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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 09:00

ParisXXemes.jpg"Il parla avec un mépris bienveillant du petit Paris de 1860 et de la petite France du dix-neuvième siècle ; il énuméra à grand renforts d'épithètes les bienfaits de son temps, les communications rapides entre les divers points de la Capitale, les locomotives sillonnant le bitume des boulevards, la force motrice envoyée à domicile, l'acide carbonique détronant la vapeur d'eau, et enfin l'Océan, l'Océan lui-même baignant de ses flots les rivages de Grenelle ; il fut sublime, lyrique, dithyrambique, en somme, parfaitement insupportable et injuste, oubliant que les merveilles du vingtième siècle germaient déjà dans les projets du dix-neuvième."

 

Paris au XXème siècle se passe en 1963. Cette époque voit le triomphe de la mécanique, de la finance et du commerce au dessus de tout. Plus de poésie, plus d'art, plus de littérature, même pas de politique ou de rhétorique. Tout ce qui est considéré comme une perte de temps a disparu au profit de l'efficacité. Et, dans ce monde triste (et passablement kafkaien), on suit Michel et ses amis, les derniers poètes, les derniers amateurs d'art et de beauté.
L'histoire en elle-même est très sombre, très triste, et pas vraiment aboutie. On sent que Verne avait beaucoup souffert pour percer, dans le petit monde industrieux du Second Empire, et ce roman sonne comme une charge contre la société - en même temps qu'un bel hommage à sa vie de jeune artiste misérable et heureux.

Ce livre me met en admiration devant la capacité d'anticipation de Jules Verne : il imagine un Paris qui n'est pas très éloigné de celui qu'on connait. Il y a un métropolitain, un métro aérien, mis en place en 1913 (seulement 13 ans de retard par rapport à la mise en place du vrai métro). Il y a des voitures, actionnées par un moteur à piston (ok, on met du charbon à la place de l'essence, mais quand même). On exécute les condamnés à mort à l'électricité ; la musique est amplifiée grâce à l'électricité, permettant de grands concerts publics...

 

"La caressante démarche de la Parisienne, sa tournure gracieuse, son regard spirituel et tendre, son aimable sourire, son embonpoint juste et ferme à la fois, firent bientôt place à des formes longues, maigres, arides, décharnées, émaciées, efflanquées à une désinvolture mécanique, méthodique et puritaine." - ne croirait-on pas une description de nos mannequins modernes ?

 

Et il n'y a pas que la technique où il montre un talent de devin : l'évolution de la société est aussi assez intéressante à lire. Il prédit que les lettres et l'éducation classique vont être délaissées au profit des sciences. Il imagine un monde où l'art populaire est le théâtre (il n'a pas imaginé le cinéma ni la télé), avec des pièces écrites à la chaine par des écrivaillons à partir de vieilles pièces, et où le fait d'être comédien n'est plus méprisé - bien au contraire. Il imagine assez bien ce qu'est l'art moderne, tant pour la musique classique, que pour la peinture : "Mais, dit Michel, c'est comme si on faisait de la peinture sans dessin ni couleur.", me fait penser à certains artistes actuels (moi, j'adore, mais je lis entre les lignes que Verne n'aurait pas aimé !). Il prédit que l'anglais prendra une place de plus en plus importante dans la langue française - et même que chez les femmes, la minceur, voire la maigreur, deviendra plus à la mode qu'un "embonpoint juste et ferme".

 

"Que veux-tu, mon ami, nous en sommes arrivés là par la force des choses ; au siècle dernier, un certain Richard Wagner, une sorte de messie qu'on n'a pas assez crucifié, fonda la musique de l'avenir, et nous la subissons ; de son temps, on supprimait déjà la mélodie, il jugea convenable de mettre également l'harmonie à la porte, et la maison est restée vide."

"Vous comprenez qu'on ne s'introduit pas impunément pendant un siècle du Verdi ou du Wagner dans les oreilles sans que l'organe auditif ne s'en ressente."

