la Psychanalyse des contes de fées, car je pense qu'il y aurait beaucoup à en dire. Entre tuer le père (qui est Crochet, si ce n'est le père symbolique que Pan veut tuer) et la dichotomie femme-maman (Wendy) vs femme-putain (Clochette), en passant par le désir irrépressible que Peter a de transformer son amoureuse en maman (pas tout à fait la même chose que de faire de sa maman son amoureuse), même une non-initié commemoi a pu voir que ce conte déborde de signification plus profondes.

 

Au final, j'ai trouvé que Peter Pan est le meilleur livre sur l'enfance que je n'ai jamais lu. Derrière le conte et les aventures, c'est une des descriptions les plus justes de l'âme enfantine.

 

Lu avec les frogs

VFAL

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 19:55

les_chouans.jpgEn 1799, le Directoire touche à sa fin : le jeune général chéri de la Victoire vient de se faire nommer Premier Consul. Les choses changent à Paris, le pouvoir change de mains.

Mais en Bretagne, la guerre de Vendée recommence. Un jeune homme, débarqué d’Angleterre et surnommé le « Gars » réveille les Chouans endormis. L’armée française, dirigée sur place par Hulot, est mise en difficulté.

Mais de Paris, débarque une jeune beauté, dotée d’une lettre de mission lui donnant tout pouvoir sur les troupes, Mlle de Verneuil. Dès leur première rencontre, le Gars et Mlle de Verneuil  vont tomber amoureux : comment concilier son cœur et son devoir ? Et qui est réellement Mlle de Verneuil ?

 

Ce roman est très étrange venant de Balzac. Il manque de cynisme. Romantique, il pourrait être du Hugo (il serait très intéressant de le comparer avec Quatre Vingt Treize, d’ailleurs, qui semble s’en être inspiré pour un grand nombre de personnages secondaires). Romanesque au dernier degré, il pourrait être du Dumas.

Il n’y a que dans ses descriptions, par ailleurs assez peu nombreuses (pour du Balzac) que je le reconnais : la Bretagne, ses paysages, ses haies, ses talus, ses villes de granit austère, sa Sainte Anne d’Auray, son peuple féroce et superstitieux (pas taper, pas taper, c’est le XIXème siècle quand même), forment plus qu’un décor au récit, mais lui donnent une vrai impulsion.

 

C’est aussi un très beau portrait de femme. Marie de Verneuil est le personnage principal de ce récit, bien plus que le fadasse « Gars ». Elle cultive un mystère à la Milady, avec une pureté dans ses intentions et dans ses choix presqu’adolescente : elle a en elle de l’intrigante d’Ancien Régime comme de la jeune fille romantique du XIXème, avec une volonté presque masculine. Balzac décrit là un idéal de femme, pure et sensuelle, claire comme de l’eau de source et mystérieuse, fragile et déterminée, amoureuse et calculatrice.

 

Au final, il n’y a pas qu’entre les deux aspects de la personnalité de Marie que Balzac ne parvient pas à trancher. Entre Républicains et Royalistes, son cœur hésite aussi. Si sa vision des Chouans est romantisée, comme gardiens du passé éternel de la France, il ne se voile pas les yeux sur la corruption de ceux qui les mènent. Quant aux Bleus, coupables de détruire ce passé, ils portent en eux l’avenir de la Nation, et sans doute un plus fort assentiment politique de Balzac.

 

Au final, c’est un roman que j’ai beaucoup aimé. Grâce au souffle romanesque qui le traverse, il se lit comme du petit lait. Mais la finesse, l’absence de manichéisme sur lequel Balzac la construit est un régal.

 

Lu en lecture commune avec Maggie, Nathalie , Cléanthe et Marie

lecturecommune3

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revolution.jpg

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Janvier 2013

Lecture commune approximative : Imposture, de Benjamin Markovits, avec George

 

9 Janvier 2013

Lecture commune : Silvia's lovers, de Gaskel, avec Titine

 

20 Janvier 2013

Lecture commune : Les Chouans, de Balzac, avec Maggie, Nathalie , Cléanthe et Marie

 

Février 2013

Lecture commune : La fausse maîtresse, de Balzac, avec Marie

 

4 Mars 2013

Lecture commune : Le temps des métamorphoses, de Poppy Adams, avec Tiphanie, Soukee et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : The scarlett letter, de Nathaniel Hawthorne, avec Noctenbule et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : Quelle époque !, de Trollope, avec Adalana, Shelbylee, Maggie et Titine

 

Avril 2013

Lecture commune : Les vagues, de Virginia Woolf, avec Cléanthe , Anis et Titine


21 Juin 2013

Lecture Commune : Petite soeur, mon amour, avec Valérie

 

 Juin 2013

Lecture de L'Argent, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Juillet 2013

Lecture de La débâcle, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Août 2013

Lecture de Le Docteur Pascal, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

7 Novembre 2013

Lecture de Le dernier Homme de Camus, dans le cadre du défi Albert Camus

Mes défis persos

On peut me retrouver : whoopsydaisy.jpg
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