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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 09:00

tarryflynn.jpg"Il serait heureux dans ce pays, heureux en ménage avec des enfants, et il irait à la forge avec des chevaux et bavarderait avec le maréchal-ferrant, et il irait se promener jusqu'au croisement le dimanche après-midi, pour y discuter de l'équipe de football et de politique. Il ferait partie des hommes âgés, les mains dans les poches de son pantalon, et il rêverait au passé. Ensuite, il rentrerait à pas lents prendre son repas du soir et sa femme et ses enfants seraient là à l'attendre et sa vie serait en tout point semblable à celle de son père."

 

Tarry Flynn est un grand poème d'amour à l'Irlande, rurale, bouseuse, aux gens simples et mesquins, au prés verdoyants, aux vaches un peu maigres, aux maisons trapues où les poules entrent dans les cuisines.

Tarry Flynn est un jeune fermier, qui vit avec sa mère et ses trois soeurs dans un petit village dont le seul centre d'intérêt est les amourettes entre jeunes et les mariages qui se font - ou pas. Tarry est célibataire, toujours vierge, incapable de trouver aucune des jeunes filles du village assez pures pour lui ; sauf Mary Reilly, la demoiselle du village, devant qui il redevient petit garçon.

Mais Tarry est aussi un poète, sensible à la beauté simple de la nature, aux fleurs, aux odeurs, à son champ de patates qui croient. Un amoureux de la vie, de la vie qui pousse et qui meurt, qui se répand et qui grouille. Avec un bouquin en permanence dans sa poche, il cherche à écrire des poèmes, sans se rendre compte que sa nature de poète ne se trouve pas dans les techniques de rimes, mais dans son oeil ouvert à la beauté qui l'entoure.

 

"Sa méthode pour que ce livre, et tous les livres exaltants le fassent frissonner, était de l'ouvrir au hasard et d'y jetter un bref coup d'oeil. Ensuite, il refermait le livre de peur que la magie disparaisse."

 

Au delà de ce portrait de poète fermier, un peu fou, un peu simple, très irlandais, Kavanagh porte le portrait d'une Irlande qui change. Les filles partent à la ville, se marier avec des hommes plus civilisés que leurs rustauds de frères ; les hommes restent au village en se lamentant sur leur avenir. Ce sont les années 30, l'industrialisation et les villes progresse, et une certaine forme d'Irlande éternelle meurt.

 

Lu dans le cadre de la semaine : "Le champagne, c'est chic, mais la Guiness, c'est celtique !"

celtique.jpg

et du challenge Culture irlandaise

Irlande-en-challenge

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 09:00

cequesavaitMaisie.jpg" 'Pauvre petit chat !' s'écria-t-elle enfin, et ces mots furent pour Maisie une épitaphe sur la tombe de son enfance."

 

Maisie a trois ans lorsque ses parents divorcent. Chacun d'entre eux voulant la garder pour elle - ou aucun des deux ne voulant vraiment s'occuper d'elle ?- elle est partagée entre son père et sa mère : six mois chez l'un, à entendre du mal de l'autre ; six mois chez l'autre, à entendre le premier se faire maudire. De ce qui se passe chez son père, sa mère ne veut pas en entendre parler ; et parler de sa mère est impensable chez son père.

A chaque maison sa vie et à chaque maison sa gouvernante : la charmante Miss Overmore chez son père, et la vieille et maternelle Mrs Wix chez sa mère.

Bien entendu, son père va épouser la jeune et jolie gouvernante, qui deviendra Mrs Beale, tandis que sa mère va trouver un homme charmant dans la personne de Sir Claude. Sir Claude est si beau que toutes en tombent amoureusent : Mrs Wix, bien sûr, mais aussi Mrs Beale, rapprochée du beau jeune homme par la petite Maisie. Et les sentiments que Maisie portent à son beau-père sont trop forts pour n'être que filiaux...

 

C'est un très beau roman que nous offre Henri James. Pour tout vous dire, c'est un roman qui me réconcilie avec James : depuis ma tentative avortée des Ailes de la Colombe, il y a 6 ou 7 ans, James ne me tentait plus. Mais là, dans la délicate traduction de Marguerite Yourcenar, j'ai retrouvé tout ce que j'aimais en lui. Son regard sur le monde, et sur le monde adulte surtout, est d'une cruauté au scalpel. Sous les remarques détachées, se déroule en creux le portrait de parents inconséquents, égoïstes, abandonnant leur fille à leurs nouveaux époux. Nouveaux époux eux-même plus intéressés par la découverte de l'amour, et par la manière dont ils peuvent utiliser Maisie pour se rapprocher l'un de l'autre.

La seule animée de sentiments maternels est Mrs Wix, avec toute sa maladresse et son intelligence relative. Mais en peu de temps, l'amour va elle aussi la troubler et la conduire à négliger la petite fille.

