Le blog d'une curieuse, avide d'histoires, de récits, de livres, de film et d'imaginaire.
« On ne vole que la banque, rangez ça »
J’ai été hier voir Public enemies, de Michael Mann. Je suis allée voir ce film pour deux raisons : parce qu’il y a Johnny Depp et parce qu’il y a Johnny Depp ; pour avoir le plaisir de voir Johnny Depp pendant deux heures sur un grand écran et parce que tous les films avec cet acteur que j’ai vus m’ont comblés. J’ai été déçue sur les deux points. Déjà, parce qu’ils ont réussi le tour de force de l’enlaidir (Marion Cotillard est, elle, ravissante d’un bout à l’autre du film). Ensuite, parce que ce film n’a presque aucun intérêt.
Il raconte l’histoire de Dillinger, une sorte de Robin des Bois des années trente, braqueur de banque élégant, dandy poursuivi par une police qui ne brille ni par son élégance ni par sa générosité. Un sujet a priori plein d’espérance. Pourtant il tombe à plat.
Le film manque de souffle, d’une construction, d’une architecture qui pourrait nous faire rêver. Face à des décors sans fausse note, à des acteurs pourtant très bons, on s’ennuie.
Sans doute parce que le scénariste n’a pas sur choisir. Il me semble qu’il voulait filmer une enquête policière particulièrement ardue et violente ; sauf qu’il n’a pas osé se mettre du côté des méchants flics et qu’il nous raconte l’histoire du côté du gentil truand.
Et puis, quand on fait un film hollywoodien, il faut des scènes d’action, donc il nous sert des scènes d’action, mais trop, trop souvent, et trop longues et surtout sans aucune justification cinématographique.
Il faut nous montrer que Dillinger a le cœur tendre malgré tout et qu’il a des amis auxquels il tient : on nous montre donc la scène déchirante où son ami le plus cher, Hamilton, agonise dans ses bras. Sauf qu’avant cette scène, rien ne nous aiguillait pour nous permettre de deviner cette amitié et que si Hamilton était présent, c’était dans le décor.
Un film sans romance, ça ne se vend pas : on nous sort donc un coup de foudre, une histoire d’amour qui arrive comme un cheveu sur la soupe, qui ne sert à rien, à part à ralentir le film et nous montrer à quel point Marion Cotillard est jolie.
Et finalement, ce qui aurait pu être le point central du film, le duel entre Dillinger et la police, se noie dans des détails futiles.