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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 08:59

liaisonsdangereuses.jpgQuand j'ai vu que John Malkovitch, un acteur dont je suis complètement sous le charme, mettait en scène les Liaisons dangereuses, dans une adaptation écrite par Christopher Hampton du roman de Choderlos de Laclos, j'ai trépigné. Quoi ? Un acteur que j'adore, qui montre une compréhension extraordinaire du rôle de Valmont (et des rôles de séducteurs manipulateurs pervers en règle générale), mettant en scène l'une des histoires les plus belles et savoureuses de la littérature française ! Bien sûr, j'ai pris des places ! Je ne pouvais pas faire autrement !


Quelques temps après, j'ai eu des doutes : un bon acteur est-il par nature un bon metteur en scène ? Comment le roman epistolaire passe-t-il au théâtre ? Et l'affiche ? Elle est pas un peu racoleuse ?

Ces réserves ont été balayées dès les premières minutes : j'ai adoré d'un bout à l'autre cette (longue) représentation. Je ne voulais pas quitter le théâtre et j'ai redouté de voir les dernières scènes, si cruelles.

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Mais revenons sur mes réserves …

Racoleuse, cette pièce ? Non pas plus crue que le texte de Choderlos de Laclos. Les français (enfin, les autres peut-être aussi, mais je parle de ce que je connais) se piquent souvent d'imaginer la littérature classique comme purement intellectuelle et désincarnée. Malko et sa troupe d'acteur redonnent corps, chair, sang, chaleur au texte de Laclos. Et si Valmont écrit une lettre à la Tourvel dans le lit d'une prostituée nue, il suffit de relire le roman pour en retrouver la trace. J'avoue que l'on est moins habitué à la nudité au théâtre que l'on peut l'être au cinéma, et je ne peux qu'admirer les acteurs (surtout une, en fait), qui, faisant fi de leur pudeur, se dévoilent ainsi devant nous.

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Ce détail ainsi abordé (j'avoue que l'affiche a vraiment failli me faire renoncer au spectacle), qu'en est-il de Malko en metteur en scène ?

Il fait un choix étonnant : alors que le roman est épistolaire, avec pour ressort de l'histoire ce que savent les uns et les autres des intentions de chacun, il choisit de faire exactement l'inverse. En effet, les acteurs restent en scène durant toute la durée de la représentation. Quand ils ne jouent pas, ils sont assis autour de la scène, nous faisant face comme une second public. C'est là que je trouve la plus grand modernité de la mise en scène (bien plus que l'utilisation anecdotique des téléphones portables et des tablettes). De nos jours, cette histoire ne se retrouverait pas dans des lettres, ni même des mails, mais serait rendue publique sur des walls de facebook, au vu et au su de tous les protagonistes.

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Mais au delà de l'incohérence qui semble émerger de ce paradoxe, le talent des acteurs nous permet de croire à leurs personnages. Valmont, Merteuil et Tourvel forment en particulier un trio épatant, imprégnés qu'ils sont de leurs personnages, Valmont, léger et cruel, Tourvel sage et passionnée, Merteuil, cynique et implacable.

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Un must-see, donc, au théâtre de l'Atelier !

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 08:00

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Cette pièce, découverte grâce à l'intermédiaire du Rhinocéros (qui en parle bien mieux que moi), est composée de la juxtaposition de deux pièces en un acte : Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée de Musset, et Je ne veux pas me marier, de Jean-Marie Besset.

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Deux époques, le XIXème siècle romantique et le XXIème, mais un seul sujet, le couple, et ses travers, l'inconstance des hommes, les angoisses des femmes, et la confiance qui s'établit difficilement entre eux.

Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée décrit la séduction par un comte élégant d'une jeune veuve de 28 ans. C'est son jour, mais seul le comte a bravé la pluie pour venir. Elle se prépare pour le bal du soir, elle belle, libre, pleine d'esprit et indépendante. Il est amoureux, intimidé, maladroit, et un peu hussard sur les bords. Elle ne sait pas qu'il l'aime, ou elle le sait trop, et ne veut pas le savoir. Un condensé d'esprit à la Musset, presqu'à la Wilde, avec une touche des Petites Misères de la Vie Conjugale, interprêté avec beaucoup de talent par Blanche Leleu et Adrien Melin.

Après le dénouement, heureux, on s'en douteraitr, la future comtesse reste quelques instants en arrière, dans son salon, tandis que des déménageurs emmènent les meubles. Sortant à la suite, elle croise une autre jeune femme, son arrière-arrière-arrière petite fille, robe mondrian et chignon lâche. Elle, c'est Vivien (Chloé Olivères), une prof agrégée de maths à la veille de son mariage, dans les derniers préparatifs, que vient déranger son promis, Tigrane (toujours Adrien Melin). De fil en aiguille, les failles de leur couple apparaissent, et tâchent leur souvenirs heureux. Du mariage, Vivien ne voit bientôt plus que la privation de liberté qui l'accompagne... Tigrane est-il vraiment l'homme avec qui elle souhaite passer sa vie ?

