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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 16:20

avril-enchante.jpg« Il était de certaines choses dont mieux valait ne pas parler, et les maris en faisaient évidemment partie. »

En un pluvieux jour de pluie de Février, Mrs Wilkins tombe sur une petite annonce ainsi formulée : « A tous ceux qui aiment les glycines et le soleil. Italie. Mois d’Avril. Particulier loue petit château médiéval meublé bord Méditerranée. Domesticité fournie. Répondre au Times sous la référence Z1000. » Elle a fort envie de louer le château, mais ne veut pas en parler à son pingre de mari et ne peut, de toute façon, en assurer les frais.

Elle s’allie avec une amie Mrs Arbuthnot et elles trouvent bien vite deux autres locataires, la belle Lady Caroline Dester et une vieille dame, Mrs Fisher.

Entre Mrs Wilkins, évaporée, Mrs Arbuthnot, très religieuse, Lady Caroline, snob et Mrs Fisher, acariâtre,  les vacances pourraient très mal se passer si la magie de l’Italie et du château ne faisaient leur effet…

C’est tout à fait le roman à lire pendant des vacances en Italie, pour retrouver dans ses pages la beauté des jardins, la chaleur du soleil, la musicalité de la langue italienne et l’eau bleue et profonde. Ou le roman à lire en hiver, quand la pluie frappe aux carreaux pour se réchauffer aux descriptions enchanteresses du roman. C’est un livre merveilleux, un livre cocon dans lequel se réfugier et se complaire. Un livre heureux, sans être mièvre, et qui nous conduit à son rythme, et avec beaucoup d’humour, vers une fin délicieuse.

Et l’humour, il y en a ! L’auteur se moque tendrement de ses personnages, de son Angleterre pleine de préjugés. En entremêlant les voix de ces femmes malheureuses qui, face au bonheur brut, ne savent plus comment réagir, elle nous brosse un portrait plein de saveur.

A lire, absolument !!

 

Lu dans le cadre du challenge Littérature Vintage sur whoopsy-daisy

goldenvintage

 Et du challenge God save the livres ! Challenge-anglais

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 10:59

woman-in-white-cover.jpg" 'I will always wear white as long as I kive. It will help me remember you, ma'am, and to think that I am pleasing you still, when I go away and see you no more.' "


Walter Hartrights est professeur de dessin. En rentrant un jour de chez sa mère, un soir de canicule, à Londres, il croise la route d'une pauvre femme, toute de blanc vêtue, échappée d'un asile. Pris de pitié, il l'aide à s'enfuir.

Cet événement le marque profondément, et d'autant plus que cette femme connait le lieu où, ainsi qu'il l'a appris ce même soir, il va aller enseigner à deux jeunes femmes.

Lorsqu'il arrive quelques jours plus tard à Limmeridge House, il garde encore en mémoire les angoisses de la "femme en blanc" et sa crainte plus particulière d'un baronnet dont elle n'a voulu dire le nom. Il rencontre les deux soeurs auxquelles il va enseigner, Miss Halcombe, une jeune femme laide, mais de caractère déterminé et d'une intelligence redoutable, et Miss Fairlie, une superbe blonde, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la femme en blanc.

Bien entendu, Walter tombe amoureux de Laura Fairlie. Hélas, elle est fiancée, à un baronnet du double de son âge, Sir Percival. Quelques jours avant le départ de Walter, une lettre anonyme est envoyée à Miss Fairlie : elle lui déconseille d'épouser Percival. En même temps, la femme en blanc est vue dans les environs ...

 

Décidément, Wilkie Collins excelle dans la description des mystères embriqués, plein de secrets dont la découverte est la clé du roman. De Percival à Walter, en passant par le merveilleux Comte Fosco ou la belle Miss Fairlie, tous les personnages possèdent des mystères qu'ils souhaitent garder le plus longtemps possible. Connaître le secret de tel ou tel personnage donne une si grande puissance !