 

Et ce livre est génial également pour les opinions de Jules sur ses contemporains : en deux mots, il vénère Hugo, Balzac, Lamartine, Musset, Stendhal, et déteste Paul de Kock. Il a quelques mots très jolis sur Sand "un merveilleux génie, l'un des plus grands écrivains de la France". Il y a quelques pages très drôles et très émouvantes à lire : on sent le jeune homme qui a passé sa jeunesse dans les livres et qui cherche à rendre hommages aux auteurs qui l'ont accompagné.

Enfin, pour conclure, la description d'un appartement qui pour moi sonne comme l'appartement idéal :
"Le petit salon, qui formait tout l'appartement avec la chambre à coucher, était tapissé de livres ; les murs disparaissaient derrière les rayons ; les vieilles reliures offraient au regard leur bonne couleur brunie par le temps. Les livres, trop à l'étroit, faisaient invasion dans la chambre voisine, se glissant au-dessus des portes et dans la baie intérieure des fenêtres ; on en voyait sur les meubles, dans la cheminée et jusqu'au fond des placards entrouverts ; ces précieux volumes ne ressemblaient pas à ces livres des riches, logés dans des bibliothèques aussi riches qu'opulentes ; ils avaient l'air d'être chez eux, maîtres au logis, et fort à leur aise, quoiqu'empilés ; d'ailleurs, pas un grain de poussière, pas une corne à leurs feuillets, pas une tâche à leur couverture ; on voyait qu'une main amie faisait chaque matin leur toilette."


Lu dans le cadre du challenge Jules Verne

challenge-Jules-Verne.jpg

Lu dans le cadre du challenge Steampunk

Eye Steampunk
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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 09:00

Room-with-a-View.jpg"He has no tact and no manners - I don't mean by that that he has bad manners - and he will not keep his opinions to himself."

NB : ne jamais essayer de rédiger un billet six mois après avoir lu le livre, ça ne marche jamais très bien. Mais bon, essayons et voyons si ce livre que j'ai beaucoup aimé m'a laissé suffisamment de souvenirs.

 

A room with a view raconte l'éveil à la vie et aux sens d'une petite jeune fille anglaise, Miss Lucy Honeychurch. Deux acteurs vont contribuer à sa formation : l'Italie, Florence tout particulièrement, et un jeune homme tout ce qu'il y a de plus viril, George Emerson. La rencontre de Lucy et de ces deux acteurs va se faire concomitamment : la chambre d'hôtel à Florence de Lucy et de sa duègne n'ayant pas "la vue" sur la ville, George et son père vont proposer un échange, permettant aux deux femmes de bénéficier de cette vue si importante.

Une première rencontre sous le sceau de l'inconvenance, suivie de nombreuses autres, où George, aidé par la chaleur, et la violence de la ville italienne, va peu à peu faire découvrir à la jeune femme des aspects inconnus de son être.

La seconde partie se passe en Angleterre, et en présence d'un être fort désagréable : Sir Cecil, le fiancé de Lucy. Ce dernier est tout ce que George n'est pas : convenable, plein d'esprit, efféminé, triste à mourir, et snob, oh mon dieu !

Et par le plus grand des hasards (ou une intervention de l'auteur ?), ces trois êtres vont se trouver en contact, George Emerson venant s'installer à côté de chez Lucy...

 

"But for it, she would have avoided George Emerson successfully. In an open manner he had shown that he wished to continue their intimacy. She had refused, not because she disliked him, but because she did not know what had happened, and suspected that he did know. And this frightened her.

For the real event - whatever it was - had taken place, not in tyhe Loggia, but by the river. To behave wildly at the sight of death is pardonable. But to discuss it afterwards, to pass from discussion into silence, and through silence into sympathy, that is an error, not of a startled emotion, but of the whole fabric."

 

C'est un roman que j'ai énormément aimé. Je m'attendais à une histoire qui me plaise - j'avais adoré le film qui en a été tiré. Mais j'ai été surprise par la finesse psychologique d'EM Forster, en particulier dans la manière dont il décrit les émotions que ressent Lucy. J'ai beaucoup aimé voir se développer en elle le sentiment amoureux, à son insu.