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Le même acteur joue les fiancés des deux pièces (en étant un chouia meilleur dans la seconde, d'ailleurs), comme si l'éternel masculin traversait les pièces, tandis que les deux femmes se succèdent, l'une portant l'angoisse d'être abandonnée après avoir été séduite, tandis que l'autre craint plus l'enfermement dans un statut. Et cette rencontre, ce regard échangé, emprunt d'une compréhension intime et d'étonnement, est sans doute, dans son silence même, le climax de la pièce.

Au final, c'est un pari audacieux et réussi, joué par trois excellents jeunes acteurs et une mise en scène de très belle qualité.

Allez-y vite, elle ne se jouera plus très longtemps : Il faut je ne veux pas, au théâtre de l'Oeuvre (près de la Place Clichy, dans le nord de Paris), jusqu'au 15 Avril 2012.

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 17:54

lejeudelamouretduhasard.gif

"Doranthe et moi, nous sommes destinés l'un à l'autre, il doit m'épouser ; si vous saviez combien je lui tiendrai compte de ce qu'il fait aujourd'hui pour moi, combien mon coeur gardera le souvenir de l'excès de tendresse qu'il me montre, si vous saviez combien tout cela va rendre notre union aimable, il ne pourra jamais se rappeler notre histoire sans m'aimer, je 'y songerai jamais que je ne l'aime ; vous avez fondé notre bonheur pour la vie en me laissant faire, c'est un mariage unique, c'est le coup du hasard le plus singulier, le plus heureux, le plus ..."

 

Silvia a été promise par son père à Dorante, le fils d'un ami que ni l'un ni l'autre n'a jamais rencontré mais qui est précédé d'une réputation des plus flatteuses. Pour mieux connaître avant de s'engager l'homme avec lequel elle va passer sa vie, Silvia échange de rôle avec sa servante, Lisette, pour surprendre Dorante quand il n'est pas en situation de séduction.

Mais ce à quoi elle ne s'attendait pas, c'est que Dorante fasse la même chose avec son valet, Arlequin, et se présente chez son père sous le déguisement de Bourguignon.

Voilà Lisette et Arlequin à se séduire, sous les traits de grands seigneurs, tandis que Silvia et Dorante, déguisés en serviteurs, vivent un coup de foudre et  découvrent l'amour.

 

Voici la pièce que j'ai lue pour cet session de 1000 ans de littérature française, chez Bookine, et je n'ai pas été déçue. Je l'ai vue hier, au Théâtre Mouffetard pour leur dernière et je l'ai relue ensuite pour le plaisir, en me régalant de la langue et de l'humour de Marivaux.

SilviaDorante.jpgOn trouve deux pièces en une, dans Le jeu de l'amour et du hasard : une grosse farce, pleine de quiproquos et d'humour (plus ou moins fin) dans la drague que se font Arlequin en Dorante et Lisette en Silvia ; et une comédie romantique dans la rencontre entre Dorante et Silvia. Arlequin et Lisette profite de la bonne chance qui leur est donnée de faire un bon mariage et de prendre la place des maîtres avec un plaisir évident, s'amusant à les singer et à les humilier - comme ces esclaves qui, à Rome, le jour de Carnaval, prenaient pour un jour la place des maîtres.

Pour Dorante et Silvia, l'affaire est plus corsée : pensant tomber amoureux d'un valet ou d'une chambrière, d'un être totalement en dessous de leur position sociale, ils s'angoissent, les tourments qui les occupent n'étant pas très éloignés de ceux qui éloignent Darcy de Lizzie dans Pride and Prejudice.

Mais à la fin, l'amour triomphe - et la paix sociale, et chacun revient à sa place, sous l'oeil amusé des spectateurs/metteurs en scène que sont le père et le frère de Silvia.

 

LisetteArlequin-copie-1.jpgL'adaptation mise en scène par Xavier Lemaire est excellente. Elle pétille de joie et de gaieté : Isabelle Andréani en particulier nous fait une Silvia adorable, pleine de peps et d'énergie, qui envoie valdinguer tous son monde, et en particulier son Arlequin ; Gaëlle Billaut-Danno est une Silvia piquante et pleine d'esprit, si joliement manipulatrice qu'on lui pardonnerait presque la manière dont elle emmêle entre ses griffes le très charmant Lionel Pascal, un séduisant Dorante, plein de fougue et de violence refoulée.

