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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 08:00

ThisSideOfParadise.jpg" 'I know myself,' he cried, 'but that is all.' "

 

This Side of Paradize est le premier roman de Fitzgerald, et certainement son plus autobiographique. C'est un roman d'apprentissage, où on suit un jeune garçon, Amory Blaine, de son enfance à l'âge adulte.


Amory est un garçon brillant, chouchouté par sa mère, une excentrique qui m'a souvent fait penser à Tante Mame. Son entrée à Princeton va lui permettre de découvrir l'amitié, de s'ouvrir aux autres, dans une ambiance de club très aristocratique et snob. A travers les personnages d'Isabelle et Rosalind, il va apprendre ce qu'est l'amour, et ses déceptions. Puis, dernière étape, avec l'irruption de la politique dans sa vie intellectuelle.

 

"From the first he loved Princeton - its lazy beauty, its half-grasped significance, the wild moonlight revel of the rushes, the handsome, prosperous big-game crowds, and under it all the air of struggle that pervaded his class."

 

C'est aussi la fin d'une époque, l'avénement d'une nouvelle génération. C'est ce qui me fascine dans les romans des années 10 et 20. Comme un pendant américain de  Brideshead revisited, on voit disparaître avec une forme de nostalgie le XIXème siècle, ses aristocrates snobs, ses traditions anciennes, au profit d'une époque a priori plus égalitaire. Comme dans Brideshead revisited, il y a le charme des campus universitaires anglo-saxons, des amitiés de dortoirs, de la fin d'adolescence.

 

" 'It's not all rubbish,' cried Amory passionately. 'This is the first time in my life I've argued Socialism. It's the only panacea I know. I'm restless. My whole generation is restless. I'm sick of a system where the richest man gets the most beautifull girl if he wants her, where the artist without an income has to sell his talent to a button manufacturer. Even if I had no talents, I'd not be content to work ten years, condemned either to celibacy or a furtive indulgence, to give some man's son an automobile."

 

Comme dans  The Great Gatsby, il y a une immense nostalgie, une forme de tristesse qui imprègne les pages. This side of paradise n'est sans doute pas le plus gai, ni le plus heureux, mais il y plane un spleen de toute beauté.

 

" 'Summer is only the unfulfilled promise of spring, a charlatan in place of the warm balmy nights I dream of in April.' "

 

Car finallement, c'est ça qui me fait accrocher à Fitzgerald. Le roman possède des défauts (une intrigue un peu décousue, en particulier), mais, mon dieu !, son style, son écriture, la poésie de ses paragraphes m'a séduite. J'ai manqué de vous citer tout le livre, tellement il était difficile de faire un choix.

 

"So he found 'Dorian Gray' and the 'Mystic and Somber Dolores' and the 'Belle Dame sans Merci' ; for a month was keen on naught else. The wolrd became pale and interesting, and he tried hard to look at Princeton through the satiated eays of Oscar Wilde and Swinburne - or 'Fingal O'Flaherty' and 'Algernon Charles' as he called them in précieuse jest. He read enormously every night - Shaw, Chesterton, Barrie, Pinero, Yeats, Synge, Ernest Dowson, Arthur Symons, Keats, Sudermann, Robert Hugh Benson, the Savoy Opera - just a heterogeneous mixture, for he suddenly discovered that he had read nothing for years."


 

Lu dans le cadre du challenge Fitzgerald et les enfants du jazz

Fitzgerald

Lu dans le cadre du challenge New-York

challenge-ny-12

Lu en anglais.

Lirenanglais

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 14:03

montraitre.jpg"Now and in time to be,
Wherever green is worn,
Are changed, changed utterly:
A terrible beauty is born."

Cela fait bien longtemps que j'avais vu ce livre sur la blogosphère, et que les innombrables billets élogieux m'avaient donné envie de le lire. Il a fallu une conférence au Centre Culturel Irlandais en compagnie de Titine et Cryssilda, pour être émerveillée par le talent de conteur de Sorj Chalandon et profondément émue par l'histoire qu'il racontait.