J'ai beaucoup aimé l'ambiance de ce roman, l'Italie chaude et vénéneuse, l'Angleterre fraiche et pure, avec une forme d'innocence qui rend la présence du blasé Sir Cecil encore plus insupportable.
Les personnages secondaires (la mère, le frère, ou les diverses vieilles filles) sont très réussis, donnant une touche humoristique à un roman qui sans cela risquerait d'être un peu lourd.

 

Finesse psychologique, construction adroite et humour : voici trois raisons pour lesquelles je continuerai à lire cet auteur !

 

Lu dans le cadre du Mois anglais chez Lou, Titine et Cryssilda

Moisanglais1Dans le cadre du challenge God save the livres

Challenge-anglais

Et dans le cadre du challenge La littérature fait son cinéma

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

Et dans le cadre du challenge de littérature edwardienne sur whoopsy-daisy !

litterature

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 14:14

To_Kill_a_Mockingbird.jpg« Atticus said to Jem on day : 'I'd rather you shot at tin cans in te back yard, but I knwo you'll g after birds. Shoot all the bluejay you want, if you can hit 'em, but remember it's a shame to kill a mockingbird. »

 

Scout et son grand frère Jem vivent au début des années 30, dans l'Alabama. Ils y passent une enfance heureuse, entre leur père Atticus Finch et leur bonne-nounou-Maman de substitution. S'amusant dans les jardins, jouant des farces aux voisines, bouquinant, se faisant peur avec un étrange voisin. Une enfance idéale.

Mais un jour leur père, avocat, se retrouve à défendre un Noir, injustement accusé d'avoir violé une Blanche.

 

Ce livre est un très beau roman d'apprentissage. On y entre par la voix d'une fillette qui est un peu garçon manqué, pleine de gaieté et de gentillesse. Les premiers chapitres nous décrivent une enfance idyllique, ses jeux et ses plaisirs. Mais on découvre assez vite la violence des habitants, les inégalités sociales qui la rongent, à commencer par celle qui sépare les Blancs des Noirs.

Lorsque le procès débute, le tableau devient plus acide - même s'il reste toujours très lumineux (après tout, c'est Scout qui nous raconte). Par ses yeux, on découvre l'injustice et les préjugés, la lâcheté des adultes et leur faiblesse. Et de le voir dans un regard pur d'enfant les rendent encore plus laids. Mais ce livre n'est pas sombre : quelques personnages forment le pendant de la foule, à commencer par le père, grandiose de droiture, d'honnêteté et d'intelligence. Son fils, et le grand frère de Scout, prend son chemin et c'est un plaisir de voir ce jeune garçon devenir au fil des pages un jeune homme droit et intègre.

Mais le chemin que prenne Finch et son fils est douloureux - et dangereux. En représentant l'honnêteté face à une foule fondementalement lâche, ils prennent des risques, et il est à se demander si le chemin choisi par leur voisin, le fameux Boo Radley, n'est pas celui que l'auteur nous conseille de suivre : en s'enfermant chez soi, se priver de tout contact avec la bêtise humaine.

 

Au final, un grand et beau livre...

 

Lu dans le cadre du challenge 100 ans de littérature américaine

littératureaméricaine2011

Lu dans le cadre du challenge La littérature fait son cinéma : le film a été adapté en 1962.

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

Lu dans le cadre du challenge Southern literature sur whoopsy-daisy

Southernlitterature.png

 
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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 18:00

malevil.jpg"Et maintenant, je regardai toutes ces fermes que j'avais toujours vues là : Favelard, Cussas, Galinat, les Bories, la Volpinière, et bien d'autres écarts plus lointains dont je connaissais les noms mais pas toujours les propriétaires, et je ne voyais rien que des ruines noirâtres et des bois qui continuaient à brûler."

 

Bienvenue à la fin des années 70, dans un petit village du Sud-Ouest de la France, près de Cussac. Petit village tout ce qu'il y a de plus franchouillard, avec ses bandes d'enfants devenus adultes qui jouent toujours à la guerre des boutons, son communiste, son curé, ses bonnes femmes piapiateuses et les élections municipales de 77.