 

Malheureusement - pour vous, c'était hier la dernière des représentations ; mais heureusement - pour vous et pour nous,un DVD est sorti de la pièce. Je vous le conseille de tout coeur !

 

Lu dans le cadre du challenge 1000 ans de littérature française

1000ans

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 11:03

contedhiverlilobaur.jpgLe conte d'hiver est une des pièces de Shakespeare que je ne connaissais pas du tout, n'ayant même aucune idée de ce qu'elle pouvait raconter. B. l'apprenant (c'est une de ses pièces préférées) et voyant qu'elle se jouait à Bagatelle, il m'y a emmenée sans même me demander mon avis (qui n'aurait pas pu être négatif).

Nous voilà donc installés (je remercie d'ailleurs la RATP et le RER B sans qui j'aurais été obligée d'attendre une demi-heure, au lieu d'arriver juste à l'heure, stressée et en sueur) dans ce joli théâtre tout moderne. J'ai mis quelques temps avant de rentrer car le nombre des personnages présentés au début était un peu trop nombreux.

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Il y a un roi de Sicile, Léonte, et sa femme aimable et vertueuse, Hermione, qui invitent à leur cour l'ami d'enfance de Léonte et roi de Bohème, Polixène. Léonte a un fils, Mamilius, et un conseiller Camillo. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu'au moment où Léonte est pris de folie : il est persuadé qu'Hermione le trompe avec Polixène.

Il cherche à faire empoisonner son ami - sauvé in extremis par Camillo qui s'enfuit avec Polixène en Bohème. Il emprisonne sa femme, refusant d'écouter ses dénégations passionnées. Et c'est en prison qu'elle accouche d'une petite fille, Perdita, et meurt, ainsi que son fils, en entendant son mari renier l'Oracle de Delphes qui l'innocente.

De plus, Léonte est persuadé qu'elle n'est pas sa fille mais celle de Polixène. Il demande donc à l'un de ses conseillers d'exposer le bébé dans un endroit sauvage ... Et le hasard mène Perdita sur les "rives" de la Bohème, pas très loin du Palais de Polixène où vit son fils.

Seize ans plus tard ... pas la peine de faire un tableau, et cette pièce, commencée comme une tragédie terrible, se finit en farce et en comédie la plus belle qui soit. La fin, ohhhh, la fin, je sautillais toute seule sur ma chaise.

 le-conte-d-hiver pics 390

La mise en scène est excellente. J'ai été un peu déroutée au début par l'accent des acteurs, comme s'ils cherchaient à contrefaire l'italien ou le bohémien, mais finalement, en me rendant compte qu'ils sont réellement étrangers et que c'est leur accent naturel, j'ai fini par me laisser bercer la musique des mots.

Les acteurs sont tous excellents, à commencer par Léonte et Hermione. C'est vif, c'est gai, c'est plein d'esprit et de joie, et j'ai passé un très bon moment...

A l'exception de ceux où l'acteur jouant le fils de Léonte, le fils du berger et le Temps était en scène : son côté clownesque un peu lourd retirait un peu de la grâce de la pièce... Dommage...

 

Shakespeare

Vue dans le cadre du challenge Shakespeare !

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 09:02

Motus-Alexis-une-tragedie-grecque_theatre_fiche_spectacle_u.jpg"C'est comme si Antigone était déjà à Exarcheia"

Sur une scène dépouillée, une femme se prend la tête entre les mains, et dans un mouvement saccadé semble se taper la tête contre le vide ; dans le fond, passe des images de la campagne grecque éternelle, des chèvres et du calcaire.

Août 2010, une troupe de théâtre italienne séjourne à Athènes, en essayant de monter Antigone ; 6 Décembre 2008, un jeune garçon de 15 ans, Alexandros, est tué par les forces de police dans le quartier pauvre d'Exarcheia, déclenchant les émeutes qui feront trembler la Grèce.

Enquêtant sur les rapports entre révolte et autorité à la lumière du mythe d'Antigone, la troupe italienne Motus nous présente une redécouverte de la pièce, belle et forte, et d'une actualité brûlante.

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Où sont les Antigone ? les Etéocle ? Qui sont les Créon ? Que veut dire résister ? Témoigner ? Se battre ? Se souvenir ?

 

C'est à la lumière de petits films amateurs dans les rues en révolte d'Athènes, éclairées à la lumière orange des réverbères, des cris universels de la lutte et de la révolte, que se cherchent les réponses à ces questions.

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Mais cette pièce n'est pas une dissertation aride et la scène du Théâtre de la Villette une tribune politique : cette pièce est belle. Foudroyante et puissante.