Dès le lendemain, j'entamais le livre que je finissais dans la journée, incapable de quitter Antoine le français et Tyrone Meehan l'irlandais.

Ce livre est inspiré de la vie de Sorj Chalandon : journaliste grand-reporter à Libération, il a suivi les événements d'Irlande du Nord. Il a lié amitié avec des irlandais, au motif qu'il était plus agréable de boire des bières avec les catholiques que du thé avec les protestants. Avec l'un d'entre eux en particulier, Denis Donaldson, un des leaders de l'IRA provisoire, dont on apprendra en 2005 qu'il trahissait depuis 20 ans au profit de l'Angleterre.

 

"J'en veux à ces salauds pour ce qu'ils ont fait de nous. Je leur en veux parce qu'ils nous ont obligés à tricher, à mentir, à tuer. Je déteste l'homme qu'ils ont fait de moi, a encore dit Tyrone Meehan."

 

C'est cette amitié que raconte Mon traitre, entre Antoine, le luthier parisien qui découvre l'Irlande combattante (et nous la fait découvrir à nous aussi, lecteurs), et Tyrone, l'irlandais, sauvage, taiseux et passionné. On suit avec eux, et Jim et Cathy, et tous les autres, les ravages de la guerre, des enfants que l'on enterre aux bombes que l'on pose. On découvre aussi l'histoire, que dire ?, la mythologie politique de l'Irlande, de Connolly à Bobby Sand.

 

"Nous étions comme ça, à deux, face au lac, au milieu de l'Irlande et sous son ciel. Il m'a pris par l'épaule. Il n'a rien dit, d'abord. Il a laissé le vent, la lumière l'effleurer les collines, les murets de pierre plates. Sa main, lourde sur mon épaule, ses yeux clos. Je l'ai regardé. J'étais fier. De sa confiance, surtout."

 

Mais c'est surtout un très beau roman sur l'amitié. Qu'est ce qu'un ami, lorsqu'il trahit tout ce en quoi on croyait ensemble ? Qu'est ce qu'un ami lorsque l'amitié toute entière est bâtie sur un mensonge ? Et un traitre est-il aussi traitre dans ses amitiés ? C'est un recueil de ces questions que traite le récit, sans jamais donner de réponse. Mais y-a-t'il des réponses ?

 

Un très beau livre, que je recommande de tout mon coeur, de toute mon âme.

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 11:20

Dave.jpg"Alors, l'autre chauffeur avait lancé : 'Les femmes, c'est comme les ouragans : quand elles débarquent, elles sont toutes humides et chaudes et quand elles foutent le camp, elle vous prennent votre maison et votre voiture. ' "

 

Au début des années 2000, Dave Rudmann est un chauffeur de taxi londonien. Il vient de se faire plaquer par sa femme, Michelle, qui est partie emmenant avec lui son fils, Carl. Dépressif, il est drogué aux médicaments, au désespoir, à la haine, au racisme, et ballade son fiel dans les rues de Londres, au volant de son taxi. Un jour, il rédige un livre, remplit de sa haine pour les femmes, et du monde en général, et de la Connaissance, ce savoir encyclopédique des rues de Londres que doivent posséder les chauffeurs de taxis londoniens.

510 après Dave. Cela fait maintenant plus de 500 ans que le Livre de Dave a été trouvé, et contraint tous les aspects de la vie en Ingleterre.
Les "papas" et les "mamans" vivent séparement. A chaque "Alternance", les enfants changent, quittant les "papas" pour les "mamans" et vice-versa. Chez les papas, des "opaires" s'occupent des plus jeunes. Tous les jours, les "papas" récitent les "Courses" sous l'oeil avisé du "Chauffeur".
Tout va pour le mieux, jusqu'au jour où Symun Devush proclame avoir trouvé un autre Livre de Dave, qui remet en cause le précédent...