Au milieu de tout cela, Emmanuel et ses amis d'enfance, qui s'apprêtent à présenter une liste contre le maire aux élections municipales. Emmanuel, et la château de son oncle, Malevil, vieille forteresse anglaise, médiévale. Malevil, une petite ferme et des chevaux.

Un jour, alors que rien ne le laissait prévoir, tandis qu'Emmanuel et ses amis mettent le vin en bouteille dans la cave du château, ils entendent une terrible explosion, suivie d'une vague de chaleur. Quelque part, pour une raison inconnue, une explosion nucléaire s'est produite, brûlant toute vie (sur Terre ? Juste en France ? La question n'est pas résolue …) .

 

Au delà de la catastrophe en elle-même, assez rapidement mise de côté (il n'y a par exemple aucune retombée radioactive et la nature, les précipitations reviennent assez vite à la normale – on est loin de La Route), ce qui intéresse Robert Merle, c'est l'organisation de la société. Qui dirige ? Comment ? Pourquoi ? Faut-il faire le choix de la démocratie ? Ou attendre qu'un leader charismatique ne se dégage ? Comment s'organisent les relations entre les groupes humains ?

Et quelle est la place de la religion dans la cohésion d'un groupe humain ?

 

En se demandant comment on construit société, Merle s'interroge également sur ce qui fait l'être humain et sur ce qui crée le charisme. Emmanuel, Fulbert et Vilmain sont trois leaders qui chacun prennent la direction d'une petite société : l'un par l'intelligence, le deuxième par la peur de la religion, et le dernier par la force.

 

Au delà des considérations philosophiques qu'il contient, c'est un roman que j'ai adoré. J'aime l'optimisme fondamentale de Merle, et ce désir que la vie continue, au delà de toutes les difficultés. Ce « croissez et multipliez » qui parcourt toutes les pages. Et j'ai aimé partager quelques temps avec ces personnages aux portraits hauts en couleur, dont la solidarité profonde leur permet d'avancer.

Un très beau roman, intelligent et fin, comme tous les romans de Merle...

 

Lu dans le cadre du challenge Fin du Monde

challenge apocalypse

 

Lu dans le cadre du challenge La littérature fait son cinéma, car il a été (librement) adapté en 1981.

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 08:14

icapturethecastle.jpg“I thought of the beginning of Pride and Prejudice – where Mrs. Bennett says ‘Netherfield Park is let at last’. And then Mr. Bennett goes to call on the rich new owner.”

“Mr. Bennett didn’t owe him any rent,” I said.

“Father wouldn’t go anyway. How I wish I lived in a Jane Austen novel!”

I said I’d rather be in a Charlotte Bronte.

“Which would be nicest – Jane with a touch of Charlotte, or Charlotte with a touch of Jane?”

Cassandra est une petite jeune fille à l'existence excentrique. Son père, Mormain, est l'auteur d'un unique chef d'oeuvre, qui impressionna jusqu'à James Joyce. Après la mort de la mère de Cassandra, sa première femme, il a épousé Topaz, une modèle d'une grande beauté.

A l'époque de son succès, Mortmain a loué un magnifique chateau médiéval, pas loin de tomber en ruine. Mais, depuis, il est atteint d'un blocage et n'a rien écrit depuis 10 ans. L'aisance confortable dans laquelle ils vivaient a été remplacé par une grande pauvreté, et la famille ne survit que grâce à l'aide de Stephen, le fils de la cuisinière qui leur reverse son salaire, et des voisins.

Alors que Thomas, le plus jeune fils, se moque de la pauvreté, Rose, la fille aînée, grande soeur de Cassandra, en souffre, rêvant de belles robes, de soirées et de riches fiancés. Quant à Cassandra, elle apprend la sténo et écrit son journal, ce journal que nous lisons et où elle veut capturer l'essence même du château.

 

Leur vie paisible change quand les Cottons, unr famille américaine aisée et admiratrice de l'oeuvre de Mortmain, devient leur propriétaire et voisin. Les deux fils sont fascinés par laa e au câteau - et par les deux jeunes filles qui y habitent.

 

"I write this sitting in the kitchen sink. That is, my feet are in it; the rest of me is on the draining board, which I have padded with our dog’s blanket and the tea-cosy."