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Une table s'enflamme sous les discours de rébellion d'Antigone et d'Etéocle, illuminant la salle de sa clarté vivante et dorée ; et quand les flammes refluent, Créon parle, tandis que l'obscurité revient. Etéocle-Alexandros tombe, blessé à mort, une fois, deux fois, mille fois, avec grâce et douleur, de plus en plus vite, comme dans une rage de mourir, sur le carré bleu représentant Exarcheia.

C'est l'article du Monde qui m'a donné envie de voir cette performance politique, qui malheureusement ne se joue plus (on a du aller à la dernière ou à l'avant-dernière). Mais elle tourne en Europe( à Rome en Mai, par exemple). Alors, si vous avez l'occasion, foncez !

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 09:00

Hamlet.jpg"Mourir..., dormir, rien de plus ... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair: c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir.., dormir ... dormir! peut-être rêver !"

 

Après avoir été convaincue par les billets de Cryssilda et de Fashion, et alléchée par le commentaire d'Isil (c'est quoi cette histoire de duel et d'eau ? et de trop boire ?) sur son facebook, j'ai été l'autre soir voir jouer Hamlet au Théâtre Mouffetard.

C'est une pièce que j'avais tentée de lire il y a bien longtemps, avec de renoncer, submergée par la richesse et la complexité de la pièce. J'étais impatiente de la voir jouer, et je n'ai pas été déçue.

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Lorsque nous sommes entrés dans la salle, un jeune homme était déjà sur scène et regardait les spectateurs s'installer. Quand tout le monde fut assis, l'attente continua paisiblement. S'installa. Les bavardages reprirent et s'amplifièrent. Et, brutalement, sans les trois coups annontiateurs ni aucun lever de rideau, il nous parla : son nom est Horatio, et il allait nous conter des événements tragiques.

Pendant qu'il parle, les autres acteurs entrent en scène et s'alignent dans le fond. Tout d'un coup, la musique (Eurythmic) commencent, tout le monde danse, rit, chante : nous sommes en plein mariage. Seul un invité, un grand échala triste et passionné, semble triste. Il s'appelle Hamlet, son père est mort depuis à peine quelques semaines et le mariage célébré est celui de sa mère, toute jeune veuve, et de son oncle. Il est déjà révulsé. Mais lorsque le fantôme de son père lui apprend que l'assassin est justement le nouveau mari de sa mère, sa haine et son dégoût ne connaissent plus de limite.

Hélas : notre Hamlet n'est pas un héros. C'est un lâche. En bon fils vengeur, il voudrait planter une épée dans le coeur de son oncle, mais il n'y arrive pas. Il veut des preuves. Un plan. Dévoile à son oncle qu'il sait. Histoire d'être sur de lire sur ses traits la culpabilité. Lambine. Cherche à prévenir sa mère.

Bref, donne tout le temps qu'il faut à l'assassin pour prendre ses précautions.


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Parlons de la pièce, déjà, que je découvrais à cette occasion. Bien sûr, c'est un chef d'oeuvre. Déjà, parce que c'est une situation incroyablement tragique, antique, mais avec un héros qui ne l'est absolument pas. Un romantique avant l'heure qui se berce de discours... C'est peu de dire que l'originalité de la situation, sa modernité, m'a séduite.

Mais c'est avant tout une pièce d'une poésie merveilleuse... Les longues tirades d'Hamlet se lamentant sur la vie du fond de sa dépression, la folie d'Ophélia, le théâtre dans le théâtre, la tendresse de la mère pour son fils malade, tout cela est splendide et méritait à juste titre de rentrer dans la mémoire culturelle mondiale.

HamletHamlet.png

 

La mise en scène, justement, valorise la modernité et la poésie du texte. Elle ne s'incline pas devant le chef d'oeuvre, elle le mastique et le digère. Son rythme, tantôt brusque et enlevé, tantôt lent et paisible, structure une pièce très longue. Et certains morceaux de bravoure (le "To be, or not to be", ou les adieux d'Ophélie) sont admirablement traités. Et même le "duel à la bassine", que j'ai ça et là entendu décrié, je l'ai trouvé assez bien mené : il évitait sans doute un duel maladroit (n'est pas épéiste qui veut) et montrait bien la futilité de la chose.

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Je n'ai qu'un reproche à faire : le jeu des acteurs, très inégal. Romain Cottard (jouant Hamlet) a des moments de grâce (nombreux) et quelques moments beaucoup moins bon. Si Fanny Deblock (Ophélia) est parfaite, d'autres surjouent beaucoup trop. L'acteur jouant l'oncle/père est trop souvent dans l'exagération et une certaine forme de vulgarité (ce qui casse complètement la scène de retrouvailles entre Hamlet et le fantôme) ; et le père d'Ophélia en voulant contrefaire un boitement, rend non seulement son personnage ridicule, mais surtout pathétique (et je ne suis pas sûre qu'il en avait besoin).