 

Au milieu de ce monde d'adultes, l'enfant, avec son regard naïf et pur. C'est Maisie qui nous sert de lien avec ce monde, et entendre ces relations adultes vues par ses yeux d'enfants, a un côté très humoristique - et légèrement malsain en même temps : "le monsieur qui est avec maman. Est-ce que ça n'arrangerait pas les choses, comme ça les arrange que vous soyez ma gouvernante chez papa ?".

Un très beau morceaux de psychologie, et servi par une langue délicate et raffinée.

 

Lu en lecture commune avec George, Anne et Reka

lecturecommune1

 

Lu dans le cadre du challenge Henri James

challenge-henry-james

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 09:00

Lavinia.jpg"I know who I wasn I can tell you who I may have been, but I am, now, only in this line of words I write."

Je connaissais Ursula LeGuin grâce à sa série Terremer, dont j'ai lu les trois premiers opus. Est-ce à cause de l'adaptation du fils de Miyazaki ? Ou grâce à l'élégante sobriété de son style ? J'étais persuadée que cette auteur était japonaise. Non, elle est américaine, mais douée d'une telle poésie que ses écrits atteignent une finesse et une délicatesse merveilleuse.

 

"He simply stood out, the way the morning star stands out from other stars."

Lavinia raconte l'histoire d'une jeune fille latine, que les oracles destinent à épouser un étranger, un grec qui fuit sa cité en flammes, et navigue pendant sept années : Enée. A peine évoquée par Virgile, son poète, son autre amour, Lavinia est destinée à une vie passive et flottante... Sauf qu'elle décide de prendre sa vie et son histoire en main, et de nous la raconter.

Ce roman est une petite merveille, un bijou de tendresse et de charme. Lavinia est aimable dès les premiers instants, entre son père, roi sage et généreux, et une mère malade de chagrin et de folie. Elle devient forte et courageuse quand arrive Enée, avant de devenir une louve à la mort de son aimé. Les autres personnages, Enée, en particulier, mais aussi son père Latinus, sa mère Amata, ou son beau-fils Ascagne, sont tout aussi beau et terrible. Il y a une part de tragédie dans le destin de ces êtres, voués à la mort et à la violence par la parole du poète.

 

"We talked in the summer mornings before we got to work ; we talked in darkness, in our marriage bed, in the lengthening autumn nights."

Il y a également une très belle évocation de la vie en Italie durant l'âge de Bronze, les coutumes religieuses, les cités de paysans, les relations entre grecs, latin, étrusques, dans un monde encore vaste où les terres ne manquent pas. Les petites guerres intestines, le quotidien de ces hommes et de ces femmes qui ont fondé la Rome éternelle de l'empire.

 

Mais c'est surtout un chef d'oeuvre d'écriture, que je vous conseille ne serait-ce que pour le style ...

 

Lu dans le cadre du challenge Mythes et Légendes

mythesetlégendeset du challenge Au coeur de la Rome Antique

Rome

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 09:07

A-Single-Man.jpgThese books have not made George nobler or better or more truly wise. It is just that listening to their voices, the one or the other, according to his mood. He misuses them quite ruthlessly - despite the respectful waay he has to talk about them in public - to put him to sleep, to take his mind off the hands of the clock, to relax the nagging of his pyloric spasm, to gossip him out of his melancholy, to trigger the conditioned reflexes of his colon.

 

J'ai vu l'an dernier le film de Tom Ford tiré de ce roman, et lors de ma lecture, je n'ai pu dissocier les mots des images du réalisateur ... Je sors de cette lecture profondément émue et bouleversée.
Tom Ford a réussi à garder "l'esprit" du livre, chose que je n'aurais pas pensée imaginable avec un livre avec aussi peu d'histoire et d'action. On suit la vie et les pensées d'un homme, lors d'une journée de sa vie qui n'est même pas particulière. Juste un homme blessé, meurtri par la perte de son aimé, agressé et fasciné par une société dont il se sent étranger, qui hésite à chaque instant : est-ce que cette vie vaut le coup d'être vécue ?

On croit (et c'est un peu l'image qui est ressortie de la promo du film) que c'est un film d'un homo, sur un homo, pour des homos. Pas du tout. Déjà parce que la perte d'un être aimé est quelque chose de totalement universel. Mais surtout parce que ce livre parle surtout de la difficulté de vieillir, du corps qui s'amenuise, de la douleur et de l'orgueil d'être différent, de la nostalgie ...

 

A-Single-Man_cos_fiche_prog_visuel.jpg"Staring and staring the mirror, it sees many faces within its face - the face of the child, the boy, the young man, the not-so-young man - all present still, preserved like fossils on superimposed layers and, like fossils, dead.Their message to this livre dying creature is: Look at us - we have died - what is to be afraid of ?"

 

Ne serait-ce que pour le style, admirable, de  Christopher Isherwood, ce livre mérite d'être lu même si on a vu le film. Je pense même que voir le film aide parfois à s'accrocher dans la lecture de certains passages. Malgré tout, comme une variation sur un thème, de nombreux points diffèrent.

  (spoilers inside, mais ce n'est pas un livre qu'on lit ni un film qu'on voit pour son suspens ...)