C'est admirablement bien monté, et d'autant plus que les actions nous sont décrites via les lettres, journaux intimes ou compte-rendu des principaux témoins. Comme un procureur chargé de démêler le vrai du faux, nous sommes mis face au témoignage des acteurs. A nous d'en sortir les conclusions de l'histoire.

Il va sans dire que j'ai toujours eu un métro de retard par rapport à Walter et Miss Halcombe !

 

La galerie de personnages est aussi un vrai régal. Outre Miss Fairlie (la vraie jeune fiancée victorienne), Sir Percival (le vrai méchant) et Walter (le vrai gentil), Wilkie Collins se plait à nous décrire des personnages fascinants. Miss Halcombe est terriblement moderne, avec ses désirs d'indépendance et sa débrouillardise. Quant à son alter-ego, le Comte Fosco, un homme aussi féminin qu'elle est virile, il forme un méchant fantastique ! Brillant, plein d'esprit, c'est lui qui noue avec le plus de talent les fils de cette histoire.

 

Un très beau roman que je vous conseille de tout coeur !

 

lecturecommune1

Je l'ai lu avec Somaja, qui a aussi beaucoup aimé

 

Challenge-anglais-copie-1

Lu dans le cadre du challenge God save the livres !


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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 09:00

touslesmatins.gif

"Quand je tire mon archet, c'est un petit morceau de mon coeur vivant que je déchire."

 

Depuis le décès de sa femme, Sainte-Colombe vit en hermite dans sa demeure, entouré seulement de quelques serviteurs, de ses deux petites filles, et de son amour éternel : la musique. Il se dévoue corps et âme à sa viole de gambe, ne s'arrêtant de jouer pour donner quelques cours à de jeunes nobles. Recherché par le Louis XIV, il décline et se dévoue à un maître autrement plus éternel que le Roi-Soleil, le culte de la Beauté.

Un jour arrive chez lui un jeune garçon qui souhaite faire de la musique sa vie. Après quelques hésitations, Sainte-Colombe accepte Marin Marais comme élève, avant de le chasser quand il découvre que le jeune homme est friand des honneurs que la cour réserve aux musiciens. Trahi, il ne veut plus entendre de Marin Marais, même si une de ses filles l'aime et en est enceinte...

 

"C'était sa femme et ses larmes coulaient. Quand il leva les paupières, après qu'il eut terminé d'interprêter son morceau, elle n'était plus là. Il posa sa viole et, comme il tendait la main vers le plat d'étain, aux côtés de la fiasque, il vit le verre à moitié vide et il s'étonna qu'à côté de lui, sur le tapis bleu, une gaufrette fût à demi rongée."

 

J'aurais beaucoup de mal à dire ce que j'ai pensé de ce livre, tellement la petite centaine de pages m'a bouversée. Entre la nouvelle, le roman et la poésie, il parle de sujets tellement profonds et émouvants qu'il a comme suspendu le temps. L'amour de la musique, un deuil qui ne veut pas se faire, une communication qui ne peut passer pas passer par les mots. Et le portrait de Marin Marais, enfant exclu du paradis, fasciné par Sainte-Colombe dont il ne peut entendre la musique que par effraction.

Un délice ...

 

Lu en lecture commune avec Anne, Vilvirt, Delphine, et Sabbio.

lecturecommune1

Adapté en 1991, ce livre entre dans le cadre du défi La littérature fait son cinéma !

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 09:00

Chrestomanci1.jpg" 'I won't  put up with it', Gwendolen shouted at him. 'In future, my letters are going to come to me closed!