C'est un roman magnifique, à l'ambiance enchanteresse... Que j'ai aimé ce vieux chateau, délabré et loufoque, ses traditions mais surtout la joie de vivre de ses habitants. Les Mortmains sont la quintessence de l'excentricité anglaise et c'est un régal de partager quelques temps en leur compagnie.

C'est aussi un très joli roman sur l'adolescence : nous suivons l'éveil de Cassandra, la fin de son enfance et le début de sa vie de femme (oh la magnifique scène sur la colline ...). Le tout décrit avec beaucoup de finesse et de délicatesse.

Un bouton s'ouvre, dévoilant une très jolie fleur, bien plus naturelle que sa soeur Rose, et infiniement charmante.

 

Lu dans le cadre du Mois anglais

Moisanglais1

Du challenge God save the livres

Challenge-anglais

 

 

du Challenge vintage sur whoopsy-daisy

goldenvintage

 

et du challenge La littérature fait son cinéma

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 09:00

Chancevivreaujourdhui.jpg"Ca tapait sur les nerfs de Skylar. C'était si britannique. Elle en avait marre de tout ce qui était britanique, surtout du temps."

 

Oh que je suis heureuse ! J'ai retrouvé la Kate Atkinson que j'aime, et là où je m'y attendais le moins : dans un recueil de nouvelles. Je n'aurais pas imaginé que l'esprit d'Atkinson, si doué pour inventer des intrigues tortueuses, s'adapte au format si court de la nouvelle.

Et pourtant, si, très bien. Parmi ce recueil (assez court, il faut l'avouer), il y a quelques nouvelles qui m'ont enthousiasmée !


"Franklin fit la connaissance de Connie un soir devant que Queen's Hall. Il pleuvait, Connie glissa sur le trottoir mouillé et Franklin l'aida à se relever et lui proposa de s'abriter sous son parapluie. 'C'était incroyablement romantique, dirait-elle par la suite. Comme dans un roman de Forster.' "

A commencer par la première du recueil, Affaire de coeur. Elle raconte la rencontre entre Franklin et Connie, et l'histoire d'amour qui s'ensuit jusqu'à la rencontre avec les parents de Connie. Une histoire d'amour parfaite, où tout se passe merveilleusement bien. Un conte de fées moderne, mais à lire jusqu'au bout ...

 

Et à suivre avec la dernière nouvelle, L'amour à mort, qui suit une starlette américaine de cinéma, Skylar, amoureuse d'un prince anglais. A moins que la nouvelle ne suive un couple d'américains en vacances à Paris qui va à l'Opéra. A moins que la nouvelle ne parle de deux femmes liées l'une à l'autre, sans ne s'être jamais rencontrées. Une petite merveille !

 

Les autres nouvelles m'ont un peu moins enthousiasmée, même si elles sont aussi d'une qualité très honorable. L'une d'entre elle, en particulier, raconte la Genèse, et le chagrin de Dieu, dans un très joli morceau de poésie.

 

Lu dans le cadre du challenge La Nouvelle

La nouvelle

 

Et du challenge God save the livres

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 20:08

missmackenzie.jpg"Miss Mackenzie, en se couchant, se dit qu'elle pourrait avoir un mari, si l'envie lui prenait; mais lequel fallait-il choisir ? Les manière de Mr Rubb plaidait contre lui, mais elle avait entraperçu l'oeil de Mr Maguire lorsqu'il s'était retourné sur le perron, et elle envisageait avec effroi toute alliance avec cet homme."

 

Soit une Angleterre dickensienne. Soit, au sein de cette Angleterre, une ville, Londres, et au sein de cette ville, un appartement, et au sein de cet appartement un homme malade et sa soeur. Cet homme meurt, laissant à sa soeur dévouée, une vieille fille de 35 ans (!) un héritage qui la met à l'abris du besoin et même plus : la voilà riche.

Que faire lorsque, alors que sa vie s'apprêtais à s'étioler, lorsqu'il reste un peu de jeunesse après avoir vécu toute sa vie dans la chambre d'un malade, une porte telle que celle-là vous est ouverte ? Vivre, mais comment ?