Déjà, George n'est pas suicidaire dans le livre. Il n'est pas hanté par le désir d'en finir, mais plus par la certitude de la déchéance de son corps et de sa vie. Le savoir qui rien ne l'attend plus qui le fera vibrer, aimer, rêver. Il souhaite vivre,

 

single_img.jpg"They are afraid of what they know is somewhere in the darkness around them, of what may at any moment emerge into the undeniable light of their flashlamp, nevermore to be ignored, explained away. The fiend that won't fit into their statistics, the Gorgon that refuses their plastic surgery, the vampire drinking blood with tactless uncultured slurps the bad-smelling beast that doesn't use their deodorants, the unspeakable that insists, des pites their shushing on speaking its name.
Among many other kinds of monster, George says, they are afraid of little me."

 

D'autre part, le livre est très politique, tournée vers la défense des minorités, et il le fait avec beaucoup de violence. Quand George se rêve en "Uncle George" qui torture et massacre tous les "straight", j'imagine que ça a du énormément choquer !
De la même manière, je trouve la critique du "rêve américain" encore plus virulente que dans le film ... Les couples-blancs-avec-enfants qui l'entourent sont l'objet d'une description extraordinaire, mais à côté de laquelle, Les noces rebelles font conte pour enfants !

 

"The Europeans hate us because we've retired to live inside our advertisments like hermits going into caves to contemplate. We've sleep in symbolic bedrooms, eat symbolic meals, are symbolically entertained - and that terrifies them, that fills them with fury and loathing because they can never understand it."

 

Tom Ford a complètement passé sous silence l'épisode avec Doris, cette femme avec qui Jim était en vacances quand il a eu son accident, mais qui elle a survécu grabataire. Finalement, on se rend compte que le couple de George et Jim ne marchait pas si bien, et Jim allait sans doute le quitter pour se mettre avec une femme...

 

"Let Kenny and the kids have it. Let Charley keep the past. George clings only to Now."

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 09:00

Ida.jpg« Mais si elle a eu d’autres rêves, elle sait, depuis longtemps, qu’il faut se contenter, au terme d’une vie humaine, de ce demi-échec qui s’appelle réussite, espoirs comblés, couronnement d’une carrière. »
Je découvre cette auteur avec ces deux nouvelles, et je vous l’annonce tout de suite : c’est un coup de cœur. J’ai une nouvelle auteur chérie à lire et relire, et j’en suis très heureuse.


Ida raconte une histoire terrible : Ida Sconnin, célèbre meneuse de revue parisienne, reine de la nuit parisienne vieillit. Chaque saison, malgré le maquillage, la lumière, l’hygiène de vie parfaite, les jeunes amants, est un challenge : réussira-t-elle ou non à conquérir le cœur et les sens du public ? Une nouvelle saison commence, et une jeune louve aux dents longues lui est adjointe. Qui gagnera ?


La seconde nouvelle, La comédie bourgeoise, est encore pire. Elle raconte comment les jeunes filles pures deviennent des mères cyniques. Comment les vies de famille parfaites sont faites sur un marécage puant. Comment l'apparence, et le désir de conserver les conventions, ruine les vies les plus belles...

 
Ces deux nouvelles, très sombres et très cyniques, m’ont séduite. Elles portent en elle une humanité, douloureuse certes, mais très tendre. Ces femmes, surtout, se battent dans un monde terrible dur et cruel ; et ne survivent que par lâcheté ou par cruauté. C’est terrible et grandiose : c’est beau.


Lu dans le cadre du challenge : Dames de lettres

dame d11

Et dans le cadre du challenge La Nouvelle

La nouvelle

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 09:40

PortraitDeDorianGray1.jpg

"En fait, parmi les très jeunes gens, nombreux étaient ceux qui voyaient ou croyaient voir en Dorian Gray la réalisation effective d'un modèle dont ils avaient rêvé quand ils étaient à Eton ou Oxford, un modèle qui conjuguât un peu de la culture véritable de l'humanisme et toute la grâce, toute la distinction, toute la perfection de maintien d'un citoyen du monde."

J’ai été surprise par ma lecture du Portrait de Dorian Gray, car je n’ai pas lu le livre que je m’attendais à lire, ou du moins pas que le livre que je m’attendais à lire (et c’est toujours une excellente nouvelle !). Le portrait de Dorian Gray, c’est certes l’histoire d’un jeune homme débauché dont les traits ne portent jamais la trace des méfaits et du vieillissement qui ternissent son âme – mais son portrait.

 

"Un jour, quand vous serez vieux, flétri et laid, quand les pensées auront marqué votre front de leurs rides et que la passion aura marqué vos lèvres de ses feux hideux, vous l'éprouverez atrocement. Pour le moment, où que vous alliez, vous charmez le monde entier. En sera-t-il toujours ainsi ? ... Vous avez un visage d'une admirable beauté, M. Gray. Ne froncez-pas le sourcil. C'est la vérité. Et la Beauté est une forme de génie, supérieure en fait au génie, car elle ne recquiert aucune explication. Elle est l'une des grandes vérités de notre monde, comme l'éclat du soleil, le printemps, ou la réflexion dans les eaux sombres de cette conque d'argent que nous appelons la lune. Impossible de la mettre en doute. Elle est, de droit divin, souveraine."

