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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 14:12

 

Montpensier.jpg

"M'aimerez-vous, Madame ? - Quand vous me le commanderez."

 

L'avis de Céline

 

Sise dans une France à l’histoire complexe, celle de Charles IX et des guerres de religion, La Princesse de Montpensier raconte une histoire universelle : celle de la jalousie.

Car d’amour, finalement, il n’y en a que très peu question dans ce film, d’avantage tourné vers la description des effets qu’à, sur quatre hommes profondément différents, la présence de la belle Marie de Mézière, épouse de Montpensier.

Enfant, Marie était amoureuse du duc de Guise, et promise au frère du duc. Mais les affaires politiques, et l’appât du gain, conduisent son père à renier cet engagement pour la marier au Prince de Montpensier. Marie : belle et insouciante, sauvage, rebelle, mais inquiète du regard d’autrui ; Guise, une brute balafrée au mains balladeuses, mais à l’attrait indéniable ; Montpensier, un jeune homme gentil et intelligent, mais faible et donc violent comme le sont les faibles poussés à bout.

Le mariage se fait, se consomme (scène fantastique, et montrant bien quel est le but premier et principal de ce mariage : la famille), et le Prince et la Princesse de Montpensier rentrent au château. Lorsque Henri de Montpensier doit repartir à a guerre, il laisse sa douce épouse entre les mains de son précepteur, le noble et droit Comte de Chabanne. Chabanne, troisième victime de la belle Marie, est un homme de principes et d’honneur, un humaniste cultivé, dont la fidélité à son seigneur est parfaite – mais les beaux yeux de Marie ont un attrait presque magique.

Lorsque Henri revient, de l’amour et de la complicité commencent à naître entre les deux époux. Mais, un jour où Henri de Montpensier chasse, arrive d’Anjou, frère du Roi et futur Henri III, accompagné de sa cours, dont Guise fait partie. D’Anjou, représenté ici comme un libertin sensible à la beauté des femmes, ne reste pas indifférent devant la beauté de Marie. Tout est donc prêt pour que le drame se noue, autour d’une table où Marie, telle une biche entourée de quatre chasseurs, se retrouve au cœur de l’attention de Montpensier, Chabanne, d’Anjou et Guise.

C’est un film sublime, aux couleurs chatoyantes. Des vastes scènes d’extérieur, des chevauchées tempétueuses, aux scènes d’intérieurs, cosy et chamarrées, en passant par les scènes de batailles et leur lot de d’atrocités, il tisse un portrait du XVIème siècle, plein de vie et de vigueur. Les costumes en particulier, sont sublimes : le velours, le satin qui habille Marie m’a souvent fait saliver.

Est-ce jalousie ? Je n’ai pas aimé Marie. Ou mieux, elle m’a insupportée au plus haut degré. Son rôle est celui d’une petite fille gâtée et égoïste, incapable de respecter ces hommes qui l’entourent, et en particulier le tendre Prince de Montpensier, et surtout Chabanne, qu’elle envoie balader avec un orgueil démesuré. J’aurais attendu de l’actrice qu’elle me fasse aimer Marie, qu’elle me montre en quoi l’éducation, la pression paternelle, les difficultés de l’époque, rendent la présence du Prince de Montpensier insupportable à son épouse ; au contraire, la froideur de Mélanie Thierry, son absence absolue d’émotion, à part les fous rires d’une adolescente et l’orgueil d’une Princesse – envers un Comte qui en vaut cent comme elle, m’ont encore plus détachée de Marie. Ce qui lui arrive à la fin ne me semble que justice.

Face à elle, quatre hommes, quatre acteurs de grand talent. Lambert Wilson, d’abord, est un extraordinaire Comte de Chabanne, et rend avec beaucoup de bonheur cet extraordinaire humaniste. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser au personnage de Frère *** qu’il jouait dans des Hommes et des Dieux : dans ces deux hommes de foi, perdus dans une guerre civile sauvage et atroce, confrontés à une crise personnelle et morale difficile, Wilson nous sert deux portraits fondementalement différents, montrant la vaste palette de son talent d’acteur.

Grégoire Leprince-Ringuet arrive à réaliser quelque chose d’inimaginable : un jaloux aimable. Comment ne pas être touché par ce pauvre jeune homme, marié contre son gré à une jeune femme qu’il s’emploie à aimer, lui qu’elle s’emploie à tromper ? Leprince-Ringuet fait ressortir la faiblesse et la naïveté du Prince de Montpensier, et son attachement profond à ceux qu’il aime, Marie et Chabanne, et dont il cause la perte. Cruel et splendide dilemme.

Gaspard Ulliel a le rôle facile : la brute attirante, rôle dont il s’acquitte avec talent. Mais ma véritable découverte, c’est Raphaël Personnaz, un d’Anjou parfaitement odieux, coureur de jupons brillant d’intelligence – et de charme. Figure réellement royale, doué d’une présence qui impose, il est tellement séduisant que l’attachement de Marie à Guise apparaît bien étrange… A la place de Marie, j'aurais tôt fait de laisser là le Balafré pour me remettre dans les mains de d'Anjou !


Bref, c’est un film splendide, excessivement bien joué, et qui serait parfait (et mention spécial à la bande son, ponctuée par la chanson Une jeune fillette qui m'avait déjà tant plu dans Tous les matins du monde)… si seulement son personnage principal n’était pas aussi insupportable !

 

 

L'avis de B.

 

Avec la princesse de Montpensier nous continuons dans la veine du film d’époque. Le film de Bertrand Tavernier prend toutefois une toute autre dimension cinématographique. Il s’agit en effet d’un excellent film de cape et d’épée, merveilleusement filmé, globalement très bien interprété et foncièrement cruel.