 

Dommage, car l'impression générale qui me reste de cette pièce est excellente, et possède des moments de grâce extraordinaires...

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 09:00

Les trois soeurs, de Tchekhov, raconte l'histoire d'une fratrie : trois soeurs, Olga, l'aînée, sérieuse et maternelle, déjà désabusée, Maria, la seconde, mariée à un homme qu'elle n'aime pas et révoltée contre la vie, et Irina, la benjamine, pleine d'espoir dans la vie, et un frère, Andrei, violonniste doué et être cultivé.

Car, ces êtres vivent dans une petite ville provinciale et éloignée de tout, ennuyeuse à mourir, et n'ont qu'une idée : retourner à Moscou, ville de leur enfance, paradis où ces êtres délicats et fins pourront enfin s'épanouir. Pour cela, il faut qu'Andrei soit nommé professeur d'université, et c'est donc en ce frère un peu gras, un peu paresseux que les soeurs placent tous leurs espoirs en une vie meilleure.

Hélas, Andrei n'est pas à la hauteur de ses soeurs : il épouse Natacha, une femme vulgaire et brutale, qu'il ramène dans le foyer. Pour oublier son mariage malheureux, il se ruine au jeu et hypothèque la propriété. Pendant ce temps, ces soeurs se distraient avec les seuls êtres un peu amusants de cette bourgade : les militaires, essayant, entre amourettes, musique et jeu, de ne pas voir qu'elles sont en train de rater leur vie.

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 C'est une pièce éminamement douloureuse et sensible, montrant des personnages aux âmes nobles, se faire broyer par le quotidien de la vie, et le sentiment profondément désespéré que la vie n'est plus qu'un fardeau que l'on porte par devoir. "Il faut vivre", répête Irina.


Les3soeurs2.jpgLa mise en scène de la Comédie française est brillante, splendide, parfaite. Le premier acte nous donne l'impression d'entrer dans un roman : l'anniversaire d'Irina, une fête joyeuse et gaie, alors que le printemps revient, et que les rêves et l'espoir fleurissent. Irina est une joyeuse évaporée qui sautille dans toute la grande maison gaie et lumineuse. Les trois soeurs ? Tchekhov ? un vaudeville ? Ce n'est que pour mieux montrer à quel point le fruit est déjà pourri : Natacha rôde, la migraine, la fatigue, le dégoût hantent les deux soeurs aînées, et si Irina y réchappe, c'est qu'elle est trop jeune pour avoir compris que la vie ne vaut pas la peine qu'on s'enthousiasme pour elle.

Scène après scène, acte après acte, les rêves s'effondrent, et ne reste que la grandeur d'âme de ces trois femmes. Jamais brisée, elles se dépouillent petit à petit de ce qui les encombre et acquièrent une grandeur tragique.

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 09:00

Aristophane est un auteur qui m'amuse : on le prend pour un classique - tant qu'on ne l'a pas lu. Et dès les premières lignes, on se rend compte que cet auteur mort depuis 2500 ans est très très vivant, graveleux, bon-vivant, et très très populiste.

Pour poursuivre ma découverte de cet auteur, j'avais autrefois lu ses oeuvres complètes, dans la collection Folio, dont la traduction m'avait exaspérée : ils avaient tout traduit, même les noms; L'hélleniste que je suis (que j'étais plutôt), était choquée.

Par chance, je ne me rappelais plus rien des Oiseaux avant d'aller le voir au Français. Heureusement, car il ne reste plus grand chose dans la pièce que j'ai vu de la pièce antique.

 

Les héros ne sont plus des hommes, mais des femmes. Pourquoi pas ? Je n'ai rien contre à condition que ça apporte quelque chose à la pièce. Mais là, pourquoi ? quel est le sens de faire de ces deux humains fuyant la ville vers le monde des oiseaux pour échapper aux impôts et aux tracasseries judiciaires, deux femmes ?

Je n'ai absolument pas compris la raison de ce changement de sexe, d'autant plus qu'il rajoute des bizarreries à la fin, lorsque Camarade Constance adopte et n'épouse pas, la Souveraineté.

 

Mais soit.

 

Le lieu aussi à été changé, mais sans l'être réellement : le monde des oiseaux, est à la fois dans les cieux, à mi chemin entre le monde des dieux et celui des humains (en cela, la mise en scène reste fidèle à la pièce) et à la fois Place Colette (la place où se trouve la Comédie Française) et les oiseaux en sont les acteurs du même théâtre où l'on se trouve. Mise en abîme qui ne serait pas inintéressante si elle était menée jusqu'au bout, et qu'on ne parlait plus du tout des cieux ni des dieux.