- You mean you want me to steam them open, and stick them down afterwards ?' Chrestomanci asked doubtfully. 'It's more trouble but I'll do that if it makes you happier.' "

 

La soeur de Cat Chant, Gwendoleen, est une sorcière. Si bien que, le jour où le bateau dans lequel sa famille font une promenade dominicale sombre, Cat s'accroche aux jupes de sa soeur et survit miraculeusement... Les deux orphelins sont pris en charge par une voisine, jusqu'au jour où le riche et puissant mage Chrestomanci les accueille dans son chateau. Autant Cat se plait dans l'atmosphère luxueuse et chaleureuse du chateau, autant Gwendoleen se désespère de ne pouvoir utiliser ses talents ...

 

Au fur et à mesure des jours, Cat va apprendre beaucoup de choses sur lui-même, sur sa soeur et sur le monde qui l'entoure.

 

"And it's a pity I have no right to open your letters. I hope you don't have many or my conscience will give me no peace."

 

Ce livre, je l'ai lu quand j'avais une dizaine d'années. Je l'ai relu ensuite, plusieurs fois.

J'étais un peu inquiête avant de le reprendre, j'avais peur que la magie ne fontionne plus. Que nenni ! Je suis retombée amoureuse de ce roman, de son univers fabuleux et de Chrestomanci. J'ai retrouvé mes rêves d'enfant, ce château rempli de magie, de ses univers parallèles et des sosies qui les peuplent.

 

Je serais bien incapable de dire ce qui fait le charme de ce livre. Ses personnages, peut-être, qui sont tous aussi attachants les uns que les autres ? Ou son écriture, à la fois naïve et ironique ? Ou l'impression de sérénité paisible qui s'en échappe, même dans les moments les plus dramatiques ?

 

Moi aussi, je veux bien d'un Chrestomanci pour veiller sur la manière dont tourne mon monde ...

 

 

DianaWynneJones

Lu en lecture commune avec Sabbio et sa fille, pour un hommage à Diana Wynne Jones

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 09:00

journalfemmechambre.jpg"Et c'est juste, remarquez bien ... Que deviendrait la société si un domestique pouvait avoir raison d'un maître ?  Il n'y aurait plus de société, Mademoiselle... Ce serait l'anarchie..."

 

Célestine est une jeune femme de chambre, à la fin du XIXème siècle. Après avoir bourlingué de maison bourgeoise parisienne en maison bourgeoise parisienne, elle a échoué chez les Lanlaire, en Normandie. Madame Lanlaire est une femme avare et raccornie, Monsieur Lanlaire un homme débauché et ennuyé. Pas pire que les maîtres précédents de Célestine, en fait.

Pour tromper l'ennui, la jeune femme tient un journal, dans lequel elle raconte ses journées, et revient sur ses places passées, dévoilant les arrières-cuisines des belles demeures.

 

"Est-ce curieux, ces gens qui cachent tout, qui enfouissent leur argent, leurs bijoux, toutes leurs richesses, tout leur bonheur, et qui, pouvant presque vivre dans le luxe et dans la joie, s'acharnent à vivre  presque dans la gêne et l'ennui."

 

C'est un monde d'esclavage que décrit Célestine. Les bonnes sont des esclaves vouées aux fantaisies de leurs maîtres. Entre les maîtresses qui prêtent des vêtements (en leur demandant qu'ils soient rendu lorsqu'elles partent) et celles qui changent les prénoms de leur bonne, en passant par celles qui prostituent la jeune femme à leur fils et petit fils ; entre les maîtres qui abusent des bonnes, et celles qui les entretiennent en promettant un héritage qu'elles n'auront pas ; c'est tout un univers où l'homme abuse de l'homme, le traite comme un objet, qui se déroule devant nos yeux et qui n'est pas sans rappeler quelques uns des articles que l'actualité récente met devant nos yeux.