 

Mais surtout, ce roman ciselé comme un bijou parle de l’influence qu’une âme profondément perverse, celle de Lord Henri, peut avoir sur un homme jeune et malléable. Lord Henri pervertit Dorian, le rallie à sa cause : celle de la vie comme œuvre d’art. Dorian, vierge et pur, semble un violon sur lequel Lord Henri crée le dandy parfait. Il y a du Pygmalion dans cette œuvre. C’est également un roman merveilleux sur la place de l’art dans une vie parfaite et idéale. La vie de ces dandys est gouvernée par l’art et la beauté, qui les éloigne du vulgaire. Le meilleur exemple en est l’idylle tragique se nouant entre Dorian et Sybill Vane. Dorian tombe amoureux de la jeune actrice car elle joue merveilleusement les rôles tragiques. Lorsque son amour se trouve partagé, qu’elle se met à l’aimer, que leur relation risque de sombrer dans la normalité, la jeune fille perd son talent : elle ne peut plus feindre des sentiments qu’elle éprouve. Alors, l’amour de Dorian disparaît complètement, et ne renait qu’après le suicide, véritablement tragique, de la jeune fille.

 

"Non, elle ne renaîtra plus jamais. Elle a joué son dernier rôle. Mais cette mort solitaire dans une loge miteuse, il faut que vous vous la représentiez simplement comme un passage étrange et haut en couleur d'une tragédie jacobéenne, comme une scène merveilleuse de Webster, de Ford ou de Cyril Tourneur. C'est une jeune fille qui n'a jamais vraimet vécu, elle n'a donc jamais vraiment péri."

 

Ce n’est donc qu’à travers le prisme de l’art que ces êtres ont capable de ressentir. Les arts forment d’ailleurs le déclencheur de l’histoire. La peinture révèle à Dorian sa beauté, et sa vanité ; le théâtre lui apprend la passion amoureuse ; et la littérature le corrompt dans ce petit livre jaune que lui donne Lord Henri.

 

"Seuls les êtres superficiels ont besoin de plusieurs années pour se débarrasser d'une émotion. Dès qu'un homme est maître de lui, il peut aussi aisément faire cesser une douleur qu'un plaisir. Je refuse d'être à la merci de mes émotions. Je veux m'en servir, en jouir et les dominer."

 

C’est un roman délicieux, que j’ai énormément aimé. Il est précieux et délicat comme ces œuvres fin-de-siècle qui me tentent de plus en plus. Mais il est léger comme une conversation, plein d’esprit comme une conversation avec Oscar Wilde. Je me suis baignée dans les débats si fins et si riches sur l’art et la beauté, j’ai apprécié les réparties de Lord Henri, j’ai pleuré avec Basil, et surtout j’ai rêvé en imaginant Dorian, éphèbe parfait, à la mesure de l’art classique et de l’art renaissance. J’ai envie de lire A rebours de Huysmans, maintenant !

 

"L'un des charmes du mariage réside en ce qu'il fait du mensonge une nécessité vitale pour les deux parties."

 

"Lord Henri secoua la tête : 'Les jeunes Américaines sont aussi habiles à dissimuler leurs parents que les Anglaises leur passé.' "

 

Et puis, le style de Wilde, son esprit caustique ... Je ne le connaissais que par ses pièces de théâtre et je me demandais comment il se traduirait dans un roman. La réoinse est : délicieusement. Ses aphorismes, qui se mêlent avec bonheur au thème même du roman, montrent un dandy plein d'esprit, la personne à avoir dans son salon pour être certaine de ne jamais s'y ennuyer.

 

Lu dans le cadre du challenge Borne to be Wilde

Wilde

 

Lu dans le cadre du challenge God save the livres !

Challenge-anglais-copie-1

Lu à peu près en même temps (je suis en retard par rapport au 1er Mars) que Cecile et Lou

lecturecommune1

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 09:00

PecheurdIslande.jpg"Et puis, avec les premières brumes de l'Automne on rentre au foyer à Paimpol ou dans les chaumières éparses du pays de Goëlo, s'occuper pour un temps de famille et d'amour, de mariages et de naissances. Presque toujours, on trouve là des petits nouveaux-nés, conçus l'hiver d'avant, et qui attendent des parrains pour recevoir le sacrement du baptême : il faut beaucoup d'enfants à cette race de pêcheurs que l'Islande dévore."

 

Tous les étés, les pêcheurs de Paimpol et sa région partent en pêche au large de l'Islande. Pour eux, c'est une période étrange qui débute, à quelques uns dans un bateau minuscule, à travailler par quart de quelques heures, sous le soleil de minuit. Pour leurs femmes, leurs fiancées, leurs amoureuses restées au pays, c'est l'inquiétude, la solitude et l'angoisse dans la chaleur (on est en Bretagne, faut pas exagérer) et les fleurs de l'été.