 

Les références politiques ont elles aussi été actualisée : s'il devait y avoir une actualisation que je comprends et soutient, c'est bien celle là. Les diatribes d'Aristophane envers ses contemporains n'ont aucune chance de nous faire rire, alors que celles envers nos politiques sont plus faciles à saisir. D'ailleurs,l'apparition de Lagerfeld a provoqué les rires de la salle.

Mais en même temps, la pièce reste désespérement fidèle à l'Antique, nous ressortant Héraklès et Poséidon par exemple. Et donc se contredisant par moment, lorsque par exemple, Camarade Constance, qui honnissait la fermeture des frontières quelques scènes auparavant, se met à refouler tous les profiteurs venant s'installer à Coucou-sur-Seine.

 

Les-Oiseaux_pics_390.jpg

 

Au final, on ne comprends plus rien à la pièce. Reste un décor splendide, dans toute la beauté de l'architecture classique du Palais Royal, des costumes foisonnants et lumineux, et quelques acteurs extraordinaires, comme en particullier Loïc Corbery, jouant Le Coryphée, vif et souple comme un passereaux, et qui arrive à nous faire voir, par intermittence l'oiseau qui se cache derrière l'acteur.

 

Je n'ai donc pas passé un mauvais moment, chaque scène était agréable, mais l'ensemble manque cruellement de cohérence.

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 10:00

LAvare1.jpg"Ah que cela est bien dit ! Approche, que je t'embrasse pour ce mot. Voilà la plus belle sentence que j'aie entendue de ma vie. Il faut vivre pour manger, et non pas manger pour vi... Non, ce n'est pas cela. Comment est-ce que tu dis?"

L'autre jour (ça commence à dater en fait, ma paresse en matière dé'criture de billets me perdra), j'ai emmené ma nièce voir L'Avare à la Comédie Française. Première vraie pièce de théâtre, premier Molière, première entrée au Français ... Autant vous dire que j'étais fière d'accompagner cette jolie demoiselle !

 

Venons-en à la pièce : je me rappelais que l'Avare parlait d'un avare, qu'il y avait des histoires de coeur au milieu, et que tout se terminait bien, mais les détails en étaient un peu loin. Le début est lent, et met en place trois histoires. Arpagon a deux enfants, un fils et une fille. La dite fille s'est engagée avec un jeune homme charmant, Valère, qui voulant plaire au père est devenu son majordome, poussant ses avarices à l'extrême (et se moquant perfidement du paternel de sa bien-aimée). Le fils, lui, est tombé fou amoureux de sa voisine, la jeune et jolie Marianne, amour réciproque, pour laquelle il engage des frais que son père lui reproche.

Harpagon, lui, après des années de veuvage, décide de se remarier : il porte son choix sur Marianne (drame en perspective), veut marier sa fille à un homme bien plus vieux qu'elle, mais qui la prend sans dot, et son fils à une riche veuve.

Plus la présence de Valère, qui assure tous les quiproquo qu'on veut en tant qu'ami du père, mais fiancé de la fille, et vogue la galère !

 

J'avoue que la mayonnaise a mis un peu de temps à prendre... Les premiers actes sont longs, pas spécialement drôles, en fait. Et la diction trop précipitée des jeunes acteurs n'aide pas à la compréhension des détails de l'histoire.

Mais, dès qu'Harpagon (splendide Denis Podalydès) entre en scène, le spectacle se transforme. Espèce d'araignée tantôt immobile appuyée sur sa canne, tantôt sautant et bondissant partout, il donne à la pièce un côté populaire, qui pouvait se cacher effrayé des doreries de la Salle Richelieu. Il est vraiment époustouflant et la fin, menée de main de maître entre lui et Valère, est si brillante qu'on voudrait que la pièce ne s'arrête pas.

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 00:00

metropolis.jpgL'avis de Céline

 

J'ai eu le bonheur d'assister lundi dernier à une chose rare (et pas seulement parce qu'il y avait le gratin de l'intellectualisme parisien, à coup de BHL, Dombasle, PPDA, Frédéric Mitterand et tutti quanti). Non, une vrai chose rare et belle : la retransmission en version longue de Metropolis de Fritz Lang au Théâtre du Châtelet...

C'était extraordinaire pour tout un tas de raisons : parce que le Châtelet est un endroit merveilleux, tout plein de draperies de velours rouge et de doreries ; parce que la musique était assurée par le Philharmonique de Radio France et que ça en jetait (surtout pendant les scènes de révolution ...) ; parce que Fritz Lang est un réalisateur génialement talentueux ; et parce qu'en plus, suite à la redécouverte il y a deux ans de bobines à Buenos Aires, on en avait 20 minutes de plus !