Et surtout, que faire de ces parasites, une belle-soeur envahissante, des amis trop pressants, se mettent à se presser autour de vous, ou plutôt autour de votre fortune ?

Et qui choisir comme mari ? Le sexy collègue de son frère, un peu truant, et très peu gentleman ? Le vicaire noble et sage, mais dont l'oeil louche affreusement ? Le cousin veuf, pauvre et noble, doté d'une armada d'enfants et d'une mère insupportable ?

 

C'est à toutes ces questions que Miss Mackenzie cherche à répondre, maintenant que son frère lui a légué une petite fortune ... Et elle, ou plutôt Trollope, le fait avec beaucoup d'esprit et une ironie cinglante et mordante qui n'est pas sans rappeler la manière dont Jane Austen décrit ses personnages secondaires. Outre le personnage de Margaret Mackenzie, les autres personnages sont plus insupportables les uns que les autres, attachants et odieux. La palme revient sans doute à la belle-soeur acariâtre et à sa fille Mary-Ann, toutes les deux plus imbues de leur personnes l'une que l'autre. A moins que les saints Mr et Mrs Stumfold, créateurs orgueilleux que la nouvelle église stumfoldienne, ne les dépassent dans l'égoïsme petit-bourgeois ...

Quant à Miss Mackenzie, c'est un ange... Pleine de bonté, de douceur, de gentillesse, mais sans être cruche ni oie blanche, elle est l'amie qu'on voudrait avoir à ses côtés. Passé l'émerveillement qu'elle ressent à être "dans le monde", elle apprend à résister aux pressions et aux abus, dotée d'une solide bon sens et d'une intelligence remarquable.

 

Outre cette galerie (épique) de personnages, qui constitue la principale raison pour laquelle je conseille de lire ce roman, c'est aussi une traversée de l'Angleterre du XIXème, depuis ses cercles les plus pauvres aux plus fashionables, depuis la campagne aux quartiers chics de Londres, en passant par les villes d'eau et la City. Mine de rien, c'est une découverte sociologique que ce roman, où les aristocrates perdent leur fortune au profit des entrepreneurs et où, avec beaucoup d'esprit et d'humour, la position de la femme, éternelle mineure qui ne peut vivre que par le mariage, et bien souvent reine en sa demeure une fois mariée, est joliment discutée.

 

Un must-have pour les amoureux de l'Angleterre victorienne !

 

Lu dans le cadre du challenge God save the livres !

Challenge-anglais

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 17:05

Je suis en dessous de tout. Je ne tiens plus ce blog. Je manque mes lectures communes. Mon Google reader dépasse les +1000 depuis si longtemps que je dois au moins atteindre le 3000 billet non lus.

 

En Septembre, j’ai préparé ma soutenance de thèse, en lisant terriblement peu et en préférant perdre mon temps sur des jeux stupides (ouais, mais ma ville, c’est la plus belle dans CityVille !). Quant à suivre l’actualité littéraire … Faut pas compter sur moi.

 

Sans compter une grosse panne d'écriture : les mots ne sortaient qu’avec violence, et il faut bien dire que je n’étais pas si contente d’eux quand je me relisais… Abandon de blog en pleine nature, ça me fera quelle amende ?

 

***

 

memorystones.jpgTout ça pour dire que lorsque la date de ma lecture commune avec Canel de The Memory Stones, de Kate O’Riordan est arrivée, j’étais encore plongée dans ce roman et j’y prenais tant de plaisir que je n’ai pas voulu me précipiter dans ma lecture (ce qui fait que je suis encore plus en retard pour La Chartreuse de Parme, mais ça viendra, ça viendra !).

 

"But, it is the tiny things - a set of steps, a glance of disappointment, a shiny shoe buckle, tiny betrayals, the odd well-appointed fuck you, the hours spent behind dripping, rsuted rain shelter, the endless accretion of memory stomes, on piled on the top of another - that really stack us into the shape we become."