Quand les brumes de l'automne arrivent, quand les fleurs se fanent, quand l'hiver arrive, la joie retourne avec les bateaux de pêche.

C'est ce que raconte Pêcheur d'Islande. Deux hommes, deux pêcheurs. Deux femmes. Yvonne, une vieille grand mère adorable à la large coiffe et au petit foulard brun, pas bien riche, mais honnête. Une vieille veuve de pêcheur, mère de pêcheur, grand-mère de pêcheur, qui a donné son tribu à la mer : de toute sa famille, il ne lui reste que son dernier petit-fils, Sylvestre.

Sylvestre est marin sur la Marie. Un bon gars, tendre et honnête, une crème aux yeux clairs, qui courtise sagement la soeur de Yann.

Yann, c'est autre chose : il est aussi marin sur la Marie, mais c'est un grand gaillard sombre, taciturne, orgueilleux. Sylvestre et lui s'entendent comme frères, mais le tendre Sylvestre ne parvient pas vraiment à comprendre pourquoi Yann reste si insensible aux avances de Gaud, sa cousine.

Gaud, à côté de ces trois êtres purs et durs comme de la roche, c'est une fille de la ville, une élégante aux mains soignées, mais au coeur lumineux, pris en une soirée par le fier Yann.

 

"Dehors, ce devait être la mer et la nuit, l'infinie désolation des eaux noires et profondes."

 

Mais plus que l'amour et la tendresse qui lient ces quatre êtres, c'est la mer qui est au coeur de ce roman. Une mer divinisée, sauvage et généreuse, celle qui donne la vie et celle qui la reprend. J'ai énormément aimé cet aspect, qui m'a rappelé des contes et des histoires de Bretagne. La mer... l'autre épouse, celle qui vole une part de l'âme des maris, avant de les voler tout entiers. Celle que les hommes aiment et que les femmes haïssent.

 

"Mais c'était une lumière pâle, pâle, qui ne ressemblait à rien; elle trainait sur les choses comme des reflets de soleil mort."


Et ce qui ne gâche rien, c'est un roman excessivement bien écrit. Le style m'a souvent fait penser à de la poésie, comme un roman écrit par Baudelaire. Le vocabulaire est riche, excessivement complexe, et d'une précision parfaite. Le rythme des phrases, comme une musique, donne à sentir l'angoisse de l'attente, la monotonie des journées en mer, ou les ravissements du sentiment amoureux. Mais contrairement, à d'autres auteurs de l'époque, il n'est jamais lourd, et s'arrête toujours avant l'emphase.

En résumé, un magnifique roman que je conseille à tous les amoureux de la langue française - et de la Bretagne.

 

"Le navire se balançait lentement sur place en rendant toujours la même plainte monotone comme une chanson de Bretagne, répétée en rêve par un homme endormi."

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 10:00

IndianaGeorgeSand.jpgRaymon se sentit flatté d'inspirer un attachement si généreux, et la reconnaissance, la compassion, un peu de vanité peut-être, lui rendirent un moment d'amour.

 

Indiana est le premier roman de George Sand, et il est facile d'y voir une part d'autobiographie. Ce roman raconte l'histoire d'une jeune créole, mariée contre sa volonté à un homme plus vieux qu'elle et rustre. Son âme délicate attend le grand amour et, loin de le voir dans son cousin, Sir Ralph, un anglais taciturne qui veille sur elle depuis sa plus tendre enfance, elle tombe amoureuse d'un parisien beau parleur, Raymon.
Hélas, celui là est un Valmont, un Adolphe, qui se détache d'elle sitôt qu'il la possède.

C'est un roman que j'ai énormément aimé et dévoré dans la journée. Il est très finement écrit, avec beaucoup d'esprit et d'ironie, et en même temps, une grande psychologie. Les personnages ne sont ni noirs, ni blancs, mais toujours constrastés. On sent qu'elle les aime beaucoup, même Raymon qui rappelle le premier amour de George Sand, Aurélien de Sèze.
Quant à Indiana, même si elle est dépeinte sous un jour favorable, elle n'est pas parfaite, étant aveuglée par l'amour, passionnée, et globalement assez égoïste.
Un seul personnage semble monolithique : Ralph, adorateur d'Indiana handicapé par une timidité maladive.

 

Moyennant quoi, la province accompagnait toujours son nom de l'épithète de brave parce que la bravoure militaire est apparemment d'avoir de larges épaules, de grandes moustaches, de jurer fort et de mettre l'épée à la main pour la moindre affaire.

Attention, ce qui suit contient des spoilers sur l'intrigue ...