 

"Tard dans le troisième tarif, alors que le phare était sur le point de se mettre en code, Antonë Böm était assis à écrire son journal."

 

C'est vraiment un livre très bizarre. Il alterne chaque chapitre entre le présent et le futur, et d'une manière qui n'est pas toujours chronologique. Dans le futur, la plupart des dialogues sont dans une sorte de langage SMS, et parsemés de références au Livre de Dave. Il y a d'ailleurs à la fin un lexique fort utile. Bref, c'est un bouquin qui demande énormément de concentration, et que je ne regrette pas d'avoir lu en français et non en VO.

 

"Dave Rudman aurait dû les accompagner, mais il avait regimbé. Il ne voulait pas partir travailler, ou étudier, ou même se procurer du hash à bon marché à l'étranger. Tous ses pairs désiraient s'en aller de Londres - du moins pour un moment  - alors que Dave voulait s'y incruster plus profondément. Lun-dun - comment des syllabes aussi plombées pouvaient être aussi magiques ? Il avait un besoin maladif de Londres comme d'une identité. Il voulait être un londonien - non un cadre de direction à douze mille livres par an, marié à Karen, qui aimait ce putain de Spandau Ballet."

 

Malgré ces difficultés, c'est un livre extraordinaire. Les passages dans le présent décrivent la vie d'un raté, d'une manière très sombre, assez acide et avec pas mal d'humour noir. Dave est un pauvre type, une victime de la société qui fait que les plus faibles, les plus fragiles, sont enfoncés. Mais on ne peut pour autan l'aimer, tellement la haine qui transpire de tous les pores de sa peau est dérangeante. Michelle est une garce manipulatrice, mais peut-on lui en vouloir de quitter l'homme qui la battait ainsi que son fils ? (la réponse est : non, bien sûr).

Quant au futur ... Après des débuts assez lumineux (L'île de Ham est présentée comme une sorte de paradis terrestre), l'histoire vire peu à peu au cauchemar au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans l'Ingleterre vers le Nouveau Londres. Certaines scènes (l'abattage des motos ou le supplice de la Roue) étaient à la limite de l'insoutenable, et la fin ... me laisse espérer une suite.

Au final, c'est un livre vraiment riche et intéressant. La critique de notre société est acerbe, mais c'est surtout la critique des Eglises qui me semble la plus violente. Il y a un peu de Pullman en Will Self. C'était vraiment éloigné de ce que pensais lire en ouvrant ce livre (un bouquin post-apo drôle et déjanté).

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 19:00

MildredPierce.gif« Her only crime, if she had committed one, was that she had loved this girl to well. »

 

Ce roman est celui d'une passion, puissante et dévastatrice comme une tornade des tropiques. Belle et sublime, monstrueuse et terrible. Cette passion, c'est celle d'une mère, Mildred Pierce, pour sa fille, Veda.

Lorsque le roman commence, en 1931, Mildred est mariée à Bert Pierce, un homme autrefois dynamique, mais ruiné par la Grande Dépression. De Bert, elle a deux filles, Ray, un ange de sept ans, gaie et joyeuse, et Veda, onze ans, déjà snob et fascinée par l'argent et les bonnes fréquentations.

Exaspérée par la nonchalance de Bert (et par le fait qu'il ait choisi une maîtresse plus vieille et moins belle qu'elle), Mildred divorce. S'ensuivent quelques mois de misère, dans cette Amérique de la Dépression, d'autant plus difficile pour une femme avec enfants et sans qualification. Mais Mildred est courageuse, dure à la tâche et se bat pour conserver à ses filles le niveau de vie auxquelles elles (surtout Veda) sont habituées. Elle finit même par connaître le succès, et espère ainsi gagner l'estime de Veda.