 

mirbeau.jpg"Un domestique, ce n'est pas un être normal, un être social... C'est quelqu'un de disparate, fabriqué de pièces et de morceaux qui ne peuvent s'ajuster l'un dans l'autre, se juxtaposer l'un à l'autre... C'est quelque chose de pire : un monstrueux hybride humain... Il n'est plus du peuple d'où il sort ; il n'est pas, non plus, de la bourgeoisie où il vit et où il tend... Du peuple qu'il a renié, il a perdu le sang généreux et la force naïve... De la bourgeoisie, il a gagné les vices honteux sans avoir puacquérir les moyens de les satisfaire... et les sentiments vils, les lâches peurs, les criminels appétits, sans le décor, et, par conséquent, sans l'excuse de la richesse..."

 

C'est un roman extrêmement cruel, extrêmement violent. Il n'y a pas les "gentils" ni les "méchants", car les domestiques sont autant égoïstes, sans gêne, que leurs maîtres. Ils abusent de la situation, des garde-mangers mal fermés, des maîtres naïfs entreprenant, du luxe, de la douceur de vivre de leurs maîtres. Et, devenus maîtres eux-mêmes, se transforment en tyrans domestiques.

 

Au final, c'est un monde peu ragoûtant que nous décrit Mirbeau, mais sous la plume enlevée et légère de Célestine (une vraie Titi, la pourriture se change en farce, vulgaire, tragique, mais si pleine de vie que la silhouette de la jeune femme, mi-putain, mi-esclave, mi-grande dame s'anime sous nos yeux.

 

Un régal ...

 

Lu en lecture commune avec Mélusine

lecturecommune3

Et dans le cadre du challenge La littérature fait son cinéma

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 09:00

"Vous me rendez malheureux par la plus grande marque de fidélité que jamais une femme ait donné à son mari."

Jeune beauté arrivée dans une Cour débauchée et ragoteuse, Mlle de Chartres détonne : elle est non seulement d'une grâce à couper le souffle, mais elle est également vertueuse.

Alors que le roi affiche sa maîtresse, que la reine et les princesses s'octroient des favoris, que toutes et tous flirtent d'amourette en amourette, Mlle de Chartres a le coeur pur et indépendant. Sa mère, la stricte Mme de Chartre, l'a élevée dans le respect de loi, de la religion et de la morale, et, de manière plus importante, dans le respect de soi.

Bien vite, les amoureux lui tournent autour, sans espoir. Même celui qu'elle épouse, le Prince de Clèves, n'a jamais touché son coeur. Et le malheureux jeune homme, aussi pur et honnête qu'elle, se désespère de la froideur de sa femme.

 

Si bien que, quand arrive le Duc de Nemours, galant attitré de la Cour, la Princesse ne comprend pas d'abord ce qui lui arrive : elle est amoureuse. Craignant pour son honnêteté, pour sa vertu et pour le repos de son coeur, elle cherche à échapper à celui qui la trouble. Mais, amoureux aussi, et n'ayant pas l'habitude qu'on lui résiste, le Duc de Nemours la poursuit de ses assiduités.

 

"M. de Nemours avait raison, dit la reine dauphine en souriant, d'approuver que sa maîtresse allât au bal. Il y avait alors un si grand nombre de femmes à qui il donnait cette qualité que, si elles n'y fussent point venues, il y aurait eu peu de monde."

 

Quel roman ! J'étais un peu perplexe avant d'ouvrir les pages de ce "monument de la littérature française", mais j'ai bien fait de vaincre mes réticences. Ce livre est un chef-d'oeuvre, qu'il ne faut absolument pas lire trop jeune.

Si je l'avais lu à l'adolescence, je me serais révoltée contre ces sottises de religion et de morale qui empêche deux êtres qui s'aiment de se retrouver. L'ayant lu maintenant, j'ai espéré de toutes mes forces que la Princesse résiste au Duc, un être frivole et égoïste, qui ne la respecte pas et qui se lassera d'elle dès qu'il l'aura eu. Et le Prince est un être si honnête et gentil que je ne voulais pas le voir souffrir.

 

Cette histoire m'a infiniement plu. J'ai été séduite par le développement de la psychologie des personnages, de la Princesse qui se débat dans une toile d'araignée, qui se referme sur elle à chacun de ses gestes, aux personnages secondaires, aux prises avec leurs amours.