Bref, un enchantement ...

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J'y suis allée sans rien connaître de l'histoire et j'ai donc découvert sur place Metropolis, ville de science fiction hyper hiérarchisée, où les maîtres vivent dans des gratte-ciel donnant sur le soleil et la lumière, et où les ouvriers s'entassent dans des immeubles souterrains ; où les fils des uns jouent à la course et s'ébattent dans des jardins extraordinaires, et où les fils des autres s'échinent dix heures par jour à la tâche ; où les femmes des uns sont habillées de tenues extravaguantes et à moitiés dénudées et où les femmes des autres sont sobrement vêtues de longues robes noires.

Le chef de cette ville, le patron au grand bureau donnant sur la ville, c'est Joh Fredersen, un homme austère qui n'a qu'un amour, son fils, et qu'un regret, sa femme morte en couche.

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Son fils, Freder, croise par hasard le regard d'une jeune ouvrière, Maria, et c'est le coup de foudre (montré avec toute la finesse du cinéma muet : et que je me tiens le coeur, et qu'on se regarde dans le blanc des yeux pendant que le monde s'arrête de tourner, et que je me tiens le coeur encore plus fort, et que ...). Parce qu'elle dit aux enfants ouvriers qu'elle conduit que ce sont là vos frères, Freder décide lui aussi d'aller "voir ces hommes dont les enfants sont ses frères et ses soeurs", et surtout retrouver Maria.

Il découvre alors la vie atroce des ouvriers, qui n'a pas été sans me rappeler Les temps modernes de Chaplin (paru après, j'ai vérifié). Leurs dures journées ; le terrible Moloch qui se nourrit de leur force et de leur chair (scène terrible et extraordinaire) ; le stress, l'organisation quasi-militaire, l'épuisement, tout cela frappe le jeune homme sur-protégé au grand coeur, et le conduit à prendre la place d'un des ouvriers. C'est là qu'il apprend que Maria, sa bien-aimée, est une sorte de prophète de cette autre ville, annonçant la venue du médiateur, celui qui, tel le coeur, fera le lien entre la tête (le patron) et les mains (les ouvriers). Morale un peu niaise, je vous l'accorde, voire même légérement nauséabonde parfois.

En parallèle, on découvre Rotwang, le savant fou, l'inventeur démoniaque, qui crée un robot à apparence de femme, et dont Joh Fredersen veut se servir pour semer la zizanie chez les ouvriers. Le monstre technologique qui s'oppose à la beauté naturelle de l'amour de Maria et Freder...

 

C'est un film fondateur, mythique, plein de références (surtout bibliques en fait) et surtout splendide. Certaines images, de la ville, de l'usine, de la débauche, m'ont enchantée. Elles sont construites comme des tableaux vivants, des métaphores du Mal qui corrompt la ville.


Mais si Fritz Lang représente le Mal avec talent, je le trouve moins brillant dans la représentation du Bien, qui devient facilement nian-nian et gentillet. Les références à la Bible, au berger menant son troupeau ; la critique violente des révolutions ; l'absence de remise en cause de l'extrême inégalité sociale m'ont mise mal à la l'aise tout comme l'aspect religieux extrêmement prégnant. Il y a dans ce film un aspect "éducation populaire" qui m'a gênée...

Et d'autant plus que le film est sorti en 1927 en Allemagne, et que sa scénariste deviendra partisante du régime nazi. Sorti de son context, cet aspect ne m'aurait peut-être pas mise mal à l'aise : après tout, Hugo peut faire pire... Mais là, il m'y a fait penser.

 

Quoiqu'il en soit, ce film vaut le détour pour son atmosphère sombre, fantastique, théâtrale, démesurée. C'est un film titanesque !

 

 


 

L'avis de B.

 

Attention chef d’œuvre.

 

Nous avons eu l’immense privilège d’assister à la projection de Métropolis de Fritz Lang au théâtre du Chatelet pour les 20 ans d’Arte avec l’orchestre philharmonique de Radio France en live pour la musique … tout bonnement magique !

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Il faut savoir que cet immense chef d’œuvre a été bien maltraité par le temps et que si l’original durait plus de deux heures, la copie qui nous restait était une version largement tronquée de 80 minutes. C’était compter sans la fondation Murnau et la chance qui ont permis de retrouver une copie du film au musé de Buenos Aères, à partir de laquelle il a été possible de restaurer le film presque intégralement. C’est cette version presque conforme à l’original qu’il nous a été donné de voir.

 

Que dire de ce film ? Tout ici confine au mythe, que ce soit l’image (certaines scènes sont immortelles), le thème multiple, engagé et puissant et surtout l’art de Lang poussé à son paroxysme.