Hélas, Veda méprise d'autant plus sa mère qu'elle travaille, et se sent beaucoup plus attirée par les rentiers ruinés et jouisseurs que par les êtres gagnant leur pain à la sueur de leur front.

 

J'ai découvert Mildred Pierce grâce à la série qui lui est consacrée, où Kate Winslet joue le rôle principal. Je voulais voir ce que ça donnait, regarder les premières scènes. Je me suis retrouvée à voir le premier volet dans sa totalité, et à avoir beaucoup de mal à éteindre l'ordinateur.

Je me suis donc procuré le livre, ayant dans l'oeil la superbe performance de Kate Winslet en Mildred Pierce (un rôle fait pour elle). Que dire ? Je l'ai dévoré, d'un bout à l'autre. L'histoire est sublime, une histoire de passion malheureuse, d'amour contrarié comme je les aime, sauf qu'il s'agit de l'amour d'une mère pour sa fille.

mildred-pierce.jpg

La galerie de portrait est elle aussi très réussie, extrêmement féministe (les hommes n'y sont que des êtres lâches, vils et bas qui profitent des femmes). Mildred est bien sûr le personnage le plus extraordinaire. Elle conjugue une fougue, une dureté, une volonté de fer, avec une faiblesse extrême dès qu'il s'agit des personnes qu'elle aime. Et, si elle n'est pas aveugle pour sa fille, elle est tellement amoureuse d'elle, Veda possédant ce racé, cette noblesse que Mildred ne peut et ne pourra jamais posséder.

Quant à Veda … Elle est odieuse, égoïste, cruelle. Mais quel charme ! Quel 'chic' montre-t-elle, même à travers les pages du roman. Voilà le genre de femme pour laquelle un homme (ou une mère, en l'occurrence) peut se ruiner, ce damner, et remercier le Ciel de l'avoir connue.

Entre ces deux caractères, ces deux personnages, la rencontre est explosive, et mon Dieu ! Quelle explosion.

 

Lu dans le cadre du challenge La littérature fait son cinéma

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

 

 

et du challenge Lire en anglais

Lirenanglais

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 21:38

Carriger_Changeless-MM1.jpgAttention, ce billet parlant du volume 2 d'une série, il est fort probable qu'il spolient (un peu, beaucoup, passionnément) le volume 1, Soulless.

 

"Ivy gasped upon seeing her.

This was not because of the hair. Or, not entirely because of it. This was because the woman was also dressed head to shiny boots in perfect and impeccable style - for a man."

 

Blameless nous permet de rerouver Alexian quelques mois après son mariage avec Lord Maccon. La nouvelle Lady prend ses marques dans le chateau de son bouillonant époux et dans son rôle de Muhjah auprès de la Reine Victoria. C'est alors que deux événements consécutifs viennent perturber sa vie heureuse. Le premier est une épidémie de normalisation au centre de Londres, comme si une arme de soulless-isation massive avait été jettée au milieu de la capitale : les fantômes disparaissent et les loups-garous et vampires deviennent mortels. Et, alors que son mari s'attelle à ce problème - puis à ceux provenant de son clan écossais, Alexia doit recevoir l'armée de loups-garous de retour d'Inde et d'Egypte, qui s'est installée dans son jardin. Mais rien de cela ne fait peur à notre héroïne !

 

Mmmmm, pour dire vrai, je crois que j'ai encore préféré ce deuxième tome au premier : retrouver Alexia, son esprit tordu, ses vannes pourries et son énergie à toute épreuve (même celui du dirigeable !) a été un vrai plaisir, et d'autant plus que la jeune femme est maintenant plus posée, plus sûre d'elle et moins échauffée par ses hormones.

Ce livre introduit également un personnage secondaire intéressant, Madame Lefoux, une française créatrice de chapeaux (voilà qui plait à Ivy), qui s'habille en homme (voilà qui choque nos victoriennes). Douée d'autant de caractère qu'Alexia et encore plus indépendante (normal, elle est française), elle m'a fascinée.