 

Et que c'est bien écrit. Certes, c'est précieux, mais quel jeu, quelle musicalité dans la langue !

"Comment pouviez-vous espérer que je conservasse de la raison ? Vous aviez donc oublié que je vous aimais éperdument et que j'étais votre mari ? L'un des deux peut porter aux extrémités : que ne peuvent-ils point les deux ensemble ? Eh ! que ne font-ils point aussi, continua-t-il; je n'ai que des sentiments violents et incertains dont je ne suis pas le maître. Je ne me trouve plus digne de vous; vous ne me paraissez plus digne de moi. Je vous adore, je vous hais; je vous offense, je vous demande pardon; je vous admire, j'ai honte de vous admirer. Enfin, il n'y a plus en moi ni de calme, ni de raison."

 

lecturecommune1

Lu en lecture commune avec Anne, Vilvirt, Delphine et Karine :). Bénédicte l'a également lu il y a quelques semaines.

 

Lu dans le cadre du challenge Dames de lettres

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et du challenge La littérature fait son cinéma

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 09:00

letourd-ecrou.JPG"Y'avait-il un "secret" à Bly - un Mystère d'Udolphe, ou un parent inavoué tenu dans une réclusion insoupçonnée ?"

 

Lorsque Ann, une jeune gouvernante, se rend à son entretien d'embauche, elle ne sait pas vers quoi elle s'engage. Un jeune homme charmant, un dandy, lui demande de s'occuper de ses deux neveux orphelins, dans sa maison de campagne, sans jamais le déranger, sans jamais lui écrire. Il se décharge de deux enfants dans ses jeunes mains, et advienne que pourra.

Son arrivée est un enchantement : la demeure, sous le soleil couchant, est splendide, les serviteurs sont adorables et se plient à ses désirs, et sa petite élève est un modèle de beauté et de gentillesse.

Le frère, l'autre élève, arrive plus tard : il s'est fait renvoyer de l'école, et pour une raison qu'Ann ne parvient pas à comprendre : n'est-il pas l'enfant le plus charmant du monde ? Le plus intelligent ? Le plus beau ?

 

Après une lune de miel avec ces enfants, Ann commence à s'inquiéter : elle entend des pas dans le couloir la nuit, elle voit un homme, d'allure vulgaire, et une femme, aux traits méchants, errer dans le domaine. Et après enquête, leurs traits correspondent à ceux de l'ancien valet et de l'ancienne gouvernante, morts tous les deux. Leur influence sur les enfants est pernicieuse.

 

Alors ? Fantôme ou délire ? Et les enfants sont-ils des anges ou des démons ?

 

L'écriture est totalement typique d'Henri James : charmante et intellectuelle. Comme lire un roman dont on aurait qu'une phrase sur deux : c'est obscur. On cherche en vain le mystère entre les lignes, et on ne reste que sur cette question : "Fantôme ou délire ?"

James a le talent de nous faire voir les choses sans les dire : ce qui demande une certaine concentration parfois (et ne le rend pas très facile à lire, j'avoue ...), mais qui donne une incroyable profondeur à ses écrits.

 

"Je me suis emparée de lui, oui, je l'ai étreint - on peut imaginer avec quelle passion"

 

Qu'ai-je lu entre les lignes ? Une histoire d'amour, maudite... Dès le début, on nous signale qu'il s'agit là d'une histoire d'amour. Et les premières lignes du texte de Ann nous laissent penser que la jeune gouvernante est amoureuse de son patron. Mais est-ce bien de l'oncle qu'elle est amoureuse, ou de son jeune élève, Miles ?

Ann est jeune : à peine vingt ans, et son petit élève doit en avoir douze. Elle est inexpérimentée, fragile, impressionnable. Milès, qui m'appelle 'ma chère', semble presque plus mature qu'elle ! Elle pénètre dans sa chambre, non sans hésiter, agit en jalouse vis à vis de lui, et semble si bien chercher une influence malhonnête dans les actes des fantômes qu'elle semble bien posséder elle même le vice des autres ...

