Le blog d'une curieuse, avide d'histoires, de récits, de livres, de film et d'imaginaire.
Etudiante de son état, fille d'une mère alcoolique qu'elle entretient, Lucy fait des petits boulots. Elle se propose comme cobaye vivant pour des tests médicaux ; fait des photocopies dans une grande entreprise ; sert dans un café ; et se prostitue, occasionnellement. Mais tout cela ne lui permet même pas de payer son loyer.
Son seul loisir, c'est de trainer un peu avec son seul ami, Birdmann, un jeune homme dépressif, avec lequel elle se détend.
Lorsqu'elle voit, dans le journal universitaire, une proposition pour un travail doté d'un joli salaire, elle n'hésite pas, même si le travail consiste à servir à table, nue, à des dîners libertins (et passablement dépressifs). Quelque temps plus tard, sa patronne lui propose un autre deal, encore mieux payé : passer la nuit, nue, endormie, droguée, à côté d'un client qui pourra agir sur elle comme il le souhaite (à condition de ne pas la pénétrer, quand même !).
Jusqu'où pourra-t-elle aller avant de ressentir un malaise ?
Voici un film sur lequel je suis extrêmement dubitative ... J'y allais avec un a priori plutôt positif : le pitch me faisait penser à du Yoko Ogawa, et la bande annonce m'avait séduite.
Au cinéma, je me suis retrouvée face à un objet d'une grande beauté. Esthétiquement, il n'y a rien à dire : ce film est parfait. A commencer par la beauté lunaire de Lucy, mais également le chignon en forme de coque de la patronne, l'aspect de son salon. Jusqu'au laboratoire immaculé (pourquoi y-at-il toujours un chercheur en train de regarder au microscope dans les laboratoires de cinéma ???), les salles de cours de la fac, ou l'open-space du bureau. Dans ce paradis de papier glacé, seule la chambre bordélique de Birdmann apparait un peu vivante.
Le cadrage est, lui aussi, excellent, la plupart des plans ressemblants à des photographies de grands artistes.
Mais voilà : ce film n'est qu'une belle coquille vide. Le scénario est indigent et, surtout, les personnages manquent incroyablement de profondeur. Passe encore pour Clara, la patronne, même si j'aurais aimé en savoir un peu plus à on sujet et sur les relations qui l'unissent à ses clients, mais que Lucy elle-même reste un tableau vierge (enfin, façon de parler) est très frustrant.
A trop vouloir faire dans le contemplatif et l'elliptique, le film perd toute saveur et tout sens. Quel dommage !