 

 C'est un roman qui m'a fait penser à plusieurs intrigues que George Sand connaissait ou pouvait connaître.
Déjà, le roman de Bernardin de Saint Pierre Paul et Virginie est cité à de nombreuses reprises dans le roman. Ralph et Indiana sont élevés comme frère et soeur, dans une île paradisiaque et tropical, et un amour nait entre eux qu'ils mettent du temps à reconnaître. Comme dans Paul et Virginie, l'histoire manque de mal se finir, avant d'être sauvée par un épilogue un chouia tiré par les cheveux. De plus, et j'y reviendrai, le thème de la Nature et du Bon Sauvage sont très présents.
Second roman auquel j'ai pensé : Les liaisons dangereuses. Même s'il y a des différences notables, le couple Raymon/Indiana m'a rappelé celui de Valmont/la présidente. Indiana est pure, infiniment pure, tandis que Valmont est un homme à femmes, qui n'aime rien tant que séduire. D'ailleurs, la pureté et l'innocence d'Indiana font partie des choses qui l'attirent chez elle. Comme dans Les liaisons, le séducteur finit par tomber amoureux de sa proie, sauf que là, l'amour ne dure qu'un temps.
Hamlet est également présent dans ce roman, avec le personnage d'Ophélia. La noyade est presque la seule manière de mourir dans ce roman ; Noun flottant entre deux eaux dans la rivière m'a profondément rappelée Ophélia. Et sans parler de la mort de la chienne chérie d'Indiana, assassinée en essayant de rejoindre sa maîtresse à la nage, qui s'appelait Ophélia !
Enfin, le trio Indiana/Raymon/Ralph m'a rappelé celui de Marianne/Willoughby/Brandon, dans Raison et sentiments. Indiana, follement romantique et romanesque, tombe amoureuse d'un homme à femmes qui la laisse tomber et l'humilie en en épousant une autre, avant de revenir vers celui qui l'aimait mais qui ne la faisait pas rêver, et avec lequel elle finit par vivre une vie paisible et heureuse. Le parallélisme est si fort que je me demande si George Sand n'avait pas lu Jane Austen avant d'écrire !!


Je sais que je suis l'esclave vous le seigneur. La loi de ce pays a fait de vous mon maître. Vous pouvez lier mon corps, garrotter mes mains, gouverner mes actions. Vous avez le droit du plus fort, et la société vous le confirme ; mais sur ma volonté, monsieur, vous ne pouvez rien, Dieu seul peut la courber et la réduire.

Bien sûr, le féminisme et la proclamation que la femme est martyrisée par l'homme, en particulier dans le mariage et les relations amoureuses est l'épine dorsale du roman. Raymon et le mari d'Indiana représentent tous les deux des tyrans qui font souffrir la jeune femme, aidés en cela par la société qui pardonne tout au séducteur, et rien à la victime.

L'autre aspect qui m'a marqué, c'est le rousseauisme du roman. La société, la civilisation, sont représentés comme les causes des malheurs d'Indiana. Raymon est un jeune homme à la mode, parisien jusqu'au bout des ongles ; c'est à Paris, à un bal qu'elle tombe amoureuse de lui, alors qu'elle n'avait eu aucun sentiment pour lui lorsqu'elle l'avait rencontré à la campagne. Même Raymon s'assagit et devient plus pur à Crecy ; c'est le retour à Paris, la compagnie de ses amis qui le rend à nouveau cruel et égoïste.
Dans un autre registre, le mari d'Indiana est lui aussi un produit de la société : c'est un ancien soldat de Napoléon, et c'est son caractère soldatesque, brutal, qui fait souffrir Indiana.
Alors que Ralph, élevé comme elle dans les îles, et insensible aux corruptions de la société, représente l'amour et la tendresse.
D'un autre côté, il y a de nombreuses descriptions de la nature, de la région parisienne ou des îles. C'est là que l'âme renait, s'épure ; c'est là qu'Indiana devient plus forte (cf. l'épisode de la chasse). C'est là aussi que les personnages malheureux trouvent la paix grâce au suicide (alors qu'Indiana, qui cherche à se suicider en se noyant dans la Seine, à Paris, n'y parvient pas).

Ce qui me mène au dernier point de ma réflexion : l'importance du suicide comme manière d'échapper à une vie triste et malheureuse. Je ne sais pas dans quel état d'esprit était George Sand lorsqu'elle a écrit ce roman, mais tous les personnages sympathiques envisagent le suicide comme seule échappatoire à leur vie ! De plus, c'est un thème qui revient régulièrement dans le roman : au début, avec le suicide de Noun ; lorsque Raymon abandonne Indiana ; et enfin, dans les toutes dernières pages, comme apothéose finale de l'amour entre Ralph et Indiana.
Alors que lorsque les personnages sont vraiment "au bout du rouleau" (lorsqu'Indiana apprend que Raymon en a épousé une autre), ils n'ont même plus la force de mettre fin à leurs jours !


En tout cas, c'est un roman que j'ai vraiment beaucoup aimé et dont je conseille vivement la lecture !

 

Lu dans le cadre du challenge Dames de lettres !

souver10

 

Lu dans le cadre du challenge Read me I'm fashion (les tenues d'Indiana ont un importance non négligeable dans ce roman)

fashionEt George Sand étant morte d'une occlusion intestinale, elle entre dans le Challenge nécrophile

deadauthor

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 09:00

Blonde.jpg"Alors vint la Mort, le long du boulevard dans la lumière sépia du crépuscule."