 

Une nouvelle passionnante, très agréable à lire, mais qui demande tellement de concentration que je me demande ce que va donner la lecture des Ailes de la Colombe !

 

Lu en lecture commune avec Mélusine

lecturecommune3

 

Lu dans le cadre du challenge Henry James

challenge-henry-james


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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 09:00

anidealhusband.jpg"Of course. You see, it is a very dangerous thing to listen. If one listen one may be convinced; and a man who allows himself to be convinced by an argument, is a thouroughly unreasonnable person."

 

An Ideal Husband est l'histoire d'un cadavre dans le placard. Le placard, c'est celui de Sir Chiltern, le cadavre c'est une lettre qu'il n'aurait pas du écrire. Et celle qui s'apprête ressortir la lettre, c'est l'odieuse Mrs Cheveley, une intriguante qui souhaite le soutien politique de Sir Chiltern dans une sombre affaire...

Sir Chiltern est depuis connu pour son honnêteté et sa rigueur intellectuelle. Va-t-il se laisser manipuler ? Va-t-il accepter la honte, le déshonneur et de perdre l'amour de sa femme, la rigide Lady Chiltern ? Ou son ami brillant Lord Goring va-t-il réussir à le sauver de ce mauvais pas ?

 

"My father told me to go to bed an hour ago. I don't see why I shouldn't give you the same advice. I always pass on good advice. It is the only good thing to do with it. "

 

ideal2.jpg

 

Cette pièce est joussive. Outre l'histoire, bien menée et peuplée de personnages campés, c'est surtout l'esprit qui infiltre chacun des vers de la pièce qui m'a mise en joie. Lord Goring en tête, suivi de Miss Chiltern et de Mrs Cheveley, c'est un festival de traits d'esprit, d'intelligence et de vivacité intellectuelle qui est juste délicieuse !

 

"If one could only teach the English how to talk and the Irish how to listen, society here would be quite civilized."

 

Lu dans le cadre du challenge Born to be Wilde,

Wilde

 

Du challenge de littérature irlandaise, car ce cher Oscar se nomme Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde (plus irlandais, c'est difficile à trouver !)

Irlande-en-challenge

et de la Semaine Celtique pour la même raison

63109087_p.jpg

 

Et du challenge La littérature fait son cinéma

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

 

 

Minnie.jpgCar j'ai bien entendu continué ma lecture par le visionnage de l'adaptation d'Olivier Parker, avec une jolie brochette d'acteurs : Rupert Everett joue un Lord Goring dandy, élégant, cynique et désespéré ; Cate Blanchett une Lady Chiltern fragile et droite ; Jeremy Northam est un Sir Robert touchant et perdu ; Julianne Moore est une Mrs Cheverley très élégante ; et Minnie Driver est adorable en Miss Mabel.

 

 

  everett.jpg

L'adaptation s'éloigne un peu du texte original : au lieu de se passer sur une seule journée, l'intrigue prend plusieurs jourse qui la rend plus crédible. Certaines scènes sont remaniées, d'autres disparaissent complètement (le coup du collier volé, par exemple), mais l'esprit de la pièce reste là. Et si elles n'apparaissent pas dans le même ordre que dans la pièce, toutes les répliques savoureuses de Wilde sont là !

 

Un petit régal !!!

 

Vu dans le cadre du challenge Back to the Past, catégorie Cup of tea !

Backtothepastcup

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 09:00

chimeres-1.jpg"Des panneaux indicaient le nom du village suivant, qui se révélait être, quand j'avais réussi à traduire le sens des mots irlandais, un joli nom. Le Moulin de l'Etranger. Le Fort de la Vache Brune. Les Cygnes resplendissants. Puis venait la dure réalité : une large rue entre deux rangées de maisons à deux étages en briques grises ou couvertes de crépi gris, une grande et unique église, grise, et une paire de pubs sinistres. Toute l'histoire du lieu s'était réfugiée dans la langue."