 

Le reste du livre est semblable au premier, pétillant, plein d'action, joyeux. On y trouve des références à Jane Austen - la seour d'Alexia est une vraie Lydia Bennett -, au roman gothique (ahhhh, les châteaux écossais), ainsi qu'au steampunk le plus académique. On entre plus avant dans la mythologie du Parasol Protectorate et certains aspects s'éclaircissent. Petit à petit, c'est tout un univers qui s'épanouit sous nos yeux ...

 

Lu dans le cadre du challenge Steampunk,

Eye Steampunk

Du challenge victorien,

victorien

 

Lu en anglais

Lirenanglais

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 08:00

"I had an amazing feeling when I finally held the tape in my hand. I just thought to myself that in the palm of my hand, there was this one tape that had all of these memories and feelings and great joy and sadness. Right there, in the palm of my hand. Ans I thought how many people have loved those songs. And how many people got through a lot of bad times because of those songs. And how many people enjoyed good times with those songs. And how much those songs really means."
Charlie est un adolescent américain de 15 ans qui rentre au lycée. Troublé par le suicide d'un de ses camarades de collège, et par son entrée dans la vie adulte, il décide d'écrire à un inconnu, une personne gentille, qui sait écouter et qui comprend, dont nous ne connaîtrons jamais l'identité et qui ne lui répondra jamais. Entre le mois de Septembre et le mois de Juillet, Charlie écrit une lettre par semaine, raconte sa vie, ses souvenirs, sa famille, ses nouveaux amis, sa découverte de l'amour, de la musique, de la littérature - de l'alcool et de la drogue aussi.
C'est un roman d'initiation que j'ai beaucoup aimé. Charlie est un garçon intelligent, sensible, tendre, le genre d'ami qu'on aurait souhaité avoir au collège. Il a la chance de rencontrer des gens extraordinaires, dont trois en particulier dont j'aurais aimé croiser la route à son âge : son professeur de lettres Bill, et un frère et une soeur, Patrick et Sam, à peine plus âgés que lui. Les leçons données par ces trois personnes, et l'humanité et l'intelligence de Charlie, la tendresse bourrue de sa famille, font de ce roman un régal délicieux.


Lu dans le cadre du challenge Je lis en anglais

Lirenanglais

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 12:00

contes_fee_verte.jpg"J'ai aggrippé le grillage de mes dix doigts. Le sang constellait ses longs cheveux ternes, ruisselait avec l'éclat d'une aquarelle le long de son cou malingre et de son torse pareil à un bâti d'os sous emballage de parchemin. Le sang maquillait ses cils, et ses paupières. Jadis, il peignait ses lèvres de noir, de pourpre et d'or pour conférer une touche de magie à notre tour de chant ; elles étaient désormais écarlates, et son intelligence - le brillant esprit grâce auquel il m'avait appris à jouer de la basse, m'avait extirpé d'un mauvais trip à l'acide avec ses vision paradisiaques d'arcs-en-ciel flamboyants et de poissons chinois, avait projeté son âme sur les murs de notre havre à coup de peinture et de sang - cette intelligence était toujours visible dans ces yeux, verte, folle, mais toujours là."
J'avais vu beaucoup d'excellentes critiques de ce recueil de nouvelles, qui m'ont permis de découvrir cette auteur dont je n'avais jamais entendu parler. Dans la foulée, je me suis inscrite au challenge organisé par Miss Spooky Muffin.
Maintenant que je l'ai lu, que dire ? C'est via une plume trempée dans le sang, dans la violence, dans le sperme, dans la folie causée par l'alcool, absinthe, dans la drogue, dans la décomposition des cadavres et les ossements nettoyés par le temps, que Poppy Z Brite a écrit ces douze nouvelles. Étrange, violent, morbide, terriblement poétique, d'un charme vénéneux, ces textes m'ont envoûtée. J'y ai retrouvé des aspects aux Contes gothiques de Théophile Gauthier, des femmes dignes de figurer dans les Diaboliques de Barbey d'Aurevilly, agrémenté d'un parfum de corruption, d'encens et de parfums capiteux.
Une plongée cauchemardesque et sensuelle dans le monde de la mort et de la pourriture, qui m'a complètement séduite. Je ne saurais dire les émotions que j'ai ressenties à lire ces nouvelles, et quelques unes, en particulier.