 

Mademoiselle de Montpensier est une jeune et très belle jeune duchesse, promise au frère d'Henri de Guise, qu’elle aime. Son père va cependant la marier au Prince de Montpensier, suite à un arrangement avec le Duc du même nom, son père.

 

Madame de Montpensier est une petite pétasse vaniteuse. Elle est cependant fort belle, séduisante etc. et va se retrouver le centre d’un manège amoureux qui impliquera certains des plus grands de la France de l’époque de la Saint-Barthélemy. 

 

Outre son mari qui tombera sous le charme de sa jeune femme et l’amant de toujours, Henri de Guise, le Comte de Chabannes, sage et humaniste qui a quitté la cause des Huguenots par horreur de la guerre et le Duc d’Anjou, frère du roi de France se disputeront ses charmes.

 

Madame de Montpensier peut être vue comme une libre penseuse, ce dont je doute toutefois dans la mesure où elle ne semble agir que par son bon plaisir dans un égoïsme parfaitement insoutenable, sacrifiant tout à sa petite personne.

 

Elle va donc poursuivre sa passion pour Monsieur de Guise quand bien même tout le monde la met en garde contre l’inconstance de ce dernier et le danger pour sa propre réputation. Son mari, pleinement conscient de la situation fera preuve de toute l’humanité possible, allant même au-delà de la raison par amour pour elle.

 

Que dire, Bertrand Tavernier est un maître. Son film est vivant, magistralement filmé et globalement très bien interprété avec une mention toute particulière à Lambert Wilson, purement génial dans son rôle de sage, vieil amoureux platonique et entremetteur, dont seule le bonheur de l’objet de ses attentions lui importe.

 

J’avais entendu Tavernier dire qu’il souhaitait filmer les protagonistes comme des gens du 16° siècle mais qui ne savent pas qu’ils sont des personnages historiques. Le résultat est saisissant de spontanéité et d’énergie. L’identification marche très bien, on se sent bien, impliqué dans ce bal cruel et policé. Bien qu’inscrits dans une réalité historique marquée (guerres de religion et massacre de la saint Barthélémy), les affaires de ces personnages sont quotidienne et résonnent en nous.

 

Voilà le genre de films que l’on aimerait voir le cinéma français produire plus souvent, un divertissement de qualité, excellemment filmé et interprété qui n’a rien à envier au cinéma américain ou anglais. On est bien loin de l’insupportable et redondant Jaoui/Bacri qui m’a fait abhorrer le cinéma français. J’applaudis à deux mains !

 

 

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commentaires

Y


Le précédent film (américain) de Tavernier ne m'a ps plu, alors je n'étais pas très partante pour celui-là. L'époque me rappelle La reine Margot de Chereau, magnifique : celui-ci
tient-il la comparaison (les acteurs me semblent bien jeunes) ?



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C


Je n'ai vu la Reine Margot qu'une fois, à la télé et il y a longtemps. Je ne peux donc pas comparer. Mais celui là est vraiment très beau, et on peut faire confiance aux jeunes acteurs !



A


Bigre, quelle intense activité de compte-rendus, défis, lectures, cinés ! Vu de province, cela semble un tourbillon !


Moi aussi, j'ai détesté Moulin Rouge ^^...


Amitiés, A.



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C


Il faut bien quelque chose pour supporter la pollution et la tristesse de Paris en Novembre !



D


Beaucoup aimé ce film, pour l'ensemble, la photo, les acteurs, les costumes
Sans conteste Christophe Lambert emporte la palme et le personnage de Chabanne est superbe de tolérance, de pudeur, il fait penser au héros de l'Oeuvre au Noir
j'ai bien aimé Mélanie Thierry comme actrice mais aussi le personnage pour moi elle incarne  la femme privée de parole et de choix "le bétail que l'on mène à l'abattoire"



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C


Je n'avais pas vu le lien entre Lambert et Zénon, mais c'est vrai qu'ils se ressemblent !


Vis à vis de Mélanie Thierry : aucun des deux n'a le choix, entre elle et le Prince. Et à aucun moment, le Prince ne semble ravi de l'épouser. Mais cherche à lui donner cette chance et en arrive
même à l'aimer. Alors qu'elle est beaucoup plus égoïste.



B


J'ai dû le sentir, pour l'actrice, car je vois bien que c'est elle qui me bloque un peu pour aller voir le film et je constate que tu ne la couvres pas d'éloges !


Malgré tout, je me laisserai peut-être tenter.



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B


Céline n'a pas aimé Mélany Thierry, ce qui n'est pas mon cas. Elle a un rôle de petite pétasse froide et égoiste et le fait qu'elle montrer assez peu d'émotions ne m'a pas trop dérangé. Il est
exact qu'elle aurait pu montrer un peu plus le feu sous la braise mais la vraie question que je me pose est la suivante: a-t-elle jamais aimé personne ou tout cela tient-il simplement à ce que
son petit orgueil a été piqué ?


Un personnage détestable en effet mais ce n'est pas elle qui est intéressante, ce sont les hommes autour d'elle.



C


un film qu'il me tarde d'aller voir.. mais je pense que j'irai seule, car mon chéri n'est guère tenté!



Répondre
B


Tu peux essayer de le convaincre en lui vendant la superbe poitrine de Melanie Thierry exposée nue plusieurs fois dans le film . Plus sérieusement, ce n'est pas un film cucul, bien au contraire. C'est un film de chasse. Le Gibier est Marie de Montpensier mais le
vrai sujet du film ce sont les chasseurs et leur lutte pour la prééminence.



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