 

Kathleen de Burca approche de la cinquantaine. Elle est arrivée à Londres quand elle avait à peine vingt ans, et a changé son nom en Kathleen Burke. Devenue journaliste, elle oublie son passé, l'Irlande, sa mère dépressive, son père alcoolique et violent, dans son travail et les hotels luxueux aux quatre coins du monde. Elle se recrée une famille, son patron, ses amis, et surtout Jimmy, son confident, son frère.

Le jour où Jimmy meurt, elle décide de retourner en Irlande. Elle y va soit-disant pour enquêter sur une affaire d'adultère entre une jeune noble anglaise, et un roturier irlandais, au sortir de la Grande Famine. Elle y va surtout pour se retrouver.

 

"Jimmy affirmait qu'il pouvait dire, lorsque j'arrivais au bureau, si je sortais de mon sous-sol ou pas. L'obscurité me collait à la peau."

 

C'est un livre riche, terriblement riche, et je ne sais pas par quel bout commencer mon commentaire.

L'Irlande. Elle imprègne Kathleen jusqu'au bout des ongles. Kathleen a en elle cet amour bouversant des exilés pour leur pays, un amoure mêlé de haine. Sa plongée en Irlande m'a fait l'effet d'un grand bol d'air frais, un cri d'amour pour un pays dont elle montre tous les défauts, les gens trop bavards, ce culte de l'histoire, cette victimisation constante, la situation désastreuse des femmes.

 

"Je ne savais pas qu'après une journée passée à me faire rembarrer de partout, je prendrais un faux accent anglais pour parler aux agents immobiliers. Je ne pardonnerai jamais à cette ville, me dis-je au matin de mon quatrième jour de recherche, de m'avoir obligée à m'abaisser ainsi."

 

Il y a Marianne Talbot, cette anglais exilée en Irlande, portrait en miroir de Kathleen, qui trompe son mari avec Mullan, le palefrenier, alors que les gens meurent de faim autour d'elle. Cette Marianne aux visages multiples, qui change au fur et à mesure que Kathleen progresse dans son enquête. Au fur et à mesure que Kathleen progresse dans son introspection.

 

"Mais elle avait surement lu Jane Austen, et les filles chez elle, à Londres, devaient beaucoup attendre des propriétés de leurs futurs maris. Emma aimerait beaucoup le domaine de M. Knightley et Elizabeth allait adorer la grande propriété de M. Darcy dans le Derbyshire."

 

Ce roman m'a bouleversée : c'est un magnifique portrait de femme, au tournant de sa vie. Sa jeunesse lui semble encore à portée de main, mais elle se demande déjà si ce n'est pas la dernière fois qu'elle fait l'amour et est aimée d'un homme... Les blessures de l'enfance ne sont pas refermée, mais l'angoisse de vieillir l'étreint.

C'est un livre qui m'a fait pleurer, parce qu'il est beau, parce qu'il doux, parce qu'il est tendre.

 

Lu dans le cadre de la Semaine Irlandaise

semaineirlandaise2.jpg

 

et dans le cadre du challenge irlandais.

Irlande-en-challenge

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 09:00

esmelennox.jpg« Elles se tiennent en retrait de la piste. Assise sur une chaise, l’une ouvre et ferme de ses doigts gantés un carnet de bal. A côté d’elle, l’autre observe l’évolution des danseurs : couples qui virevoltent, mains qui s’agrippent, souliers qui martèlent, jupes qui tourbillonnent, parquet qui ploie. Dans une heure, ça sera le nouvel an et, derrière elles, la nuit noircit les vitres. Celle qui est assise porte quelque chose de pâle – Esme ne sait plus quoi, au juste - , l’autre, une robe rouge foncé qui ne lui va pas. Elle a perdu ses gants. C’est là que tout commence.