 

Car il faut le dire : ce roman est un délice d’humanisme et de délicatesse. Il raconte un moment dans la vie de Nell Hennessy, une irlandaise vivant à Paris. Nell a quitté son Irlande natale, sa mère, le pub que celle-ci tenait, à 16 ans, pour accoucher de sa fille Ali loin des ragots du village. Elle n’est jamais revenue. Ni en vacances, ni pour assister aux derniers moments de sa mère.

Mais, le jour où un voisin appelle pour lui dire que sa fille est peut-être dans une situation délicate, Nell revient. Et tous ses souvenirs avec …

 

"The rains of her childhood, each with its own personality. There was the powdery spray you didn't even know was there until it dog-licked your face in an instant and frizzed hair on contact. The slanted, stinging, persistent night rain, coming down as if it would never end, gleaming through the pub's window like shoals of tiny silvery fish. Summer rain, after thunder, solitary fat drops crackling against the ground: you could dance between them at the start, until an impatient growl and the sky would open to belch out barrelfuls. Rain mixed with ice into a slyshy paste which left white rime round the top of your shoes, once dry. Winter rain, teased by wind, catching you from every angle, needling your face while it beat through your coat from behind, soaking hoods, darting in under impotent umbrellas, driving in over the top of wellington boots. It poured, pelted, bucketed, teemed, drizzled, flooded - was called hard, soft, gentle, pitiless, reflecting the mood of whoever was commenting on that day. Was called a curse. Was simply weather. What weather hardly ever did was stop."

 

J’ai aimé ce roman. J’ai aimé les personnages, humain, trop humains. J’ai aimé les lieux, cette Irlande si verte, avec ses habitants chaleureux. J’ai aimé l’ambiance du pub, je croyais en sentir l’odeur de bière, le ronronnement des discussions et la saveur de la Guiness. J’ai surtout adoré la manière dont l’auteur, tout en finesse maintien de front ses deux intrigues, celle du présent et celle du passé.


Décidément, ces irlandaises : plus je les lis et plus je les aime !

 

Lu en Lecture Commune avec Canel

Lu dans le cadre du challenge de Littérature irlandaise

Irlande-en-challenge

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 17:34

pierredelune.jpg 

"N'allez pas non plus m'accuser d'ignorance ou de stupidité, si je déclare ici qu'aucun livre n'a jamais égalé ni n'égalera jamais Robinson Crusoé. Je fréquente ce livre depuis des années - généralement accompagné d'une bonne pipe - et il m'a souvent été un compagnon précieux. Lorsque je suis découragé, j'ai recours à Robinson Crusoé. Lorsque j'ai besoin d'un conseil... vite, j'ouvre Robinson Crusoé... Autrefois, quand ma femme me mettait hors de moi, et aujourd'hui quand j'ai bu un coup de trop... Robinson Crusoé ! J'ai fatigué ainsi six exemplaires de Robinson Crusoé."

 

Pierre de Lune raconte une histoire policière. Dans une famille aristocrate anglaise, un vieil oncle aventurier, un détestable personnage méprisé de sa famille, meurt. A sa nièce, il lègue la Pierre de Lune, une gemme splendide qu’il a volé dans un temple indien et sur laquelle pèse une terrible malédiction.

La pierre est remise à la jeune fille, Miss Verinder, le soir de son anniversaire. Durant la nuit, la pierre est volée dans le tiroir de sa coiffeuse. Qui est coupable du vol ? Et pourquoi Rachel Verinder sombre-t-elle peu à peu dans une mélancolie pleine d’agressivité ? L’un des deux soupirants de Rachel a-t-il volé la pierre pour éponger ses dettes ? Ou les trois indiens qui la poursuivent depuis le vol initial ont-il trouvé le moyen de mettre la main dessus ? Ou est-ce la jeune fille elle-même qui l’a cachée ?

Décidément, avec Wilkie Collins, on n’est jamais déçu !J’ai encore une fois adoré ce roman plein d’esprit et de rebondissements. Le suspens est particulièrement bien mené et m’a souvent fait penser à du Agatha Christie. Des indices, disséminés ça et là nous mènent sur une piste, puis l’autre, puis nous perdent totalement, avant l’explication finale, alambiquée mais si évidente.