Le conte géorgien raconte la vie que mènent quatre jeunes hommes, isolés du monde, au fond de leur rêve cauchemardesque, dans une église abandonnées. Si deux sont des garçons "normaux", vivant une expérience leur permettant de passer leur adolescence, les deux autres, Sammy et Gene sont de la race dont ont fait les artistes maudits.
Sa bouche aura le goût de la fée verte est encore plus terrible, encore plus sombre, encore plus glauque. Deux garçons, le narrateur et Louis, s'ennuient : " 'Aux trésors et aux plaisirs du tombeau', dit mon ami Louis, qui leva son gobelet d'absinthe pour m'adresser une bénédiction d'ivrogne. 'Aux lys funéraires, répliquai-je, et aux os calmes et blafards.' ". Après avoir tâté de la musique, du sexe (d'abord avec des femmes, puis des garçons), de l'alcool et des drogues, ils se découvrent un plaisir nouveau : piller les tombes, en sortir les restes, bouts de cadavres et os blanchâtres, pour les collectionner. Jusqu'au moment où ils sortent de la tombe d'un sorcier, une amulette étrange.
Calcutta, cité des nerfs, est raconté par un américain, né à Calcutta. Sa mère, indienne, est morte en lui donnant naissance. Son père américain fuit alors la ville pouilleuse et sale, mais lui y revient, âgé d'une vingtaine d'années, alors que la ville est envahie par les morts-vivants.
Et Paternité, enfin, la nouvelle qui pourrait avoir été écrite par JCO, le noël d'une famille, heureuse, du père empli d'un amour débordant pour son fils, au fils de 2 ans émerveillé par les cadeaux et la "magie de Noël".
Ces quatre récits m'ont particulièrement marquée, mais les autres nouvelles sont également d'une poésie étrange et séduisante. De là à ce que je conseille ce recueil ? Je ne sais pas. Je ne sais même pas si je lirais des romans de cette auteurs, la sensation lourde et langoureuse que provoquent ses écrits étant particulièrement dérangeant. Mais si vous aimez Gauthier, les textes dérangeants et sensuels, le fantastique langoureux et délétère, alors ce recueil est pour vous.


Lu dans le cadre du challenge Poppy Z Brite

PZB
et du challenge La Nouvelle de Sabbio.

La nouvelle

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 08:26

soulless.jpg"Miss Alexia Tarabotti was not enjoying her evening. Private balls were never more than middling amusements for spinster, and Miss Tarabotti was not the kind of spinster who could garner even that much pleasure from the event. To put the pudding in the puff: she has retreated to the library, her favorite sanctuary in the house, only to happen upon an unexpected vampire."

 

Que dire de ce roman ? Comment parler de ce délire foutraque et génial ?

Miss Alexia Tarabotti, l'héroine de ce livre possède un certain nombre de défauts, dans une Angleterre victorienne déjà peu tendre avec les femmes. D'abord, c'est une vieille fille. Elle est à moitié italienne d'origine  et les beautés blondes, pâles et à la grâce de sylphide (que son bon coup de fourchette l'empêche d'atteindre) sont plus à la mode.

Mais surtout, et ça, même sa mère ne le sait pas : elle n'a pas d'âme.

 

Alors, lorsqu'elle rencontre un vampire mal-éduqué qui ne respecte même pas les sans-âmes, ça ne peut que mal se terminer pour lui (une ombrelle est une arme redoutable, vous ne le saviez pas ?). Heureusement que Lord Maccon, un loup-garou écossais au charme viril, est là pour réparer les dégâts.