Ou peut-être pas d’ailleurs. Le début se situe peut-être plus tôt, avant le bal, avant que les deux jeunes filles aient revêtu leurs nouveaux atours, avant qu’on ait allumé les bougies et parsemé du sable sur le parquet, bien avant l’année dont elles fêtent la fin. Qui sait ? Quoiqu’il en soit, les choses se terminent devant une fenêtre grillagée dont les carrés font deux ongles de pouce de côté, très exactement. »

 

Ce roman choral donne la parole à trois femmes : Iris, une sorte de Bridget Jones aux amours difficiles ; sa grand-mère, Kathleen, une vieille femme atteinte d’Alzheimer à qui le passé revient en flash ; et Esme Lennox.

Un jour, Iris reçoit un coup de téléphone : l’asile psychiatrique va fermer ses portes et voudrait que la jeune femme vienne chercher Esme Lennox, sa grand-tante, car elle est la seule famille qui lui reste. Mais Iris n’a jamais entendu d’Esme, ne savait même pas qu’elle avait une grand-tante, enfermée depuis ses seize ans pour des raisons futiles, et dont sa famille a totalement occulté l’existence.

 

Entre les souvenirs d’Esme, les radotages de Kathleen, et les recherches d’Iris, ce roman nous raconte une époque où on enfermait à vie les femmes sous des prétextes stupides : une telle avait été violée et voulait se venger de son violeur, une telle ne rentrait pas dans les codes de la jeune fille parfaite et gênait sa famille … C’était une vie sacrifiée, toute une vie entière, parce qu’elles se refusaient de se soumettre aux bienséances. Absolument glaçant.

Mais ce roman raconte surtout l’histoire d’un secret de famille : une plongée dans des rancunes d’une autre époque, un questionnement sur ses origines qui m’a rappelée les premiers romans de Kate Atkinson.

Et puis, c’est merveilleusement écrit. Merveilleusement « mis en scène », pour qu’on arrive, petit à petit à la vérité. Un petit bijou, émouvant et terrible.

 

Lu pendant la Semaine celtique (car le Champagne, c'est chic, mais la Guiness, c'est celtique !)

celtique

et dans le cadre du challenge de littérature irlandaise

Irlande-en-challenge

Ainsi que du challenge God Save the livres !

Challenge-anglais

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Envie de vacances, de bouquinage dans un jardin anglais, de farniente...

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Mon planning

Janvier 2013

Lecture commune approximative : Imposture, de Benjamin Markovits, avec George

 

9 Janvier 2013

Lecture commune : Silvia's lovers, de Gaskel, avec Titine

 

20 Janvier 2013

Lecture commune : Les Chouans, de Balzac, avec Maggie, Nathalie , Cléanthe et Marie

 

Février 2013

Lecture commune : La fausse maîtresse, de Balzac, avec Marie

 

4 Mars 2013

Lecture commune : Le temps des métamorphoses, de Poppy Adams, avec Tiphanie, Soukee et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : The scarlett letter, de Nathaniel Hawthorne, avec Noctenbule et Titine

 

Mars 2013

Lecture commune : Quelle époque !, de Trollope, avec Adalana, Shelbylee, Maggie et Titine

 

Avril 2013

Lecture commune : Les vagues, de Virginia Woolf, avec Cléanthe , Anis et Titine


21 Juin 2013

Lecture Commune : Petite soeur, mon amour, avec Valérie

 

 Juin 2013

Lecture de L'Argent, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Juillet 2013

Lecture de La débâcle, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

 Août 2013

Lecture de Le Docteur Pascal, d'Emile Zola dans le cadre du défi On a une relation comme ça, Emile Zola et moi

 

7 Novembre 2013

Lecture de Le dernier Homme de Camus, dans le cadre du défi Albert Camus

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