Blonde n'est pas une biographie de Marilyn. Ou plutôt, Blonde n'est pas qu'une biographie de Marilyn.

Bien sûr, l'Actrice Blonde se nomme Norma Jean Baker, aka Marilyn Monroe. Bien sûr, les événements qui lui arrivent correspondent plus ou moins à ceux que wikipédia signalent dans la biographie de Marilyn : une mère à moitié folle, une enfance ballottée, un mariage très jeune avec un très jeune homme, la Guerre et la séparation, quelques photos à Hollywood, le cinéma qui la découvre et la fabrication de "Marilyn Monroe"©, un premier mariage avec un ex-sportif qui s'achève au bout de quelques mois, un second mariage avec un dramaturge new-yorkais qui s'achève au bout de quelques années, une liaison avec un président des Etats-Unis et une fête d'anniversaire où elle rayonne et où elle s'effondre.

Bien sûr, tout y est. Mais, de ce matériel, Joyce Carol Oates crée une fable à vocation presqu'universelle : quels sacrifices, quelles souffrance la société/les hommes/les vilains capitalistes/les "on" de tout poil demandent aux jolies jeunes filles pour devenir des icônes.

 

"Pourquoi ne lui suffisait-il pas d'être mignonne et sans détour comme les autres jolies filles ; pourquoi essayait-elle d'être profonde ?"

 

Blonde est d'abord un portrait : celui d'une jeune fille, d'une jeune femme timide et mal dans sa peau, dont l'immense beauté est une malédiction. Si belle que les femmes se méfient ; si belle que tous les hommes (ou presque) la désirent ; si belle que personne ne prend la peine d'aller au delà de sa beauté, de sa blondeur, de son air candide et de son corps voluptueux pour aller chercher au delà, l'être humain blessé ou heureux.

 

"Je n'étais ni une poule ni une pute. Mais il y avait le désir de me percevoir de cette façon. Parce qu'on ne pouvait pas me vendre autrement, je crois. Et je comprenais que je devais être vendue. Car alors, je serais désirée et je serais aimée."

 

Cette jeune fille pure jusqu'à l'extrême entame avec la célébrité une descente aux enfers, d'abord lente puis de plus en plus rapide, au fur et à mesure que Norma Jeane s'efface devant l'Actrice Blonde, que d'autres appellent Marilyn.

Je n'aime pas les descentes aux enfers d'habitude - et j'avoue que même là, j'ai du m'arrêter une centaine de pages avant la fin pour faire une pause -, mais celle là est d'autant plus admirable que c'est celle qui la subit qui en est la cause. Car, qu'est-ce qui destinait Marilyn à sombrer dans la drogue et la dépression si ce n'est une part sombre en elle, un revers de la médaille fraîche et délicate de la pom-pom girl ? N'y-a-y-il pas une parenté avec certains des héros de Zola dans cette manière dont, coûte que coûte, quelques soient les efforts et la bonne volonté de Norma Jeane, le spectre de sa mère la poursuit ?

 

"Aucun homme n'avait le droit de l'épouser et de vouloir la changer ! Comme si proclamer Je t'aime c'était proclamer j'ai le droit de te changer."

 

Blonde est également un roman de révolte : contre l'establishment, contre les hommes, contre la manière dont les puissants abusent de leur pouvoir sur les plus faibles. Tous ceux qui cotoient Norma Jeane ne veulent voir dans la jeune femme que celle qu'ils y cherchent : l'épouse parfaite de l'Ex-Sportif, la Martha du Dramaturge, la poule aux oeufs d'or du Studio, la jeune actrice prête à tout (et y compris à la prostitution) pour percer de Z ou la Poule de luxe du Président. Voulant plaire à tous, peu sûre d'elle, Norma Jeane se perd dans ces multiples facettes qu'on lui demande, ne trouvant jamais, ou presque, de sérénité. Il apparait petit à petit que sa seule fuite possible est dans la drogue, dans un sommeil sans rêve dont on ne sort que par une activité exubérante.

 

"Et là, le plus spectaculaire de tous, l'immense panneau de Niagara, dix bons mètres de large avec, en travers, la vedette féminine blond platine, corps voluptueux, beau visage provocant, lèvres entrouvertes d'un rouge humide suggestif, si fascinant que l'on plaisantais à Hollywood sur la façon dont les voitures ralentissaient ou s'arrêtaient même carrément en passant devant."

 

Et puis, il y a le désir des hommes. Le corps de Marilyn, ce corps dont Norma Jeane ne sait que faire, dont la petite jeune fille croyante a honte. Cette manière dont elle est transformée par ceux qui veulent la vendre en fantasme masculin. La manière dont les hommes la désirent, corps et âme. Cette folie qui s'empare autour de Marilyn :

"Car ce qui compte, c'est moins les paroles des gens que leur façon de vous parler sérieusement et sans subterfuge en vous regardant dans les yeux."