J’ai beaucoup aimé la manière dont est présentée l’histoire : comme dans La dame en blanc, ce sont des extraits de journaux, des lettres, qui nous racontent l’histoire. Pas de narrateur omniscient ! Et certains de nos interlocuteurs sont délicieusement adorables ! En particulier, Gabriel Betteredge, l’intendant de Mrs Verinder, est un régal de bonhomme !

Mmmmmmm, quand je pense à tous les romans de Wilkie Collins qui me restent à lire ! J’en salive …

 

Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Soukee (je me suis juste catastrophiquement planté sur la date …)

lecturecommune3

 

Lu dans le cadre du défi God save the livres !

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 16:07

536918655.jpg"All the same, I do wish so very much that Charles-Edouard could have married a good, solid, level-headed little french woman of the world instead of this beautiful goat-herd."

Lorsque, au début de la Seconde Guerre Mondiale, Grace, fille de Sir Conrad, rencontre Charles-Edouard de Valhubert, c’est le coup de foudre. Elle abandonne illico ses fiancailles avec le sage et très anglais Hugh et se marie avec le français, quelques jours avant le départ de celui-ci pour la guerre. Elle met au monde neuf mois plus tard un petit Sigismond, qui ne rencontrera son père que la paix revenue, alors qu’il a 6 ans.

Elle va vivre après la guerre avec Charles Edouard et Sigi à Paris. Et c’est le choc des cultures. Entre cette anglaise un peu banale, un peu ennuyeuse et une aristocratie parisienne qui fait plus penser à Balzac qu’à l’actuelle, c’est une histoire d’amour à sens unique … Très vite, perdue dans toute cette vie sociale qu’elle ne maîtrise pas et les aventures extra-conjugales de son Don Juan de mari, elle perd pied et rentre à Londres.

C’est un régal que ce roman (comme tous les Nancy Mitford que j’ai lus, d’ailleurs) ! C’est drôle, pétillant, plein d’esprit, gentil, tendre. Outre les personnages principaux fantastiques (Charles Edouard est un régal), c’est un livre qui vaut surtout par ses personnages secondaires. Sigismond est un gamin insupportablement attachant. Nanny, la nounou râleuse qu’on aurait tous voulu avoir. Madame de Valhubert, la grand-mère parfaite et Madame Rocher des Innouis n’aurait pas dépareillé dans Les liaisons dangereuses…

Décidément, Nancy Mitford excelle dans la description des aristocrates toqués, qu’ils soient anglais ou français !

  

Lu dans le cadre du challenge Littérature vintage sur whoopsy-daisy goldenvintage

Lu dans le cadre du challenge God save the livres !

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  • : Le blog d'une curieuse, avide d'histoires, de récits, de livres, de film et d'imaginaire.
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Envie de vacances, de bouquinage dans un jardin anglais, de farniente...

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Mon planning

Janvier 2013

Lecture commune approximative : Imposture, de Benjamin Markovits, avec George

 

9 Janvier 2013

Lecture commune : Silvia's lovers, de Gaskel, avec Titine

 

20 Janvier 2013

Lecture commune : Les Chouans, de Balzac, avec Maggie, Nathalie , Cléanthe et Marie

 

Février 2013

Lecture commune : La fausse maîtresse, de Balzac, avec Marie

 

4 Mars 2013

Lecture commune : Le temps des métamorphoses, de Poppy Adams, avec Tiphanie, Soukee et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : The scarlett letter, de Nathaniel Hawthorne, avec Noctenbule et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : Quelle époque !, de Trollope, avec Adalana, Shelbylee, Maggie et Titine

 

Avril 2013

Lecture commune : Les vagues, de Virginia Woolf, avec Cléanthe , Anis et Titine


21 Juin 2013

Lecture Commune : Petite soeur, mon amour, avec Valérie

 

 Juin 2013

Lecture de L'Argent, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Juillet 2013

Lecture de La débâcle, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Août 2013

Lecture de Le Docteur Pascal, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

7 Novembre 2013

Lecture de Le dernier Homme de Camus, dans le cadre du défi Albert Camus

Mes défis persos

On peut me retrouver : whoopsydaisy.jpg
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