Tarabotti.jpg

Bref, c'est absolument n'importe quoi, et c'est jubilatoire. Je ne suis pas une grande fan de bit-lit en règle générale, mais Lord Maccon a un charme sans équivoque, et Gail Carriger m'a définitivement convaincue que le meilleur ami dont a besoin une fille est un vampire dandy et homosexuel.

Ajoutez à cela une bonne dose d'humour, une héroine vive et pleine d'esprit, une intrigue prenante et c'est parti pour quelques heures de lecture plaisantes.

 

A noter que l'auteur elle-même semble très sympathique et amusante et qu'elle tient un blog souvent orné de photos de très jolies robes victoriennes !

 

Lu dans le cadre du challenge néo-victorien

challengeneovic

Dans le cadre du challenge steampunk

Eye Steampunk

Et du challenge victorien

victorien

 

Et du challenge Je lis en anglais

Lirenanglais

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 08:00

Poussiere.jpg"C'était  douceur exquise d'être nue sous l'emprise polaire de l'eau. En comparaison, le plaisir de nager en costume de bain lui parut méprisable et vulgaire. Nager seule, sous le clair de lune, était un mystère sacré qui la passionait. L'eau était amoureuse de son corps ; elle s'abandonnait, tout en y résistant, à sa mordante étreinte. Elle la subissait, bientôt elle la désira ; elle était amoureuse de l'eau. Peu à peu, elle n'en sentit plus la rigueur, mais seulement l'appui et la caresse qui suivait ses mouvements."

 

Judith a dix-huit ans et la Première Guerre Mondiale vient de se finir. Dans la maison voisine de la sienne, les amis qui ont accompagné son enfance vont revenir, quatre cousins qui étaient ses amis et qu'elle adorait : Mariella, Julien, Martin et Roddy Fyfe. Seul un manque à l'appel : Charlie, mort à la guerre. Rien ne sera plus jamais comme avant.

Que ce soit dans le passé, dans ses souvenirs, comme dans le présent, les cousins Fyfe fascinent Judith, et avec tous les dangers que cela peut comporter.

 

Quel chef d'oeuvre ! Quelle délicate poésie des sentiments humains, dans leur complexité et leurs aspérités. Quelle galerie de portrait ... Ce livre est un merveilleux romans, une merveilleuse peinture d'une jeune fille qui découvre l'amour, sous toutes ses formes, qui découvre la jalousie et la perte. Judith entre petite fille dans ce roman, vierge de tout regret et de toute blessure, et en ressort adulte, femme, et marquée par quelques cicatrices.

En le lisant, j'ai énormément pensé à Brideshead revisited. Il y a l'aspect "Cambridge" et fonctionnement d'une université anglaise dans les années 20, mais pas seulement. Je trouve que la quête de Judith pour s'imprégner de la famille Fyfe ressemble beaucoup à celle de Charles Ryder pour s'intégrer à la famille Marchmain. Ces deux familles Fyfe et Marchmain sont insaisissables, romanesques, romantiques et profondément égoïstes l'une comme l'autre.

 

J'ai été séduite par la poésie du style. Le côté très descriptif m'a effectivement fait penser à du Woolf ou du Proust, mais je trouve que Lehmann intellectualise beaucoup moins que les deux autres auteurs. Elle se laisse porter par ses sensations et ses sentiments, et cela me touche plus. Je trouve presque une touche de romantisme à la Lamartine dans ses descriptions de la nature et de la campagne anglaise. Elles me semblaient tellement ressembler à des auteurs de ce courant littéraire que j'étais surprise de les voir monter en auto !

 

Et les personnages sont si marquants ! Ils fascinent Judith, et par elle, exercent une emprise sur nous : que ce soit Jennifer, Roddy, Julien ou Martin, je ne les oublierai certainement pas !