 

Le tout écrit avec la plume de JCO, toujours fine et percutante, juste, parfois drôle, parfois triste, mais toujours émouvante. Je finis ce billet avec quelques extraits qui m'ont frappée (mais ce long roman en est plein...) :

 

"L'Actrice essuya furtivement quelques larmes. C'était l'effet de ces paroles sincères et de la fumée âcre du cigare flottant dans sa direction."

 

"L'Actrice blonde n'était pas jalouse du besoin fraternel et et enfantin que l'Ex-Sportif avait d'hommes machos. C'était un besoin qu'elle partageait."

 

"Le but du théâtre - Aristote l'a dit le premier, et mieux que tout le monde -, c'est de susciter une émotion profonde chez le spectateur et par l'intermédiaire de cette émotion de produire une catharsis de l'âme."

 

"MARILYN MONROE était un robot créé par le Studio. Fichtrement dommage qu'on n'ait pas pu le breveter."

 

En bref, et pour résumer : un chef d'oeuvre de Joyce Carol Oates. Encore un.

lecturecommune2

Lu en lecture commune avec George !

 

Marilyn

Pour le challenge Marylin Monroe

 

oates-challenge

Et le challenge Joyce Carol Oates,

 

littératureaméricaine2011

Et le challenge Yes we can

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 10:12

enchantement.jpg"Il était temps qu'ils reprennent leurs fonctions, qu'on remette Baba Yaga à sa place, qu'on fasse annuler le mariage, qu'on renvoie Katerina chez elle, qu'on le laisse, lui prendre l'avion pour l'Amérique. J'ai un mémoire à écrire, des parents à qui je manque, un mariage à organiser - un vrai cette fois, avec une femme qui ne me prend pas pour l'idiot du village."

 

Ce roman commence dans l'Ukraine des années 70. Ivan est un petit garçon, qui vit avec son père, un chercheur en mythes slaves antiques, et sa mère, une femme timide et réservée, dont les activités sont parfois étranges. Pour fuir le régime soviétique, Ivan et ses parents partent aux Etats-Unis. Mais, sur le trajet, ils s'arrêtent quelques jours chez un cousin de ses parents, Marek, en attendant que leurs passeports arrivent. Ivan se promène dans la campagne autour de la ferme de Marek, et en particulier dans la forêt qui la borde. Or, lors d'une de ses promenades, il tombe sur une clairière à la forme circulaire parfaite, recouverte de feuilles. Au centre de la clairière, un tertre ; sur le tertre, une princesse endormie. Mais lorsque le petit garçon veut s'en approcher, une masse inquiétante se met à bouger sous les feuilles et Ivan s'enfuit.
Arrivé aux Etats-Unis, il s'efforce d'oublier cet événement, qu'il finit par prendre pour une fantasmagorie. Il fait des études dans les pas de son père, se fiance à une jeune femme juive, Ruth (contre l'avis de sa mère, qui lui dit que "Ruth n'est pas la bonne"), et retourne, après la chute du mur, en Ukraine pour y compulser des manuscrits.
Il s'arrête encore chez le cousin Marek et retourne dans la forêt. A son grand étonnement, la clairière est toujours là, et au centre, la princesse endormie.
Bien sûr, il se débarrasse de l'ours énorme qui la garde et l'embrasse. Et c'est là que les ennuis commencent.

 

 

"Quand je le tenais dans mes bras, et que je lui murmurais son vrai nom à l'oreille, celui que seul Dieu et moi pouvions entendre et comprendre, ce n'était pas pour le donner, à peine vingt ans plus tard, à cette petite Américaine, à cette fille de médecin, cette enfant de l'argent et des imitations de country-club. Vanya avait de la majesté, et ce mariage n'était que banalité."

 

J'ai adoré ce roman, qui se lit comme du petit lait. J'aime beaucoup la manière dont l'auteur a imaginé la rencontre entre une jeune fille de contes, qui s'attend à voir débarquer un preu chevalier en armure, et le jeune homme des temps modernes, plus préoccupé de retrouver des légendes antiques que de sauver de belles et jeunes princesses.

 

"Ainsi, tout ce qui se passe en ce moment s'est déjà produit avant ma naissance, se dit Ivan : l'avion volé, l'irruption d'un simple paysan nommé Ivan, inapte au combat, mais pourvu par sa mère de charmes et de talents, l'homme qui épouse la princesse mais se retrouve alors en danger de mort... Il avait souvent lu ces histoires, sans se douter qu'il vivrait un jour leur origine."

 

Et j'ai découvert grâce à ce roman un certain nombre de légendes slaves, qui me donnent envie d'en savoir plus sur la mythologie de cette région : la méchante Baba Yaga, le grand ours Hiver, etc. Si vous avez des livres à me conseiller, je suis preneuse.

 

 

Lu dans le cadre du challenge Mythes et Légendes

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Lu dans le cadre du challenge 100 ans de littérature américaine.

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