 

Métropolis est une cité futuriste divisée en ville basse et ville haute. La ville basse, cœur industriel, est l’antre des machines que des ouvriers rendus au statut d’automates servent au péril de leur vie. Une scène incroyable nous montre la machine en Moloch mangeant ses propres ouvriers offerts en sacrifice. Ce sont les plans dont sont tirés les images de l’immense clip de the wall des Pink Floyd et certaines des scènes les plus évocatrices du cinéma. Chaque plan est une photo d’art. La ville haute, quand à elle, n’est que jardin, plaisir et jouissance pour les fils de la grande bourgeoisie dirigeante.

 

metropolis2.jpgC’est dans un de ces jardins que Freder, fils de Joh Fredersen qui est le maître de la ville, a le coup de foudre pour une jeune femme qui brave l’interdit pour amener les fils d’ouvriers voir la lumière du jour et les jardins. Il va descendre dans la ville basse pour tenter de retrouver cette femme. 

 

Ceci ne plait bien entendu pas à son père qui le fait suivre et découvre ainsi que la jeune femme en question, Maria, prêche l’égalité entre tous les hommes. Elle tempère toutefois les ardeurs bolchéviques des ouvriers en leur faisant miroiter l’arrivée d’un médiateur qui mettra fin aux abus de Fredersen et des patrons. Ceci reste la seule faiblesse du film, car charge son message d’un certain kitsch (entre la tête et les mains le médiateur est le cœur … hum …)

 

Je crois comprendre des mes recherches que ceci est une théorie qui est due à l’influence de Thea Von Harbou, la femme de Fritz Lang et coscénariste du film. Il s’agit d’une idéologie politique nazie (pas de lutte des classes mais une cohabitation harmonieuse entre classes populaires et élites – totalement niais). Il faut toutefois remettre les choses dans leur contexte : (i) la dénonciation de l’abus de la classe ouvrière reste très efficace et sans concession, marquant très clairement une idéologie de gauche (c’est en fait surtout dans la résolution du conflit que se marque ici la différence avec le marxisme - on est un peu géné aux entournures par l'absence de remise en cause des inégalités sociales) et (ii) il s’agit d’un film muet et ainsi l’écrit ne tient qu’une place limitée à quelques cartons assez peu denses. Vous comprendrez donc qu’ici la mise en scène est la seule à permettre de faire passer le sens. Nous sommes dans le domaine du symbole et c’est là que se situe le géni de Métropolis. La puissance et la richesse du film sont incroyable d’autant plus qu’il doit totaliser à peine une page ou deux de texte pour faire passer toute la richesse de son propos. Tout passe par l’image, et quelle image !

 

Mais poursuivons le déroulement du récit. Joh Fredersen va voir Rotwang, sorte de savant fou pour lui demander de trouver une solution. Rotwang le hait car Joh Fredersen lui a ravi la femme qu’il aimait, morte en donnant naissance à Freder que Rotwang hait encore plus que son père, si cela est possible.

 

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Freder est un savant fou et démoniaque. Il a créé un androïde féminin pour remplacer son amour défunt (le robot de l’affiche – sublime). Fredersen demande à Rotwang de donner le visage de Maria à cet androïde pour qu’il détruise tout son travail et pousse les ouvriers à la révolte, lui permettant d’user d’une répression violente pour reprendre le contrôle sur la ville basse qui commence à lui échapper (les scènes dans le laboratoire de Rotwang ont tout simplement inspiré toutes les scènes de laboratoires de savant fou que vous avez pu voir – la scène est splendide). Cependant, Rotwang dupe Fredersen et ne poursuit que la destructionde Metropolis. Son androïde sera le messager de l’apocalypse et poussera aussi bien la ville haute que la ville basse à la révolte, noyant la première sous l’eau et la seconde dans la débauche.

  

Le final, grandiose a lieu dans les tours de la cathédrale et voit Freder apaiser les tensions entre ville haute et ville basse, prenant le rôle de médiateur. C’est peu dire que Tim Burton s’est totalement inspiré de cette scène pour le final de son premier batman et que le joker est une copie de Rotwang.

 

Métropolis mérite d’être vu ne serais-ce que parce qu’il est l’original de tellement de choses qui nous sont si familières.

 

Enfin, c’est l’un des premiers films de science fiction, pour moi le plus beau film de Fritz Lang que j’ai vu jusqu’à aujourd’hui et un sommet de mise en scène du brio d’un Orson Welles. La puissance évocatrice de l’image est incroyable et ce film réussit le tour de force de faire revivre devant vos yeux ébahis une version moderne et industrielle du mythe de la tour de Babel.

 

Magistral.

  

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Published by Céline - dans Théâtre
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