 

Lu dans le cadre du challenge vintage sur whoopsy-daisy !

goldenvintage

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 15:29

Chienduheaume.jpg" - Ton nom ? Voilà une drôle de quête, lança l'homme sans s'émouvoir. ET pourquoi crois-tu le trouver chez moi ?

- Je ne l'ai pas trouvé nulle part ailleurs, et il doit bien se cacher quelque part, dit Chien."

 

Dans un Moyen-Âge rude, froid et violent, ce roman raconte l'histoire d'une mercenaire d'une vingtaine d'années, à la recherche de son passé et de son nom. Elle ne connait que celui que son père lui a donné, Chien du Heaume, quand elle parcourait les routes et les bois à ses côtés. Elle n'a aucun souvenir de son enfance ni de sa famille.
Mais grâce à la hache qu'elle porte à son côté, elle retrouve le chemin qui mène vers son passé. Ce faisant, elle fait plein de belles rencontres et se forme une famille de coeur.
C'est un superbe roman initiatique. Chien évolue au fil de son histoire, au fil de ses rencontres. Elle apprend à aimer, elle apprend à ne plus être seule : comme un chien qui trouverait une meute. Les personnages, la principale comme les secondaires, sont bien construits, avec une part de nostalgie et de tristesse qui me plait beaucoup.
Le style mêle langage moderne et expressions plus anciennes. Ainsi, par exemple "Je l'ai épousée parce qu'elle est la seule rejetonne de sa famille. Ses parents n'ont plus d'ost pour protéger leur domaine. Pourtant, ce sont de belles terres, Chien, grasses et lourdes. Alors, comme leur fief était vacant, j'ai préféré le prendre par l'anneau plutôt que par l'acier. Voilà pourquoi j'ai marié cette petite femelle, plutôt que de mener grand tapage contre sa parenté."

Et puis, après toute cette poésie empreinte de nostalgie et d'une certaine forme de tristesse, il y a l'index, qui nous donne la définition de certains termes, mais surtout nous montrent un autre visage de l'auteur, avec un humour ravageur : "Norois : le nom 'viking' ne désignant que les envahisseurs en tant que tels, c'est ainsi qu'on les appelle quand on est polis, ou en face d'un Danois d'un mètre quatre-vingt douze, donc." ou "Cruor : Sang, boyaux, tripes, tout ce qui sort d'un animal fraichement abattu. Bref, tout ce que votre chat laisse en cadeau sur votre paillasson après avoir attrapé une souris, un rat, un oiseau..."

 

Lu dans le cadre du challenge Dames de lettres, catégorie XXème siècle.

dame d11

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Envie de vacances, de bouquinage dans un jardin anglais, de farniente...

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Mon planning

Janvier 2013

Lecture commune approximative : Imposture, de Benjamin Markovits, avec George

 

9 Janvier 2013

Lecture commune : Silvia's lovers, de Gaskel, avec Titine

 

20 Janvier 2013

Lecture commune : Les Chouans, de Balzac, avec Maggie, Nathalie , Cléanthe et Marie

 

Février 2013

Lecture commune : La fausse maîtresse, de Balzac, avec Marie

 

4 Mars 2013

Lecture commune : Le temps des métamorphoses, de Poppy Adams, avec Tiphanie, Soukee et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : The scarlett letter, de Nathaniel Hawthorne, avec Noctenbule et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : Quelle époque !, de Trollope, avec Adalana, Shelbylee, Maggie et Titine

 

Avril 2013

Lecture commune : Les vagues, de Virginia Woolf, avec Cléanthe , Anis et Titine


21 Juin 2013

Lecture Commune : Petite soeur, mon amour, avec Valérie

 

 Juin 2013

Lecture de L'Argent, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Juillet 2013

Lecture de La débâcle, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Août 2013

Lecture de Le Docteur Pascal, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

7 Novembre 2013

Lecture de Le dernier Homme de Camus, dans le cadre du défi Albert Camus

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